• Position : 53° 06,884´ N 006° 03,236´ E
    • Vent : NE / 3- 4 Bft
    • Météo : nuageux / 15,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 17,5 °C

    La Gypsy Life est de nouveau dans son élément. Pendant près de cinq semaines, je me suis faufilé à l’intérieur de la coque entre les couples et les lisses pour éliminer chaque trace de rouille visible. Dans la mesure du possible, l’intérieur de la coque a reçu quatre couches de peinture, afin que la condensation des années à venir ait peu d’occasions d’attaquer à nouveau l’acier. J’ai été étonné de voir combien de matériel (outils, pièces de rechange) était rangé dans la coque, dans les sacs étanches d’Ortlieb. J’avais même oublié l’existence de certaines choses. Tout a été vérifié pour savoir s’il était encore utilisable, et il s’est avéré qu’après plus de 13 ans de stockage dans des conditions extrêmes, tout est en parfait état. Pour moi qui vis de la navigation, il est rassurant de savoir que des pièces de rechange achetées cher ne perdent pas de valeur à cause d’un stockage inapproprié. Plus d’informations à ce sujet dans le reportage n° 4 « Trucs et astuces – Emballage ». L’achèvement de ces travaux marque aussi la fin officielle, dans ce journal de bord, de l’expédition « Danube – Alaska ». Malheureusement, nous n’avons pas pu atteindre l’objectif que nous nous étions fixé, l’Alaska. Certaines raisons ont été exposées plus en détail dans le journal de bord ; les énumérer toutes dépasserait le cadre de ce texte, d’autant que des modifications législatives ont aussi joué un rôle non négligeable. Franchir le passage du Nord-Ouest aurait certainement été un défi pour nous aussi. Mais, comme je l’ai décrit dans le journal de bord, l’idée a mûri en moi d’hiverner sous ces latitudes afin de pouvoir réellement rendre compte depuis le terrain. Vivre tout simplement le moment où la glace, dans un fracas, se comprime sous l’effet des tempêtes et s’empile sur des mètres de haut. Où les paupières gèlent sous la neige et les températures extrêmement négatives. Où le soleil disparaît dans l’obscurité pour réapparaître très lentement à l’horizon des mois plus tard. Où les ours polaires rôdent la nuit autour du bateau en essayant d’atteindre les provisions. Où la solitude met les nerfs à vif. Où la tronçonneuse qui sert à dégager le bateau de la glace donne, dans ces conditions, son dernier coup, et où commence alors une course entre la glace et l’homme. Autant de défis aventureux que je serais peut-être tout à fait prêt à relever encore une fois. Mais pour cela, il me faut l’autorisation la plus importante ! L’accord de ma femme Silvia. Elle se laisserait peut-être encore convaincre s’il existait une base financière suffisante pour garantir de façon sûre les chances de survie de l’équipage et du bateau. Le marécage bureaucratique qu’il faut traverser pour une entreprise aussi exceptionnelle engloutit lui aussi, malgré l’ère informatique, des sommes folles. Il reste incertain que nous relevions encore un tel défi. Nous souhaitons donc remercier les sponsors, Smelne Yachtcenter, Kuiper Versicherungen, le fabricant de pneumatiques DSB, Ortlieb et Leder Singer International, les abonnés de mes reportages, les lecteurs du site, les magazines, journaux et publications en ligne de nous avoir fidèlement accompagnés pendant ces quatre années d’expédition. Pour plus d’informations, je prie les lecteurs de consulter la rubrique Actualités, où je donnerai des nouvelles prochainement. Pour les abonnés de mes reportages, rien ne change : leur contribution reste inchangée et sera utilisée pour les nouvelles concernant les préparatifs et le nouveau voyage.

    a Gypsy Life
    Gypsy Life
    Gypsy Life
    Gypsy Life
    • Position : 53° 06,884´ N 006° 03,236´ E
    • Vent : SW / 4 Bft
    • Météo : ensoleillé / 23,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 19,2 °C

    De nos jours, seuls les gros titres négatifs comptent ; les nouvelles positives ne valent plus rien et la majorité n’y prête même plus attention. Je ne veux néanmoins pas priver les autres personnes intéressées du dernier résultat positif. Que ce soit les médias ou la science, tous deux affirment mordicus que, du fait du réchauffement de l’Arctique – que réfutent mon dernier résultat et les relevés consignés pendant des années dans le journal de bord –, l’ours polaire est menacé d’extinction. La glace fondrait sous ses pattes et il n’aurait de ce fait plus de nourriture. Les différentes espèces de phoques sont, comme on le sait, le mets favori de maître Brun. Selon les affirmations des médias et de la science, ces phoques seraient eux aussi de moins en moins nombreux, car ils seraient eux aussi privés de leur base de vie, les glaces dérivantes. Or il est parfaitement égal au phoque de trouver de la glace, des rochers, des plages de sable ou autre chose pour ses heures de repos ou pour sa reproduction. Le long des îles néerlandaises et autour des îles Britanniques, il n’y a pas de glace, et pourtant les phoques y sont innombrables. À Terre-Neuve, les phoques, extrêmement nombreux, mettent bas dans les villages lorsque la mer ne fournit pas assez de glace en hiver. Ce n’est pas seulement la joie des enfants, mais aussi celle des adultes. Un petit floe dérivant dans l’Arctique est très agréable pour le phoque, car il le rend moins vulnérable face à l’ours polaire ; le phoque ne dépend pas pour autant de la glace pour vivre. L’ours polaire, lui, se moque complètement de l’endroit où se trouve le phoque. Il tente sa chance, même si sa chasse n’est pas toujours couronnée de succès. Mais c’est tout à fait normal et cela fait partie du quotidien de l’ours. Au contraire : depuis des années, les populations de phoques augmentent de façon extrême et incontrôlée. La raison en est la limitation de la chasse due à l’embargo de plusieurs pays, qui n’importent plus de produits issus du phoque. Plus d’informations de fond à ce sujet dans le reportage n° 14 « Le travail des fourrures ». On doit donc maintenant faire face à de tout autres problèmes, dont personne n’avait vraiment mesuré l’ampleur à l’époque. En raison de l’énorme augmentation du nombre de phoques, on constate par exemple des baisses considérables des stocks de certaines espèces de poissons ; maladies et parasites se propagent aussi beaucoup plus vite du fait de cette surpopulation. Autant de réactions de la nature aux mesures imposées par la main de l’homme. On a rompu l’équilibre naturel et l’on tente par tous les moyens (si possible depuis l’ordinateur) de le réparer. Entre-temps, la nature a cependant déjà réagi en laissant croître la population d’ours polaires. On connaît cela en Europe dans l’agriculture : lorsque les campagnols pullulent au point de devenir un fléau, la compagne de maître Goupil (renard roux ; vulpes vulpes) met au monde davantage de petits pour rétablir l’équilibre. Car la souris est et reste son mets favori. Ainsi, tout s’imbrique, sans la science ni de quelconques contes médiatiques, de façon tout à fait naturelle. On échafaude déjà de nouvelles actions de sauvetage pour l’ours polaire prétendument en voie d’extinction. Ce sont justement des personnalités très connues qui veulent, par leur nom, s’engager pour les ours polaires comme elles l’ont fait pour les phoques. La première chose envisagée, ce sont des interdictions de chasse pour les populations locales. C’est d’ailleurs la voie la plus simple, puisqu’on n’est pas soi-même concerné. Reste une question : veut-on commettre la même erreur qu’avec les phoques ? L’interdiction de la chasse au phoque a fait disparaître des filières artisanales et des traditions entières. Cela ne touche évidemment pas l’homme blanc, mais seulement les Inuits. Les populations de l’Arctique n’ont pas beaucoup de gibier à chasser et dépendent fortement non seulement des phoques, mais aussi de l’ours polaire. Un ours fournit tellement de viande qu’il peut facilement nourrir pendant quelques semaines un petit village d’environ 50 personnes. Quant à la précieuse fourrure, inutile même d’en parler. Pour obtenir réellement quelque chose ici, il faudrait des connaissances de base pratiques acquises sur des années, qui varient toutefois selon la situation géographique autant que les conditions météo. Il est donc impossible de trouver une solution conforme à la nature pour l’immense archipel arctique. Sauf à laisser la nature telle qu’elle est et à observer comment elle résout le problème. Comme d’habitude, quelques photos sont de nouveau visibles en guise de preuve ; elles montrent dans quel état physique se trouvent différents ours.

    Phoque
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    • Position : 53° 06,884´ N 006° 03,236´ E
    • Vent : W / 1-2 Bft
    • Météo : nuageux / 17,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,0 °C

    Le nouveau reportage « Une vie au Groenland » est terminé et peut, comme d’habitude, être commandé auprès de moi. Un reportage qui documente plus en détail les presque deux années passées au Groenland. Combien il est difficile d’y vivre durablement comme un habitant, dans des conditions qui ne se limitent pas à la météo. Quelle patience il faut déployer pour mener quoi que ce soit à bien. Ce reportage fait découvrir aux lecteurs ce mode de vie particulier. Il complète en outre utilement ma dernière entrée publiée dans le journal de bord, le résultat. Comme d’habitude, tout a été recherché au mieux de mes connaissances et documenté par de nombreuses photos. Bonne lecture !

    • Position : 53° 06,884´ N 006° 03,236´ E
    • Vent : W / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 23,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,0 °C

    Mon objectif est de toujours tirer un résultat d’une expédition, même si, comme celui-ci, il prend un peu plus de place dans sa formulation. Que ce résultat puisse naître de manière aussi indépendante et neutre que possible, sans être financé par des instituts ou des investisseurs spécialisés, et qu’il soit librement accessible au public. Je n’ai pas pu remplir entièrement les tâches que je m’étais fixées – rechercher sur place beaucoup d’éléments sur les questions de la nature et, si possible, les étayer par des photos –, car c’était bien plus difficile que je ne l’espérais. Mais certains éléments peuvent de nouveau s’ajouter aux connaissances accumulées sous les hautes latitudes depuis 2002 jusqu’à aujourd’hui. De nombreuses connaissances nouvelles sur l’état de la neige et des glaces ont été réunies au cours des quatre hivernages sur place. Que les températures extérieures n’ont pas autant d’influence sur les modifications de la glace qu’on le rapporte toujours, mais que ce sont bien plutôt les températures de surface, en fonction des différences de couleur, qui sont déterminantes. Que les modifications de la glace dépendent d’ailleurs de nombreux autres facteurs, comme le vent, la marée, etc. Que ce sont toujours les dommages structurels de la glace, provoqués par une navigation de plus en plus intense, qui causent les plus grands dégâts. Que cette intensification ne concerne pas seulement le nombre de navires, mais aussi leur type de construction. Une glace d’un bon mètre d’épaisseur ne pose plus aujourd’hui de problème même à un bateau de pêche, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Le nombre croissant de navires qui traversent sans cesse la glace maintient ainsi ouvert un chenal dans lequel le vent peut travailler sans entrave avec ses vagues destructrices. Une fois le processus amorcé, plus rien ne l’arrête : la glace se met en mouvement, se brise et devient ainsi le jouet de toutes les forces qui agissent sur l’eau. Les dommages structurels de la glace restent donc des dommages à long terme irréparables, auxquels on ne prête pourtant aucune attention et qui continuent de dévorer comme un incendie les surfaces de glace encore intactes. De ce fait, la cuirasse de glace protectrice a été brisée le long de nombreuses côtes. Les Inuits s’en réjouissent, car ils peuvent ainsi pêcher, chasser et transporter des marchandises en grande partie sans entrave. En outre, on est devenu plus flexible pendant une plus longue partie de l’année, car le bateau est et reste l’un des principaux moyens de transport dans le Nord. La situation est tout autre pour les glaciers qui, au fil des années, s’étaient formés jusqu’à la côte. Leur coin, la glace de surface devant le front du glacier, s’est brisé. En raison de sa forme qui descend en pente dans l’eau, le glacier peut désormais glisser inexorablement dans la mer. La dure glace d’eau douce n’a pas pu résister à la marée, avec son mouvement incessant de montée et de descente, et surtout aux vagues qui rongent pendant des années le front du glacier. Elle se brise et glisse dans la mer.
    Si ces forces ne peuvent guère agir sur le front du glacier en raison d’une protection géographique, comme par exemple dans le sud du Groenland, dans le Prins Christian Sund, le glacier reste tel qu’il est pendant des années et ne change que de façon insignifiante. Peu importe qu’il fasse dix degrés de plus ou de moins. Les températures au niveau d’un glacier aussi puissant sont de toute façon tout à fait différentes de celles mesurées par les quelques stations de mesure dispersées dans le pays. J’ai aussi dû constater en mer que les températures extérieures sont nettement plus basses que dans la zone côtière. Que les masses de glace dans l’eau influencent la température de l’eau et, dans leur environnement immédiat, la température extérieure et même les conditions météo. Que les masses de glace, d’une manière générale, qu’elles soient dans l’eau ou sur terre, ont des effets considérables sur le temps. C’est ainsi que nous avons pu nous protéger des tempêtes qui, le plus souvent, arrivaient d’Amérique en tournoyant vers la gauche jusqu’au Groenland, en fuyant dans un fjord proche de l’inlandsis ou derrière une ceinture de banquise située au large. Beaucoup de ces tempêtes rebondissaient sur les masses d’air lourdes et froides qui se forment toujours comme un mur autour de la glace. Il en a été ainsi non seulement au Groenland, mais aussi en 2009/2010 lors du premier hivernage au Labrador, au Canada. Mais si l’on se trouve, comme nous pendant l’hiver 2015/2016 au Groenland, dans une zone située en avant d’une cuirasse de froid, on ressent des vitesses de vent nettement plus élevées. Les masses d’air qui arrivent sont comprimées devant la cuirasse de froid et leur vitesse s’en trouve considérablement accrue. Elles doivent alors s’échapper vers la gauche en raison de leur rotation initiale et détruisent tout ce qui se trouve sur leur chemin. Je ne peux pas confirmer l’affirmation des météorologues selon laquelle un tel vent se forme à partir de l’inlandsis, car il devrait alors forcément être frais, voire froid. Or chaque fois que nous avons eu de tels ouragans pendant les mois d’hiver – il en survenait parfois plusieurs par semaine –, nous avons aussi eu, même au cœur de l’hiver, des températures agréablement douces allant jusqu’à 12° pendant quelques heures. Les habitants parlaient du « hot wind ». On pouvait aussi suivre précisément ces évolutions sur les cartes météo. Que les conditions météo sur la côte est d’un pays se comportent autrement que sur sa côte ouest a été consigné dans le journal de bord au fil des années, pendant les mois d’hiver comme d’été. Il s’est ainsi avéré que les hivers sur la côte est du Canada, jusqu’en dessous du 50e parallèle, sont si froids que même l’ours polaire s’y sentait encore à l’aise. Ce parallèle passe à peu près par Francfort-sur-le-Main. Une catastrophe inimaginable si quelques ours polaires se promenaient dans Francfort. On a déjà la peur au ventre et l’on est sens dessus dessous à cause des quelques loups qui s’y ébattent. Il s’est en outre avéré que les habitants jugent les situations météo de manière totalement différente, alors même que les personnes que j’interrogeais se trouvaient au même endroit. Les déclarations étaient si contradictoires que pas la moindre concordance ne s’en dégageait. Cela ne vient pas seulement du fait que chacun voit les choses avec d’autres yeux, mais aussi du fait que les conditions météo se comportent différemment en un tel lieu en raison du relief. J’ai ainsi pu constater lors de l’hivernage 2014/2015 près de la localité de Goose Bay, dans l’est du Canada, d’énormes différences de températures, de directions et de forces du vent entre la station de mesure de l’aéroport et l’endroit où je me trouvais, à seulement 3 km environ. Que les directions et les forces du vent soient différentes, je pouvais encore le comprendre en raison de ma situation un peu plus dégagée ; mais que les températures diffèrent parfois jusqu’à -10° était surprenant. Il est et reste donc inexplicable que la science veuille constater, sur l’archipel arctique de plusieurs millions de kilomètres carrés – qui inclut naturellement les surfaces d’eau –, avec la poignée de stations de mesure dispersées, une hausse des températures de 1° ou 1,5° sur plusieurs années. Cette valeur pourrait déjà être remise en question par les tolérances de fabrication propres à chaque appareil de mesure. Ce qui complique de telles mesures précises, ce n’est pas seulement le trop petit nombre de stations de mesure, mais aussi les vents tempétueux permanents qui, souvent à force d’ouragan et en partie aussi en été, balaient ces étendues et brassent ainsi considérablement les couches d’air. Il est de toute façon très difficile de comprendre comment, pendant le court été arctique d’environ trois mois, les températures, qui atteignent à peine les deux chiffres, pourraient augmenter au point que tout fonde. Les satellites, si encensés, ont eux aussi leurs limites. Même lorsque de belles représentations en couleur de surfaces d’eau avec peu de glace apparaissaient à l’écran, il y avait sur place des différences considérables, que les conditions météo comme le brouillard et les fortes chutes de neige empêchaient de montrer. Même des informations locales et récentes transmises par radio, qui reposent elles aussi le plus souvent sur des images satellite, ne pouvaient pas toujours être confirmées sur place. Il est ainsi souvent arrivé que la concentration de glace annoncée diffère considérablement de la réalité et qu’il y ait bien plus de glace à la surface de l’eau, si bien que je me suis retrouvé avec mon bateau dans des situations sans issue. La question de savoir si la science, dans ses rapports publiés par les médias, apporte une preuve réelle d’un tel réchauffement et de ses effets catastrophiques avec le vocabulaire qu’elle emploie – « nous supposons, ou nous croyons, selon les estimations, d’après une extrapolation il se pourrait que, les statistiques disent », etc. – reste de toute façon sans réponse à ce jour. La Floride et la Hollande devraient ainsi déjà être sous plusieurs mètres d’eau, comme les médias l’affirmaient il y a des années, puisque le niveau des mers est censé monter depuis des années à cause de la fonte énorme. Le passage du Nord-Ouest devrait être libre de glace et aussi praticable pour la navigation qu’une autoroute à quatre voies. Les ours polaires devraient mourir comme des mouches, parce que leur habitat fond sous leurs pattes. Je m’étonne simplement, à cet égard, que pendant nos hivernages nous ayons dû faire face des mois durant à une glace atteignant 1,80 m d’épaisseur autour de notre bateau, à plus de deux mètres de neige, à des températures extérieures de près de -40° et à des températures de surface bien inférieures à -58°, et que même pendant les quelques semaines d’été le caleçon long n’ait jamais pu être rangé. Que le quota d’abattage des ours polaires le long du Labrador ait été relevé, parce que leur population a augmenté si rapidement, non seulement en raison de bonnes conditions de vie, mais aussi à cause de l’embargo sur les phoques. Au Groenland aussi, d’après les dernières estimations de la faune, on discute d’une augmentation des abattages. Mais on ne trouve évidemment rien à ce sujet dans les médias : ce serait un indice de plus contre le prétendu réchauffement climatique. Il est également curieux que l’on parle surtout du Groenland, et plus particulièrement de sa côte ouest. Qu’en est-il donc de toute la côte est du Groenland et de la côte est du Canada ? Y ferait-il trop froid et trop glacial pour qu’on en parle ? Ne fait-il pas aussi plus chaud en Afrique ou ailleurs dans le Sud ? Que je ne sois pas seul avec ces constats m’a souvent été confirmé lors d’entretiens personnels avec les scientifiques sur place, que j’ai rencontrés dans les stations, à terre ou en mer. Les discussions étaient souvent vives. Le thème du recul des glaciers, comme preuve représentative du réchauffement, revenait ainsi sans cesse sur le tapis. Le glacier fond, il recule, et l’on voit l’eau de fonte couler à côté et en dessous du glacier, sur laquelle la glace peut glisser comme sur un toboggan. Lorsque j’ai alors demandé comment ils comptaient prouver que cette eau était réellement de l’eau de fonte, et si elle ne pouvait pas provenir de sources voisines, qui, comme on le sait, jaillissent aussi près des sommets ? Si ce ne pouvait pas être de l’eau de pluie accumulée provenant d’altitudes plus élevées ? De plus, on ne parle toujours que du recul d’un glacier ; qu’en est-il donc de la formation nouvelle de glace due aux chutes de neige de plusieurs mètres ? Cette neige, parfois si haute que les habitants ne peuvent plus sortir de leur maison par la porte et utilisent les lucarnes du toit, est bien elle aussi comprimée en glace au fil des années. De telles discussions se désamorçaient rapidement. Au cours des années que nous avons passées là-bas, ma femme Silvia et moi, nous n’avons pu constater aucune tendance nette ni dans un sens ni dans l’autre. Comme les habitants l’ont aussi confirmé, il y a un perpétuel va-et-vient dans tous les domaines de la météo et de la glace ; on tend néanmoins plutôt à dire que les dernières années ont connu des conditions météo plus mauvaises et plus extrêmes, avec un refroidissement. On espérait et attendait certes toujours une amélioration du temps, qui se stabilisait parfois un peu pendant quelques jours ; il était néanmoins bien plus facile de compter les journées chaudes et ensoleillées de l’été que les jours de pluie, de neige, de brouillard le plus épais ou ceux que le vent refroidissait près du point de congélation. Ainsi, l’expression « global warming » est devenue un sujet qu’on ne peut plus arrêter et qui, surtout, répand la peur et la panique, un sujet qui brasse des sommes colossales et, malheureusement, les gaspille aussi. Proportionnellement, la nature n’en tire pourtant guère de bénéfice. On pourrait pourtant, avec un effort minimal, apporter une certaine aide à la nature dans le Nord. La plupart des villages, et même des villes, n’ont pas de stations d’épuration capables de nettoyer les eaux usées polluées par des produits chimiques. Tout est rejeté à la mer sans traitement. Le problème principal n’est d’ailleurs pas la matière organique, mais tous les métaux lourds et produits chimiques issus des lessives et des produits de nettoyage. Bien sûr, ce serait un travail gigantesque de tailler de telles installations dans la roche. Mais selon le principe du pollueur-payeur (ce que l’on ne salit pas, on n’a pas à le nettoyer), il serait facile d’y remédier. L’industrie dispose depuis des années de produits biodégradables qui trouveraient ici leur emploi le plus judicieux, mais qui ne sont malheureusement guère utilisés. Il en va de même pour le traitement des déchets. Le Groenland a une longueur d’avance sur le Labrador, où l’on trouve des décharges au bout de presque chaque chemin de terre et où des régions entières sont contaminées. Mais, d’une manière générale, la problématique est encore loin de répondre à une norme favorable à la nature. Il serait donc certainement de notre temps de s’occuper enfin de ces questions, afin d’obtenir peut-être un résultat tangible – par exemple combien de tonnes de produits chimiques ou de déchets n’ont pas été livrées au Groenland – plutôt qu’un résultat intangible et invérifiable du genre : nous ne voulons pas laisser la température augmenter de plus de 1° cette année. Si des instituts, des médias ou des particuliers ont des suggestions ou des critiques sur ce résumé, qu’ils n’hésitent pas à m’envoyer un e-mail ; je réponds à tous et me réserve le droit de publier ceux qui présentent un intérêt pour le public. Pour terminer, je tiens à préciser que je sais très bien qu’un tel résultat, émanant d’un non-universitaire comme moi, qui ne porte aucun titre de professeur ou de docteur devant son nom, se voit accorder peu de crédibilité, en Allemagne particulièrement. Je n’y peux rien changer, mais cela ne changerait ni n’altérerait les faits. Qu’il soit dit cependant que je dispose d’une expérience pratique de près de 40 ans dans le rapport à la nature et que je peux y vivre même sans soutien industriel. Que ma formation d’agronome et de forestier, avec une spécialisation dans la réhabilitation des paysages, m’a été d’une grande aide à bien des égards. Que, ces dernières années, la vie dans la nature sauvage a affiné ma sensibilité à la nature bien plus que celle d’une personne vivant normalement, reliée à la civilisation. Que c’est là, au fond, une condition fondamentale pour acquérir des connaissances dans une nature en perpétuel changement, et que cela serait donc préférable à n’importe quel programme informatique schématique. La nature reste la nature : il faut l’aborder avec intuition, sensibilité et respect, et non essayer de la jeter d’un coup de pied dans une poubelle mathématique. Si vous voulez vous faire une idée de la situation dans la région arctique et des conditions qui y règnent, pour mieux en juger, avec des informations en images indépendantes des médias et mêlées d’aventure, vous pouvez le faire grâce à mes deux productions cinématographiques « Expédition Glace » et « Aventure Canada » ; si vous préférez lire, vous le trouverez aussi dans mes deux livres. En outre, quelques reportages sur le thème de la nature tirés de la collection « Les reportages de Paul » complètent utilement les différentes entrées du journal de bord de ce site. Si cela vous intéresse, prenez contact avec les différents distributeurs répertoriés sur mon site dans la rubrique Vente, ou directement avec moi. En bref : tant que, dans le Grand Nord, le caleçon long, le bonnet et les gants ne peuvent être rangés que quelques jours par an – pas seulement par moi, mais aussi par les habitants –, personne n’a besoin de parler de réchauffement climatique ; mieux vaudrait utiliser cette initiative à meilleur escient. Voyez par vous-même quelques images à ce sujet dans la galerie de photos 2.

    Paysage
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    • Position : 52° 55,342´ N 005° 02,467´ E
    • Vent : NE / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 28,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 20,0 °C

    Je l’ai déjà mentionné : je publierai à l’avenir quelques résultats de l’Arctique qui diffèrent peut-être considérablement des idées généralement admises. Je commence par un sujet tout simple. Noir / blanc : sur Internet, tous les instituts renommés l’affirment, tout le monde le sait, parce qu’il en a toujours été ainsi. Je parle du seigneur de l’Arctique, l’ours polaire (Ursus maritimus). À l’avenir, nous ne devrions plus le voir qu’en photo, parce que son habitat fond sous ses pattes et qu’il est de ce fait menacé d’extinction. Bon, je me consacrerai plus tard à la vague de chaleur dans l’Arctique. Pour l’instant, c’est l’ours polaire qui nous intéresse. Il aurait une fourrure blanche et une peau noire. Cette dernière pour mieux absorber les rayons du soleil et ainsi mieux emmagasiner la chaleur. Si l’on savait combien de jours de soleil il y a réellement dans l’Arctique, on pourrait déjà sérieusement mettre en doute cette affirmation. Car sur 365 jours, le soleil brille durablement si peu, justement dans le Nord, même en été, que les températures n’atteignent qu’occasionnellement les deux chiffres ; nous sommes donc à des années-lumière d’un ours polaire qui se réchauffe au soleil. De plus, l’ours polaire ne veut pas du tout avoir chaud, sinon il mourrait de surchauffe interne. Sa couche de graisse est, comme chez les phoques et la plupart des animaux vivant dans l’eau, son bouclier contre le froid. La température corporelle est obtenue par la « combustion » dans l’organisme grâce à la nourriture absorbée. De ce fait, il est parfaitement égal à l’ours polaire qu’il neige, qu’il pleuve, que le soleil brille, qu’il fasse -30°, ou qu’il soit dans l’eau ou sur terre. On affirme qu’un ours peut nager sur plus de 400 M. Je ne peux rien objecter à cette affirmation, car les ours parviennent en tout cas à rejoindre l’Islande depuis la côte est du Groenland. Comme je l’ai rapporté récemment, on vient encore d’en abattre un là-bas. Difficile de savoir s’il a fait tout le trajet à la nage ou en auto-stop sur un floe. Mais tout séjour prolongé dans une eau à 2° - 6° ne pourrait être supporté que grâce à l’isolation de la couche de graisse, et certainement pas parce que l’ours se laisse chauffer par le soleil sa peau soi-disant noire comme du jais. À titre de comparaison, un être humain a, dans une eau à 2°, une chance de survie d’environ 2 minutes. Avec une combinaison étanche haut de gamme, environ une demi-heure. Je sais par expérience qu’un ours polaire n’a guère besoin de faire de mouvements de nage pour rester à la surface. Grâce à sa graisse, il flotte comme un castor. Tout bien considéré, ce sont là des affirmations que personne ne peut prouver avec une totale exactitude. À mes yeux, la seule preuve imparable est une photo, qui montre ce qu’il en est réellement. Je tiens donc à remercier par ce biais mon ami Timo, le chasseur d’ours polaires d’Augpilaqtoq, de m’avoir enseigné, en plus de mes propres expériences, le comportement des ours et ses méthodes de chasse, ce qui reflète la réalité. Reste la question : noir / blanc ? Pour y répondre dans le texte : la fourrure de l’ours polaire est un mélange de blanc et de jaune, selon l’endroit où vit chaque animal. S’il se déplace davantage sur la terre ferme, la fourrure prend plutôt la saleté de l’environnement ; s’il se déplace davantage sur la glace, elle est maintenue propre par la neige et la glace. Mais la peau n’est certainement pas noire comme du jais, comme on le prétend ! Elle se détache certes un peu de la fourrure blanche, mais on est encore loin du noir.
    Voyez vous-même quelques photos à ce sujet dans la galerie de photos 1.

    Ours polaire
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    • Position : 52° 55,342´ N 005° 02,467´ E
    • Vent : NE / 2 Bft
    • Météo : partiellement nuageux / 21,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 20,0 °C

    La Gypsy Life fait aujourd’hui encore une fois honneur à son surnom de « bateau fluvial ». Nous sommes amarrés bien tranquillement, gâtés par le soleil, dans les canaux de Hollande. Contrairement à toutes les prophéties et à tous les pronostics des spécialistes, venant justement du forum de « boote », ce vlet a prouvé qu’il est tout à fait possible de parcourir d’assez longues étapes en mer avec un tel bateau. Plusieurs voyages en Scandinavie, dont un jusqu’au 80e parallèle, le tour des îles Britanniques, de nombreuses navigations fluviales, et maintenant la quatrième traversée de l’Atlantique Nord, du Labrador, du Groenland et de l’Islande jusqu’en Hollande, y compris deux hivernages de près de six mois chacun dans les glaces arctiques et deux en eaux libres dans des conditions arctiques, qui, justement en hiver, nous ont réservé des passages dans les glaces et des vents allant jusqu’au quatrième degré d’ouragan, autour de 300 km/h : tout cela a été accompli avec ce « bateau fluvial », qualificatif dépréciatif. Autant de données clés qu’un autre bateau devrait d’abord réaliser, avec plus de 10 000 heures de fonctionnement sur un moteur principal, sans dommages importants. Mon gréement, conçu et construit par moi-même et souvent tourné en dérision, a lui aussi résisté à toutes les contraintes, aussi extrêmes soient-elles. Qu’il ait fallu faire des réparations était inévitable sous de telles contraintes. Mais les voyages n’ont jamais été qualifiés pour autant de dangereux ou d’irréalisables. Que les contraintes physiques et psychiques pour tout l’équipage aient été extraordinairement élevées en dehors des quelques semaines d’été, cela a été consigné en détail dans le journal de bord à travers plusieurs situations décrites et les relevés météo. Ainsi, il n’y a plus guère grand-chose à ajouter au sujet éternellement débattu de la navigabilité des deux types de bateaux, « voilier motorisé ou bateau à moteur », car la preuve est là, évidente : un bateau à moteur est tout à fait capable de surmonter des situations météo difficiles en restant à flot, sans le moindre incident rocambolesque. Fort de cela, je peux personnellement encourager chacun à réaliser son rêve, « naviguer sur les mers », si cela est possible d’une manière ou d’une autre. Quel que soit l’engin avec lequel on souhaite partir, on pourrait suivre ma recommandation : ne pas se fier uniquement aux informations générales, qui reposent souvent sur un savoir théorique de terriens, mais se munir de valeurs d’expérience tirées de la pratique et propres à la région parcourue. Il faut également mentionner que les situations météo, en particulier les vents et les fréquences de houle, se comportent en haute mer de manière plus changeante qu’il y a quelques années et qu’on ne peut plus compter que sur des fenêtres météo exploitables plus courtes. Ainsi, si l’on veut parcourir de longues étapes en mer, le support flottant ne devrait pas seulement être classé pour cela sur le papier, mais aussi tenir ses promesses. Que je ne partage pas la version des comptes rendus médiatiques exagérés sur la météo et les autres situations concernant l’Arctique se comprend au vu de mes séjours dans l’Arctique. C’est pourquoi je publierai prochainement, pour les lecteurs de ce site, un résultat très condensé mais facile à comprendre, afin que chacun puisse se faire une idée complémentaire de la réalité. J’espère que cela fera réfléchir plus attentivement à certaines tentatives de record et que le respect dû à l’Arctique renaîtra. Que j’aie reçu trop peu de soleil ces dernières années, parce qu’il brillait tout simplement trop peu, se voit bien sur la photo.

    Harald Paul
    • Position : 57° 57,260´ N 002° 13,149´ W
    • Vent : SW / 2-3 Bft
    • Météo : nuageux / 12,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 12,5 °C

    Nous voilà de nouveau en route pour une étape en mer un peu plus longue. La visibilité est bonne, les vagues supportables et le vent agréable, de sorte que je trouve un peu de temps pour vous raconter mes premières impressions de nos rencontres avec des Européens. Comme notre bateau est préparé pour la nature sauvage et se distingue donc quelque peu des autres bateaux par son apparence, on nous pose souvent des questions. L’une des plus fréquentes porte, comme on pouvait s’y attendre, sur les conditions météo, de glace et de neige dans l’Arctique, y compris sur la faune qui y vit. Les questions se réfèrent clairement aux contenus publiés par les médias, selon lesquels l’Arctique, faune comprise, n’a aucune chance de survie face au réchauffement climatique. Tout fondrait, il n’y aurait plus de glace ni de glaciers, les ours polaires mourraient faute d’habitat et de leur nourriture principale, les phoques. Un pêcheur m’a même demandé si les grands phoques avaient aussi une fourrure. Il pensait qu’avec l’âge, ils n’avaient plus qu’une peau comme les baleines. Je comprenais tout à fait sa question, car un phoque dans l’eau, au soleil, renvoie tant de reflets par sa fourrure mouillée qu’on pourrait croire qu’il s’agit de la peau d’une baleine. Une question aussi simple a pu recevoir rapidement une réponse satisfaisante. Mais aux questions et aux idées d’un navigateur suisse, qui venait tout juste de prendre la mer avec son bateau nouvellement acquis, je n’ai malheureusement pas pu répondre d’emblée comme il convenait. Il était convaincu qu’il faudrait si possible déplacer tous les habitants de l’Arctique, parce que de toute façon ils ne font que piller, exterminer et détruire la nature. Que le temps évoluerait vers le plus chaud et qu’il ne pourrait donc plus guère se former de glace, de tempêtes ou d’autres extrêmes. Ainsi, selon lui, une vague de quatre mètres de haut serait plus que rare, et la navigation dans de telles régions serait à classer dans la catégorie facile plutôt que difficile. C’est probablement aussi ce que pensaient deux aventuriers : l’un voulait parcourir à la force des jambes (en pédalant) dans un pédalo fermé à peu près la même route que nous, de Qaqortoq (Groenland) jusqu’en France. Après le départ vers le sud, il a été pris par les courants du cap Farvel et ramené si loin vers le nord qu’il n’a pu atteindre la terre que de justesse, bien au-delà de Qaqortoq. Il a essayé une deuxième fois, bien que nous l’ayons déjà informé par téléphone satellite, avant sa première tentative, des conditions locales. Il a abandonné. Cet homme avait d’ailleurs été secouru l’an dernier par hélicoptère au large des côtes du Groenland, après avoir réussi la traversée de la mer du Labrador, alors que son engin menaçait de se fracasser sur les falaises du Groenland lors d’une violente tempête. On l’aurait pourtant retrouvé neuf mois plus tard en Islande, intact, l’écoutille d’entrée ouverte. D’où les nouvelles tentatives de cette année. Un autre aventurier a lui aussi été secouru par hélicoptère trois jours après son départ d’Islande, complètement épuisé et à bout de forces, dans son kayak de mer. Il y a environ trois ou quatre semaines, un ours polaire a été abattu sur la côte nord de l’Islande. Cet ours ne devait pas être en mauvaise forme, sinon il n’aurait pas pu accomplir le trajet depuis le Groenland, que ce soit en dérivant sur un iceberg ou en partie à la nage. Rien qu’à ces quelques questions et incidents, on voit à quel point on est vraiment informé sur l’Arctique en Europe. Depuis quelques semaines, malgré des traversées épuisantes, j’essaie de rédiger mon nouveau reportage « Une vie au Groenland », qui traite en détail de ce qui s’y passe, que ce soit sur le plan météorologique ou en général. Ce reportage reflète la réalité de l’Arctique, en particulier autour du Groenland, et aidera, je l’espère, à regagner à l’avenir le respect que méritent ces latitudes. Je vous demande encore un peu de patience, le temps de choisir les bonnes photos pour apporter la preuve requise. Merci beaucoup de votre compréhension.

    • Position : 59° 19,381´ N 002° 58,484´ W
    • Vent : SW / 4-5 Bft
    • Météo : nuageux / 13,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 12,2 °C

    « À gauche, Paul, à gauche » : c’est ainsi qu’on roule ici. Encore une adaptation, quand on revient peu à peu à la civilisation après des années passées dans la nature sauvage. Que nous le voulions vraiment et le supportions à la longue, c’est une autre histoire. Pour commencer, nous nous en rapprochons. Il avait déjà fallu s’habituer aux bouées rouges à tribord, car au Canada tout était balisé selon le système B, d’après la devise (red, right, return). Maintenant, tout est de nouveau dans le système A, mais aux Orcades, que nous avons atteintes entre-temps, la circulation routière se fait bien entendu à gauche. Comment tout cela se passe dans une vraie circulation, je n’ai pas besoin de le savoir pour le moment, car sur l’île de Westray ne vivent qu’environ 500 personnes, qui se connaissent presque toutes et se saluent donc lorsqu’elles se croisent sur les routes étroites. Alors je passe une vitesse plus basse sur ma moto et je profite du paysage, avec ses prairies d’un vert intense et les vaches qui y prospèrent à merveille. Dans le port de Pierowall se déroule justement une régate à la voile, accompagnée de musique écossaise et de toutes sortes de spécialités culinaires. Pour nous, un bon endroit pour nous reposer quelques jours.

    Orcades
    Gypsy Life
    • Position : 62° 09,098´ N 007° 10,334´ W
    • Vent : NW / 6-7 Bft
    • Météo : Pluie / 12,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,0 °C

    Autour de nous, tout n’était que bruissement, pas seulement parce que nous parcourions les 254 M (470 km) entre l’Islande et les îles Féroé à une vitesse moyenne de près de 7 nd (12,96 km/h), mais parce que notre timing était si bon que nous naviguions toujours au centre d’une dépression. Le vent soufflait autour de nous dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, mais nous en étions la plupart du temps épargnés et n’avions heureusement qu’une houle de fond de deux à trois mètres venant de l’arrière. Un courant favorable, la houle et parfois une légère brise d’environ 5 Bft nous ont valu cette vitesse moyenne inhabituellement élevée. Voyons comment la suite se passe.

    • Position : 63° 26,744´ N 020° 16,856´ W
    • Vent : SE / 5-6 Bft
    • Météo : nuageux / 12,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 12,2 °C

    Nous avons atteint l’archipel des Vestmannaeyjar, situé au sud de l’Islande. Dans le port de Heimaey, l’île la plus peuplée, nous attendons une bonne fenêtre météo de trois jours pour traverser vers les îles Féroé. L’influence actuelle de la pleine lune agite les vents et donc la mer. Cela devrait se calmer en fin de semaine ; nous espérons donc pouvoir poursuivre notre route.

    • Position : 63° 50,360´ N 022° 25,848´ W
    • Vent : S / 3-4 Bft
    • Météo : Bruine / 10,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 12,0 °C

    Grindavik, en Islande, atteint à temps avant l’arrivée de la dépression. À partir de la moitié du parcours, nous avons dû sérieusement éperonner la Gypsy Life, car selon les infos de mon ami Markus, de Bavière, le mauvais temps était plus fort et arrivait un peu plus vite que prévu. Avec par moments 7,5 nd (13,89 km/h), le lourd bateau a filé à travers la mer sur les 300 derniers milles (555,6 km). Ainsi, la totalité du parcours, exactement 633 M (1172,31 km), a été accomplie en 106 heures de route et, malgré une mer très grosse au départ du Groenland, nous avons tout de même atteint une vitesse moyenne de près de 6 nd (11,11 km/h).

    • Position : 61° 47,165´ N 034° 03,536´ W
    • Vent : NE / 4-5 Bft
    • Météo : nuageux / 8,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,5 °C

    Nous sommes de nouveau en route. Cette fois, en raison des dépressions qui traversent sans cesse l’Atlantique Nord, j’ai choisi une distance plus courte, afin d’éviter autant que possible le mauvais temps. Nous faisons route du cap Farvel (Groenland) vers la pointe sud-ouest de l’Islande et devons parcourir une distance d’environ 650 M (1203,80 km). En plus de mes propres prévisions météo, je suis en contact par téléphone satellite avec mon ami Markus, de Bavière. J’obtiens ainsi les dernières infos et peux vérifier aussitôt dans quelle mesure les prévisions sont justes. Jusqu’ici, tout est au vert. Nous partons donc du principe que nous atteindrons l’Islande sans dommage ni incident majeur.

    • Position : 59° 56,028´ N 044° 02,618´ W
    • Vent : NE / 2 Bft
    • Météo : Brouillard / 1,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,0 °C

    En fait, je voulais vous surprendre dans ce message avec des coordonnées venues de contrées plus chaudes. Mais malheureusement, nous avons dû abandonner une fois de plus. Le plan était de rejoindre les Açores depuis le sud du Groenland. Une observation météo intensive depuis l’an dernier faisait partie de la préparation. Il en est ressorti qu’une fenêtre météo plus calme d’environ 10 jours n’existe pratiquement pas dans l’Atlantique Nord. Le plan était de se faufiler entre les dépressions successives. Une autre composante impossible à prévoir était les conditions de courant, qui pouvaient considérablement freiner notre progression. Nous avons donc entamé hier cette étape en mer d’environ 1400 M (2592,8 km), pour laquelle nous avions calculé 10 jours à notre vitesse de croisière moyenne habituelle de 6 nd. Mais malheureusement, les courants le long du cap Farvel, qui s’étendent loin dans la mer vers le sud, nous ont considérablement ralentis. Une vitesse d’environ 4,5 nd est alors devenue réaliste dans la pratique. Cette vitesse fortement réduite ne suffisait pas pour échapper à la dépression orageuse qui approchait. Nous avons fait demi-tour après 70 M (129,64 km). Avec notre petit bateau, il nous a paru trop dangereux de nous mesurer aux forces de la nature du cap Farvel, où des navires bien plus grands ont déjà échoué.

    • Position : 60° 43,087´ N 046° 02,131´ W
    • Vent : NW / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 10,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 6,0 °C

    De forts vents de nord-ouest ont poussé notre bateau assez rapidement vers le sud le long de la côte du Groenland, si bien que nous avons maintenant atteint notre lieu d’hivernage. Nous nous préparons actuellement à la prochaine étape en mer, nécessaire pour quitter le Groenland. Les derniers travaux de soudure ont été effectués. Nous serons donc bientôt de nouveau sans Internet et ne pourrons pas donner de nouvelles en temps réel. Comme d’habitude, la suite sera publiée plus tard.

    Harald Paul
    • Position : 63° 05,239´ N 050° 40,743´ W
    • Vent : W / 5 Bft
    • Météo : nuageux / 4,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,8 °C

    Enfin, le bateau est de nouveau prêt à naviguer et tous les dégâts, y compris ceux qui sont apparus lors d’une nouvelle inspection approfondie, ont été réparés aussi bien que possible ici dans le Nord. Ces dernières années, pendant lesquelles nous avons navigué là-haut, nous n’avons pas pu effectuer à 100 % toutes les réparations nécessaires, car les matériaux nous manquaient tout simplement ; il a fallu improviser beaucoup de choses. L’approvisionnement en pièces est plus que difficile ici dans le Nord, et extrêmement coûteux en temps et en argent. Il ne faut pas seulement compter avec des pièces environ trois à cinq fois plus chères et une livraison onéreuse, il faut aussi prévoir des délais de livraison de plusieurs semaines et régler les formulaires de douane. Le plein été arctique a maintenant atteint son apogée et nous devons décider de la suite. Dans le Grand Nord, les premiers champs de banquise s’ouvrent certes à partir de la mi-août pour quelques passages, mais en même temps, la météo, avec les premiers vents de force ouragan, nous ferme la porte de la retraite vers le sud. Un cinquième hivernage, qui serait nécessaire pour réaliser sur place une documentation concluante (passage du Nord-Ouest), durerait sous de si hautes latitudes environ 10 à 11 mois, dont environ trois mois d’obscurité, avec des températures anormales de - 30° en moyenne. Je n’ai pas besoin de m’étendre sur les rafraîchissants ouragans et les formations de glace bien connues, qui ont déjà été suffisamment documentés. Même si tous ces défis font battre plus fort un cœur d’aventurier, un tel projet doit être bien préparé et financé, sinon il peut devenir une entreprise dangereuse. Aucune de ces deux conditions n’est suffisamment remplie. La cuisinière du bord, Silvia, qui compte certainement parmi les seules femmes d’Europe à avoir tenu face à de tels défis au fil des années, montre elle aussi peu d’enthousiasme, malgré mes talents de persuasion bien connus. Je suis donc contraint de glisser vite le pied dans l’entrebâillement de la porte météo, afin de réussir notre départ du Groenland.

    • Position : 64° 10,310´ N 051° 43,524´ W
    • Vent : NW / 5 Bft
    • Météo : Neige fondue / 1,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,9 °C

    Toutes les tentatives de réparer l’échangeur de chaleur du groupe électrogène ont échoué. En guise de réparation de fortune, j’ai essayé de le colmater avec diverses colles très résistantes, vantées comme parfaitement adaptées. Le résultat positif n’a malheureusement jamais été que de courte durée. Même la tentative de braser les matériaux a échoué sur toute la ligne, car malgré tous les matériaux de brasure disponibles, aucune liaison sur les différents matériaux de l’échangeur n’est devenue étanche. Il ne me restait donc plus qu’à improviser à nouveau et à monter un autre échangeur de chaleur d’occasion provenant d’un vieux moteur. Nous espérons maintenant qu’il restera étanche pendant les heures de test qui suivent et que le groupe électrogène sera ainsi de nouveau pleinement opérationnel. Ce groupe électrogène n’est pas seulement d’une grande importance pour l’alimentation électrique générale du bateau ; en cas d’urgence, lors de réparations de la coque, il est vital pour l’utilisation du poste à souder et de la meuleuse.

    • Position : 64° 10,310´ N 051° 43,524´ W
    • Vent : NW / 5-6 Bft
    • Météo : ensoleillé / 16,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,0 °C

    Non seulement les températures sont, à partir d’aujourd’hui, timidement montées jusqu’à deux chiffres, mais la végétation s’est elle aussi un peu mise au travail. Depuis que nous avons notre nouveau membre d’équipage, « Kanari Admirali », je coupe de temps en temps pour lui, pour l’occuper et lui apporter des vitamines, des branches de saule, qui, comme on le sait, sont parmi les premières à bourgeonner au printemps. Grâce à ces branches, il m’a été facile de suivre précisément le démarrage de la végétation. Ce n’est que depuis peu que les bourgeons, qui attendaient depuis longtemps, se sont transformés en petites feuilles. Les mousses et diverses petites fougères commencent à verdir. On voit ainsi combien la véritable période de végétation, d’environ deux mois et demi, est courte par rapport à l’Allemagne, et combien il est difficile de pratiquer l’agriculture en si peu de temps. Il est également remarquable que, d’un jour à l’autre, les mouches et surtout les moustiques, par leur nombre, viennent rompre le silence nordique de leur bourdonnement. Autrement dit, le ciel s’assombrit quand les essaims s’abattent sur vous.

    • Position : 64° 10,310´ N 051° 43,524´ W
    • Vent : NW / 2-3 Bft
    • Météo : Pluie continue / 2,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Quelques dégâts ont été en partie éliminés et réparés, mais nous avons dû retourner à Nuuk pour regarnir mon abondant stock de pièces de rechange, fortement entamé après une réparation d’une telle ampleur. Des pièces spéciales doivent être commandées à l’étranger et livrées ici au Groenland. Il faut s’attendre à un séjour imprévu prolongé.

    • Position : 65° 03,126´ N 052° 22,691´ W
    • Vent : SW / 1-3 Bft
    • Météo : nuageux / 3,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,5 °C

    Un enchaînement de nombreux problèmes techniques entraîne de façon inattendue une immobilisation prolongée. De nombreux embouts de raccordement de tuyaux, aux endroits les plus divers, se brisent comme du verre et laissent ainsi entrer de l’eau de mer de manière incontrôlée à l’intérieur du bateau. Le collecteur d’eau du moteur principal, le séparateur d’eau et l’échangeur de chaleur du groupe électrogène fuient, et la sonde de température d’échappement est rongée, alors que tous les matériaux sont parfaitement résistants à l’eau de mer. Pour moi, une situation inimaginable, car il y a quelques semaines encore, j’avais tout contrôlé en vue du voyage prévu. J’avais même pu vérifier mes anodes sur la coque à l’aide d’une petite caméra sous-marine que mon ami Markus, de Bavière, m’avait envoyée cet hiver. Le soupçon mûrit en moi que notre bateau a été brièvement exposé à des courants galvaniques extrêmes dans l’un des ports. De plus, quelques joints toriques se sont usés au fil des années et laissent eux aussi entrer de l’eau de mer. Même l’impeller du moteur principal (roue de pompe à eau en caoutchouc), que j’avais remplacé il y a seulement 400 heures, avait perdu cinq de ses huit ailettes. J’ai dû récupérer tous les morceaux perdus dans les tuyaux d’eau de mer et l’échangeur de chaleur en les démontant. L’impeller précédent avait tourné 3700 heures et ne présentait guère de traces d’usure ; il avait été remplacé par précaution. Que le nouveau soit complètement détruit après si peu de temps pourrait indiquer un défaut de matériau. Je suis maintenant occupé à inspecter tout le bateau à la recherche de tels dégâts. Un travail éprouvant pour les nerfs et qui prend beaucoup de temps.

    Harald Paul
    Pièces de rechange
    • Position : 64° 47,737´ N 052° 02,942´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / 7,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,0 °C

    Nous avons dû renoncer à notre projet de visiter les fjords situés derrière la capitale, Nuuk, à cause des chutes de neige de ces derniers jours. La visibilité était fortement réduite non seulement dans les fjords, mais aussi sur les sommets des nombreuses hautes montagnes. Je voulais en gravir quelques-unes pour pouvoir prendre des photos impressionnantes à vol d’oiseau. Au lieu de cela, nous poursuivons notre route vers le nord.

    • Position : 64° 10,312´ N 051° 43,524´ W
    • Vent : SW / 1 Bft
    • Météo : Stratus / 1,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,9 °C

    Hier, nous avons atteint la capitale du Groenland, « Nuuk ». Une ville comme nous n’en avions plus vu depuis des années. De nombreuses tours, des immeubles d’habitation et d’autres constructions s’élèvent haut dans le ciel. Dans le port, de nombreux grands navires sont chargés et déchargés. Une flotte de pêche et de nombreux petits bateaux remplissent les derniers recoins du port. Nous sommes amarrés à la grande barge que nous connaissons déjà de Qaqortoq et profitons de ce bon emplacement où la place ne manque pas. Prochainement, nous essaierons de nous enfoncer plus profondément dans les fjords, pour avoir une meilleure impression de l’intérieur du pays. Les hautes montagnes et l’isolement peuvent quelque peu retarder le flux d’informations dans le journal de bord ; nous vous remercions de votre compréhension. Je noterai néanmoins toutes les particularités et les publierai plus tard.

    • Position : 63° 42,055´ N 051° 32,474´ W
    • Vent : SW / 6-7 Bft
    • Météo : ensoleillé / 6,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,0 °C

    Non seulement la pluie continuelle et les vents tempétueux, ajoutés aux fjords en partie encore gelés, mais aussi les cartes le plus souvent imprécises nous obligent à avancer lentement. Bien sûr, libre à chacun de remonter la côte en pleine mer pour progresser le plus vite possible. Nous, nous voulons être plus proches du paysage, de sa végétation et de sa faune. Nous essayons donc, même sans la nécessaire expérience locale, d’emprunter les voies navigables intérieures. Les cartes papier comme les électroniques présentent souvent des lacunes assez importantes, qui, dans certains passages entre les rochers, avec le courant de marée qui s’y forme, ont fait de la traversée une entreprise difficile pour un bateau à quille longue à fort tirant d’eau. Mais cela ne servirait à rien d’être plus vite dans le Nord, car la zone maritime entre le nord du Canada et le Groenland est bloquée par la glace polaire et impraticable pour quelque temps encore.

    • Position : 63° 10,847´ N 050° 37,521´ W
    • Vent : variable / 2 Bft
    • Météo : Pluie continue / 9,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    En raison d’une dépression orageuse qui approchait, nous nous sommes retirés loin dans un fjord pour ne pas être autant exposés aux vents forts. Presque toutes les baies et tous les recoins étaient certes encore gelés, mais dans l’une d’elles, j’ai pu briser la glace avec les vagues que je créais avec le pneumatique, épargnant ainsi la peinture de la Gypsy Life. Le vent a ensuite emporté les morceaux de glace hors de la baie, si bien qu’au bout d’un moment, nous disposions d’un bon mouillage. La dépression ne pouvait rien contre nous, mais il pleuvait sans relâche depuis des jours. Malgré cela, je me suis équipé de ma tenue de pêcheur et j’ai tenté ma chance à la canne. J’ai pu attraper quelques poissons ; j’ai même remonté du fond de la mer une étoile de mer géante, que j’ai toutefois relâchée.

    Harald Paul
    Étoile de mer
    • Position : 63° 05,239´ N 050° 40,743´ W
    • Vent : SW / 2 Bft
    • Météo : nuageux / 4,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,8 °C

    Qeqertarsuatsiaat : même si un Européen a du mal à prononcer le nom de ce petit village, celui-ci abrite tout de même environ 200 habitants. Il y a quelques années, il en comptait 450, mais la capitale Nuuk, peu éloignée, avec tout son confort, a incité certains à partir. Ce lieu idyllique reste ainsi aux pêcheurs et aux chasseurs, qui exercent cette activité pour gagner leur vie. Un dispensaire, une école pour les petits en âge d’aller à l’école primaire, l’usine de poisson, une centrale électrique avec trois groupes électrogènes, une maison de retraite et l’église constituent, avec les nombreuses maisons d’habitation, la base de ce village. Le petit supermarché, qui fait aussi bureau de poste, et la station-service sont situés juste à côté du petit port, si bien qu’en quelques pas, on obtient tout ce dont on a besoin, et ce qu’on ne trouve pas, on n’en a pas besoin non plus. On économise ainsi son argent et on est content.

    Port
    • Position : 61° 59,886´ N 049° 40,394´ W
    • Vent : SW / 1 Bft
    • Météo : nuageux / 9,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,6 °C

    Même si les conditions météo ne sont pas toujours des meilleures, notre Paul et son enduro sportive ont besoin d’un peu d’exercice, qu’il combine aussitôt avec la photographie. La forme physique est un élément très important, indissociable de la vie à l’étroit sur un bateau, ajoutée aux contraintes extrêmes sur place. Entre-temps, nous avons pu échapper aux champs de banquise, ce qui se remarque aussitôt dans la température de l’eau. On ne peut pas encore parler de température de baignade, mais il fait tout de même nettement plus chaud. On voit ainsi combien la glace influe sur les températures, ce qui se répercute naturellement aussi sur la température extérieure normale. C’est pourquoi, depuis des années, le thermomètre est devenu un instrument supplémentaire important pour notre navigation. Justement par visibilité réduite, une température extérieure qui chute rapidement me permet le plus souvent de repérer à l’avance les champs de glaces dérivantes et de réagir en conséquence.

    Moto
    • Vent : SE / 6 Bft
    • Météo : nuageux / 6,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,5 °C

    Cette entrée ne comporte pas de coordonnées, une simple mesure de sécurité, car je ne veux pas que ce spectacle naturel soit dérangé, voire détruit. Une mauvaise situation météo nous a obligés à entrer dans une petite baie, presque libre de glace, et à y jeter l’ancre. Cette baie est en partie entourée de rochers assez hauts et se trouve ainsi relativement à l’abri du vent. Nous ne sommes pas les seuls à l’avoir remarqué : un couple de pygargues à queue blanche (Haliaeetus albicilla) aussi. Je m’étais déjà étonné qu’ils volent si près et si familièrement autour de nous. Je l’avais déjà observé ces derniers jours lors de mes descentes à terre sur les îles avec Walter, et je supposais qu’ils s’intéressaient peut-être au terrier. Le chien ne figure certes pas forcément au menu de ce puissant aigle, qui peut peser jusqu’à 7 kg et atteindre une envergure de 2,40 mètres, et qui, de par sa taille, pourrait tout à fait abattre des mammifères jusqu’à la taille d’un chevreuil. Nous avons adapté une fois de plus notre mode de vie, déjà très calme, aux colocataires de cette petite oasis, afin de les déranger le moins possible. Mais les aigles ne se sont pas du tout laissé perturber ; ils se sont perchés tout près de nous et y sont restés des heures, si bien que nous avons pu bien les observer aux jumelles. Ce n’est qu’au bout d’un certain temps que j’ai découvert, à quelques mètres seulement au-dessus du sol, sur une saillie rocheuse, une aire construite avec de grosses branches. Un aigle y est couché en permanence et a probablement déjà commencé à couver. Il ne s’est pas laissé perturber. Les conditions météo et de glace ne permettent pas pour l’instant de changer de mouillage ; nous sommes donc contraints de vivre côte à côte. Un engagement au plus haut niveau.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 1,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,9 °C

    L’attente avant de reprendre la route m’a de nouveau laissé le temps de faire quelque chose pour mes lecteurs. J’ai écrit un nouveau reportage « Ouragan : stratégie de survie » et l’ai abondamment illustré de photos, afin que chacun puisse se projeter dans une telle situation. Il ne repose pas seulement sur mon expérience de la mer, acquise lors de la navigation d’été comme d’hiver sous les hautes latitudes de l’Atlantique Nord, mais aussi sur le quotidien des pêcheurs professionnels avec qui j’ai embarqué. Justement pendant les mois d’automne et d’hiver, il faut compter avec une tempête ou un ouragan presque une fois par semaine ; on a donc été contraint, au fil des années, de se confronter à des conditions de vie plus rudes. Sous de telles contraintes extrêmes, les erreurs de toute sorte sont sanctionnées durement, sans exception. On ne risque pas seulement de voir son équipement ou son bateau détruit, on peut aussi se blesser gravement, voire perdre la vie. Le reportage ne présente pas seulement une stratégie pour la haute mer, mais aussi pour le mouillage et le port, car là aussi, un ouragan provoque des destructions. Encore une information qui me concerne : on m’a déjà souvent demandé pourquoi mes reportages coûtent 3 € et si j’en tire mes moyens de subsistance. Celui qui lit sur mon site la rubrique Vente y trouve le mot participation aux frais. Cela signifie que je souhaite alléger un peu mes frais, qui proviennent principalement des coûts extrêmement élevés d’Internet ici dans le Nord (1 Go = 108 €). En outre, la photographie et la mise en forme des textes représentent un travail non négligeable. Je peux donc affirmer en toute bonne conscience que je suis encore à des années-lumière de financer ma subsistance avec les reportages. Ces reportages naissent bien plutôt de ma passion et peuvent venir s’ajouter à vos propres expériences comme une indication supplémentaire concernant la navigation et diverses mesures à prendre. Ils doivent aussi faciliter un peu les débuts dans ce domaine, car ces reportages proviennent exclusivement de la pratique et peuvent faire contrepoids aux nombreuses recommandations théoriques. Bonne lecture.

    Tempête
    Harald Paul
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : SE / 3 Bft
    • Météo : nuageux / -1,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,6 °C

    Abandon : les coordonnées montrent que la Gypsy Life est de nouveau dans le port de Qaqortoq. Que s’est-il passé ? Le jour du départ, il faisait un temps magnifique et nous avons savouré, entre quelques floes, les premiers milles nautiques de cette saison. Mais nous savions par les cartes météo qu’une dépression se dirigeait vers nous. Elle annonçait des vents d’environ 20 m/s, 9 Bft. Pour cette région, où un tel vent souffle à peu près une fois par semaine, rien que de très normal. Nous étions préparés et avons mouillé dans une petite baie bordée de rochers. Le vent est arrivé comme annoncé dans la journée et a un peu forci vers le soir. J’ai décidé de quitter ce petit emplacement pour me déplacer dans une baie ouverte d’un côté sur le large, afin de pouvoir filer davantage de chaîne si nécessaire. Le vent s’est ensuite transformé en tempête et a grossi pendant la nuit jusqu’à un ouragan de catégorie 2, avec environ 50 m/s, bien au-delà de 12 Bft. Rien d’inhabituel pour notre Gypsy Life et son équipage, si ce n’est qu’un vacarme d’enfer est soudain venu s’ajouter au grondement de l’ouragan. On aurait pu croire qu’un hélicoptère voulait se poser sur le toit de notre bateau. Ce n’était pas un hélico, mais notre éolienne, qui s’est soudain emballée malgré le frein enclenché. Le frein (pour que l’éolienne ne tourne pas lors de telles tempêtes) a perdu son efficacité sous la pression brutale du vent. Freiner manuellement tout en haut du mât d’artimon par de telles vitesses de vent est mortellement dangereux. Nous avons donc décidé de supporter le bruit toute la nuit. Un examen ultérieur de l’éolienne a révélé que tous les aimants s’étaient détachés de l’induit et avaient tout détruit, comme des pierres dans une boîte de vitesses. J’ai considéré qu’il était de mon devoir d’informer le plus rapidement possible le fabricant, avec qui nous sommes en contact étroit. Pour cela, j’ai dû retourner au port pour avoir une connexion Internet. J’ai réglé la correspondance et récupéré de nouvelles cartes météo et cartes des glaces. Les cartes des glaces montraient que la glace se trouvait à quelques milles seulement au sud de nous. Nous sommes aussitôt repartis ce matin pour notre deuxième tentative. Au bout d’environ 6 M, un mur blanc impénétrable se dressait devant nous sur l’eau. La banquise venue de la côte est du Groenland. Le piège s’est refermé et nous oblige à attendre encore au port pour une durée indéterminée. Entre-temps, j’ai appris que plus au sud, trois personnes ont déjà été hélitreuillées depuis leurs bateaux. La banquise les avait encerclées par surprise. Une fois de plus, il faut s’armer de patience.

    Éolienne
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 1,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,8 °C

    Les Paul partent pour un grand voyage ; Walter est déjà en route sur un floe avec un sac à dos Ortlieb, pour se mettre dans l’ambiance. Pleins d’énergie et de courage, les Paul veulent remonter lentement vers le nord le long de la côte ouest du Groenland. Comme nous l’avons souvent rapporté, la glace venue de la côte est nous a maintenant atteints. Nous devons désormais naviguer de manière très tactique pour ne pas atteindre le Nord trop vite, car là-bas, comme chaque année, tout est complètement gelé de la côte ouest du Groenland jusqu’à la côte est du Canada, et il est impossible de passer. D’après certains pêcheurs qui travaillent à la hauteur de la baie de Disko, il y a actuellement le long de la côte une bande moins encombrée de banquise. Mais comme nous le savons par notre longue expérience, une telle situation peut changer en quelques heures et devenir sans issue. Il sera intéressant de voir comment la situation des glaces évoluera cette année. Une prévision pour cet été n’est pas possible, même avec les standards électroniques les plus modernes d’aujourd’hui. Pour nous, cela signifie rester toujours sur nos gardes, afin de maintenir le risque aussi faible que possible. Nous nous efforçons néanmoins de mener nos recherches sur place du mieux possible, afin de pouvoir informer nos lecteurs de la réalité des faits. Nous remercions tous les habitants de Qaqortoq pour les beaux moments et tout ce que nous avons pu vivre avec eux. L’expédition en cours « Danube – Alaska » a été rendue possible par les entreprises suivantes : Smelne Yachtcenter, Kuiper Versicherungen, le fabricant de pneumatiques DSB, Ortlieb et Leder Singer International.

    Chien
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / -2,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    La glace est arrivée, et avec elle un ours polaire : j’avais déjà rapporté il y a quelque temps que nous serions bientôt pris dans les glaces. Cette glace vient de la côte est du Groenland, non pas parce qu’elle fond, mais parce que les tempêtes persistantes la maintiennent en mouvement et qu’elle ne peut donc guère geler en une surface continue. Ajoutez à cela le courant nord-sud le long de cette côte, et la glace est transportée en permanence jusqu’au cap Farvel, avant d’être poussée vers le nord par le courant sud-nord le long de la côte ouest. Il y a peu, j’ai vu la carte des glaces actuelle, qui montrait la glace encore sur la côte est, avec quelques parties juste au niveau du cap. Mais soudain, en quelques jours, elle se trouve ici devant la côte et se répartit maintenant jusqu’au fond des fjords qui ne sont pas déjà gelés. Ceux qui se souviennent de nos attaques d’ours polaires en 2014 sur la côte est du Groenland savent que les ours polaires descendent du nord vers le sud pendant l’hiver le long des côtes, avec la glace qui s’étend. Ils vivent sur la glace et voyagent avec elle. Il arrive donc très souvent que les ours contournent le cap avec elle et débarquent ensuite sur la côte sud-ouest. C’est ainsi que l’un de ces ours est arrivé jusqu’ici, à Qaqortoq. Il a été abattu et exploité. À Paamiut, une localité plus au nord, on a abattu il y a quelques semaines deux ours polaires. Selon toute vraisemblance, ils étaient descendus du nord par le côté ouest. Là-bas, la glace est entièrement prise jusqu’au Canada. Les ours ne sont pas abattus arbitrairement, mais sont soumis à un quota de chasse. Ce quota est fixé par les autorités en fonction du nombre actuel d’ours. Au Labrador, par exemple, les quotas de chasse ont été relevés parce qu’il y a davantage d’ours en raison d’une surabondance de phoques. C’est pourquoi je ne peux pas partager le contenu des articles des médias sur une extinction des ours polaires due au réchauffement climatique et à la fonte supposée de la glace qui en découlerait (une partie de l’habitat des ours).

    Carte des glaces – situation en mars 2016 PDF · nouvel onglet
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NW / 4- 5 Bft
    • Météo : partiellement nuageux / 6,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,5 °C

    Le renard rôde. Ce fait occupe en ce moment tout Qaqortoq. D’après les récits et les observations, jusqu’à quatre renards polaires se trouveraient ici dans la localité. Une femme aurait déjà été mordue, un renard aurait voulu grimper à bord d’un bateau amarré au quai. Les rumeurs et la peur circulent : ils pourraient être porteurs du virus de la rage. Comme première mesure, les autorités ont installé des cages-pièges. Walter et moi n’avons encore aperçu jusqu’ici ni renards ni leurs traces.

    Piège
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NE / 4- 5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 11,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,9 °C

    L’hiver n’est pas encore tout à fait terminé, même si les températures atteignent déjà deux chiffres. Différentes dépressions, qui remontent jusqu’à nous en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre depuis le sud de l’Amérique du Nord, apportent l’air chaud avec elles. En hiver, ces dépressions, sur les mêmes trajectoires, étaient responsables des violents ouragans. Nous sommes parés pour la suite du voyage. Il ne nous manque plus que quelques pièces d’équipement pour la tournée de cette année qui s’annonce. Avec le début du printemps/de l’été, nous voulons remonter la côte ouest du Groenland vers le nord. Une nouvelle lutte contre les forces de la nature commence. Le plan est de composer au mieux avec ces forces et d’essayer d’atteindre l’entrée du passage du Nord-Ouest. Selon les conditions arctiques, il faudra décider sur place si la poursuite du voyage vers l’Alaska est réalisable. Dans le pire des cas, nous pourrions être pris par les glaces et devoir tenir un nouvel hivernage de près de neuf mois, dont trois bons mois dans l’obscurité totale. Même pour nous, habitants aguerris de l’Arctique, un défi dangereux. Pour finir, je me permets de recommander aux lecteurs du journal de bord d’ouvrir plus souvent la rubrique des communiqués de presse sur mon site : des informations détaillées accompagnées de photos y sont disponibles. Bonne lecture.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : crépuscule / 1,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Mon nouveau reportage porte le titre « Le travail des fourrures » ; je m’y suis attelé en raison de mon mode de vie depuis de longues années dans le Grand Nord et parce que la dernière entreprise groenlandaise de transformation des peaux est implantée ici, à Qaqortoq. Je suis parfaitement conscient que, justement en Allemagne, la chasse au phoque et ses produits sont condamnés avec la plus grande sévérité, et qu’avec ce reportage, je mets les pieds dans un nid de frelons. Aussi douloureuses que soient les piqûres, je souhaite apporter ma contribution à une meilleure compréhension de ce sujet et ne pas faire l’autruche. Ce reportage ne décrit pas seulement le processus qui mène de la peau de phoque brute au vêtement, il donne aussi un aperçu des dommages écologiques et économiques causés par l’embargo de l’Europe et des États-Unis sur les importations de produits du phoque. Actuellement, les médias ne montrent aucun intérêt à rendre compte de ces dommages à l’écosystème, qui se sont développés au fil du temps, déclenchés par la main de l’homme. Ce reportage devrait intéresser non seulement les défenseurs des animaux, mais aussi le grand public.

    Fourrure
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / -1,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,8 °C

    L’équipage de la Gypsy Life s’est agrandi. Même si le quatrième membre ne pèse qu’environ dix grammes, il revendique sa propre place à bord. Il s’appelle « Kanari Admirali » ; ce canari élevé au Groenland a reçu une place choisie près de la fenêtre, pour qu’il puisse tout surveiller. Walter, qui a du mal à s’habituer au nouveau membre, patrouille dehors le long du passavant et ne le quitte pas des yeux. Comme nous n’avons plus ni télévision ni radio depuis plus de 15 ans, le chant du petit oiseau et ses acrobaties aériennes nous ravissent. Nous pouvons donc affirmer que notre équipage est assez international : Walter du Canada, Kanari Admirali du Groenland et nous d’Allemagne.

    Oiseau
    Oiseau
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : SE / 5 Bft
    • Météo : nuageux / -1,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,6 °C

    Depuis un certain temps, le sud-ouest du Groenland est pris dans les glaces. Une partie des fjords est gelée depuis assez longtemps, sur une épaisseur allant jusqu’à 70 cm. La nouvelle glace, qui nous enferme maintenant peu à peu, vient de la côte est ; elle est transportée autour du cap Farvel par le courant nord-sud qui y règne et par les violents ouragans. Ici, du côté ouest, le courant sud-nord transporte lentement la banquise vers le nord. Pour l’instant, la glace se tient encore en pleine mer, à quelques milles nautiques de la terre ferme. Mais avec le temps, elle bloquera d’autres parties des fjords, si bien que la navigation connaîtra de sérieuses difficultés. La glace devrait même pénétrer jusqu’ici, dans le port de Qaqortoq. Nous sommes déjà préparés à ce scénario, qui se répète chaque année. Avant que la banquise ne nous enferme complètement pour les mois à venir, nous fuirons vers le nord, à l’abri de la glace qui nous protège des vents tempétueux. Mais nous attendons ici le plus longtemps possible, car chaque jour, nous gagnons quelques minutes de clarté et de soleil. Je veux éviter autant que possible une navigation dans les glaces de nuit, dans une zone déjà difficile et seulement partiellement cartographiée.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / -1,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Aujourd’hui, la journée était douce et, de surcroît, sans vent. J’avais avec ma moto d’enduro un petit problème qui, dans d’aussi bonnes conditions, peut être réparé dans mon atelier d’hiver bien particulier, sur le toit de la Gypsy Life. Un joint situé entre les deux moitiés du carter, côté embrayage, n’était plus étanche. Cela commençait à suinter un peu. Pour les tournées d’exploration de cette année dans la nature sauvage, je ne veux en aucun cas d’un engin qui pourrait perdre de l’huile. J’ai donc démonté l’enduro spécialement préparée afin de commander tous les joints et bagues d’étanchéité nécessaires chez mon concessionnaire moto de Neutraubling, près de Ratisbonne, www.ktm-regensburg.de. L’équipe dirigée par Mme Isy Bauer a aussitôt actionné tous les leviers imaginables pour que la livraison ici, à Qaqortoq au Groenland, se fasse le plus vite possible. Nous voulions éviter que l’air salin très concentré des nombreux ouragans n’attaque l’intérieur de l’enduro, voire ne le détruise. Ainsi, malgré mon emplacement très éloigné de la civilisation, j’ai pu recevoir les pièces en quelques jours et remonter le moteur. Merci pour cette performance sportive.

    Harald Paul
    Moto
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NE / 8-9 Bft
    • Météo : nuit noire / 1,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,5 °C

    En ce moment, nous sommes de nouveau assaillis par des vents un peu plus violents. Les prévisions annoncent jusqu’à 50 m/s à Nanortalik et environ 35 m/s ici, à Qaqortoq. Comme vous le savez, pour de telles forces de vent, j’utilise l’unité m/s, parce que l’échelle de Beaufort s’arrête à 12 Bft, force d’ouragan, alors que ces deux valeurs se situent au-delà. Ceux qui s’intéressent un peu plus au Groenland et à ses conditions météo, notamment aux forces d’ouragan, trouveront des informations plus à jour sur le site suivant : www.asiaq.gl. Sous la rubrique « Vejret nu » s’ouvre une page qui présente, pour les dernières 24 heures, les conditions météo réellement observées dans différentes localités du Groenland. Pour notre lieu de séjour actuel, ce sont les localités de Nanortalik et de Qaqortoq qui comptent ; on peut les ouvrir dans la liste par un double-clic. On y voit exactement quelles forces de vent minimales et maximales ont réellement régné.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : couvert / -6,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,6 °C

    Quand on lit le nom de Herluf Grønlund, on cherche aussitôt un lien avec l’histoire des anciens explorateurs ou aventuriers des latitudes arctiques. Mais on se trompe lourdement : Herluf, un Danois qui vit depuis quelques années ici au Groenland et qui est heureux en ménage avec une Groenlandaise, Nuunu Eli Olsen, profite jour après jour d’un empire unique au Groenland. Quand, justement à cette période de l’année, la tempête souffle et la neige tombe dehors dans l’obscurité, il ouvre la porte d’une pièce qui s’appuie sur la roche nue du Groenland. Il traverse une barrière d’air chaud à 18° pour entrer dans une pièce inondée de lumière et, au chant des oiseaux, il se sent comme au jardin d’Éden. Herluf est le seul éleveur de canaris du Groenland ; il élève avec succès plus de 50 couples reproducteurs de canaris de posture anglais « Gloster Fancy & Norwich ». Depuis 2011, il a été cinq fois champion nordique lors des expositions qui se déroulent en Europe. Herluf, habilité après une formation de trois ans à juger les quelque 900 races de canaris différentes, s’est fixé pour objectif d’obtenir avec ses oiseaux les premières places aux championnats d’Europe et du monde. Mais d’ici là, le chemin est encore pénible. Il faut de nombreuses heures, des jours, voire des semaines, pour trouver les bons couples reproducteurs et les préparer à la reproduction. Les différents nids doivent être placés, la composition de la nourriture est adaptée aux oiseaux qui couvent, la propreté est maintenue au plus haut niveau, afin qu’aucun endo- ou ectoparasite ne puisse freiner le développement des poussins tout juste éclos, à peine plus grands qu’un ongle de pouce. L’éleveur Herluf se consacre corps et âme à ses oiseaux et en oublie le monde autour de lui quand les mâles font retentir leur chant nuptial. Inspiré par ce chant, Herluf a écrit sur son savoir de spécialiste quatre livres en danois, dont l’un aussi en anglais, qui transmet ses connaissances aux amateurs de canaris dans plus de 30 pays. Mais le succès ne repose pas seulement sur la passion ; il exige aussi une planification méticuleuse de l’approvisionnement en matériel, comme des aliments plus ou moins rapidement périssables, des matériaux de nidification, des cages. Plus grande île du monde, le Groenland est très loin de tout approvisionnement par le continent. Les conditions météo ne correspondent en rien à ce que diffusent les médias en Europe. Les prévisions météo supposées ou estimées ne lui sont d’aucun secours. Il doit programmer chaque livraison, dont profitent aussi d’autres amateurs d’oiseaux groenlandais, en tenant compte des divers changements d’horaires des cargos dus aux conditions météo réellement extrêmes. Pas une tâche facile que de tout planifier des semaines à l’avance dans de telles conditions pour maintenir en vie cet élevage unique. Car les canaris ne peuvent survivre que quelques heures sans la bonne nourriture.

    Oiseau
    Oiseau
    Oiseau
    Oiseau
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / -1,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,8 °C

    Que font les Paul en ce moment, ne s’ennuient-ils pas ? On nous a déjà souvent posé cette question. Surtout quand on ne peut pas quitter le bateau pendant des jours à cause d’un ouragan ou d’un blizzard. Nous réfléchissons à bien des choses, digérons ce que nous avons vécu ces derniers temps et planifions nos nouvelles routes dans toutes les directions, que nous devons le plus souvent chambouler au moment du départ à cause de la météo. Nous nous occupons de notre foyer, de ses appareils et de l’équipement. Ce faisant, nous nous sommes rendu compte que nous naviguons depuis plus de 16 ans et que nous vivons depuis 13 bonnes années en permanence sur notre Gypsy Life, sans domicile à terre. Notre seule absence prolongée de notre Smelne Vlet a duré environ 4 semaines d’affilée, pour explorer le pays à moto au Canada. Notre vlet, une construction spéciale du chantier Smelne à Drachten, aux Pays-Bas, a près de 10 000 heures de fonctionnement dans son sillage. Comparé à une voiture, cela représente entre 500 000 et 600 000 kilomètres. Avec les contraintes que nous avons imposées au bateau – glace, vagues courtes et rapprochées, ouragans, travaux de poussée et de remorquage –, la fin de n’importe quel véhicule serait le plus souvent programmée. Mais pas avec ce bateau particulier. Malgré les contraintes extrêmes qui se sont exercées sur la coque pendant des mois, aucun dommage n’est apparu à ce jour. Même lorsque, à la fin de l’année dernière, je me suis échoué par ma faute à 3 nd sur un rocher immergé, aucun dommage n’est à déplorer sur la coque, les superstructures ou l’intérieur. Des dommages qui devraient pourtant exister quand on stoppe brutalement, en une seconde, près de 20 tonnes lancées à une telle vitesse. L’inertie de cette masse détruit n’importe quelle construction. Mais pas la Gypsy Life, car les composants les plus importants, comme les mâts, le chargement et le toit prolongé, sont fixés de manière à pouvoir céder un tout petit peu. De même, l’ensemble de l’aménagement intérieur n’est pas vissé, mais le plus souvent collé de façon élastique. Ces précautions ont été prises lors de la construction en prévision des vagues extrêmement courtes qui naissent des courants et des vents changeants dans l’Atlantique Nord. Comme on le voit, elles ont plus que fait leurs preuves après 13 années de contraintes. D’autres composants, comme toute l’isolation, le câblage électrique et la distribution d’eau, ont été installés de manière à ne pas s’autodétruire sous l’effet des mouvements du bateau (le plus souvent par frottement les uns contre les autres). Vitale est la fixation des bollards et des taquets sur le bateau, qui ont été sollicités à l’extrême justement lors de l’ouragan de force 4 (sur 5 degrés possibles), 63 m/s, que nous venons de traverser. Un ouragan de cette ampleur, qui déplace des conteneurs maritimes, empile de petits bateaux dans un coin comme des feuilles mortes balayées par le vent et fait hurler les pylônes électriques, dépasse le plus souvent l’imagination d’un skipper. Dans une telle situation, il est vital de pouvoir compter sur son bateau. En résumé, je peux donc dire que je ne connais aucun chantier dont un bateau aurait navigué aussi longtemps dans de telles situations extrêmes et aurait tout surmonté sans le moindre dommage. Même si presque personne ne souhaite jamais se retrouver dans une telle situation, il est tout de même très rassurant de savoir que les bateaux construits par Smelne résistent durablement à ces contraintes. Ceux qui s’intéressent à une vie sur l’eau, que ce soit pour les vacances ou pour changer de vie, ne devraient pas manquer de visiter le chantier de Drachten. Vous y êtes toujours le bienvenu et pouvez découvrir par vous-même, quel que soit le temps, dans un hall couvert avec bassin, la diversité des modèles Smelne et leur haut niveau de qualité. L’équipe compétente de cette entreprise familiale réalisera aussi vos souhaits, comme pour tous les autres propriétaires de Smelne. Laissez-vous surprendre par tout ce qui est possible. Prenez plaisir à admirer.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NE / <13 Bft
    • Météo : nuit noire / 5,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Il y a peu, j’écrivais dans une entrée du journal de bord qu’un ouragan de 70 m/s (252 km/h) avait atteint la petite ville d’Ammassalik, sur la côte est du Groenland, et y avait causé des dégâts non négligeables. Cette nuit, un ouragan de 65 m/s (234 km/h) a balayé la petite localité de Nanortalik, qui n’est qu’à quelques heures de route de Qaqortoq avec notre bateau. Nous n’avons certainement pas ressenti toute la force de ce vent, mais c’était suffisant pour que, dans les rafales brutales, notre Gypsy Life soit violemment projetée sur le côté. Nous sommes amarrés à quelques mètres seulement de la rive nord du port, bien protégée par une ceinture de maisons et de rochers, la proue sur deux bouées et la poupe vers la terre. Le vent avait pourtant une telle force qu’il soulevait l’eau à côté de nous à plusieurs mètres de hauteur, si bien que, par moments, nous ne voyions plus les bateaux voisins malgré l’éclairage du port. Ces derniers temps, le bateau a été constamment optimisé pour une tenue sûre et un amortissement suffisant afin de protéger les cordages, si bien que mes amarres et la chaîne d’ancre tendue de la poupe à la rive ont parfaitement rempli leur rôle. Même si nous n’avons pas pu profiter d’une nuit de repos, nous pouvons, grâce à l’incroyable robustesse de notre Smelne, cocher une fois de plus un ouragan surmonté sans dommage.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NE / 5-6 Bft
    • Météo : nuit noire / 2,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Par cette entrée, nous souhaitons remercier tous les Groenlandais qui nous ont invités pendant les fêtes de Noël et à la Saint-Sylvestre, qui nous ont gâtés de délices culinaires et nous ont offert un regard approfondi sur la culture groenlandaise. Nous souhaitons à tous les Groenlandais beaucoup de succès et une bonne santé pour la nouvelle année 2016.

    Saint-Sylvestre
    Saint-Sylvestre
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NW / 8-9 Bft
    • Météo : nuageux / -6,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,7 °C

    Sous l’effet du froid, mon souffle reste accroché à mon bonnet en une fine couche de glace, tandis qu’ici, à Qaqortoq, je gravis une fois de plus en courant, pour m’entraîner, la colline fortement verglacée. Comme d’habitude, je veux garder un peu la forme pour les étapes en mer qui nous attendent l’année prochaine. Arrivé au point le plus haut, je profite d’une vue grandiose sur la vaste mer, au-dessus de laquelle de petits nuages se forment au ras de l’eau. C’est le souffle de quelques baleines qui chassent ensemble en groupe. Je respire l’air pur et me laisse aller à quelques souvenirs de l’année écoulée. Comment nous avions surmonté l’hivernage au Labrador, par un froid sans répit et une épaisseur de glace extrême de près de deux mètres, en un peu moins de six mois. Comment nous avions bravé les basses températures, conjuguées à un vent vif, de moins 50° et au-delà, et cela à une latitude que l’on peut à peu près comparer à celle de Hambourg. Comment la mer, elle, était couverte d’une glace épaisse bien plus au sud, jusqu’à la pointe de Terre-Neuve, ce qui correspond à peu près à la frontière nord de l’Italie. Comment j’ai dû apprendre sans cesse que les conditions de glace évoluaient indépendamment de la température extérieure. Comment, en raison de l’abondance de glace en juin et juillet, nous avions dû quitter prématurément le Labrador pour passer au Groenland. Que début août encore (le plein été arctique), les navires devaient se frayer un passage à travers l’épaisse banquise dans les fjords du Labrador et du sud de l’île de Baffin – à une latitude environ 120 kilomètres plus au nord que Bergen, en Norvège – pour maintenir l’approvisionnement vital des différents villages. Que je ne connais aucun article des médias reflétant de tels faits. Lors de mes explorations à terre avec mon engin de sport, en pleine nature sauvage, beaucoup de chemins praticables se terminaient dans une décharge. Même sur les pentes abruptes menant à un lit de rivière unique, sinueux et magnifique, on avait déversé toutes sortes d’ordures, alors qu’une immense déchetterie gratuite se trouvait à quelques kilomètres seulement. À ma surprise, j’y ai aussi trouvé des animaux et des poissons tués, probablement pour le seul sport, puis jetés. Même autour des cabanes de trappeurs bien connues des récits d’aventure, que j’ai trouvées en enduro dans les régions les plus reculées, les ordures s’entassaient jusqu’à hauteur du toit. J’ai beaucoup de mal à comprendre comment, dans un paradis naturel aussi unique, où la densité de population est minimale, on peut traiter ainsi la nature. Là non plus, je ne connais aucun article des médias à ce sujet. Pourquoi le profit passe toujours bien avant la protection de la nature, alors que chacun est au fond convaincu que nous avons besoin de la Terre pour vivre et non l’inverse : cette question ne quitte pas mes pensées. Mais un sourire me vient aussi aux lèvres lorsque je me souviens des petits ours noirs qui s’ébattaient et de leur mère qui, peu après, m’a repéré malgré mon excellent camouflage. D’un loup gris qui, en plein jour, du haut d’une colline, m’a regardé travailler sans que je le remarque, hélas. Seule Silvia a pu l’observer longuement depuis le bateau. Des caribous qui, haut dans les montagnes, s’intéressaient tant à ma moto qu’ils en perdaient toute crainte et s’approchaient à portée de main. Des ours polaires qui, la nuit, nageaient autour de notre bateau et tentaient d’y pénétrer pour s’emparer de nos délicieuses provisions. Toutes ces expériences et aventures, on peut à peine les fixer par l’écrit et l’image ; elles restent ainsi gravées à jamais dans les mémoires. Par ce biais, nous tenons à remercier tous les sponsors, les lecteurs du site, les abonnés aux reportages, les propriétaires de nos livres et DVD, tous ceux qui nous ont soutenus par leurs dons, ainsi que les bénévoles, de nous avoir permis de vivre encore cela à notre époque. Pour l’année prochaine, nous nous sommes fixé pour objectif de vous emmener encore davantage en voyage avec nous, afin que vous ayez, de chez vous, un meilleur aperçu. Nous souhaitons donc à toutes les personnes concernées un bon passage à la nouvelle année, avec une excellente santé et beaucoup de succès.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NE / 10-11 Bft
    • Météo : nuageux / 2,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,8 °C

    Certains lecteurs penseront peut-être à leur bateau pendant les fêtes. À tout ce qu’ils devront faire au printemps pour la nouvelle saison. Dans ce contexte, la peinture, à l’intérieur comme à l’extérieur, est certainement aussi un sujet. C’est à cette fin que le nouveau reportage « Trucs et astuces, peinture » a été rédigé par mes soins. Il repose sur des années de sollicitation continue liée à la vie permanente à bord, dans des conditions parfois extrêmes. De plus, mes années de collaboration au chantier Smelne, dans le secteur peinture, se sont révélées extrêmement utiles. Pour celui qui se prépare à un long voyage et qui ne vise pas seulement la beauté, mais la durabilité sur des années, ce 13e reportage est idéal. Si toutefois des questions se posaient sur ce sujet, je vous prie de me contacter par e-mail. Comme d’habitude, les modalités pour obtenir un tel PDF sont indiquées sous la rubrique Vente. Bonne lecture.

    Harald Paul
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NW / 1 Bft
    • Météo : nuageux / -8,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,6 °C

    Noël : pour beaucoup, une période de recueillement où l’on passe les fêtes en famille, détendu. Tout est parfaitement organisé, du sapin au repas de Noël en passant par les cadeaux. Chez nous, cela pourrait être pareil, puisque nous sommes amarrés ici, au Groenland, dans un tout petit port communal. Quelques bateaux de pêche restent certes au port pendant les fêtes et l’activité portuaire ne s’arrête pas complètement, mais dans l’ensemble, c’est plutôt calme. Depuis quelque temps, on nous demande de plus en plus souvent de changer de place d’amarrage plusieurs fois par semaine. Nous avons suivi les instructions sans réserve et exécuté toutes les manœuvres. Mais depuis peu, on nous demande plusieurs fois par jour, pour des raisons incompréhensibles, d’amarrer la Gypsy Life à différents endroits. Hier après-midi encore, on nous a attribué une nouvelle place qui, dès la nuit, n’était déjà plus la bonne. Nous avons finalement pu y rester pour la nuit, mais nous devons libérer la place aux premières heures du matin. Le suspense reste donc entier : où aurons-nous le droit de passer cette période de recueillement ? Nous souhaitons à tous les lecteurs de notre site, aux abonnés de mes reportages et aux sponsors Smelne Yachtcenter, Kuiper Versicherungen, le fabricant de pneumatiques DSB, Ortlieb, Leder Singer International et Baukranverleih Roth un joyeux Noël et un bon passage à la nouvelle année

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NW / 2-3 Bft
    • Météo : nuageux / -3,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,0 °C

    Dans les temps à venir, nous devrons de plus en plus rester au port de Qaqortoq. La raison en est que les nombreuses baies de mouillage que nous avions repérées à la fin de l’automne sont complètement gelées. Jusqu’à présent, nous avons toujours pu briser la glace avec notre vlet pour nous dégager suffisamment d’espace. Mais avec le froid croissant, la glace s’épaissit. Le bateau pourrait aussi briser une glace plus épaisse, mais la coûteuse peinture de carène en souffrirait trop. Comme au Groenland tous les produits sans exception sont chers, nous sommes contraints de faire attention aux coûts.

    Cadeau de Noël idéal :
    Le mode de vie unique des Paul est retracé chronologiquement, par écrit dans deux livres passionnants et en images dans deux DVD divertissants.
    Ainsi, le livre « Cap au nord » décrit de manière saisissante comment tous deux, malgré tous les avertissements, ont été les premiers à rallier le Spitzberg depuis Hambourg avec un bateau à cabine de seulement 7 mètres. Comment ils se sont frayé un chemin à travers la glace et ont survécu à une mer extrêmement tempétueuse dans cette petite coquille de noix.
    Le DVD « Expédition Glace » complète les images de ce livre : il montre beaucoup des magnifiques fjords de Norvège, transmet toutes sortes de connaissances de base sur le nouveau mode de vie des Paul à bord de leur nouveau navire « Gypsy Life » et montre, entre autres, l’« île aux Ours », presque inconnue, dans la mer de Barents.
    « Aventure Canada », un DVD qui fait vivre au plus près les deux traversées extrêmes de l’Atlantique Nord, de la Hollande au Canada puis retour vers l’Allemagne. On revit toutes les situations et on profite d’observations exceptionnelles d’animaux dans les contrées arctiques. Le texte et les photos du livre « Liberté – Aventure – Nature sauvage » emmènent le lecteur en voyage. Il explique de nombreux gestes du quotidien et conforte le lecteur dans ses propres rêves de vie libre.
    « Les reportages de Paul » sont un compte rendu direct et très actuel de l’expédition « Danube – Alaska », avec une profusion de photos et des recherches précises sur place.
    La rubrique Vente de ce site explique comment obtenir « Les reportages de Paul » et présente les possibilités de se procurer les articles. Si les délais de livraison des articles vous semblent trop longs, vous pouvez commander directement auprès de moi et recevrez la livraison depuis mon stock en Allemagne dans les meilleurs délais.

    Gypsy Life
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : SE / 3-4 Bft
    • Météo : nuageux / -2,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 0,8 °C

    Aujourd’hui, nous sommes sortis assez loin en mer pour tester en pratique notre moteur hors-bord, monté comme « kick motor » à la poupe de la Gypsy Life lors de l’hivernage au Labrador, dans l’est du Canada. Ce hors-bord de seulement 10 ch a pu pousser notre bateau de près de 20 tonnes jusqu’à 2 nd (3,7 km/h) malgré la houle. Étonnant en fait, car en théorie on compte 6 ch pour 1 tonne. Que ce moteur ne soit pas destiné à la propulsion principale découle des circonstances. Combiné à ma grande voilure de stabilisation, il doit permettre de poursuivre lentement la route en haute mer en cas d’éventuelle réparation du moteur principal. On peut ainsi maintenir à peu près le cap fixé, on reste manœuvrant et on ne constitue pas une gêne à la dérive pour le reste de la navigation.

    Cadeau de Noël idéal :
    Le mode de vie unique des Paul est retracé chronologiquement, par écrit dans deux livres passionnants et en images dans deux DVD divertissants.
    Ainsi, le livre « Cap au nord » décrit de manière saisissante comment tous deux, malgré tous les avertissements, ont été les premiers à rallier le Spitzberg depuis Hambourg avec un bateau à cabine de seulement 7 mètres. Comment ils se sont frayé un chemin à travers la glace et ont survécu à une mer extrêmement tempétueuse dans cette petite coquille de noix.
    Le DVD « Expédition Glace » complète les images de ce livre : il montre beaucoup des magnifiques fjords de Norvège, transmet toutes sortes de connaissances de base sur le nouveau mode de vie des Paul à bord de leur nouveau navire « Gypsy Life » et montre, entre autres, l’« île aux Ours », presque inconnue, dans la mer de Barents.
    « Aventure Canada », un DVD qui fait vivre au plus près les deux traversées extrêmes de l’Atlantique Nord, de la Hollande au Canada puis retour vers l’Allemagne. On revit toutes les situations et on profite d’observations exceptionnelles d’animaux dans les contrées arctiques. Le texte et les photos du livre « Liberté – Aventure – Nature sauvage » emmènent le lecteur en voyage. Il explique de nombreux gestes du quotidien et conforte le lecteur dans ses propres rêves de vie libre.
    « Les reportages de Paul » sont un compte rendu direct et très actuel de l’expédition « Danube – Alaska », avec une profusion de photos et des recherches précises sur place.
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    Pneumatique
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / -10,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,8 °C

    L’entrée du 24.11.2015 a incité de très nombreux skippers à m’écrire un e-mail, et je tiens d’emblée à les en remercier chaleureusement. Sans entrer dans le détail de chaque courrier, j’ai remarqué que, pour beaucoup, la différence entre navigabilité et comportement à la mer n’est peut-être pas très claire. On croit toujours qu’un bateau qui se tient calme sur l’eau est en même temps très sûr, et donc hautement apte à la mer. C’est pourquoi on est convaincu depuis des années qu’un voilier est le bateau le plus marin du monde. Les composantes – lest profond sous la ligne de flottaison et voiles captant le vent en surface – laissent une impression convaincante. Bien sûr, le lest sous la ligne de flottaison l’emporte tellement sur la pression du vent dans les voiles que le voilier peut se redresser depuis presque n’importe quelle gîte. À condition que la construction des bateaux modernes le supporte vraiment. Mais il faut aussi voir clairement que le lest n’est nécessaire que parce que le bateau doit résister à la pression du vent dans les voiles. C’est là que je vois, d’après mes nombreuses observations pratiques, le plus grand problème. Une construction légère, pour aller vite même par petit vent, fait quelque peu plier la stabilité sous de fortes contraintes dans une mer forte. À mes yeux, ce n’est pas le plus gros problème quand on a l’expérience pour y faire face. Dans une forte tempête, un voilier doit toujours affronter deux contraintes : le vent et les vagues. Même sans voiles envoyées, le gréement crée une telle pression du vent que, sans quille, le bateau chavirerait immédiatement. Un voilier a donc impérativement besoin des deux composantes pour pouvoir simplement flotter. Il en va tout autrement d’un bateau à moteur. La pression du vent sur les superstructures, plus faible que sur une voile, n’a pas besoin d’être compensée par un centre de gravité situé très bas sous la ligne de flottaison (quille). De plus, un bateau à moteur n’est exposé qu’à une seule force : l’eau, c’est-à-dire les vagues. Il y a certes aussi un peu de pression du vent sur les superstructures, mais elle est proportionnellement si faible qu’elle ne compromet pas dangereusement la navigabilité. Ainsi, le bateau à moteur est, dans sa conception de base, l’égal du voilier, et aucun des deux ne surpasse l’autre par une navigabilité bien meilleure. L’avantage formidable (comportement à la mer) du voilier sur tous les autres bateaux est sa stabilité tranquille, qui contribue aussi un peu à la navigabilité. Elle maintient plus longtemps la forme de l’équipage à un niveau élevé. Car on le sait : la navigabilité d’un bateau repose pour une très large part sur l’équipage. Le bateau à moteur supporte certes les mêmes contraintes de mer qu’un voilier, mais, faute de stabilisation quille/voiles, il a l’inconvénient de rouler énormément sous l’effet des vagues. Ce roulis n’a aucune influence sur la navigabilité du bateau. Seul le moins bon comportement à la mer agit sur l’équipage, qui, sur une plus longue période, perd plutôt en forme, ce qui affecte aussi quelque peu la navigabilité. Comme je l’ai déjà dit, l’équipage contribue beaucoup à la navigabilité d’un bateau. Idéaux pour la navigabilité sont les bateaux qui ont un centre de gravité bas et des superstructures basses. Là, il est toujours garanti que le bateau revient en position redressée depuis presque n’importe quelle gîte. Si l’on regarde à cet égard les bateaux de pêche, on constate : quille profonde, qui peut en plus être remplie de chargement (du poisson). Il en résulte un centre de gravité encore plus bas. Ce qui est encore très important et rarement abordé : mon bateau est-il étanche ? Tout le reste peut passer au second plan ; si l’eau peut pénétrer à l’intérieur, c’est le plus grand problème. Exemple : vitres, portes, boîtes d’aspiration d’air pour la machinerie, sorties de chauffage, aérations sur le pont avant, etc. La plupart des cloisons du bateau présentent de grands trous, parce que des câbles et des tuyaux y passent et qu’ils ne sont pas rebouchés ensuite. La cloison a alors manqué son but : contenir l’eau dans un seul compartiment. Chacun peut faire un test sur son bateau en dirigeant un jet d’eau puissant sur les points évoqués et voir ce qui se passe. C’est intéressant sur de nombreux voiliers classés A. Dirigez donc un tuyau sur les portes de la descente. Celui qui veut réaliser un test plus proche de la pratique remplace le tuyau d’arrosage par un tuyau de pompier de type « C », qui, avec bien plus de pression et de débit, se rapproche de la réalité en haute mer. Si l’on ne veut pas inonder tout de suite le bateau entier, on peut d’abord tout éclairer à la lampe de poche dans l’obscurité. Partout où un rai de lumière passe et se voit de l’autre côté, l’eau entre allègrement. Ainsi, à mon avis, inutile de gaspiller une seule pensée sur la navigabilité comparée du bateau à moteur et du voilier ; on peut plutôt se concentrer entièrement sur le bateau et sur le bassin de navigation choisi. Les nombreuses recommandations sur les raffinements de construction pourraient alors trouver leur emploi, mais elles devraient, s’il vous plaît, être suffisamment testées auparavant dans la pratique, y compris par gros temps. C’est ainsi que même certains bateaux conçus pour la navigation en mer ont été renvoyés au chantier après un tel essai, parce que la théorie et la pratique étaient trop éloignées. Permettez-moi de signaler encore une chose : avec la force 12 Bft, au-delà de 32,5 m/s, la limite supérieure est loin d’être atteinte ici dans le Nord. Il y a quelques jours à peine, la côte est du Groenland, à la hauteur d’Ammassalik, a été frappée par des vents de 70 m/s (qui ne figurent plus sur l’échelle de Beaufort, > 250 km/h), qui se sont encore maintenus à 63 m/s jusqu’à la côte ouest, à la hauteur de Nuuk. Depuis notre position actuelle, cela ne fait guère qu’environ 180 M (333,36 km), une distance quasi négligeable pour un ouragan d’une telle force. Nous sommes donc heureux de ne pas avoir été touchés. Notre bateau a déjà résisté à de nombreuses tempêtes au-delà de 32,5 m/s ; nous avons même traversé sans le moindre dommage 51 m/s en Islande, mais à 70 m/s, l’ampleur des dégâts serait difficilement estimable. De telles situations extrêmes peuvent tout à fait survenir aussi en été. C’est pourquoi je prie instamment tous ceux qui veulent s’aventurer dans les contrées plus septentrionales de rendre leur support flottant aussi solide et étanche que possible, d’aborder un tel défi avec une bonne dose d’expérience de la mer et de toujours garder à l’esprit qu’aucun bateau, voilier ou bateau à moteur, n’est insubmersible. Ma devise : « Toujours espérer le meilleur, mais être préparé au pire ».

    Bons préparatifs

    Cadeau de Noël idéal :
    Le mode de vie unique des Paul est retracé chronologiquement, par écrit dans deux livres passionnants et en images dans deux DVD divertissants.
    Ainsi, le livre « Cap au nord » décrit de manière saisissante comment tous deux, malgré tous les avertissements, ont été les premiers à rallier le Spitzberg depuis Hambourg avec un bateau à cabine de seulement 7 mètres. Comment ils se sont frayé un chemin à travers la glace et ont survécu à une mer extrêmement tempétueuse dans cette petite coquille de noix.
    Le DVD « Expédition Glace » complète les images de ce livre : il montre beaucoup des magnifiques fjords de Norvège, transmet toutes sortes de connaissances de base sur le nouveau mode de vie des Paul à bord de leur nouveau navire « Gypsy Life » et montre, entre autres, l’« île aux Ours », presque inconnue, dans la mer de Barents.
    « Aventure Canada », un DVD qui fait vivre au plus près les deux traversées extrêmes de l’Atlantique Nord, de la Hollande au Canada puis retour vers l’Allemagne. On revit toutes les situations et on profite d’observations exceptionnelles d’animaux dans les contrées arctiques. Le texte et les photos du livre « Liberté – Aventure – Nature sauvage » emmènent le lecteur en voyage. Il explique de nombreux gestes du quotidien et conforte le lecteur dans ses propres rêves de vie libre.
    « Les reportages de Paul » sont un compte rendu direct et très actuel de l’expédition « Danube – Alaska », avec une profusion de photos et des recherches précises sur place.
    La rubrique Vente de ce site explique comment obtenir « Les reportages de Paul » et présente les possibilités de se procurer les articles. Si les délais de livraison des articles vous semblent trop longs, vous pouvez commander directement auprès de moi et recevrez la livraison depuis mon stock en Allemagne dans les meilleurs délais.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NW / 2-3 Bft
    • Météo : nuit noire / -10,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,8 °C

    Ce soir, on a fêté l’arrivée du père Noël à Qaqortoq. Les nombreux enfants chantaient à pleins poumons les chansons qu’ils avaient apprises en kalaallisut (groenlandais). Le sapin de Noël dressé au milieu de la grande place était décoré de nombreuses guirlandes lumineuses. Mais le point culminant pour les enfants fut l’arrivée du père Noël, qui, malheureusement, n’arriva pas comme je m’y attendais avec un attelage de rennes et un traîneau, mais debout sur la plateforme d’un tout-terrain rouge, serrant les mains tendues des enfants. Plus d’un a aussi tiré sur la grande barbe blanche du père Noël pour vérifier son authenticité.

    Noël 1
    Noël
    Noël
    Noël 4
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : SE / 3-4 Bft
    • Météo : Neige fondue / 2,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,9 °C

    Petite cause, grands effets. La pleine lune approche et les marées sont donc plus fortes, si bien que cette nuit, dans le port de Qaqortoq, notre bateau a très légèrement touché le fond un moment avec le talon de safran. Une petite poussée en avant du moteur principal a réglé l’affaire en une minute. Résultat : le safran était bloqué au point de ne pas bouger d’un centimètre. Les tentatives nocturnes pour trouver l’origine du problème depuis l’intérieur avaient toutes échoué aux premières heures du matin. Un bateau incapable de manœuvrer peut devenir un problème dans les ports groenlandais, car avec la multitude de bateaux, la place manque toujours et l’on navigue à toute heure du jour et de la nuit. À part sur les petits et moyens bateaux planants, il y a donc toujours quelqu’un à la passerelle pour pouvoir déplacer le bateau à bref délai. Je ne voulais pas enfreindre cette loi non écrite et j’ai plongé ce matin avec l’équipement complet. Rien n’était coincé entre le talon et le safran, rien n’était tordu non plus. Pourtant, le safran ne bougeait pas. J’ai desserré quelques vis d’assemblage entre la quille et le talon, en espérant ainsi résoudre le problème. Rien ne bougeait, jusqu’à ce que je finisse par frapper sous l’eau l’extrémité du talon avec une poutre de chêne trouvée au fond de la mer. Les vibrations ainsi produites et la graisse injectée avec une pompe à graisse dans le palier inférieur du safran ont probablement libéré la contrainte dans le système de gouverne. Après une heure de travail sous l’eau, le froid ne m’avait pas seulement éprouvé ; il avait probablement aussi éprouvé le matériel. Une fois de plus, il s’est confirmé qu’un bon équipement – combinaison de plongée étanche, détendeurs résistant au givrage, bouteilles de plongée remplies et outillage divers, préalablement testé en cale sèche pour de telles interventions – est plus qu’utile dans une telle situation.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : SW / 3-4 Bft
    • Météo : nuit noire / -3,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,4 °C

    « Les Paul sont un peu “inhabituels”, mais ils ont déjà fait plusieurs fois la traversée de l’Atlantique Nord » : voilà ce que j’ai lu aujourd’hui par hasard dans un message sur Internet, parti d’une question : « peut-on traverser l’Atlantique, voire l’Atlantique Nord, en bateau à moteur ? » Que ce soit faisable, nos seules traversées de l’Atlantique Nord permettent déjà d’y répondre par oui. La question est plutôt : au prix de quels efforts ? Une question qui ne concerne pas seulement le matériel, c’est-à-dire l’équipement, mais aussi la charge physique personnelle. Jusqu’où suis-je prêt à aller pour que cela reste pour moi un défi ? Que la région Islande, Groenland, Labrador ne soit pas comparable à la mer Baltique ou à la mer du Nord, cela ne fait aucun doute. Chacun de ceux qui veulent s’y aventurer sait donc que ce n’est pas faisable sans efforts physiques ni moyens matériels. Les nombreux conseils qui se sont abattus comme une pluie de mousson sur la question du skipper m’ont beaucoup effrayé. Je me permets de remarquer d’emblée que toute la navigation repose sur deux fondements. L’un est la théorie, l’autre la pratique. La théorie peut s’apprendre à l’école et couvre environ 20 % de l’ensemble de la navigation. Les 80 % restants sont des valeurs d’expérience, qui devraient si possible être acquises dans la zone parcourue. C’est pourquoi, dans la navigation professionnelle aussi, il est obligatoire d’accumuler et de documenter des temps de navigation sur des années, afin de garantir une preuve d’expérience. Je me demande donc à quelle source puisent tous ces conseils, alors que presque aucun de ceux qui les donnent n’a navigué plusieurs fois dans cette région. Car si c’était le cas, on se rencontrerait ou on entendrait parler les uns des autres, puisque les possibilités de traversée ne sont pas si nombreuses, compte tenu des escales imposées par la géographie et des plans d’eau bloqués par la glace. Dans ces recommandations bien intentionnées, il n’est de toute façon le plus souvent question que du support flottant. On y propose des raffinements techniques jusque dans le moindre détail, et la question de principe, bateau à moteur ou voilier, est de nouveau débattue. Je n’ai pu lire aucune indication importante sur la région ou sur la préparation générale. Quel courant, par quel vent, provoque une mer extrême ; quel mouillage est recommandé pour les directions de vent les plus fréquentes et les mouvements de glace. Où les surfaces de glace s’amassent le plus densément sous l’effet des courants. Quelle doit être la condition physique et quelle nourriture énergétique est absolument nécessaire sous les hautes latitudes, tout en pouvant encore être préparée et absorbée par la mer la plus forte. Quelle est la précision des cartes et comment concordent-elles avec le système satellitaire WGS 84. À quelles rivières il vaut mieux faire le plein d’eau, car dans les rares villages, il n’existe pas de services portuaires comme on en a peut-être l’habitude en mer Baltique. On est livré à soi-même et on ne peut pas compter sur une aide, car les habitants sont le plus souvent suffisamment occupés à subvenir à leurs propres besoins dans ces conditions. Ils aident certes là où ils le peuvent, mais il ne faut pas le tenir pour acquis. Il existe quelques rares ouvrages sur ces hautes latitudes, mais ils sont le plus souvent conçus pour la grande navigation et reposent principalement sur des valeurs d’expérience. La boucle est ainsi bouclée : la navigation repose sur l’expérience. Par conséquent, peu importe le support choisi, cela reste de toute façon une épreuve. Du point de vue physique, le support le plus sûr est celui qui offre peu de prise aux forces de l’eau et du vent. Mais pour beaucoup, cela ne suffit pas. On veut voyager confortablement. Autrement dit, parcourir l’une des zones les plus rudes du monde, mais sans rouler, s’il vous plaît. C’est ainsi que, dans la navigation de plaisance, le voilier arrive de loin à la première place. Son comportement agréable en mer donne un sentiment de sécurité, et l’on ose davantage, au-delà de ses propres peurs, d’autant que presque tous les bateaux portent en outre le sceau de la catégorie A (navigation océanique). Ce qui est étonnant, c’est que justement ce type de bateau enregistre bien plus de pannes et d’accidents que les bateaux à moteur tels qu’on les utilise par exemple dans la pêche. Dans cette comparaison, je laisse de côté la grande navigation et pense aux milliers de petits bateaux qui restent eux aussi dehors des jours, voire des semaines, pour gagner leur pain quotidien. Ils doivent supporter les contraintes de la mer et, en plus, prendre du chargement. Ils supportent donc une double contrainte par rapport au voilier, et cela le plus souvent dans un état technique général très délabré. Je cherche en vain chez ces bateaux les nombreux chavirages complets qui, selon les comptes rendus, sont monnaie courante chez les voiliers, les démâtages, les quilles arrachées, les safrans brisés, les voiles déchiquetées. Chez les pêcheurs, on entend parfois parler d’une panne de moteur, le plus souvent due à un manque d’entretien et, dans bien des cas, à un mauvais approvisionnement en carburant, ou de filets qui se sont enroulés autour de l’hélice pendant le travail. Je ne comprends donc pas pourquoi on reproche toujours au bateau à moteur de ne pas être apte à la mer. Dans le nord de la Scandinavie, en Islande, au Groenland et au Labrador, les bateaux à moteur dominent de loin, et parmi eux on trouve une foule de bateaux planants ouverts qui, à mon grand étonnement, justement ici au Groenland, filent la nuit entre les glaces dans les fjords par un vent vraiment soutenu d’environ 10 Bft, armés seulement d’un gros projecteur. Ces fjords n’offrent pas une mer d’huile ; ce sont justement les vents catabatiques des montagnes environnantes qui les fouettent en une dangereuse mer croisée. J’en reviens donc à la conclusion que l’expérience prime. S’y ajoute la durée de la contrainte, que nous avons vécue dans notre propre chair, et pas seulement lors de la traversée tardive du Labrador vers l’Islande en 2010. Comme certains le savent par ma production cinématographique « Aventure Canada », notre bateau a été pris en charge à environ 70 M de la côte ouest de l’Islande par deux capitaines chevronnés (des pêcheurs), amenés par une vedette de sauvetage. Ce que le film ne dit pas : nous n’étions pas en détresse ; le centre de coordination des secours avait lancé cette opération de son propre chef, pour nous épargner une nuit de plus en mer fin septembre, après quatre semaines de mauvais temps. C’était ma faute si nous nous sommes retrouvés dans cette situation, parce que je m’étais imposé un défi trop élevé. La traversée bien trop tardive pour la saison, avec des tempêtes qui augmentaient de jour en jour, la situation des glaces qui s’était dégradée justement le long de la côte est du Groenland, les heures de nuit plus longues, tout le trajet barré nous-mêmes en alternant les quarts avec Silvia (sans pilote automatique), et encore beaucoup de petits détails qui, mis bout à bout, ont ruiné ma condition physique après un dernier quart ininterrompu de 40 heures. Le bateau, lui, n’en a pas souffert, si bien qu’en octobre encore, nous l’avons mené autour de l’Islande à travers une énorme mer croisée et déferlante, jusqu’à atteindre enfin en novembre notre destination, l’Allemagne. En décembre, nous avons brisé la glace dans les canaux d’Allemagne et de Hollande, jusqu’à atteindre le chantier sans le moindre dommage sur le « bateau à moteur ». À cette époque, nous nous étions juré tous les deux de ne plus jamais nous infliger une telle torture. Il nous a fallu environ deux mois pour nous remettre. Mais qu’ont fait les Paul ? Ils sont repartis. Le bateau est resté le même et a été équipé d’une voilure de stabilisation de grande surface, facile à manier et conçue par moi-même. Je voulais aussi relever ce défi : monter un gréement de A à Z, y compris le choix de l’arbre à abattre pour le mât, afin de résister aux ouragans de l’Arctique qui s’abattraient sur nous, justement en hiver. Puis le vlet a encore été chargé d’une moto et de nombreuses pièces de rechange. La capacité des réservoirs a été réduite, car on savait par expérience que l’étape en mer la plus favorable dépassait à peine 500 M et pouvait presque être maîtrisée avec le réservoir de série, et qu’on trouvait du gazole partout, parce qu’il est vital pour tous ceux qui vivent là-bas. En outre, les expériences recueillies sur place et notées sur les cartes marines ont porté leurs fruits avec brio. C’est ainsi que nous avons pris la mer pour notre troisième traversée de l’Atlantique Nord et sommes arrivés sur la côte est du Canada, et cela avec un vlet que l’on qualifie volontiers, avec mépris, de simple bateau fluvial. Un vlet repose sur le plan d’un bateau de travail et, en tant que coque à bouchains multiples, il est extrêmement robuste, simple et bon marché à construire. Du fait de ses formes arrondies, de ses superstructures basses (tout sur un même niveau) et de son centre de gravité bas, il a certes une faible stabilité initiale, mais celle-ci devient très favorable au redressement à mesure que la gîte augmente. Il peut donc sans exception être lourdement chargé sans perdre sa stabilité de route, même par grosse mer. Le vlet est présent dans le monde entier, que ce soit en eaux intérieures (carène plate) ou en mer (quille plus profonde). Nous avons rencontré quelques navigateurs à voile qui avaient des difficultés dans la glace parce que leur moteur et leur transmission n’étaient pas conçus pour de telles contraintes. Le manque de capacité des réservoirs était aussi un problème, parce que le vent venait le plus souvent de la mauvaise direction. Des moteurs trop faibles ont mis certains navigateurs au désespoir, car par mauvais temps, au poste de barre extérieur, ils devaient lutter contre le courant à seulement trois nœuds. Ces observations et mon séjour permanent sous ces latitudes m’ont fait prendre conscience qu’un voilier est peut-être un défi pendant une très courte période, durant les quelques semaines d’été, si l’on évite les fjords remplis de glace et soumis au courant. Pour le reste, un bateau à moteur est de loin le meilleur choix. Devant l’ordinateur et dans un salon bien chauffé, tout paraît toujours facile, mais l’Atlantique Nord, avec sa mer agitée qui dure, n’exige ni permis ni brevet d’aucune sorte : il exige de l’expérience de la mer, un certain sens de la nature et de l’habileté, que l’on n’acquiert certainement pas depuis la terre ferme. Car les pêcheurs de cette région, eux aussi, restent en mer des jours durant avec de petits bateaux et sont donc constamment exposés aux contraintes de la mer de toute sorte, qu’aucun permis ni brevet au monde ne rend plus faciles à supporter. Qu’on ne m’en veuille donc pas pour ces lignes de mise au point, mais il faut bien mettre les faits en lumière pour couper l’herbe sous le pied à toutes les spéculations théoriques. Car il y a des skippers qui se consacrent sérieusement à la préparation d’un tel voyage et qui, à mon avis, ont aussi droit à des valeurs d’expérience tirées de la pratique. Car ici, il ne s’agit pas simplement de laisser passer une tempête, mais de tenir longtemps par mauvais temps dans des champs de glaces dérivantes, sans que l’équipage ni le matériel fassent naufrage. J’encourage donc chaque skipper qui projette un tel voyage à se lancer, et à ne pas trop se laisser influencer de l’extérieur. Car je peux l’affirmer : le paysage, la faune et la solitude, alliés à une liberté absolue, ne sont guère surpassés par aucune autre zone de navigation (voir la galerie de photos ci-dessus). C’est à chacun de décider avec quel support flottant il veut relever le défi et à quelle hauteur il place la barre de sa propre limite de résistance. Ceux qui ont des questions à ce sujet sont cordialement invités à m’écrire un e-mail, ou à contacter sans engagement le Smelne Yachtcenter, car je sais que plusieurs équipages sont allés avec une Smelne tout à fait normale jusqu’au cap Nord, et que beaucoup ont parcouru la mer du Nord et la mer Baltique jusque dans leurs recoins les plus reculés, et sont descendus jusqu’en Méditerranée. On me raconte aussi régulièrement par e-mail des voyages en bateau à moteur, tous sans chavirage, avarie de moteur, vitres brisées ni autres événements spectaculaires : on part tout à fait normalement, on profite et on revient sain et sauf. Pour conclure, je peux encore dire que l’on change de manière « inhabituelle » dans son comportement et son mode de vie, justement quand on vit en permanence pendant des années sous ces hautes latitudes, comme nous. Qu’on veuille bien nous le pardonner.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / -3,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Depuis des semaines, je cherche ici, dans les environs, une « barge ». Une « barge » est un radeau de transport, le plus souvent en acier, de tailles très diverses, servant à transporter des marchandises comme des engins de chantier ou du fret ordinaire. Elle a l’avantage, grâce à sa faible hauteur de chargement et à son faible tirant d’eau, de pouvoir s’approcher très près de la rive pour embarquer facilement le chargement. Dans mon cas, elle servirait au transport du bois flotté que l’on trouve dispersé tout au long des côtes. En outre, elle multiplierait de manière simple l’espace disponible de notre bateau. La navigation dans la glace, justement dans la glace fine et coupante, ne serait alors plus un problème. Mais cela aurait un effet défavorable sur la consommation et la vitesse moyenne de notre vlet. En ce moment, nous sommes amarrés depuis plusieurs jours à un tel engin et profitons de l’immense espace. Mais celle-ci est un peu trop grande pour notre bateau.

    Port
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : NW / 2-3 Bft
    • Météo : partiellement nuageux / 4,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    La glace nous a chassés des petites niches rocheuses des fjords que nous avions envisagées comme lieux d’hivernage. Nous avons donc dû nous replier plus près de la côte. Ces mouillages sont loin d’être aussi calmes et abrités du vent que les précédents, mais ils ont l’avantage d’être libres de glace. À l’un de ces nouveaux emplacements, nous avons rencontré un « jeune » berger de 79 ans qui, selon ses dires, vit ici seul depuis plus de 30 ans et avait encore, il y a deux ans, plus de 150 moutons. Trois grandes maisons en bois, au bord d’une petite baie, constituent sa propriété. Deux d’entre elles étaient destinées aux moutons en hiver, et il habite lui-même la troisième. Pas d’électricité disponible en permanence, seulement quand un groupe électrogène tourne. De l’eau courante, venant des trous d’eau environnants, uniquement pendant les mois d’été. En hiver, il faut découper et faire fondre des blocs de glace, ou aller chercher l’eau avec des récipients dans des ruisselets situés loin dans les montagnes. Pas de réfrigérateur, encore moins de congélateur. Chauffage : autrefois au bois, aujourd’hui un poêle à mazout. En ce moment, l’homme est occupé à couper péniblement à la faux de l’herbe sèche pour les quelque 30 moutons qui lui restent. Il l’entasse dans l’une des vieilles cabanes et la donne ensuite aux bêtes en hiver. Des bêtes pour lesquelles, bien sûr, il doit aussi transporter l’eau. Il a refusé l’aide que je lui proposais, au motif qu’il était encore en pleine forme.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / -3,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 0,8 °C

    Selon la devise « mieux vaut risquer sa vie que perdre son élan », un Groenlandais m’a montré comment traverser correctement la glace. Cette nuit, il a fait jusqu’à -8,9 degrés, sans le moindre souffle de vent. Résultat : tout le fjord, dans un recoin duquel nous avions mouillé pour la nuit, a gelé. Pendant quelques heures, nous avons avancé à une allure d’escargot à travers la glace, qui dépassait parfois 5 cm d’épaisseur. À l’approche de la côte, les plaques de glace se sont espacées. Là, un Inuit est venu à notre rencontre en eau libre, dans un petit bateau en plastique équipé d’un moteur hors-bord, lancé en plein déjaugeage. Il contournait habilement quelques floes. Mais à notre hauteur, la couche de glace était complètement fermée. Le bateau en plastique n’a pas ralenti et a foncé droit sur nous. J’ai mis mon inverseur au point mort, si bien que notre Smelne Vlet est aussitôt resté pris dans la glace. Intérieurement, je me tenais déjà prêt à porter secours, car je voyais l’accident arriver. Le petit bateau n’était plus qu’à quelques mètres du bord de la glace et ne réduisait toujours pas sa vitesse. J’ai retenu mon souffle, attendant la catastrophe. À pleine vitesse, le bateau s’est engouffré sur la surface glacée. Le skipper ne ralentissait toujours pas. Seule la partie arrière de la coque glissait sur la glace, et le hors-bord fendait la glace avec son pied. Une gerbe de morceaux de glace, projetée vers l’arrière par le puissant hors-bord, témoignait de la vitesse élevée, qui m’a malheureusement empêché de prendre une photo. Tant que le skipper sait exactement quelle est l’épaisseur de la glace devant lui, cette technique permet sans doute de gagner du temps de route. Mais la moindre erreur d’appréciation peut avoir des conséquences fatales. Car, à ma connaissance, l’embase d’un hors-bord n’est pas conçue pour de telles contraintes.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : SE / 3-4 Bft
    • Météo : Pluie / 3,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,3 °C

    Il y a quelques jours, une vieille connaissance d’Isafjördur a été remorquée jusqu’ici, à Qaqortoq : le chalutier Isbjörn, à côté duquel nous avons hiverné 11 mois en Islande et qui, selon les premières informations, souffre d’une grave avarie de moteur. Il doit être remorqué depuis Nuuk jusqu’au Danemark, via l’Islande, pour y être réparé. L’équipage du remorqueur est plus qu’enchanté de devoir tirer le chalutier derrière lui à cette époque de l’année, avec ces conditions météo changeantes. Car la hauteur énorme des superstructures du chalutier offre au vent une prise presque insurmontable, si bien que la vitesse de remorquage tourne autour de 5 nd (9,26 km/h). Ce convoi avance donc un peu plus lentement que nous ne pourrions le faire.

    Chalutier
    Chalutier
    Chalutier
    Chalutier
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / -0,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Les lecteurs de notre journal de bord savent que nous ne sommes pas là uniquement pour l’aventure, mais que nous menons aussi dans le Nord de nombreuses observations – situations météorologiques, comportement des animaux, nature en général – et que nous en rendons compte. Depuis plusieurs jours se déroule un spectacle naturel dont j’aimerais parler, afin que chacun puisse aussi se faire une idée de la situation climatique réelle sur place, en comparaison avec ce qu’en disent les médias. Dans de nombreux livres sur le Groenland, on lit que les côtes sud-ouest et ouest de l’île, de la pointe sud jusqu’à la capitale Nuuk, seraient libres de glace en hiver. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi cette région pour notre hivernage de cette année. Nous ne voulions pas, comme dans l’est du Canada, découper à la tronçonneuse, deux à quatre fois par jour, la glace épaisse de jusqu’à 1,80 m qui entourait notre navire. Nous pensions plutôt à une navigation hivernale, afin de pouvoir explorer la plus grande île du monde également pendant les mois d’hiver. Quelques Inuits m’avaient raconté que la plupart des fjords gèlent complètement et qu’il leur est alors presque impossible de sortir avec leurs petits bateaux pour pratiquer la pêche, vitale pour eux. J’étais un peu sceptique face à cette affirmation, car je sais aussi qu’ici, en hiver, les températures devraient se situer en moyenne autour de -12°. Or ces températures ne sont pas forcément responsables d’une formation de glace comme celle que nous avons connue lors des deux hivernages au Labrador, dans l’est du Canada. Comme au Labrador, la température de l’eau est ici d’environ 2 degrés. Mais les températures extérieures nocturnes ne se situent qu’entre -1 degré et -5,5 degrés. Dans la journée, le mercure grimpe au-dessus de 5 degrés et atteint même parfois, avec le temps très ensoleillé de ces jours-ci, des maximales autour de 10 degrés. Malgré tous ces facteurs plutôt doux, de la glace s’est étonnamment formée dans les fjords. Même dans ceux où ne se jette aucun cours d’eau douce. Car dans ce cas, on pourrait supposer que l’eau douce, plus légère que l’eau salée et donc flottant toujours en surface, gèle plus tôt. Cette formation de glace doit donc avoir une autre cause. Ces derniers jours, il n’y avait presque pas eu de vent pour maintenir la surface de l’eau en mouvement. Au Canada, par -15 degrés, une température relevée aussi en journée, j’ai effectué pendant plusieurs jours avec le navire les trajets de ravitaillement vers notre camp d’hivernage. Pas de glace à la surface de l’eau, mais bien sur les superstructures du navire, à cause des embruns qui gelaient. Le vent et les vagues qu’il soulevait, ainsi que le brassage de l’eau douce et de l’eau salée, ont été le facteur décisif qui a empêché la glace de se former. Je dois donc constater une fois de plus à quel point la température influe peu sur la formation de la glace. Les mouvements de la surface de l’eau, qu’ils soient dus aux vagues, aux courants ou à autre chose, ont, comme nous l’avons observé, des effets bien plus importants. L’an dernier, d’après plusieurs habitants, presque tous les fjords étaient complètement gelés. Pour nous, cela signifie que nous devons choisir nos lieux d’hivernage, repérés jusqu’ici, non seulement en fonction de la trajectoire des ouragans, mais aussi selon le critère de la formation de glace, afin de ne pas nous retrouver pris dans les glaces malgré nous. Car ici, au Groenland, dans ces parages, la glace n’est certainement pas aussi solide et portante qu’au Canada pour qu’on puisse y circuler durablement avec un véhicule à chenilles. Un défi qu’il est difficile de relever à une période aussi avancée de l’année.

    Gypsy Life
    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : ouragan / 11-12 Bft
    • Météo : nuageux / 5,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,5 °C

    J’ai déjà souvent signalé que les prévisions météo présentaient toujours de forts écarts, et que la petite navigation en particulier, comme les pêcheurs et les caboteurs, ne pouvait pas toujours s’y fier et se retrouvait souvent en difficulté. Depuis l’hiver 2013, lorsque nous hivernions en Islande, je suis un service de prévisions météo à l’adresse www.passageweather.com ; j’ai enregistré les données indiquées et je les ai comparées sur place avec les conditions réelles, dans la mesure de mes possibilités. À ma grande surprise, j’ai constaté que ce bulletin météo, du moins dans les zones où je navigue depuis lors (mer du Groenland, Groenland est, sud et ouest, Labrador y compris l’hivernage, détroit de Belle-Isle, mer du Labrador et retour ici, au sud-ouest du Groenland), fournissait des indications très précises, qui nous ont aidés à naviguer en ménageant nos forces, surtout sur les traversées en pleine mer. Je me permets donc de vous encourager à essayer d’intégrer à l’avenir ce bulletin météo dans la planification de vos navigations. C’est ainsi que la situation météo actuelle, avec ce vent de SE un peu plus soutenu qui s’est formé entre Terre-Neuve et le Labrador, était annoncée depuis plusieurs jours. Nous ne sommes pas les seuls à avoir cherché refuge dans le port de Qaqortoq : les grands navires aussi.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / 6,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 4,4 °C

    « Inushuk » : tel est le titre de mon nouveau reportage, qui n’est pas vraiment un reportage au sens habituel, mais un livre de photos sur le Labrador. Les images traversent les quatre saisons et montrent bien des choses sous un jour nouveau. De nombreuses photos d’animaux et des vues uniques de l’arrière-pays, rendues possibles par l’utilisation des motos tout-terrain, sont désormais visibles. Avec près de 100 photos, cet album a l’ampleur d’une conférence que vous pouvez savourer en toute tranquillité chez vous. Profitez de ces images prises sous un angle plutôt rare.

    Moto
    Ours
    • Position : 60° 47,796´ N 047° 33,753´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : Nuit noire / -5,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,5 °C

    Tout était calme, la forte tempête de la veille s’éloignait. L’eau autour de notre navire commençait à geler, car nous sommes au mouillage dans une toute petite baie où se jettent deux rivières. L’eau douce qui flottait en surface a gelé plus tôt que l’eau de mer située en dessous. On entendait de légers craquements contre la coque. Mais soudain, la Gypsy Life a été violemment secouée. Un gros iceberg revendiquait exactement l’endroit où notre navire reposait paisiblement sur sa chaîne d’ancre. Or la baie est bien trop petite pour que nous puissions passer tous les deux le reste de la nuit tranquillement côte à côte, avec suffisamment d’espace. J’ai donc décidé sans plus attendre de prendre l’iceberg en remorque avec le navire pour le ramener dans le grand fjord. Notre Smelne Vlet est justement conçu pour ce genre d’intervention. Nous avons remorqué à très faible vitesse pour ne pas risquer que l’iceberg se brise sous l’effet de la traction et de la pression de l’eau. De plus, ce colosse d’environ 40 à 60 tonnes, de très grande taille, touchait par moments le fond malgré quelque neuf mètres de profondeur, si bien que le navire restait cloué sur place. Grâce à différentes tactiques de traction, nous sommes tout de même parvenus à le tirer dans le fjord, avant de regagner enfin notre place.

    • Position : 60° 46,436´ N 046° 10,120´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / -3,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 6,8 °C

    Les sommets enneigés et les premières températures nettement en dessous de zéro annoncent déjà l’hiver ici, à cette période de l’année. Rien d’inhabituel, car, comme nous l’avons déjà souvent rapporté, il n’y a ici, dans le Nord, qu’environ quatre mois pendant lesquels les températures restent au-dessus de zéro, même la nuit.

    • Position : 60° 47,796´ N 047° 33,753´ W
    • Vent : NE / 9-10 Bft
    • Météo : Brouillard / 3,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 6,3 °C

    Les vents forts de ces derniers temps et les journées plus courtes nous ont incités à faire des étapes plus courtes. Aujourd’hui, nous n’avons progressé qu’à une allure d’escargot contre le vent et les vagues. Malheureusement, ce vent a mis en lambeaux notre voile arrière. Elle ne servait pas seulement à stabiliser le navire dans les vagues, elle maintenait aussi toujours notre proue face au vent au mouillage. Un moyen extrêmement efficace de rester tranquille même par vent frais de 6 à 7 Bft. Important surtout pour le navigateur au long cours qui ne veut pas tracer sa route en fonction des ports disponibles. Ici, dans le Nord, c’est même plutôt indispensable, car les ports sont rares et, quand il y en a, ils sont généralement – ce qui se comprend – encombrés par les bateaux des habitants. Les mouillages que nous avions repérés au préalable se sont révélés très bons : nous y trouvons suffisamment d’abri contre le vent, les vagues et les glaces dérivantes.

    • Position : 61° 14,160´ N 048° 06,073´ W
    • Vent : SE / 4-5 Bft
    • Météo : nuageux / 3,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,0 °C

    Grønnedal, également appelé Kangilinnguit. Un endroit où nous avions déjà fait escale l’an dernier. C’est ici que, comme nous l’avons déjà rapporté dans le journal de bord, les portes d’une station danoise ont été fermées à l’époque. D’après les habitants, cette station semblable à un village, avec ses nombreuses maisons, son école et ses nombreux ateliers et entrepôts, doit bientôt être rasée. Plusieurs initiatives des habitants des environs, qui souhaitaient utiliser eux-mêmes ces installations très bien conservées, se sont heurtées à la décision des autorités. Actuellement, les bâtiments souffrent beaucoup des effractions et des pillages. Si nous sommes revenus ici, c’est à la suite d’une conversation avec un homme à Qaqortoq. Lui et quelques personnes qui partagent ses idées souhaitent reprendre ces installations pour y exploiter une petite ferme, qui pourrait surtout offrir aux jeunes du Groenland une possibilité d’emploi supplémentaire. Au cours de cette longue conversation, il est aussi apparu qu’ils auraient justement besoin, pendant cet hiver, de quelqu’un pour veiller à l’entretien de ces bâtiments. Et que nous serions bien placés pour cela, du fait de nos activités antérieures, qui couvraient précisément ces domaines. L’avenir de ces installations, qui méritent d’être préservées, dépend pour l’instant de l’habileté des négociations entre les autorités et les intéressés.

    Port
    • Position : 60° 46,2178´ N 046° 20,235´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 10,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 6,5 °C

    Les fortes pluies de ces derniers jours ont cessé, si bien que nous avons pu poursuivre l’exploration des fjords environnants. La navigation n’a toutefois pas été tout à fait simple, car tout à coup, de nombreux fjords étaient bloqués par la glace. Nous nous sommes rabattus sur la mer plus ouverte et avons constaté qu’elle était presque libre de glace. Nous supposons que les glaciers situés plus loin dans l’arrière-pays ont subi le fort effet de lessivage et l’énorme pression de l’eau de pluie, et que beaucoup plus de glace a ainsi pu s’en détacher pour dériver dans les fjords. Encore un indice de la faible influence des températures sur les masses de glace. Car quelques semaines auparavant, comme le journal de bord l’a souvent rapporté, il faisait très beau et chaud. Pendant cette période, pourtant, on ne voyait presque pas de glace dans les fjords. Les vents, qui influent aussi beaucoup sur la trajectoire des glaces, étaient normaux pour la saison pendant cette période, avec environ un à deux avis de tempête par semaine.

    Gypsy Life
    • Position : 60° 43,078´ N 046° 02,129´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / 8,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,4 °C

    Des expériences toutes nouvelles : que la navigation ne soit pas pour nous un simple passe-temps, mais qu’elle ait changé notre mode de vie, certains lecteurs de notre site web l’auront sans doute déjà remarqué, ou encore en achetant nos livres, DVD et reportages. Je me souviens encore très bien de l’époque où, avec notre petit bateau à arrière pointu, nous avions préparé le voyage au Spitzberg en naviguant en mer Baltique et en mer du Nord. Nous rencontrions sans cesse des plaisanciers à voile du pays qui nous ignoraient, nous rabrouaient et souriaient de notre projet. Cela allait même si loin qu’au port, ils remontaient les pare-battages sortis pour qu’on puisse s’amarrer à couple, et que l’équipage disparaissait dans les cabines, pour que surtout aucun bateau à moteur ne puisse venir se mettre contre eux. Je connais des cas de navigateurs qui, après avoir été actifs la moitié de leur vie dans un club de voile et y avoir sacrifié leurs loisirs, ont été mis au ban simplement parce que, pour des raisons d’âge, ils étaient passés d’un voilier à un bateau à moteur. Même sur les salons où nous étions exposants, nous avons été traités avec dédain par des voileux, simplement parce que l’on croit à tort qu’avec un bateau à moteur, il suffit de pousser la manette à fond et que l’on n’est exposé ni à la météo ni à la mer. Ce qui ne correspond pas du tout à la réalité, car en pratique, c’est exactement le contraire. Faute de l’appui des voiles, un navire propulsé par un moteur subit des mouvements de mer bien plus importants qu’un voilier. C’est pourquoi la pêche, que j’ai moi-même pratiquée à bord de différents chalutiers, est une activité extrêmement exigeante. En comparaison, le fameux « dehors par tous les temps » dont se vantent les voileux, debout derrière un pare-vent – ce que je connais aussi par mes décennies d’activité d’agronome aux champs et en forêt et par mes années de vie en mer, hivernages dans l’Arctique compris –, est de loin la contrainte la plus légère. Sous ces latitudes, les choses sont tout autres. Ici, nous avons sans cesse rencontré des navigateurs à voile des nations les plus diverses, tous sans exception aimables, serviables et prévenants. Tous ont un moteur dans leur voilier, car sans lui, il est bien difficile d’avancer ici, dans le Nord. Soit il n’y a pas assez de vent, soit il y en a tant que le gréement émet tous les sons imaginables. Récemment, un Français, propriétaire d’un voilier de 20 mètres, est venu nous rendre visite ; au fil de la conversation, il est apparu qu’en sept ans de navigation avec ce bateau, il avait totalisé 7000 heures de moteur. Cela nous a étonnés, car c’est un peu plus que ce que nous faisons en moyenne par an avec notre Vlet. Mais la palme de la serviabilité revient à un jeune couple de Scandinavie : Klara et Bjornar, en route vers l’est du Canada avec leur voilier traditionnel en bois « Flekkeroy ». Ces deux jeunes aventuriers préfèrent un bateau sans le moindre « chichi » et vont naviguer de façon toute traditionnelle ces prochaines années. Nous avons passé quelques soirées ensemble pour que je puisse leur montrer des escales, des mouillages et des routes abritées le long de la côte est. Klara, constructrice de bateaux de formation, et Bjornar, mécanicien, qui a remis en état à force de patience l’ancien bateau-pilote, se sont sentis bien à notre bord et ont été étonnés que j’aie pu installer un gréement aussi fonctionnel, construit avec les moyens les plus simples, sur un bateau de travail hollandais. Bjornar, qui maîtrise aussi le métier de voilier, a raccourci et réparé ma voile d’avant par un travail manuel minutieux et professionnel. Nous avons ainsi passé quelques belles journées ensemble, nous nous sommes amusés et avons appris les uns des autres. Peut-être un clin d’œil à nos contrées d’origine : essayer, pour une fois, que porteurs de mât et adeptes de la manette à fond passent un peu de temps ensemble. Nous souhaitons donc à tous, comme toujours, bon vent, toujours assez d’eau sous la quille et un peu de chance lors de la première rencontre et dans la vie en commun.

    Gypsy Life
    Voilier
    Voilier
    Voilier
    • Position : 60° 43,261´ N 046° 42,484´ W
    • Vent : NE / 2 Bft
    • Météo : Pluie / 7,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,5 °C

    Pour la première fois en de longues années de navigation, j’ai heurté de front un rocher immergé à près de 3 nœuds (5,55 km/h). Le fracas nous a traversés jusqu’au bout des nerfs. Je connaissais le passage et je savais qu’il faut s’approcher tout près, avec le navire, de la paroi rocheuse qui émerge de l’eau pour franchir le goulet. L’inverseur était au point mort. Le navire n’avançait plus que grâce à son poids élevé. Le sondeur indiquait encore plus de deux mètres sous la quille. Soudain, il y a eu le choc et, en même temps, une secousse brutale dans tout le navire. Bien sûr, nous avions déjà souvent touché le fond, mais toujours de façon contrôlée, et la poutre en bois que nous avons fixée sous la quille encaissait le coup. Mais cette fois, en raison de la marée basse, le rocher affleurait presque à la surface, si bien que l’avant de notre quille l’a heurté. Pour une raison ou une autre, je m’étais un peu trop écarté de la trajectoire idéale, d’où cette avarie. Une plongée effectuée ensuite a montré qu’à première vue, seule la peinture refaite au Canada avait été endommagée. Pour une évaluation plus précise, le navire devra de nouveau être sorti de l’eau. J’ai seulement été surpris que le robuste Smelne Vlet encaisse même un choc aussi brutal.

    • Position : 60° 55,795´ N 047° 28,019´ W
    • Vent : NE / 5-6 Bft
    • Météo : Pluie continue / 6,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,8 °C

    Le beau temps qui durait depuis environ trois semaines s’est transformé depuis quelques jours en une pluie massive et continue. Nous poursuivions notre route dans les fjords et sommes arrivés, dans un épais brouillard, devant un étroit passage entre les rochers. Dès l’approche, nous avons remarqué au ralentissement de notre allure que nous avions du courant contraire. J’ai poussé un peu plus la manette des gaz pour que la Gypsy Life ne perde pas trop de vitesse. Le brouillard a dégagé un bref instant la vue sur l’entrée. Nous avons aperçu devant nous de violents tourbillons. Faire demi-tour était impensable en raison de la mauvaise visibilité et des rochers massifs qui nous entouraient. J’ai jeté dans la chaudière tout le charbon dont je disposais pour passer en plein milieu, avec élan et à toute vapeur. Le navire a été retenu au milieu du goulet, comme par une corde. La pleine puissance du moteur, avec la forte démultiplication de l’inverseur et l’hélice propulsive à quatre pales, ne suffisait pas pour remonter le courant. Quelques secondes plus tard, le courant violent nous avait déjà pris par le travers et entraînés. Avec présence d’esprit, j’ai orienté le navire dans le sens du courant sortant pour éviter une collision avec les rochers sur les côtés. Le tracé du courant et une bonne dose de chance ont évité le pire.

    • Position : 60° 43,074´ N 046° 02,128´ W
    • Vent : NW / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 10,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,3 °C

    Qaqortoq : une petite ville d’environ 3500 habitants, où nous faisons escale pour la quatrième fois avec notre Gypsy Life. Nous faisons le plein de provisions et de gazole pour la suite du voyage. Nous explorons les innombrables fjords et essayons de nous adapter au mode de vie des Groenlandais.

    Gypsy Life
    • Position : 60° 53,538´ N 047° 29,629´ W
    • Vent : NE / 4-5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 13,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,0 °C

    Nous profitons pleinement de la période de beau temps qui dure depuis des jours pour pénétrer loin dans les fjords du Groenland. Grâce à ces conditions météo, nous pouvons bien naviguer dans les eaux non hydrographiées en nous repérant sur les formes du relief. Nous avons pu observer des rennes, des aigles et de jeunes renards polaires. Pour qui aime la solitude et les paysages du Groenland, c’est un plaisir inoubliable.

    • Position : 60° 53,475´ N 047° 57,087´ W
    • Vent : NW / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 10,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,3 °C

    Depuis notre arrivée dans le sud du Groenland, le temps est au soleil, ce qui m’a poussé à installer mon atelier de campagne. La moto d’enduro avait plus que besoin d’une révision complète. Surtout après le bain de boue du Labrador, il a fallu ouvrir, nettoyer et regraisser tous les roulements de roue. La boue fine mêlée d’eau s’infiltre partout et, une fois sèche, adhère si fortement que les dégâts sont inévitables. Je ne suis certes pas mal pourvu en pièces de rechange, mais je ne veux pas consommer inutilement du matériel, car notre voyage est encore long.

    Harald Paul
    • Position : 60° 53,475´ N 047° 57,520´ W
    • Vent : NW / 9-10 Bft
    • Météo : ensoleillé / 6,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Groenland atteint. Nous sommes heureux d’avoir réussi la traversée dans la petite fenêtre météo favorable de seulement quatre jours. Hier après-midi, la tempête qui se levait s’est fait sentir, avec un vent bien soutenu et les hautes vagues qui vont avec. Une fois de plus, notre expérience des configurations lunaires en lien avec les changements de temps s’est confirmée. Même si la science juge ce lien irrecevable et indémontrable, faute d’être mesurable, nos observations aboutissent à d’autres résultats. La plupart des vents forts, voire des tempêtes, se forment peu avant et peu après chaque changement de phase de la lune. Ainsi, comme on le sait, la lune n’agit pas seulement sur les marées, mais aussi sur la météo.

    • Position : 60° 32,692´ N 049° 17,125´ W
    • Vent : NE / 5 Bft
    • Météo : Brouillard / 3,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 6,5 °C

    Le quatrième et dernier jour en mer touche à sa fin. Beaucoup de propriétaires de chiens se demandent sans doute comment Walter, le border terrier nouvellement intégré à l’équipage, supporte tout cela. Le chien a bien sûr été entraîné et préparé pendant l’hiver, comme je l’ai décrit dans mon reportage « Trucs et astuces, chien ». Mais que montre la réalité ? À ma propre surprise, Walter s’est très vaillamment comporté lors de cette étape en mer, la première longue pour lui. Il compensait les mouvements du navire avec une aisance déconcertante. Contrairement à notre vieux compagnon Rats, il s’est bien mieux accommodé du roulis latéral incessant. Sans doute aussi parce que notre grande voilure de stabilisation y a contribué. Mais dans les vagues croisées de la mer du Labrador, le petit navire est loin de se tenir aussi tranquille dans l’eau qu’un grand chalutier ou un voilier. Même les gîtes de plus de 30°, Walter les a maîtrisées sans problème, debout sur le pont avant, assuré en plus par une longe et un harnais. Avec un peu d’adresse de sa part, il a pu faire ses « besoins » sans difficulté, ce qui est extrêmement important lors de telles étapes.

    • Position : 58° 21,162´ N 056° 45,276´ W
    • Vent : NW / 1 Bft
    • Météo : ensoleillé / 19,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Voilà environ deux mois que nous avons repris la route après notre hivernage à Goose Bay. Depuis, à part quelques jours, l’été ne s’est toujours pas installé. Comme le montre le journal de bord, ce sont plutôt la pluie, le brouillard et les basses températures qui ont dominé. De ce fait, la neige descend encore loin dans les vallées, et la glace bloque les portions de côte plus au nord. D’après les dernières informations locales, la baie de Frobisher en particulier est encore tellement encombrée de banquise que le ravitaillement par bateau de la petite localité d’Iqaluit restera suspendu pour un certain temps. Même le ravitaillement aérien de Nain a été interrompu plusieurs jours à cause des mauvaises conditions météo. Ces situations météo persistantes, avec les longues attentes de fenêtres favorables qui en découlent, ont englouti notre autorisation de séjour canadienne, limitée dans le temps. En outre, une loi récemment entrée en vigueur nous a contraints à nous replier sur le Groenland : elle impose une taxe calculée sur la valeur actuelle du navire qui entre dans le pays, certes remboursée si le navire quitte le Canada au bout de 12 mois.

    • Position : 56° 29,980´ N 061° 42,833´ W
    • Vent : E / 2 Bft
    • Météo : Brouillard / 7,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,8 °C

    « Pêche à la ligne interdite, pêche permise ». Tel est le titre de mon nouveau reportage, qui éclaire cette contradiction par le texte et de nombreuses photos. Il est instructif pour tous ceux qui aiment manger du poisson, car il apporte des informations de fond sur les méthodes de capture et la transformation, qui restent sinon inaccessibles du fait de la distance. Ce reportage contient en outre de fascinantes photographies des techniques de pêche des baleines, auxquelles nous avons pu assister de près avec notre Gypsy Life. Réjouissez-vous avec nous de ces images et bonne lecture ! La manière d’obtenir un tel reportage est décrite sur mon site web, à la rubrique Vente.

    Harald Paul
    Baleine à bosse
    • Position : 56° 37,373´ N 061° 53,612´ W
    • Vent : SE / 4-5 Bft
    • Météo : Brouillard / 06,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,0 °C

    Aux conditions météo extrêmes qui règnent ici, sur la côte est du Canada, plus au nord, aux glaces dérivantes et aux forts courants, il faut encore ajouter les zones maritimes mal, voire pas du tout hydrographiées. C’est pourquoi, comme nous l’avons déjà rapporté, nous nous étions équipés, en plus des cartes marines traditionnelles, d’un logiciel de navigation sur ordinateur. Pour nous, il est important que ce logiciel vienne en complément des cartes marines existantes. Jusqu’à présent, le logiciel fonctionnait avec une excellente précision dans les zones hydrographiées. Même lorsque, dans certains fjords, aucune profondeur ni aucun haut-fond n’étaient indiqués, on pouvait à peu près déterminer, grâce à la position du navire à l’écran, où l’on se trouvait et comment tracer la route de retour. Un nouveau test dans un fjord non hydrographié situé plus au nord a montré que non seulement les profondeurs et les hauts-fonds manquaient, mais que les lignes de côte ne correspondaient pas non plus à la réalité. Par bonnes conditions, ce n’est pas un gros problème. Mais lorsque, comme cette année jusqu’ici, on peut compter les jours de soleil sur les doigts d’une main et que le brouillard et la pluie empêchent de voir sa propre proue, le problème peut vite prendre de l’ampleur. Comme, plus au nord, les zones non hydrographiées ne concernent pas seulement les fjords mais des portions de côte entières, et que les courants énormes dus aux forts marnages, chargés d’icebergs, rendent le navire difficile à manœuvrer, il serait vraiment important de connaître sa position rapidement et simplement.

    • Position : 55° 17,478´ N 060° 22,923´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 23,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 14,3 °C

    Été, soleil et boue. Les jours de brouillard et de pluie de ces dernières semaines ont transformé le paysage côtier en un immense marécage. Partout se sont formées de petites mares, voire de grands lacs. Des filets d’eau et des ruisseaux plus larges dévalent des montagnes et des collines vers la vallée. J’ai profité de cette journée ensoleillée pour combler un peu mon manque d’entraînement de ces dernières semaines en matière d’habileté sur ma moto d’enduro. Comme tout le paysage est couvert d’une végétation dense de buissons et d’arbres, j’ai choisi le littoral, plus facile, pour une courte séance d’entraînement. Sable, éboulis et gros rochers bordent la plage sur plusieurs kilomètres. De temps à autre, un petit ruisseau d’eau fraîche coupe mon itinéraire. La journée, avec sa température agréablement chaude, me permet de travailler détendu et décontracté sur ma machine. Mais c’est alors qu’est venu le piège sournois. La bande de rivage s’est beaucoup rétrécie, à cause de la forêt qui pousse jusqu’au bord de l’eau et de la marée haute. J’ai emprunté le dernier passage disponible, dont le sol de gravier me semblait porteur. J’ai roulé sur environ deux longueurs de moto et je me suis enfoncé dans un trou de boue traître. La boue était très fine, aussi collante et lourde qu’une barbotine de ciment. Impossible de redresser la moto, car le sol tout autour était si mou que je m’enfonçais jusqu’aux cuisses. Il faisait chaud, je transpirais abondamment. L’odeur de mon corps a attiré une multitude d’insectes piqueurs : de gros taons, des moustiques, des moucherons piqueurs, et puis les « black flies », absentes d’Allemagne. Un insecte suceur de sang particulièrement tenace, qui sait se glisser sous chaque vêtement pour atteindre sa cible chaude. Par chance, j’avais au moins ma moustiquaire de tête, même si elle n’offrait pas une protection complète. La situation semblait sans issue. La moto trop lourde à cause de la boue, aucun moyen de la dégager car le terrain alentour était trop mou, la chaleur croissante faute de vent, et en plus ces piqueurs tueurs. Une pensée m’a traversé l’esprit : « La moto est perdue. » J’ai essayé de rendre la boue autour de ma moto plus porteuse en y étalant des branches. Puis j’ai soulevé et fait levier sur ma machine jusqu’à ce que, au bout de plusieurs heures, elle repose sur les branches étalées. Dans cette position, j’ai attendu un certain temps que le soleil sèche la boue. J’ai ainsi pu la détacher de la moto en tapant dessus et alléger celle-ci. En même temps, le niveau de la mer baissait, car la marée descendante avait commencé. Ces deux éléments m’ont finalement permis de sauver la moto d’enduro, si bien que j’ai pu reprendre le chemin du navire. Quelle journée !!!

    Moto
    • Position : 54° 27,986´ N 057° 14,645´ W
    • Vent : E / 1 Bft
    • Météo : Brouillard / 3,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,6 °C

    Walter fait connaissance avec l’ours : un épais brouillard réduisait considérablement la visibilité lorsque je suis descendu à terre avec Walter pour la promenade du soir, après une longue navigation. L’archipel où nous avions trouvé un mouillage abrité pour la nuit se trouve à quelques milles du continent. Soudain, j’ai aperçu un ours noir qui broutait au bord de l’eau, entre les rochers. Il est assez inhabituel pour moi de rencontrer cette espèce d’ours aussi loin au large, dans la maigre végétation des îles. Il longeait lentement le rivage, si bien que nous avons eu le temps de prendre une position d’observation surélevée près du bord. Le vent nous était très favorable, car il soufflait de l’ours vers nous. Maître Brun disparaissait sans cesse dans les épaisses nappes de brouillard qui défilaient. Mais bientôt, il n’était plus qu’à environ 100 mètres de nous. Walter l’avait senti depuis longtemps, mais à présent il le voyait aussi. Avec le matériel photo minimal que j’avais emporté, j’ai essayé de prendre quelques images. Imperturbable, l’ours poursuivait son activité : chercher et manger. La distance entre nous a un peu diminué. J’ai photographié autant que le déclencheur le permettait. Soudain, l’ours s’est arrêté. Il a levé les yeux vers nous. Je sais par expérience que les ours noirs voient très mal ; Walter et moi sommes donc restés immobiles à notre poste d’observation camouflé. Il s’est remis à brouter, j’ai de nouveau appuyé sur le déclencheur de mon appareil. Aussitôt, l’ours a levé la tête et changé de direction pour venir vers nous. J’étais surpris que l’ours ait pu entendre le léger déclic d’un appareil numérique à environ 80 mètres de distance, d’autant qu’il y avait des bruits de fond dus au vent et au léger ressac. Imperturbable, l’ours garde sa direction. Cela fait des années que je connais les ours noirs d’ici, au Labrador, qui pèsent normalement de 80 kg à 180 kg environ. Celui-ci me paraissait plutôt grand et puissant. Walter était tendu, et j’ai encore pris quelques photos. À travers le viseur de l’appareil, on évalue les distances un peu autrement qu’en réalité. Lorsque j’ai éloigné l’appareil de mon œil, le plantigrade noir était nettement plus près que je ne le pensais. Je me suis immédiatement levé en me faisant le plus grand possible. L’ours ne s’en est guère soucié. Normalement, contrairement à l’ours polaire, les ours noirs sont plutôt craintifs et évitent l’homme autant qu’ils le peuvent. Ils s’enfuient bien avant que nous ne les apercevions. Pas celui-ci. Il hésite un peu, mais pose lentement une patte devant l’autre et monte vers nous. Je lui parle, Walter tire sur la fine cordelette que je lui ai passée peu avant par sécurité, car je ne savais pas encore comment il se comporterait face aux ours. Walter grognait aussi un peu, car il percevait la tension de la situation. Chez un ours, il est extrêmement difficile de reconnaître l’humeur ou les intentions, faute de signaux corporels (par exemple au niveau des oreilles ou de la queue, comme chez un chien). C’est plutôt une posture tendue ou une tête détournée, avec un léger écoulement de la gueule, qui indique qu’il ne va pas se soustraire à la situation en fuyant. J’ai été contraint de tirer un coup de semonce avec mon fusil. Il est resté visiblement calme et ne s’est pas enfui comme je m’y attendais. Un second coup de semonce, peu après, a fait battre l’ours lentement en retraite. Son taux d’adrénaline élevé s’est probablement mué en peur sous l’effet des fortes détonations. Walter l’a suivi des yeux, tendu.

    Ours
    Ours
    • Position : 53° 42,475´ N 056° 17,320´ W
    • Vent : SE / 4 Bft
    • Météo : nuageux / 4,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,5 °C

    Nous pensions en fait que les températures plus douces de ces derniers jours annonçaient le début de l’été. À lire la température d’aujourd’hui, nous ferions plutôt mieux de chercher un nouveau lieu d’hivernage.

    • Position : 53° 02,372´ N 055° 54,715´ W
    • Vent : S / 4-5 Bft
    • Météo : Pluie – brouillard / 6,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 6,4 °C

    Comme nous l’avons déjà rapporté, la météo ne nous a malheureusement pas permis de mettre directement le cap au nord en sortant de notre fjord d’hivernage. Ici, dans le Nord, les températures ne dépassent zéro degré que quatre mois par an au maximum. Les conditions de vent, qui ne restent supportables pour la petite navigation qu’environ trois mois par an, sont elles aussi déterminantes pour naviguer dans ces régions. Il ne faut pas s’étonner d’un brouillard épais, de pluies continues pendant plusieurs jours ou d’icebergs à la dérive. Pendant des années, j’ai navigué avec une certaine marge de sécurité, au crayon, à la règle Cras, au compas à pointes sèches et sur cartes papier. J’ai maintenant complété ma navigation par un logiciel sur ordinateur. Je dispose désormais de toutes les cartes marines disponibles à grande échelle, que je n’avais pas auparavant, pour des raisons de coût mais aussi de place. Ici, dans le sud, la plupart des fjords sont bien hydrographiés ; j’ai donc eu la possibilité de me familiariser avec le logiciel et de vérifier la précision du système. Plus au nord, cette possibilité n’existe plus : il ne me reste que l’aide de ce logiciel, avec lequel je dois trouver moi-même le bon chemin vers l’inconnu, car le chemin du retour est assuré par la fonction « tracking ». Nous pouvons désormais poursuivre notre route plus sûrement à travers les innombrables rochers de la côte du Labrador.

    Gypsy Life
    • Position : 52° 03,203´ N 055° 40,338´ W
    • Vent : NW / 7-8 Bft
    • Météo : ensoleillé / 14,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,5 °C

    Nous sommes pourtant presque à la mi-juillet, mais les différentes stations radio côtières diffusent sans cesse à l’intention de la navigation des avis concernant les nombreux icebergs que l’on trouve en particulier dans le « détroit de Belle-Isle » et au large de la côte sud-est du Labrador. Les grands navires sont même tenus de signaler leur position et leur route toutes les six heures, afin que la station puisse s’assurer qu’aucun navire n’entre en collision avec les centaines d’icebergs présents actuellement. Les navires de pêche et la petite navigation sont exemptés de cette règle.

    • Position : 51° 24,970´ N 057° 09,059´ W
    • Vent : NE / 4-5 Bft
    • Météo : partiellement nuageux / 12,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Après un séjour de 10 jours en cale sèche, la Gypsy Life a été remise dans son élément. Nous tenons à remercier ici l’autorité portuaire de « Blanc-Sablon » pour sa collaboration professionnelle et efficace. Tous les travaux sur le navire sont terminés, si bien que nous pouvons nous lancer, bien équipés, dans la nouvelle aventure. D’après le bulletin des glaces, la côte du Labrador n’est praticable que depuis peu. Il faut toutefois toujours s’attendre à des icebergs et à des champs de glace isolés. Cela exige une vigilance particulière lors de la navigation de nuit ou dans le brouillard.

    Gypsy Life
    • Position : 51° 25,468´ N 057° 08,917´ W
    • Vent : N / 3 Bft
    • Météo : nuageux / 6,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : -,- ° C

    Si vous cherchez sur la carte les coordonnées indiquées à la première ligne de mon journal de bord, vous constaterez qu’elles se trouvent sur la terre ferme. C’est exact, car la Gypsy Life est en cale sèche. Il s’agit de réparer les éventuels dégâts causés par l’hivernage dans la glace épaisse et par les passages en force à travers la glace. À notre surprise, tout est resté dans des limites raisonnables, à part quelques dommages à la peinture de la carène. Nous avons été étonnés que les durs travaux passés dans la glace n’aient causé aucun dommage à la coque ni à l’hélice.

    Silvia Paul
    • Position : 54° 13,343´ N 057° 32,955´ W
    • Vent : NW /3-4 Bft
    • Météo : nuageux / 3,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,5 °C

    En sortant du long fjord près de Goose Bay, où nous avons séjourné neuf mois, nous avons atteint aujourd’hui la côte et donc la pleine mer. Dès notre départ, quelques habitants nous avaient prévenus qu’en raison du rude hiver de cette année et d’un mois de juin bien trop froid, nous trouverions certainement encore, vers le nord, de grands champs de glace mêlés à de la vieille banquise. Déjà à l’approche de la sortie du fjord, de grands champs de glace s’amoncelaient dans l’épais brouillard. Vers le sud, le ciel était bleu et le soleil brillait. Sans plus attendre, nous avons décidé, contre tous nos plans antérieurs, de changer de cap vers le sud.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : SW /2 Bft
    • Météo : partiellement nuageux / 15,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,8 °C

    C’est parti : d’après la carte de l’expédition, la route de cette année continue vers le sud le long de la côte est du Canada. Les Grands Lacs, à la frontière entre le Canada et les États-Unis, sont l’objectif. Mais les Paul en décident autrement : la soif d’indépendance et de liberté pousse de nouveau le petit équipage vers le nord. La mauvaise expérience vécue avec les services de l’immigration et les autorités portuaires nous poursuit encore. De plus, ce n’est pas seulement le coût du transport du navire depuis l’extrémité des lacs jusqu’à la côte ouest du Canada qui a explosé au point de rendre le projet sans espoir, mais aussi tout le coût de la vie. Même si, dans le Grand Nord, il faut engager la lutte contre la glace et des conditions météo défavorables, les Paul s’y sentent bien, et donc libres. Nous voulons de nouveau être parmi les ours, les loups et les caribous, occupés en ce moment à élever leurs petits, respirer l’odeur des baleines tant elles sont proches et savourer le goût d’un poisson fraîchement pêché qui grille à la poêle. Vivre le soleil de minuit et l’été intense mais court de l’Arctique. Nous nous excusons donc de nous écarter de l’itinéraire prévu et de ne pas pouvoir répondre aux attentes de certains lecteurs, mais nous essaierons de vous consoler par le caractère unique des images de paysages et d’animaux. Jusqu’où nous pourrons pénétrer dans l’Arctique et où nous hivernerons dépend de tant de facteurs qu’il est impossible, même avec la meilleure volonté du monde, de faire un pronostic. Les Paul et les lecteurs de son site web partent donc dès aujourd’hui pour un voyage vers l’inconnu, sous le titre « indépendants mais libres ».

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : NW / 4-5 Bft
    • Météo : couvert / 9,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,4 °C

    Avant de prendre la mer dans les prochains jours, j’aimerais encore transmettre l’information suivante à tous ceux qui s’intéressent à mes reportages. En raison de notre façon particulière de voyager, loin de la civilisation, il nous est presque impossible d’envoyer des reportages récents à de nouveaux clients. Les courts séjours dans les différentes localités et les connexions Internet plus qu’instables transforment une commande à l’unité, avec le paiement qui va avec, en une procédure extrêmement laborieuse. Il est bien plus pratique de s’inscrire en toute liberté (sans engagement contractuel) comme abonné. Un abonné reçoit automatiquement, avant l’annonce sur le Net, le reportage le plus récent sous forme de fichier PDF. Je peux ainsi déposer tranquillement tous les reportages dans le dossier d’envoi des abonnés et les expédier dès que j’ai une connexion Internet. Une procédure qui a fait ses preuves ici, dans ces conditions. Merci de votre compréhension.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : NE / 1 Bft
    • Météo : Pluie / 14,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Le départ approche. Toutes les voiles sont déjà enverguées, les réservoirs de gazole remplis, et j’ai presque fini de vernir les boiseries du carré. Nous n’attendons plus que quelques ouvertures plus larges dans la banquise au large de la côte du Labrador, et c’est parti.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : N / 2 Bft
    • Météo : Pluie / 4,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,5 °C

    À l’automne 2013, j’ai commencé les reportages sous le titre général « Les reportages de Paul ». Le dixième reportage, intitulé « La vie sur la glace », est maintenant terminé. Il décrit le mode de vie particulier qu’exige un hivernage pris dans les glaces. Pas de port ni d’approvisionnement extérieur, pas de câble électrique ni de tuyau d’eau jusqu’au navire, rien que la glace nue recouverte d’une bonne couche de neige. Des températures franchement négatives et un vent soutenu, mais aussi le soleil qui se reflète dans des milliers de cristaux de glace. Un défi qu’on ne connaît plus sous cette forme dans le monde civilisé. Comment est-il malgré tout possible de vivre dans de telles conditions ? En acquérant l’ensemble de ces dix reportages, vous obtenez un ouvrage semblable à un livre. Il présente toutefois l’avantage considérable que les différents articles paraissent très rapidement, et le très grand nombre de photos permet de se faire une bien meilleure idée de tous les sujets. Vous trouverez comment obtenir un tel reportage sur mon site web, à la rubrique « Vente ». Si vous avez des questions de quelque nature que ce soit, écrivez-moi un e-mail : je réponds à toutes. Bonne lecture.

    Silvia Harald Paul
    Harald Paul
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : N / 3-4 Bft
    • Météo : nuageux / 3,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,5 °C

    Évasion : un déplacement inattendu de toute la nappe de glace dans laquelle nous avions hiverné en sécurité pendant six mois s’est transformé en piège dangereux. Comme vous le savez, la Gypsy Life est prise dans les glaces dans une grande baie près de Goose Bay. Cette nuit, vers 02.00 UTC, notre navire s’est mis à se déplacer vers l’est à une allure d’escargot. Nous l’avons remarqué aux grincements des chaînes de nos deux ancres. Pour fixer le navire dans notre trou dans la glace, les ancres avaient été posées sur la glace. Avec les mouvements de la glace, elles sont tombées au fond et s’y sont enfouies si profondément que le navire était retenu sur place. Sous l’effet de la pression des glaces, des forces énormes s’exerçaient sur la coque. Impossible de remonter les ancres. Nous avons donc laissé filer les deux, avec toute leur chaîne, en les signalant par nos grands pare-battages rouges. Aussitôt, la pression sur la coque a cessé. Mais malheureusement, un nouveau danger, bien plus grand, s’approchait lentement de nous. La glace poussait résolument notre navire vers les deux seules bouées en acier de notre baie, chacune de la taille d’une camionnette. Sous l’effet de forces indescriptibles, celles-ci étaient par moments enfoncées sous la glace malgré leur taille. On n’ose imaginer ce qui arriverait à notre navire en cas de collision. La seule issue était donc de sortir de la trajectoire de collision directe avec ces bouées gigantesques. Coûte que coûte, le navire devait briser la glace d’eau douce, très dure et épaisse de jusqu’à 40 cm. Tout devait se faire dans une course contre la montre, dictée par la vitesse de la glace. Nous avons échappé de quelques mètres seulement à la collision avec les monstrueuses bouées en acier et avons atteint la bande d’eau libre qui s’était formée près du rivage. Ainsi s’achève l’hivernage 2014/2015 dans la glace du Labrador. Pas question de poursuivre la route dans l’immédiat, car une ceinture de banquise impénétrable s’étend encore au large de la côte. À ma propre surprise, le Smelne Vlet a de nouveau tout encaissé sans dommage.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : N / 3-4 Bft
    • Météo : nuageux / 4,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Nous sommes déjà à la mi-mai, c’est pourquoi notre piscine couverte arctique sur la glace a été transformée en piscine en plein air. Pleine d’entrain, Silvia attend le réchauffement climatique planétaire, car elle aimerait bronzer un peu pour que la couleur de sa peau se distingue de la neige. Depuis quelque temps, les températures dépassent parfois nettement zéro degré dans la journée. La nuit, il gèle le plus souvent, si bien que notre Gypsy Life restera encore quelque temps prisonnière des glaces. Malheureusement, Silvia ne s’attarde que brièvement dans cette position et renfile très vite sa combinaison polaire.

    Silvia Paul
    Silvia Paul
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : NW / 5 Bft
    • Météo : Grêle / 5,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    En principe, il ne faut pas crier victoire trop tôt : mais cet hiver 2014 / 2015 touche à sa fin. Notre Gypsy Life a traversé sans dommage l’hiver le plus rude qu’ait connu le Labrador depuis des années. Elle a résisté aux vents forts, aux chutes de neige extrêmement abondantes et aux basses températures, ainsi qu’à l’énorme formation de glace. Toute l’isolation et la protection contre les intempéries à la poupe ont été retirées. Les premiers travaux de nettoyage de la coque sont terminés. En ce moment, nous nous consacrons à un travail de très longue haleine à l’intérieur du navire. Nous enlevons la suie que notre poêle à bois a déposée partout dans le navire pendant la longue période de chauffage. En outre, toutes les boiseries du carré, y compris le poste de pilotage et le coin repas, sont poncées et reçoivent quatre couches de peinture. Tous les coins, arêtes, arrondis, baguettes, surfaces, tiroirs et portes sont traités, et certains instruments ont été démontés et déposés. En raison de la taille du navire et du manque de place, notre espace de vie est fortement réduit. Nous y travaillons depuis deux semaines et n’en avons pas encore fait tout à fait la moitié. Nous espérons en voir bientôt la fin.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : NE / 7-8 Bft
    • Météo : couvert / 3,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,4 °C

    Qu’il s’agisse d’un simple séjour prolongé à l’étranger ou, comme chez nous, d’une expédition de plusieurs années, il est toujours important que le navire soit assuré et que l’approvisionnement en pièces de rechange soit bien organisé. Depuis des années, c’est la société néerlandaise Kuiper Verzekeringen qui nous assure. Même si, comme nous, on n’a jamais eu besoin d’y faire appel, il est toujours rassurant de savoir qu’un partenaire fiable vous soutient. Il en va de même pour le chantier naval qui a construit notre navire il y a des années. Il ne vous laisse pas tomber après la construction, si loin que vous soyez. C’est ainsi que récemment, une petite pièce de rechange m’a été livrée jusqu’ici, au Labrador, dans l’est du Canada, par le Smelne Center, basé aux Pays-Bas, en 14 jours à compter de la date de commande. Un traitement rapide et simple, une bonne logistique alliée à la compétence et à l’amabilité : voilà ce qui donne un résultat aussi remarquable.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : S / 3-4 Bft
    • Météo : nuageux / 11,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,9 °C

    Moteur de secours installé à la poupe de la Gypsy Life. Je ne dirais pas que je crains outre mesure une panne de notre moteur principal en haute mer. Car ce serait en fait le moindre des problèmes. En haute mer, on dispose de suffisamment d’espace pour manœuvrer, et nos voiles nous aident à continuer d’avancer quand le vent est suffisant. Ce qui pose toujours problème, ce sont les pannes inattendues, par exemple dans l’entrée d’un port, parce que l’hélice s’est entortillée dans un filet de pêche abandonné. Ou parce que le filtre à gazole s’est bouché au point que le moteur a lâché et qu’il est devenu impossible de quitter rapidement un chenal très fréquenté. Certains lecteurs se souviennent peut-être encore de l’accident dans un port islandais, où un chalutier, rendu ingouvernable par un pneu pris dans son hélice, avait dérivé avec fracas contre un bateau en bois. Ce sont ces mésaventures que je souhaite désormais éviter. Le moteur hors-bord du pneumatique a maintenant aussi pour mission, monté à la poupe, d’assister notre navire dans de tels cas. En outre, je peux désormais naviguer aux 1,5 – 2,5 nd nécessaires pour la pêche au saumon. Avec cette méthode, on traîne derrière le bateau des cuillers colorées sur plusieurs cannes. À la bonne vitesse de traîne, elles sont censées imiter, pour l’œil du saumon, une proie irrésistible. Reste à espérer que nous aurons peu de pannes du moteur principal, mais beaucoup de chance à la pêche.

    Gypsy Life
    Gypsy Life
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : S / 2-4 Bft
    • Météo : nuageux / 8,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,1 °C

    Première nuit sans gel et températures diurnes supérieures à 5°. Ce pourraient être les signes avant-coureurs de l’été. La neige se tasse et les premières pointes de buissons en émergent. La glace reste toujours aussi épaisse, sauf qu’aujourd’hui, pour la première fois depuis des mois, nous n’avons pas eu à dégager la Gypsy Life de la glace. Nous espérons que cela va durer et que notre voyage pourra ainsi commencer dans quelques semaines.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : W / 2-4 Bft
    • Météo : ensoleillé / 2,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,2 °C

    Les températures plus douces de ces derniers jours ont fait tasser la neige, qui a regelé pendant les nuits en une surface portante. Une bonne condition pour parcourir quelques kilomètres en reconnaissance avec ma moto d’enduro équipée de pneus à clous. La vaste couche de neige ne me porte pas encore avec la machine, si bien que je suis tenu de suivre les pistes des motoneiges. Celles-ci compactent encore la neige par leur poids, et elle me porte alors. Il faut un peu de soleil pour bien distinguer la trace des motoneiges sur le fond d’un blanc immaculé. En outre, il faut maintenir une vitesse de base d’environ 60 – 80 km/h et reporter le poids du corps loin vers l’essieu arrière, afin de toujours délester un peu la roue avant. J’ai bien respecté tout cela, jusqu’à ce que ça arrive quand même. À un endroit, la neige n’était visiblement pas aussi portante que je le pensais : malgré une bonne vitesse, la roue avant s’est enfoncée dans la neige molle jusqu’à ce que le garde-boue repose sur la neige. Pour une distance d’arrêt aussi courte, ma vitesse était bien trop élevée, si bien qu’un soleil, bécane comprise, s’imposait. Avec présence d’esprit, j’ai lâché le guidon, je me suis roulé en boule, j’ai repoussé avec les jambes la machine qui volait au-dessus de moi et je me suis arrêté quelques mètres plus loin, enfoui dans la neige. Dans l’ensemble, je n’étais pas blessé, à part un sérieux tassement au niveau de la nuque. Celui-ci m’a empêché par moments d’avoir les idées claires, et j’ai eu du mal à retrouver le chemin du retour. Sans hésiter, je me suis aussitôt mis en quête de la Gypsy Life, car je savais qu’au bout d’un certain temps, un tel tassement peut s’aggraver et que je risquais peut-être de perdre complètement la mémoire. Au bout d’un moment, j’ai atteint notre foyer et me suis remis entre les mains attentionnées de Silvia.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : NW / 3-4 Bft
    • Météo : Neige soufflée / -1,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,2 °C

    Ce n’était peut-être pas nécessaire, mais je voulais remplacer le mât d’artimon, extrêmement important, par un mât taillé dans un arbre. Ici, au Labrador, j’ai choisi pour cela un mélèze isolé de 40 ans (Larix decidua). Il y a quelques semaines, pendant la période de grand froid, j’ai abattu l’arbre, que j’ai ensuite écorcé petit à petit. Il y a quelques jours, j’ai pu reporter tous les points de fixation de l’ancien mât sur le nouveau et je l’ai mâté. J’aimerais expliquer brièvement pourquoi j’accorde une telle importance précisément à ce mât, qui ne porte qu’une petite voile. Un navire au mouillage cherche toujours à se mettre en travers du vent. Autrement dit : l’avant du navire oscille d’environ 50° de part et d’autre de l’axe direct vers l’ancre, alternativement vers bâbord et vers tribord. La pression du vent sur la coque augmente considérablement à mesure que le navire se présente de côté au vent. Le mouillage maintient certes la coque en place, mais il doit encaisser une forte secousse à chaque changement de bord. Or, sur un fond de mauvaise tenue et avec le vent correspondant, cette secousse peut suffire pour que l’ancre dérape et que le navire dérive. Si l’on établit alors la voile envergée tout à l’arrière, le vent chassera toujours la poupe et placera la proue face au vent. Le navire reste ainsi presque immobile, à part une faible oscillation de 3° - 5° vers bâbord ou tribord. Il ne subit plus que d’agréables mouvements de haut en bas, selon la fréquence des vagues. Non seulement le mouillage est ainsi ménagé, mais la tenue sur un fond incertain n’est pas sollicitée à l’extrême. De plus, les mouvements de roulis qui empêchent de dormir disparaissent, et le bruit de la chaîne qui grince sans cesse à la limite de sa résistance s’éteint. À tous ces avantages s’ajoute un rayon d’évitage plus réduit, dans des fjords étroits, dans la banquise ou sur des mouillages très fréquentés. Par sa longueur et son poids, le navire aplanit, même par mer plus forte, la vague qui court vers l’arrière, si bien que l’on peut sans problème accoster et repartir en annexe par la poupe. En outre, on peut se passer entièrement des amarres à terre, prétendument sûres, qui peuvent avoir des effets extrêmement dangereux sur le navire, en particulier lorsque des rafales catabatiques se lèvent dans les fjords. La petite voile a aussi un effet salvateur et économise les forces lors de l’utilisation d’une ancre flottante par mer d’ouragan. L’ancre flottante doit être filée par la proue, à une distance du navire adaptée autant que possible à l’état de la mer. Elle doit empêcher le navire de se mettre en travers dans les vagues déferlantes par mer forte à ouragan, ce qu’il est impossible de contrer à la barre, surtout la nuit ou lorsque la visibilité est réduite par les paquets de mer. Si l’on procédait dans ce cas comme au mouillage sur le fond, sans voile arrière, le danger serait bien plus grand. Si les vagues déferlent sur un navire qui dérive à 50° de l’axe du vent et des vagues, les chances de survie lors d’un ouragan de plusieurs jours sont fortement réduites. C’est justement dans ces conditions que l’artimon me présente à la vague le côté le plus solide du navire (la proue). Les mises en travers sont réduites au minimum et les forces de l’équipage préservées. Reste enfin la question : pourquoi du bois et non des mâts en aluminium, comme en utilisent tous les voiliers modernes ? Sous ces latitudes, le bois est disponible presque partout, ne serait-ce que sous forme de bois flotté, et facilite donc les réparations. Le bois est bien moins sensible à la température que l’aluminium et conserve son énorme flexibilité même dans des rafales deux fois plus fortes qu’un ouragan, si bien que la voile n’est pas mise en lambeaux. Ici, dans les eaux arctiques, où il peut souffler fort même en été, ce n’est pas un mince avantage.

    Harald Paul
    Gypsy Life
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 6,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,4 °C

    La première piscine couverte arctique sur glace – version assise – a été inaugurée aujourd’hui. Les horaires d’ouverture dépendent des températures. S’il gèle trop fort, on n’arrive pas à briser la glace et on n’a donc pas accès à l’eau. L’eau est à une agréable température de 1,5° et si rafraîchissante qu’aucune réclamation n’est à signaler à ce sujet. La tente grise constitue un excellent pare-vent, et le soleil a la possibilité de réchauffer l’intérieur bien au-delà de 0°. L’entrée est gratuite. Tout le monde est le bienvenu. Comment naît un tel spectacle naturel ? Pendant les mois d’hiver, la tente avait pour mission d’abriter mon enduro sportive et quelques pièces d’équipement. Les tempêtes de neige ont bien enseveli le petit garage, si bien que j’ai pelleté tout autour un rempart de neige protecteur. Personne ne pouvait savoir que, justement cette année, les chutes de neige seraient aussi exceptionnellement abondantes. Le rempart est donc devenu de plus en plus haut et lourd, jusqu’à ce que son poids énorme finisse par enfoncer de plus en plus la couche de glace sous l’eau. Par les petites fissures de la glace, l’eau est remontée et a rétabli le niveau. Le sol de ma tente se trouve donc à présent environ 30 cm en dessous. La piscine assise est née. S’il continuait à geler fort, cette colonne d’eau se transformerait elle aussi en glace, et on pourrait l’ajouter à la couche de glace déjà épaisse de 1,5 mètre.

    Harald Paul
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : NW / 3-4 Bft
    • Météo : nuageux / -1,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,9 °C

    Nous ne voulons pas encore parler de maillot de bain et de crème solaire, mais le redoux tant attendu, arrivé comme prévu avec le changement de lune, est bien là. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas refaire froid, mais je suppose que la période de grand froid est terminée. Nous avons ainsi pu déblayer une bonne partie de la neige de notre navire, si bien que les vitres sont de nouveau dégagées, que la lumière du jour éclaire l’intérieur et que nous pouvons mettre fin à notre « vie de troglodytes ». En outre, les énormes masses de glace qui s’étaient formées sur la coque se sont détachées.

    Glace
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : N / 5 Bft
    • Météo : Chutes de neige / -7,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,2 °C

    Par cette entrée, nous souhaitons informer nos lecteurs des conditions et des attentes dans lesquelles se déroule une expédition de plusieurs années comme celle-ci. La vie dans la nature sauvage, loin de la civilisation, est notre quotidien. Les conditions météo extrêmes et persistantes imposent de fortes exigences : vents violents allant jusqu’à deux fois la force d’un ouragan, températures négatives extrêmes qui, aggravées par le vent, descendent bien en dessous de -50°, chutes de neige de plusieurs mètres, forte formation de glace et sollicitations exceptionnelles en mer dans les eaux arctiques. S’y ajoutent les règles que nous nous sommes fixées nous-mêmes, qui définissent un rapport respectueux à la nature. Elles reposent sur mon métier d’agronome, de nombreuses formations dans les domaines de la chasse et de la pêche, de la navigation, plongée comprise, ainsi que sur nos plus de 25 ans d’activité indépendante dans la sylviculture, l’entretien des paysages et l’aménagement hydraulique. Forts de ces acquis, et après trois ans de préparation sur un bateau plus petit, nous vivons et travaillons en permanence depuis plus de 12 ans dans l’hémisphère Nord avec notre Gypsy Life, construite sur mesure. Pendant cette période, au goût de l’aventure se sont ajoutées d’autres missions : rendre compte des domaines les plus divers, compléter les données par des positions exactes et des profondeurs de fjords en partie non cartographiés, et tester certains matériaux. Notre expédition se concentre sur la collecte d’expériences, d’observations et de mesures sur place, dont les résultats sont en partie publiés sur ce site web, dans les rubriques Journal de bord et Communiqués de presse. Les sujets techniques approfondis et la présentation de notre mode de vie sont consultables sous forme de livre, de film ou de PDF, en raison de la richesse des textes et des images. Reste la question : comment une telle expédition est-elle financée ? Comme pour les expéditions d’autrefois, celles de Roald Amundsen, John Franklin et James Cook, diverses entreprises y ont notamment participé en tant que bailleurs de fonds potentiels, sans quoi il n’y aurait jamais eu d’expéditions de ce genre. Qu’il existe encore aujourd’hui des entreprises prêtes à s’engager pour une telle expédition sur une aussi longue durée est vital pour nous. Mais il n’y a pas que les entreprises : des passionnés d’expéditions nous soutiennent aussi dans notre projet par des dons et toutes sortes d’aides bénévoles. C’est grâce à chacun d’entre eux que cette expédition reste en vie et peut poursuivre son cours. Nous pouvons ainsi nous consacrer aux attentes quotidiennes des milliers de lecteurs qui, du monde entier, consultent notre site web et le suivent attentivement. Notre objectif est de leur transmettre, indépendamment de tous les autres médias, une impression directe de la réalité du terrain, mêlée d’une bonne dose d’aventure. Il nous tient donc particulièrement à cœur d’exprimer ici, une fois encore, nos respectueux remerciements pour leur persévérance dans le soutien à cette expédition « Danube-Alaska ». Nous leur souhaitons de continuer à prendre plaisir à notre site web, à y trouver de nombreuses informations et à savourer les photos. L’expédition « Danube – Alaska » a été rendue possible par les entreprises suivantes :
    Smelne Yachtcenter, Kuiper Versicherungen, le fabricant de pneumatiques DSB, Ortlieb, Leder Singer International, la location de grues de chantier Roth et les pilotes automatiques Timco.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : SW / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / -27.,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,1 °C

    En mars, tout le monde espère une hausse des températures. Tant que les pantalons sont encore gelés, nous n’en remarquons rien. Mais nous sommes contents quand le vent souffle doucement et que le soleil brille en plus. Les tâches quotidiennes se font alors plus facilement et prennent moins de temps. On profite ainsi mieux de la vie sur la glace.

    Harald Paul
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / -34.,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,8 °C

    Même si les habitants sont convaincus que la période la plus froide de l’hiver est passée, les températures descendent encore nettement sous les -30°, surtout la nuit. Les travaux de routine autour du navire se poursuivent donc. Par son comportement, Walter nous montre que quelques loups rôdent dans les environs. J’ai repéré quelques traces et j’ai pu observer un loup sombre non loin de notre navire. Certains se sont même déjà aventurés dans la localité. Si les températures restent à ce niveau et que la neige ne cesse pas de tomber, la peur cédera le pas à la faim. L’intérêt des loups pour les ordures déposées devant les maisons et pour les chiens à la chaîne s’accroît donc.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : N / 8-9 Bft
    • Météo : Tempête de neige / -14.,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,6 °C

    Ce matin, le vent a lentement commencé à forcir. De bonne heure, nous avons encore vite dégagé le navire de la glace et déblayé à la pelle la neige soufflée sur la Gypsy Life. Nous avons resserré une fois de plus tous les saisissages et attendu la tempête de neige annoncée. Quiconque a hiverné en Islande connaît les tempêtes et sait y faire face. Seul Walter découvrait une situation nouvelle. Grâce à notre confiance mutuelle, il l’a prise avec calme. Pour moi, il était aussi important de voir comment la nouvelle cheminée se comporterait par de tels vents. Les deux poêles ont été allumés, et l’évacuation de la fumée était parfaite. En théorie, il devait en être ainsi, mais je ne me fie qu’à la pratique éprouvée. En fin d’après-midi, la tempête soulevait tant de neige qu’on n’y voyait presque plus rien. Malheureusement, la neige s’est aussi accumulée sur des mètres de hauteur devant l’entrée du navire. Silvia et moi avons dû la déblayer toutes les quelques heures jusque tard dans la nuit, sinon nous n’aurions plus pu sortir de la Gypsy Life.

    Walter
    Walter
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / -23,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,9 °C

    Au vu des circonstances et des innombrables marques de sympathie à la suite de la perte de notre border terrier Rats, j’aimerais, avec le reportage « Trucs et astuces, chien », offrir à tous une possibilité supplémentaire de tisser un lien plus fort avec l’animal. Ce reportage s’appuie sur plus de 40 ans d’expérience avec les chiens, sans interruption depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui. Le thème principal est l’instauration de la confiance, ainsi que quelques moyens de préparer mon compagnon à diverses situations de la vie, entre autres la vie à bord. Intéressant non seulement pour les propriétaires de chiens, mais aussi pour ceux qui ont toujours voulu savoir comment le chien est mené lors de nos expéditions sur l’eau et sur terre.
    Je souhaite la bienvenue à tous les nouveaux lecteurs du site web et j’aimerais les informer de la nature et de la forme des reportages. Au cours de l’expédition « Danube – Alaska », je réalise et continuerai de réaliser, sous le titre « Les reportages de Paul », des reportages d’actualité en textes et en images sur différents thèmes. Ils sont ensuite envoyés sous forme de fichier PDF par e-mail à toutes les personnes intéressées et aux abonnés, moyennant une participation aux frais de trois euros. Vous pouvez me commander des reportages à l’unité par e-mail ou devenir simplement abonné, sans engagement contractuel ni autre obligation. Devient abonné celui qui me verse à l’avance une participation aux frais pour plusieurs reportages. Il économise ainsi les frais de virement à l’unité et reçoit automatiquement les reportages les plus récents avant leur annonce sur le Net. Que contient un tel fichier PDF ? Des sujets d’actualité qui, en raison de la quantité d’informations, ne trouvent pas place sur mon site web, sont étudiés sur place et documentés par des textes et de nombreuses illustrations. L’avantage de ces reportages : une information rapide et directe, avec un nombre de photos extrêmement rare sous cette forme. Le collectionneur de mes reportages reçoit ainsi une multitude d’informations et d’images que les supports traditionnels (livre, magazine, etc.) peuvent difficilement offrir. Dans la rubrique Vente de mon site web, vous pouvez vous informer sur le thème de chaque reportage. Si vous avez néanmoins des questions, n’hésitez pas à m’écrire un e-mail. Je réponds à toutes.

    Harald Paul
    Chien
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : W / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / -29,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,1 °C

    Les énormes chutes de neige de ces derniers jours nous ont tenus en haleine. Par moments, nous avons dû déneiger le navire : la charge était trop lourde et enfonçait trop la Gypsy Life dans l’eau. Il y avait un risque que l’eau pénètre de manière incontrôlée par l’échappement du moteur principal ou du groupe électrogène. Par ailleurs, j’ai terminé les travaux sur le système de chauffage. Le poêle à bois a reçu un nouveau conduit de fumée, plus large, qui monte en ligne droite. Un petit poêle à fioul constitue désormais le sixième moyen de chauffage. Il ne chauffe pas seulement la pièce, il injecte aussi sa chaleur dans le circuit d’eau existant. La partie avant du navire, l’eau sanitaire et le moteur principal, qui sert d’accumulateur de chaleur grâce à sa masse, sont ainsi alimentés en chaleur. Tous les moyens de chauffage peuvent fonctionner ensemble pour résister aux températures extrêmes qui règnent ici. L’utilisation séparée des différents chauffages présente l’avantage que, grâce aux différents combustibles (bois, pétrole, fioul, gazole), nous ne sommes plus aussi dépendants et ne sommes contraints à rien en cas de maladie ou de conditions météo extrêmes.

    Gypsy Life
    Système de chauffage
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / -5,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,0 °C

    Quand la tempête souffle et qu’il neige dehors, la cuisinière du bord veut avoir chaud à l’intérieur. C’est l’une des conditions que j’ai prises très au sérieux pour nos voyages dans l’Arctique au cours des dernières années, et elle a pris encore plus d’importance lors de cet hivernage. Je suis donc en train d’étendre nos moyens de chauffage. Pour l’instant, nous pouvons chauffer notre Gypsy Life de cinq manières différentes, séparément ou ensemble. Le projet prévoit de créer un sixième moyen, afin de ne pas dépendre d’une seule ressource.

    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / -35,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,4 °C

    Les journées plus douces ont disparu aussi vite qu’elles étaient venues. Cette nuit, nous avons enregistré un nouveau record de -37,3 °. Entre-temps, je me suis équipé d’un thermomètre à mercure qui descend jusqu’à – 45 °. Je suis curieux de voir quand la barre des -40° sera atteinte. À bord, tout va bien ; grâce à notre pratique constante de ces conditions, nous sommes bien équipés. Pour le reste, nous supportons très bien le froid, tant que le vent ne fait pas en plus chuter la colonne de mercure.

    Thermomètre
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / -23,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,8 °C

    Un net redoux ces derniers jours a apporté des chutes de neige qui seraient un paradis pour bien des amateurs européens de sports d’hiver. Plus d’un mètre de neige poudreuse est tombé du ciel et s’est déposé, presque sans vent, sur tout le paysage. Pour l’instant, nous ne pouvons pas quitter notre navire, car notre motoneige de travail n’est pas adaptée à de telles conditions. Nous attendons que des motoneiges conçues pour la neige profonde aient tracé une piste, que nous pourrons ensuite suivre avec notre traîneau de transport.

    Gypsy Life
    Harald Paul
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : Chutes de neige / -9,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,1 °C

    Si vous souhaitez découvrir de près la beauté, l’exclusivité et le professionnalisme de Smelne, le Smelne Yachtcenter vous invite chaleureusement au salon boot Düsseldorf, hall 17, stand 17 B22. Le salon vous ouvre ses portes du 17.01 au 25.01.2015. Offrez-vous un après-midi à bord d’un Smelne Vlet 42 SD, vous êtes les bienvenus. Cela vaut le détour.

    Smelne
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / -33,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,9 °C

    Cette nuit, nous sommes passés pour la première fois sous la barre des -35°. En dessous de -40°, je ne suis pas en mesure, pour le moment, d’effectuer des mesures, car mes thermomètres atteignent leurs limites. Toutes les vannes et canalisations d’eau du navire fonctionnent encore parfaitement. Grâce à nos différents systèmes de chauffage, qui peuvent aussi fonctionner en combinaison, nous maintenons actuellement la température intérieure autour de +20°. Nous espérons que le soleil fera au moins remonter les températures au-dessus de -30° dans la journée. Si le vent annoncé se lève en plus, je peux m’attendre à moins de -50°. Pas une situation facile.

    Thermomètre
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : SW / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / -22,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,4 °C

    L’hiver nous tient fermement sous son emprise, avec des températures négatives persistantes qui ne remontent pas au-dessus de – 20°, même en journée. Le vent léger mais constant aggrave le froid et fait encore nettement baisser la colonne de mercure, si bien que l’on mesure, surtout la nuit, environ – 43° sur la coque de notre navire. Chaque jour, nous sommes occupés à dégager la Gypsy Life de la glace et à adapter l’isolation de neige aux conditions du moment. Quand l’emploi du temps le permet, je fonce sur les immenses étendues de glace avec la moto d’enduro, désormais chaussée de pneus à clous. Pas question, donc, d’hiberner.

    Enduro Paul
    Gypsy Life
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : SW / 3-4 Bft
    • Météo : nuit noire / -31,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,0 °C

    Une année 2014 riche en événements touche à sa fin. Le gréement faisait un vacarme infernal, car les vents violents s’abattaient de nouveau sur nous en Islande. Ces tempêtes, qui nous balayaient parfois avec une force allant jusqu’à deux fois celle d’un ouragan, avaient mis les hommes et le matériel à rude épreuve. Pendant 11 mois, nous avons attendu une fenêtre météo propice et une bonne situation des glaces, jusqu’à atteindre enfin le Groenland pour la quatrième fois. Le long de la côte est, deux ours polaires ont voulu aborder notre navire ; grâce à notre action résolue, les attaques ont été repoussées sans grands dégâts. Arrivée dans l’est du Canada, et donc troisième traversée de l’Atlantique Nord. À Goose Bay, au Labrador, la Gypsy Life a été mise en cale sèche pour la première fois en 12 ans et préparée pour un hivernage sans nous. Dans le même temps, transformation d’une moto d’enduro homologuée pour la route en vue d’une exploration terrestre de plusieurs mois vers les États-Unis et à travers le Canada. Perte douloureuse de notre compagnon de longue date, le border terrier Rats. Un refus d’entrée incompréhensible aux États-Unis a entraîné l’interruption de l’expédition terrestre et nous a contraints à faire demi-tour. Sur le chemin du retour vers le navire, un nouveau membre d’équipage nous a rejoints : le border terrier Walter. En raison d’un retard de plus de 14 jours de la part de l’autorité portuaire canadienne, la Gypsy Life n’a pas été remise à l’eau à temps pour une éventuelle poursuite du voyage vers le sud. Au lieu de cela, on a attendu jusqu’à ce que l’hiver, avec la formation de glace qui l’accompagne, retienne notre navire prisonnier. Dans cette situation imprévue, nous devons maintenant tenir bon pendant les mois à venir, avec des températures minimales attendues autour de -35°, et attendre que les températures estivales de 2015 fassent fondre la glace pour pouvoir repartir. Pour finir, nous tenons à remercier nos sponsors, Smelne Yachtcenter, Kuiper Versicherungen, le fabricant de pneumatiques DSB, Ortlieb, Leder Singer International, la location de grues de chantier Roth, les éoliennes Silentwind et les pilotes automatiques Timco, pour leur excellente collaboration. Nous remercions les nombreux abonnés à mes articles et les lecteurs de mon site web pour leur confiance et leur fidélité. Nous souhaitons à tous une année 2015 pleine de santé et de réussite.

    Silvia, Walter et Harald Paul

    Les Paul
    Gypsy Life
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 13,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Les travaux sur notre navire en vue de l’hivernage de plusieurs mois qui s’annonce sont terminés. Il s’agit maintenant de tout maintenir en marche pour que le gel ne s’installe pas. Pour l’instant, les températures minimales nocturnes ne descendent pas sous -25° C. Notre poêle à bois fonctionne en continu et doit être rechargé toutes les trois à quatre heures, même la nuit. Nous tirons le bois de chauffage d’une forêt incendiée, pas très loin de chez nous. Plusieurs fois par jour, nous découpons et brisons la glace autour de notre navire pour qu’il puisse flotter librement. Walter a déjà fait deux fois connaissance avec l’eau glacée, en passant à travers la glace, parfois très mince, autour de notre navire. Je l’ai sorti de l’eau, il s’est ébroué et l’a pris avec calme. Nous souhaitons à tous nos lecteurs, à nos sponsors et aux abonnés à mes reportages un Noël paisible et joyeux et une bonne entrée dans la nouvelle année.

    Walter
    Silvia Paul
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : nuageux / -9,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,1 °C

    Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour le grand retard de ce nouveau reportage. Les circonstances ne m’ont malheureusement pas permis de trouver un moment propice ni les bonnes idées pour ce reportage particulier intitulé « Les clôtures se resserrent ». J’y décris et documente comment naît un camp de base au pied d’un parc national et comment la qualité de vie des peuples autochtones a profondément changé depuis notre dernier hivernage. Un reportage qui révélera certainement bien des choses nouvelles à un observateur extérieur. Comme d’habitude, vous trouverez comment obtenir un tel reportage à la rubrique Vente. Par ailleurs, au vu des circonstances et de plusieurs demandes reçues par e-mail, je tiens à annoncer que je ne publierai pas de livre au sens habituel sur le projet « Danube-Alaska ». Les reportages actuels, chapitres autonomes comportant bien plus d’informations détaillées et un nombre de photos bien plus important, vont plutôt au-delà de ce qu’offrirait un livre. Vous pouvez commander chaque reportage par e-mail ou devenir abonné sans engagement contractuel. Si vous n’êtes pas tout à fait décidé, prenez contact avec moi pour que je puisse répondre personnellement à vos questions.

    Paysage
    Paysage
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : SW / 2 Bft
    • Météo : partiellement nuageux / -9,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,9 °C

    Notre navire s’est mis à trembler : la coque en acier transmettait le bruit d’une hélice étrangère. Au loin, le brise-glace était en vue. J’ai rapidement redégagé à la tronçonneuse le trou autour de notre Gypsy Life. Ainsi, aucune pression inutile des glaces ne s’exerce sur notre coque. Le brise-glace, qui la veille avait ouvert un étroit chenal dans la glace pour le pétrolier, a maintenant pour mission de dégager un espace de manœuvre plus vaste pour le pétrolier en cours de déchargement. Tout s’est déroulé de façon très professionnelle, si bien que nous n’avons pas eu à nous inquiéter pour notre navire.

    Brise-glace 1
    Brise-glace
    Brise-glace
    Gypsy Life
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : SW / 5-36bft
    • Météo : ensoleillé / -18,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,4 °C

    Aujourd’hui, le pétrolier devait en principe arriver, escorté d’un brise-glace, pour effectuer la dernière livraison de carburant de l’année. Au large de la côte soufflent de violents vents de force ouragan qui, avec les basses températures actuelles, font geler les embruns sur les navires. C’est un problème considérable, surtout pour les grands navires, car le poids sans cesse croissant peut rapidement les faire gîter. Nous attendons les navires d’un jour à l’autre, en espérant qu’en repoussant les floes, ils ne détruiront pas notre camp de base sur la glace, avec la Gypsy Life, et ne la couleront pas. Pendant ce temps, chez nous, les travaux avancent sans relâche, sous la pression du temps, même par ces températures. J’ai mesuré aujourd’hui -42° sur la coque extérieure du navire. Le gel s’insinue à l’intérieur, car l’isolation extérieure avec nos branches est encore insuffisante. Outre le travail quotidien qui consiste à dégager plusieurs fois le navire de la glace, nous devrons, dans les temps qui viennent, accorder une attention particulière au ramassage des branches. Il reste donc beaucoup à faire : au travail !

    a Gypsy Life
    • Position : 53° 20,777´ N 060° 24,091´ W
    • Vent : W / 2-3 Bft
    • Météo : Chutes de neige / -2,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,0 °C

    Les derniers jours, dont j’ai achevé le travail aujourd’hui, ont été placés sous le signe du dur labeur, car la glace devient maintenant si épaisse que je ne peux plus en venir à bout. Personne n’a pu me confirmer si la position actuelle de notre navire laissera finalement assez d’espace de manœuvre au pétrolier attendu. Pour terminer, je tiens à informer les autorités canadiennes que les demandes liées à des échéances – prolongations de délais ou autres formalités concernant notre séjour – subiront des retards considérables. La priorité est désormais donnée aux préparatifs du rude hiver qui s’annonce, pour notre navire et pour l’équipage, préparatifs qui s’allongent considérablement en raison de l’énorme retard pris par Nunatsiavut Marine et de l’hiver qui avance. Si des complications devaient en résulter, je vous prie de vous adresser en toute confiance aux responsables de Nunatsiavut Marine. Je vous remercie de votre compréhension.

    • Position : 53° 20,776´ N 060° 24,076´ W
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / -6,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,0 °C

    Nous n’osions presque plus y croire, mais les mouvements du navire en étaient la preuve : après 17 jours de dure lutte avec la direction de Nunatsiavut Marine, la Gypsy Life est enfin dans son élément. Pour l’instant, nous nous frayons un passage à travers la glace d’eau douce, très dure, que les navires de commerce avaient fait chevaucher en couches successives. Nous devons maintenant prendre position dans la petite baie derrière le quai, car la glace nous barre la sortie. Nous n’avons pas tout à fait réussi à sortir de la zone portuaire. Commence maintenant la corvée : découper centimètre par centimètre, à la tronçonneuse, un chenal dans une glace de plus de 45 cm d’épaisseur, car nous attendons de nouveau un pétrolier le 08.12.2014, qui a besoin de suffisamment d’espace de manœuvre dans la glace. La situation reste très critique.

    Harald Paul
    Harald Paul
    • Position : 52° 20,557´ N 060° 23,829´ W
    • Vent : SW / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / -3,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Notre situation exceptionnelle devient de plus en plus dramatique. Le bureau du président Keith Rusell s’est immédiatement penché sur notre cas et a obtenu de Nunatsiavut Marine la promesse immédiate de mettre notre navire à l’eau le soir même du 25.11. 2014, bien que le ferry Northern Ranger ne soit plus qu’à quelques heures de son entrée au port. Par hasard, au même moment, un pétrolier manœuvrait dans l’avant-port et pressait la glace si fort contre le quai qu’il était impossible de mettre notre navire à l’eau sans dommage. Aujourd’hui, les mouvements de la glace se sont calmés, et un brise-glace canadien, venu pour une relève d’équipage, est en outre entré au port. J’ai exposé ma situation fâcheuse aux deux capitaines. Tous deux sont arrivés à la même décision : nous aider. Le brise-glace voulait nous ouvrir un chenal dans la glace jusqu’à notre lieu d’hivernage, le ferry nous laisser un peu de place pour manœuvrer. Le seul problème, c’est que Nunatsiavut Marine n’a malheureusement pas su s’adapter à cette nouvelle situation et ne nous a pas mis à l’eau. Pour couronner le tout, la location de notre logement actuel, un petit appartement, arrive à échéance et les locataires suivants attendent déjà devant la porte. Dès demain, nous sommes contraints de retourner sous notre tente – avec les températures attendues sous – 20°, pas de quoi transpirer.

    • Position : 52° 20,557´ N 060° 23,829´ W
    • Vent : SW / 2-3 Bft
    • Météo : Chutes de neige / -7,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Lutte pour la survie : certains d’entre vous se seront sûrement déjà demandé ce que font les Paul, de nouveau au complet et revenus sains et saufs à leur point de départ. La priorité absolue revenait à notre lieu de travail et à notre foyer, la Gypsy Life. Tous les travaux en attente devaient être menés à bien sous une forte pression du temps, en raison de l’hiver de plus en plus froid, afin de pouvoir remettre notre navire d’expédition à l’eau, déjà largement recouverte d’une glace épaisse. Malheureusement, l’autorité portuaire, Nunatsiavut Marine, ne nous a autorisés à effectuer ces travaux urgents que pendant les quelques heures de jour. Notre demande de pouvoir travailler aussi la nuit, comme c’est tout à fait courant dans la navigation professionnelle, nous a été formellement refusée. Cette intransigeance de l’autorité portuaire entraîne une pression supplémentaire et des coûts en forte hausse. La glace s’épaissit d’heure en heure sous l’effet des températures négatives persistantes. Malgré ces contraintes considérables, nous avons pu achever nos travaux pour remettre le navire en état de prendre la mer. Il s’agissait maintenant d’obtenir un créneau de grue entre les deux ferries « Astron » et « Northern Ranger », qui effectuent en début de saison hivernale les dernières livraisons vers le Grand Nord. Depuis plus de 15 jours, nous attendons le moment opportun, sans cesse repoussé par Nunatsiavut Marine pour des raisons incompréhensibles. Entre-temps, la glace a pris une telle épaisseur que nous sommes contraints de découper à la tronçonneuse un chenal de plusieurs centaines de mètres, car notre navire, malgré sa classe glace, n’est plus en mesure de briser une glace aussi épaisse. Vendredi dernier, un nouveau rendez-vous a été fixé pour aujourd’hui lundi, à condition que le trajet de la grue, qui traverse le terrain de l’autorité portuaire où l’on travaille en permanence, soit déneigé depuis mon bateau jusqu’à la ligne de flottaison et recouvert d’une couche de sable à cause du risque de verglas. Les frais occasionnés sont à notre charge. Comme le devis de l’autorité nous paraissait plus qu’exagéré, nous nous sommes occupés nous-mêmes d’un engin de déneigement et de la quantité de sable nécessaire. Le samedi, qui aurait encore été important pour préparer le grutage prévu, l’accès à notre propre navire nous a été interdit pour des raisons inexplicables. Aujourd’hui, toutes les conditions imaginables étaient réunies. Beau temps ; le ferry « Astron », entièrement chargé depuis vendredi soir, a brisé en repartant un trou adapté pour notre navire dans la glace. Notre nouvelle demande de mise à l’eau immédiate a été acceptée pour la fin de l’après-midi. Mes propres sangles étaient passées autour du navire, les manilles du palonnier ouvertes, une partie des étais sous le navire retirée. À la dernière seconde, l’opération a été annulée, parce que nous devions attendre le ferry suivant, le « Northern Ranger », qui n’arriverait que demain en fin d’après-midi. Toute notre opération aurait duré environ une heure ; nous aurions donc encore eu plus de 30 heures pour tout remettre en ordre. Notre navire n’est donc toujours pas à l’eau. Nous doutons fortement que cette façon de procéder soit à la hauteur de la publicité de l’autorité portuaire publiée sur Internet (un travail talentueux, même dans des conditions compliquées). Nous partons du principe que l’autorité, représentée par M. Dwayne Canning et M. Gordon Rendell, assumera également l’entière responsabilité, y compris des frais occasionnés. Le front de mauvais temps qui approche, avec d’abondantes chutes de neige et des températures franchement négatives, aggrave considérablement notre lutte pour la survie ; nous sommes donc contraints de nous adresser en toute confiance au président du Labrador, Keith Russell, et à l’ambassade d’Allemagne, dans l’espoir qu’une mesure ciblée et immédiatement efficace soit prise, qui puisse encore nous sauver à la dernière seconde.

    • Position : 52° 20,557´ N 060° 23,829´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / -9,1 °C
    • Compteur : 4340 km

    Ces derniers jours, nous nous sommes efforcés d’atteindre « Goose Bay » malgré l’arrivée de l’hiver et les routes verglacées et enneigées qui en résultaient. Pendant des centaines de kilomètres, nous avons avancé tous les trois à une allure d’escargot, kilomètre après kilomètre, vers notre but. Il faisait atrocement froid, car nos vêtements d’été, prévus pour le voyage vers le sud qui avait capoté, étaient plus que légers. Walter, notre nouveau border terrier, avait froid lui aussi dans la caisse de transport que je lui avais aménagée. Plus nous montions vers le nord, plus il faisait froid, et la piste de gravier était recouverte de neige et de glace. Même mes pneus à crampons tout neufs n’y pouvaient plus rien. Ma tentative de me procurer encore des clous pour mes roues a elle aussi échoué. Il me paraissait trop dangereux de parcourir encore 430 km à travers la nature sauvage avec la moto surchargée, à vitesse fortement réduite, sur la piste hivernale défoncée, et de nuit de surcroît. Nous avons levé le pouce au bord de la route dans l’espoir de trouver quelqu’un pour nous emmener. Cela n’a rien donné non plus, car aucun véhicule vide capable de charger notre moto d’enduro et nos bagages ne roulait vers le nord. À la dernière station-service possible avant Goose Bay, à Port Hope Simpson, nous avons eu plus de chance. Un homme serviable du nom de Ford nous a confié sans hésiter son véhicule pour la suite du trajet. En un rien de temps, la moto et tout l’équipement étaient chargés. Quant au retour du véhicule, à plus de 400 km de là, je n’avais pas à m’en soucier : il passerait dans quelques jours pour le récupérer. Un grand merci pour le véhicule et pour la confiance qu’il nous a témoignée.

    Rueck1
    Rueck
    Rueck
    Rueck4
    • Position : 44° 44,393´ N 063° 18,078´ W
    • Vent : SW / 2-3 Bft
    • Météo : Pluie / 8,4 °C
    • Compteur : 3032 km

    Équipage de nouveau au complet : depuis hier, nous avons un nouveau compagnon. Sharron, l’éleveuse de border terriers de Terre-Neuve que j’avais contactée, n’avait malheureusement pas de chiots disponibles dans un avenir proche. Mais elle a compris le caractère exceptionnel de notre situation et a cherché un chiot dans tout le Canada. Au bout de quelques jours, elle a fini par en trouver un et m’a donné l’adresse d’un couple qui élève depuis plus de 40 ans des border terriers, des cairn terriers, des labradors retrievers, des springers anglais et diverses autres races de chiens. Depuis 1974, Carole et George Bernier sont tous deux membres du Canadian Kennel Club ; ils élèvent et dressent des chiens pour les expositions et la chasse. Au fil des ans, des dizaines de succès sont venus orner leur élevage. Sans hésiter, nous sommes partis sur notre moto d’enduro chez les Bernier. Leur hospitalité exceptionnelle nous a tellement retenus que nous avons pu admirer l’élevage pendant plusieurs jours et partager la vie de ces deux seniors. Après mûre réflexion, notre choix ne s’est pas porté sur un jeune chiot, mais directement sur un jeune chien un peu plus âgé, qui résiste mieux aux dures conditions de la nature sauvage. Bernfield´s Brightrain Walter est le nom d’élevage de ce border terrier mâle de presque deux ans, de robe (Blue & Tan). En septembre 2013, il a été sacré champion jeune par le Canadian Kennel Club. Ma tâche consiste maintenant à préparer ce mâle, avec beaucoup de temps et de patience, aux défis de notre vie proche de la nature.

    Rats II
    Rats II
    • Position : 45° 12,139´ N 067° 16,440´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : Chutes de neige / 1,0 °C
    • Compteur : 2644 km

    Rêves brisés : après six heures passées au poste-frontière nord-américain, la décision est tombée : l’entrée aux États-Unis nous est refusée. Exposer toutes les raisons dans ce message dépasserait largement le cadre. Les agents semblaient entre autres juger impossible qu’un couple marié voyage à moto d’enduro à cette époque de l’année. De plus, et ce serait là le problème principal, nous ne pouvions pas fournir de preuves suffisantes que nous quitterions réellement les États-Unis au bout de 90 jours. L’explication selon laquelle notre bateau se trouvait au Canada et que nous devions y retourner n’a pas suffi. On nous a au contraire reproché de ne pas avoir été en Allemagne au cours des 15 derniers mois, de ne posséder aucun bien dans notre propre pays et de n’avoir donc pas d’attache suffisante avec notre pays d’origine. Une telle façon de voyager, avec son propre bateau à travers l’Atlantique Nord, puis en parcourant à moto plusieurs milliers de kilomètres par voie terrestre, se distinguerait considérablement de celle des voyageurs ordinaires, qui arrivent en avion et ont ainsi en poche leur billet retour comme preuve de leur départ. Les agents ne se sont pourtant pas privés de consigner méticuleusement toutes nos données personnelles et d’ajouter à leur fichier électronique les empreintes des doigts des deux mains ainsi qu’une photo de notre visage. Comme un visa (permettant un séjour de six mois) exige les mêmes conditions que le séjour de 90 jours, cette voie nous est malheureusement fermée elle aussi. Nous prenons la chose avec sérénité, nous improvisons et allons chercher un autre chemin, malgré l’arrivée de l’hiver avec la neige et la glace.

    • Position : 45° 12,146´ N 067° 16,442´ W
    • Vent : Nuit noire
    • Météo : Pluie / 6,5 °C
    • Compteur : 2634 km

    Traversé le Nouveau-Brunswick afin de pouvoir rejoindre demain les États-Unis par le poste-frontière de Calais. Nous disons ainsi au revoir à la province de Terre-Neuve – Labrador, au Canada, et adressons un très chaleureux merci à tous ceux qui nous ont accueillis aimablement et régalés comme des princes, qui nous ont montré le bon chemin ou un bon emplacement pour la tente, ou qui nous ont invités à l’improviste à un copieux petit-déjeuner.

    • Position : 50° 34,890´ N 062° 20,992´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 5,7 °C
    • Compteur : 2074 km

    L’hiver nous poursuit sans relâche. De fortes pluies mêlées de neige et des vents soutenus ne nous sont pas inconnus, à tous les deux, mais à la longue, notre équipement réduit au strict minimum est mis à rude épreuve. Les vêtements constamment trempés, le vent frais, et tout cela sous la tente, nous font penser à la chaleur de la Gypsy Life. Un retour est impossible, car il est déjà tombé beaucoup de neige dans le haut Labrador. Nous avons donc pris congé de Terre-Neuve en ferry et roulé en direction de la Nouvelle-Écosse. Ici, par un temps un peu meilleur, nous avons trouvé un petit lac surveillé par un couple de castors. Pendant la nuit, le thermomètre est descendu nettement sous zéro. Au matin, en revanche, nous avons été réveillés par quelques chauds rayons de soleil. Nous en avons aussitôt profité pour prendre un petit-déjeuner ensoleillé et faire sécher notre équipement.

    Harald Silvia
    • Position : 50° 42,417´ N 057° 20,995´ W
    • Vent : NE / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 15,9 °C
    • Compteur : 1212 km

    En ouverture de ce nouveau message, nous tenons à remercier les lecteurs pour leur grande compassion lors de la perte de notre fidèle compagnon « Rats ». Beaucoup de lecteurs s’étaient eux aussi profondément attachés à lui, tout comme nous. La piste de gravier, longue de près de 500 kilomètres, est désormais derrière nous. Après les fortes pluies, la neige et le gel ont pris le relais. Par endroits, la piste est devenue dangereusement glissante et j’avais fort à faire pour maintenir la moto surchargée sur ses roues. Les nuits sous la tente étaient elles aussi plutôt fraîches, car le thermomètre descendait bien en dessous de zéro. À chaque kilomètre vers le sud, la neige disparaissait de la piste. Entre-temps, nous avons quitté le Labrador et sommes arrivés à Terre-Neuve en ferry. Nous avons rendu visite à notre ami Larry, que nous avions connu lors de notre premier voyage en 2009/2010. Il nous a proposé de nous installer pour les prochains jours sur son bateau de pêche de 20 mètres, car nous attendons de fortes tempêtes et beaucoup de pluie. Nous nous sentons presque comme chez nous sur notre Gypsy Life et apprécions cet endroit sec et chaud pour dormir.

    Moto
    Les Paul
    Polar Venture
    Les Paul
    • Position : 52° 34,192´ N 059° 13,978´ W
    • Vent : NE / 2-3 Bft
    • Météo : Pluie continue / 7,0 °C

    Les premiers kilomètres de la piste de gravier ne nous ont pas posé de gros problèmes et nous avons profité du paysage unique du Canada. Nous avons accueilli la pluie avec plaisir lorsqu’elle a commencé, car elle empêchait la poussière qui se forme sur ce genre de pistes quand il fait trop sec. Mais la pluie ne s’est pas arrêtée et transforme maintenant la piste et ses alentours en un paysage de marécages. Nous avons planté la tente pour la nuit près d’un dépôt de travaux routiers. Le responsable nous a invités à faire sécher nos affaires complètement trempées dans l’atelier de réparation des engins. Nous avons accepté l’invitation avec joie et nous sommes sentis comme dans un hôtel quatre étoiles. Nous avons pu effectuer les premiers travaux de contrôle et d’entretien sur la moto. La pluie ne cesse pas.

    Harald Paul
    Les Paul
    • Position : 53° 20,557´ N 060° 23,829´ W
    • Vent : NE / 2-3 Bft
    • Météo : couvert / 7,0 °C

    « Ride on » : le moment est venu. Nous avons mis la Gypsy Life au sec, au sens propre du terme. Toutes les conduites ont été vidées à l’aspirateur et les circuits du moteur préparés jusqu’à moins 40 degrés. Les matériaux sensibles au gel ont été sortis du bateau et entreposés dans une cave tempérée. Demain, nous quittons l’appartement de Jim Saunders, où nous avons vécu quelques jours pour faciliter notre passage de l’eau à la terre ferme. La moto est prête et bien chargée. Sur les 450 premiers km nous attend une piste de gravier très défoncée, sur laquelle le matériel sera certainement poussé jusqu’à ses limites extrêmes. Nous tenons à remercier toutes les mains secourables qui nous ont soutenus ici, à Goose Bay, ainsi que les sponsors suivants, qui rendent possible l’expédition « Danube – Alaska » : Smelne Yachtcenter, Kuiper Versicherungen, le fabricant de pneumatiques DSB, Ortlieb, Leder Singer International, Baukranverleih Roth, les éoliennes Silentwind et le pilote automatique Timco.

    Goosebay
    Goosebay
    • Position : 53° 20,557´ N 060° 23,829´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / 9,0 °C

    Aujourd’hui, de manière inattendue, notre fidèle compagnon « Rats » est mort à l’âge de presque 15 ans. Rats, notre border terrier, était partant pour toutes les aventures et s’y engageait pleinement. Il a toujours maintenu le moral de l’équipage, même quand les circonstances n’étaient pas des meilleures. Il voulait lui aussi mettre le nez au vent lors de la traversée terrestre annoncée et s’était déjà assis, pour essayer, dans le sac qui doit être placé sur le porte-bagages de notre moto. C’est le cœur lourd que nous faisons maintenant nos adieux à notre petit camarade.

    Ratspaul
    • Position : 53° 20,557´ N 060° 23,829´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : Pluie / 69,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : ?,? ° C

    Le nouveau reportage « Sud-ouest du Groenland » informe les lecteurs sur divers sujets qui ont été étudiés sur place, spécialement dans cette région du Groenland. Une partie en est certainement méconnue, et il est donc d’autant plus intéressant de la découvrir. Des photos uniques et un texte fidèle à la réalité étayent ce reportage. Bonne lecture.

    Bœuf musqué
    • Position : 53° 20,557´ N 060° 23,829´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / 1,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Sous le titre « ride on », nous allons entreprendre une exploration terrestre de plusieurs mois à moto : la semaine prochaine, la Gypsy Life sera sortie de l’eau et mise en cale sèche pour l’hiver, soit environ sept mois. Pour la première fois après 11 ans de vie sur notre bateau, nous le quittons pour quelques mois et allons explorer l’arrière-pays avec une lourde moto d’enduro de 650 cm³ capable d’emmener deux personnes. Aucun itinéraire n’est fixé, car nous décidons spontanément, en fonction des conditions météorologiques, de la direction à prendre. Pour l’instant, le mot d’ordre est de ne pas perdre de temps, car ici, l’hiver est déjà à la porte. Nous espérons être à la hauteur de ce défi aussi et souhaitons à nos lecteurs beaucoup de plaisir à suivre cette entreprise passionnante.

    Silvia Paul
    • Position : 53° 20,557´ N 060° 23,829´ W
    • Vent : NE / 1 Bft
    • Météo : Pluie / 7,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    En raison des conditions météorologiques favorables et des bonnes possibilités de ravitaillement de la petite ville de « Goose Bay », nous y restons. Nous sommes actuellement occupés à préparer le bateau pour l’hiver à venir, qui peut apporter ici beaucoup de neige et des températures inférieures à -30 degrés.

    Gypsy Life
    • Position : 53° 20,557´ N 060° 23,829´ W
    • Vent : SW / 3 Bft
    • Météo : Pluie / 11,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Entrée en douane à « Goose Bay » : en raison d’un calendrier imposé par les autorités douanières canadiennes, nous avons dû, malgré des conditions météorologiques défavorables, surtout à cette époque de l’année, rejoindre à l’heure depuis Nain la ville de « Goose Bay », qui se trouve en outre à 141 M (261,13 km) du littoral proprement dit, au fond d’un fjord. Pendant plusieurs heures, les autorités nous ont interrogés sur toutes les questions imaginables. Nous avons répondu à tout à la satisfaction des autorités, si bien que nous avons obtenu un permis de séjour de six mois. Nous poursuivons notre route vers le sud comme prévu.

    • Position : 54° 31,333´ N 057° 23,400´ W
    • Vent : NW / 8-10 Bft
    • Météo : nuit noire / 5,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Moutons d’écume, embruns qui fouettent le bateau, gîte changeante et gréement qui hurle. Selon la météo locale, la mer pourrait se creuser jusqu’à neuf mètres dans la « mer du Labrador ». Autant de symptômes connus, encore bien gravés dans notre mémoire depuis notre hivernage en Islande. Nous faisons face à la situation météorologique actuelle en restant au mouillage dans un fjord de la côte du Labrador. En raison des rives en pente très douce et des hauts-fonds, notre position est malheureusement très peu abritée, si bien que nous offrons une belle prise à la tempête. La ligne de mouillage, de près d’une demi-tonne, est déployée, l’artimon est hissé. Pour l’instant, le bateau et le matériel résistent aux contraintes.

    • Position : 56° 37,463´ N 060° 13,012´ W
    • Vent : NW / 8-9 Bft
    • Météo : nuageux / 6,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Nous avons visité Nain, qui de simple village est déjà devenue une petite ville, comme premier point d’entrée possible pour nous, et nous nous sommes présentés à la RCMP (Royal Canadien Mounted Police) locale. Comme d’habitude, nous avons été reçus avec l’amabilité propre au Labrador. Nous avons aussi retrouvé de vieilles connaissances de l’époque, qui se souvenaient encore très bien des Allemands fous. Nous sommes actuellement au mouillage à Hopedale, car, ponctuelles pour le début du mois de septembre, les tempêtes d’automne montrent leur force. Des vents de directions changeantes font littéralement bouillir la mer. Les prévisions météorologiques locales sont sans cesse occupées à adapter leurs bulletins à des situations qui évoluent rapidement. Même le grand navire de ravitaillement, qui approvisionne les villages le long de la côte est du Labrador, doit attendre la fin de certaines tempêtes à l’abri du port. Nous essayons de descendre le long de la côte vers le sud.

    • Position : 56° 42,514´ N 061° 48,237´ W
    • Vent : SW / 5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 21,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Certains lecteurs se souviendront peut-être encore de ces coordonnées. Elles ont été, pendant plus de six mois, notre lieu d’hivernage durant l’hiver 2009/2010. Nous avons tenu bon ici face à de violentes tempêtes hivernales, avec deux mètres de neige et des températures bien en dessous de zéro. Notre Gypsy Life était prise dans une glace pouvant atteindre un mètre d’épaisseur. Équipés d’une motoneige et d’un traîneau de transport, nous avons assuré pendant tout ce temps notre approvisionnement en bois de chauffage, en eau douce, etc. Autant de souvenirs qui se sont réveillés lorsque j’ai retrouvé sur la rive notre vieux traîneau de transport. En fait, je l’avais donné à l’époque ; il ne restait plus qu’à venir le chercher. Les éléments en bois que nous avions construits nous-mêmes autour de notre bâche, et garnis de mousse pour nous protéger du froid, je les ai eux aussi tous retrouvés en état d’être utilisés. Même le reste de bois de chauffage que j’ai trouvé n’était pas pourri et sert maintenant à alimenter notre nouveau poêle. Je suis surpris que tout soit encore en si bon état après tant de temps.

    • Position : 58° 27,147´ N 062° 47,794´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : Brouillard / 7,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Troisième traversée de l’Atlantique Nord avec la Smelne Vlet achevée avec succès. Notre petite Vlet a parcouru 449 M (831,54 km) à travers la mer du Labrador. D’après la route tracée sur la carte, 443 M étaient prévus. Grâce au nouveau pilote automatique de la société danoise Timco et à la commande correspondante, nous avons réussi à parcourir toute la distance presque en ligne droite. Seuls 6 M de plus ont été effectués. Sur une distance aussi longue, où le bateau, précisément dans cette région, est exposé à une dérive considérable due au vent et au courant, et surtout à des fréquences de vagues en perpétuel changement, c’est un excellent résultat.

    • Position : 61° 12,042´ N 052° 43,607´ W
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : Brouillard / 10,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : ?? ° C

    Ces nouvelles coordonnées montrent que, contre toute attente, nous avons quitté le Groenland. En fait, nous avions prévu de remonter plus au nord, le long de la côte ouest. Les conditions météorologiques défavorables qui se préparaient pour les jours à venir nous ont obligés à revoir nos plans. De violentes tempêtes venues de la baie d’Hudson, dans l’est du Canada, qui traversent la mer du Labrador et se répartissent le long de la côte ouest du Groenland, nous ont contraints à franchir ce pas. Pendant cette traversée, nous avons été accompagnés par un brouillard des plus épais et par des vagues de deux à quatre mètres arrivant par le travers, nées des dernières tempêtes. Malgré cela, notre petit bateau a parcouru 160 M (196,32 km) par jour de mer (en 24 h). Nous espérons maintenant réussir la troisième traversée de l’Atlantique Nord sans incident majeur.

    • Position : 61° 59,819´ N 049° 41,302´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / 9,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Un nouveau reportage en direct intitulé « Les dents du Groenland oriental » a été achevé par mes soins ce soir. Un reportage qui, d’une part, décrit l’île d’« Angmagssalik » telle qu’elle est aujourd’hui, montre l’usure du temps sur une station abandonnée et, bien sûr, fait vivre de près le récit tant attendu des attaques d’ours polaires. Ce reportage exige toutefois des lecteurs des nerfs plus solides que la moyenne, car la réalité y est décrite sans le moindre embellissement. Des photos très rarement publiées étayent ce reportage particulier dans toute sa réalité. Vous trouverez comment obtenir un tel reportage dans la rubrique Vente de mon site. Au passage, encore une information au sujet des abonnés : un abonné à mes reportages ne prend aucun engagement, il établit seulement avec moi une relation de confiance. Je considère comme abonné toute personne qui me verse à l’avance la participation aux frais pour plusieurs reportages (le nombre est laissé à son appréciation). Il n’y a ni contrat à conclure ni délai de résiliation à respecter. Vous bénéficiez de l’avantage particulier de recevoir immédiatement tout nouveau reportage, avant même son annonce sur mon site. Vous économisez en outre les frais de virement individuels, peu rentables. Si vous ne souhaitez plus recevoir de reportages, il suffit de ne rien faire et vous ne recevrez plus d’envois.

    Ours polaire
    • Position : 61° 39,410´ N 049° 18,029´ W
    • Vent : SSW / 9-10 Bft
    • Météo : partiellement nuageux / 8,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,4 °C

    De vieux souvenirs d’Islande se sont réveillés aujourd’hui, tandis que nous luttions contre une mer forte. Le vent a de nouveau sensiblement fraîchi, car un orage est venu s’ajouter au tableau. Nous avons trouvé refuge entre la glace et un groupe de rochers, où tout a pu être bien étalé sans le moindre dommage. Malheureusement, les conditions météorologiques de ce plein été arctique, avec beaucoup de brouillard et des vents trop forts pour la saison, ne sont pas des meilleures.

    • Position : 61° 12,532´ N 048° 09,849´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 15,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 12,0 °C

    Aujourd’hui, Enduro Paul a roulé sur la seule route reliant deux localités du Groenland. Entre « Ivigtut » et « Kangilinnguit » s’étend une piste de gravier de 5,6 km qui relie les deux lieux. Malheureusement, les deux localités sont désertées. « Ivigtut » est une mine de cryolite fermée depuis des années, et « Kangilinnguit » une ancienne base navale qui sera fermée à la fin de cette année.

    Harald Paul
    • Position : 60° 53,480´ N 047° 57,551´ W
    • Vent : W / 8-9 Bft
    • Météo : ensoleillé / 7,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,0 °C

    Le changement de temps, en phase avec la lune (pleine lune), nous a incités à gagner à temps un mouillage que nous connaissons bien. Ici, près du petit « Nyboes Kanal », creusé à la main, nous avons trouvé un abri contre toutes les directions de vent. Le soleil brillait, le vent soufflait, donc pas d’invasion de moustiques : l’idéal pour une virée dans l’arrière-pays avec ma moto d’enduro. De nombreux lacs remplissent les innombrables vallées qui, le plus souvent d’un vert maigre, se détachaient des hauteurs rocheuses. Le terrain était très exigeant pour la technique de pilotage. J’étais content de chaque sentier de rennes que je pouvais trouver. J’ai aperçu quelques animaux en train de brouter, qui ne se sont pas laissé déranger par moi.

    • Position : 60° 30,678´ N 045° 19,738´ W
    • Vent : SW / 2-3 Bft
    • Météo : Stratus / 5,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,5 °C

    Que les Paul soient des « douillets » n’est un secret pour personne ; nous avons donc fait honneur à notre réputation et nous sommes offert un long bain « chaud » en pleine nature. Autour de nous, le vent soufflait, frais, avec par moments de la pluie mêlée d’épaisses nappes de brouillard, mais rien de tout cela ne pouvait nous atteindre, car nous étions assis jusqu’au cou dans l’eau chaude d’une source thermale et nous laissions dorloter, comme dans un jacuzzi, par les bulles d’air qui remontaient du fond sablonneux.

    Siliva Paul
    • Position : 60° 08,926´ N 044° 17,285´ W
    • Vent : W / 5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 15,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,0 °C

    À « Aappilattoq », sur le petit quai, ma moto d’enduro a dû subir une grosse réparation. Dans le paysage montagneux et rocheux des environs, j’avais perdu le contrôle de la moto et l’avais laissée tomber dans une montée extrême. Le collecteur et une partie de mon échappement ont été écrasés, plats comme un timbre-poste. L’échappement a été découpé, débosselé, puis ressoudé, avec un clou trouvé sur place pour combler l’écart qui s’était formé entre les deux parties. Quelques habitants se sont réjouis de voir un tel engin de sport, car on n’avait encore jamais rien vu de pareil à « Aappilattoq ». Grand fut aussi leur étonnement de voir autant d’outillage (meuleuse, poste à souder, divers outils à main) sortir d’un si petit bateau. Une fois les réparations terminées, j’ai promené Timo, chasseur et pêcheur de ma connaissance, en passager sur les chemins piétons du petit village. Il s’agrippait à moi de toutes ses forces pour ne pas tomber malgré lui de la moto pendant les accélérations. Pour Timo, une expérience inoubliable.

    • Position : 60° 03,412´ N 043° 10,265´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / 8,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,3 °C

    Hier, la Smelne Vlet a atteint le point le plus au sud du Groenland, le « cap Farvel ». Nous profitons actuellement de l’hospitalité de la station météorologique locale et échangeons nos expériences dans plusieurs domaines, comme l’évolution du climat, la météo et l’état des glaces. Bien entendu, nous avons aussi accordé notre attention au roi de l’Arctique, l’ours polaire (Ursus maritimus). Tous sont arrivés à la conclusion que vivre (et pas seulement faire un petit voyage) dans les régions arctiques exige une attitude particulière face à la vie et un sens de la nature, alliés à une certaine expérience. C’est dans cet esprit que nous allons poursuivre notre route vers le nord, le long de la côte ouest du Groenland.

    Station
    Siliva Paul
    • Position : 61° 02,791´ N 042° 44,359´ W
    • Vent : NW / 2 Bft
    • Météo : nuit noire / 7,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,4 °C

    Mes réparations ne sont pas encore tout à fait terminées, mais nous avons décidé de quitter l’endroit de l’ours pour que l’incident ne puisse pas se reproduire. Environ 56 M (103,71 km) plus au sud, nous avons trouvé un nouveau mouillage au milieu des glaces dérivantes. J’ai de nouveau hissé le pneumatique dans les bossoirs, mais sans l’arrimer, pour qu’il reste un peu mobile. Un petit bruit m’a tiré de mon sommeil déjà léger. Un ours polaire essayait de nouveau de monter à bord en passant par le pneumatique, mais celui-ci, grâce à sa suspension mobile, se dérobait sous l’assaillant et ne lui offrait donc aucune prise. Sans la moindre hésitation, j’ai ouvert un tir de défense sur l’ours, à peine à 2 mètres de moi, qui a été visiblement effrayé par ma réaction déterminée et a pris la fuite. L’aventure « Danube – Alaska » a donc commencé ; la suite promet d’être passionnante.

    Ours polaire
    • Position : 61° 47,202´ N 042° 10,868´ W
    • Vent : NW / 1-2 Bft
    • Météo : nuit noire / 5,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,0 °C

    Attaque nocturne d’un ours polaire repoussée avec succès :
    Cette nuit, un ours polaire d’environ 400 kg, que nous avions déjà aperçu l’après-midi de la veille, a essayé de grimper sur notre bateau. Il s’est hissé d’une patte sur le pneumatique DSB, remonté dans les bossoirs et arrimé en vue de la suite du voyage. Les griffes acérées de sa patte ont percé de nombreux trous dans le boudin, si bien que l’air s’est échappé, que l’ours a perdu prise et est retombé à l’eau. Il a alors nagé autour du bateau et fait une deuxième tentative pour atteindre le cockpit ouvert en passant latéralement par-dessus le bordé. Par des tirs de défense ciblés avec mon fusil, j’ai pu repousser l’assaillant et éviter à la dernière seconde le tir mortel. En raison de diverses réparations sur le DSB (Deutscher Schlauchboot Betrieb) et sur le bateau, nous devons interrompre notre route.

    • Position : 65° 38,821´ N 037° 24,070´ W
    • Vent : Variable / 1 Bft
    • Météo : ensoleillé / 7,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,0 °C

    En espérant que l’état des glaces ne se dégrade pas sensiblement, nous partons aujourd’hui pour poursuivre notre route vers le sud, le long de la côte est du Groenland. Des escales sont prévues en divers points remarquables de la côte, afin de faire quelques explorations dans l’intérieur des terres avec la moto d’enduro.

    • Position : 65° 38,821´ N 037° 34,070´ W
    • Vent : Calme plat
    • Météo : Stratus / 1,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,0 °C

    Nous avons atteint « Angmagssalik », l’île de la côte est du Groenland, après 69 heures de route et 395 M (731,56 km). Les conditions météorologiques étaient relativement agréables, si bien que nous avons pu profiter d’une traversée facile. Ce n’est qu’à environ 50 M (92,60 km) de notre destination que la banquise s’est amoncelée ; elle est devenue à la fin si dense que nous avons dû enduire notre cotre d’un pot familial de vaseline pour pouvoir nous frayer un passage à travers la glace compacte. La suite du voyage le long de la côte est, presque déserte, dépend fortement de la météo et des glaces et peut donc prendre un temps imprévu. Les prochaines entrées du journal de bord en seront également affectées.

    • Position : 65° 55,022´ N 032° 04,570´ W
    • Vent : NW/ 1-2 Bft
    • Météo : Brouillard / 0,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : ?? ° C

    Nous avons parcouru une bonne moitié de notre route prévue vers l’île d’« Angmagssalik », sur la côte est du Groenland. Nous sommes tombés sur des glaces d’une concentration de 4/10, situées à environ 85 M (157,42 km) de la côte. Nous changeons de cap vers le sud et essayons ainsi de contourner la glace. La météo comme l’état des glaces correspondent exactement aux prévisions que j’ai obtenues.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE/ 2-3 Bft
    • Météo : nuageux / 7,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Au revoir, l’Islande. Après onze mois passés en Islande, la suite tant attendue du voyage est enfin possible. Certes, les cartes des glaces indiquent encore de grandes quantités de banquise au large de l’est du Groenland, mais nous savons d’expérience que l’état des glaces peut changer d’heure en heure et que, sur place, avec notre petite Smelne Vlet, nous pouvons toujours trouver un passage pour continuer. Ce qui nous paraît plus important, ce sont les conditions de mer qui deviennent plus clémentes et nous permettent de tenir de plus longues étapes en mer ici, dans l’Atlantique Nord. Ce qui nous aide beaucoup à cet égard, ce sont les tempêtes hivernales que nous avons endurées pendant des semaines ici, à « Isafjardjup ». Ces vents de l’hiver 2013/2014, les plus forts et les plus durables depuis des décennies, nous ont montré quelles contraintes prolongées le matériel et l’équipage peuvent supporter. Une expérience qui nous sera certainement utile pour notre expédition. Même si certaines situations n’étaient pas toujours des meilleures, nous avons appris ce qu’il faut pour faire face à des contraintes prolongées, même dans les circonstances les plus défavorables. En outre, des capitaines de chalutiers qui ont exercé leur métier dans l’Atlantique Nord pendant des décennies nous ont transmis leur expérience en la matière. Un apprentissage de la pratique de la navigation qu’on ne trouve dans aucun manuel. Pour finir, nous tenons à remercier tous les Islandais qui nous ont soutenus par leurs conseils, du bois de chauffage, du poisson, de la viande de renne et de baleine, divers matériaux, un aperçu de la culture islandaise et leur gentillesse impressionnante.

    Départ
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NW/ 8-10 Bft
    • Météo : Pluie continue / 5,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Le mauvais temps des derniers jours, qui n’a pas seulement apporté un vent un peu plus frais de force tempête, mais aussi une pluie continue responsable de nombreux glissements de terrain, n’a guère pu nous atteindre à notre mouillage. J’en profite pour achever mon nouveau reportage « Livre de photos Islande (fjords de l’Ouest) », préparé de longue date. Un livre de photos de 80 images, prises pendant toute la durée de notre séjour ici, qui montrent de façon saisissante les transformations du paysage au fil des saisons. Des images qui n’ont sans doute pas souvent été vues sous cet angle, avec une telle diversité de sujets. Diverses photos d’animaux en gros plan complètent ce livre de photos et en font un complément indispensable aux reportages déjà parus sur l’Islande. Comme notre départ est imminent, il se peut que les personnes intéressées doivent faire preuve d’un peu de patience pour obtenir une réponse à leurs courriels de commande. Au Groenland, la côte est n’est presque pas habitée ; on ne capte donc Internet qu’à quelques stations. Je vous remercie de votre compréhension. C’est précisément là que réside l’avantage d’un abonnement à ma série « Les reportages de Paul » : il permet, justement maintenant pendant le voyage, de recevoir en exclusivité des photos et des informations dans des délais très courts, sans passer par la longue procédure de paiement. De plus, les différents reportages réunis forment à la fin de l’expédition un ouvrage de référence, comparable à un livre. Car la suite du voyage vers le Canada apportera elle aussi, à coup sûr, des reportages très intéressants, illustrés de photos uniques. Vous pouvez consulter sur mon site, dans la rubrique « Vente », comment obtenir ces reportages, puis prendre votre décision. Bonne découverte de ce livre de photos.

    Islande
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : SE/ 2-3 Bft
    • Météo : Pluie / 12,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 12,0 °C

    Polyvalente : notre « Smelne Vlet » a été mise à contribution hier pour emmener quelques passagers sur une île aux oiseaux voisine. Une journée riche en découvertes pour tous les participants, car ils ont pu observer de nombreuses espèces d’oiseaux en train de couver et d’élever leurs petits. Aujourd’hui, notre bateau est sorti sur les zones de pêche de l’« Isafjardardjub », afin que nous puissions encore pêcher une bonne quantité de poisson frais pour la traversée à venir. J’ai eu de la chance et j’ai pu en attraper.

    Les Paul
    Loup de mer
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 1-2 Bft
    • Météo : nuageux / 12,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 14,0 °C

    En fait, nous sommes prêts à partir depuis un bon moment et n’attendons plus qu’une fenêtre météo favorable. Mais, comme prévu au changement de lune (nouvelle lune), une dépression s’annonce, qui naît entre l’est du Canada et l’ouest du Groenland, passe par la pointe sud du Groenland, puis remonte le long de l’est du Groenland jusqu’ici, en Islande. L’état des glaces sur la côte est du Groenland reste impénétrable ; une autre option serait donc de nous rendre d’ici directement à la pointe sud du Groenland. Mais là, en raison de la rencontre de plusieurs courants marins, nous attend une banquise massée juste devant le cap, qui s’étend loin vers le nord le long de la côte ouest du Groenland. Nous serions ainsi contraints d’entreprendre une très longue étape en mer, en passant au large de la côte est du Groenland, qui vaut pourtant le détour. Comme nous ne sommes pas pressés par le temps, nous attendons une situation météorologique meilleure, qui nous offrira peut-être encore la possibilité d’explorer la côte est du Groenland, rude mais unique.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 4-5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 14,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 14,0 °C

    Sous la devise « Enjoyer of life, and coffee », une rencontre étonnante a eu lieu aujourd’hui. Au bord du chemin, j’ai engagé la conversation avec une jeune cycliste néerlandaise. Elle voyage depuis déjà 11 ans, comme nous avec notre bateau, mais elle à vélo et à pied, de l’Europe à l’Australie en passant par le Japon, et jusqu’en Islande. Pour financer son rêve de vie libre, la jeune femme a interrompu ses voyages pendant un certain temps et, entre autres, a tenu bon plusieurs mois comme saisonnière sur un tracteur géant en Australie. Elle a aussi travaillé dans une mine ou, ici en Islande, comme sage-femme pour les agneaux. Deux roues, l’agriculture, l’aventure et les crocodiles australiens étaient des raisons suffisantes pour que nous emmenions la cycliste, avec armes et bagages, à bord de notre Gypsy Life dans notre pneumatique DSB. La soirée et la nuit n’ont pas suffi pour échanger nos expériences de vie libre, illustrées de belles photos. Chacun de nous a plongé dans l’univers si différent de l’autre et s’est enthousiasmé de voir à quel point on peut façonner et savourer sa propre vie. Complètement épuisés et avec un sac plein de rêves, nous avons disparu dans nos sacs de couchage aux petites heures du matin, pour être réveillés à nouveau par le soleil quelques heures plus tard. Après un copieux petit-déjeuner, la Néerlandaise a repris la route de son grand voyage. Elle souhaite atteindre le Canada à l’automne. Nous te souhaitons tous les deux le meilleur pour ton voyage hors du commun. À l’adresse www.cyclingdutchgirl.com, vous pouvez découvrir les aventures de Mirjam Wouters.

    Wouters
    Wouters
    Wouters
    Wouters
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 12,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 16,0 °C

    Avec ces températures estivales et cette eau chaude, j’ai effectué aujourd’hui une plongée de deux heures dans un mouillage abrité. Elle m’a servi à changer les anodes sacrificielles du bateau et à gratter quelques coquillages de ma quille en bois. Pour le reste, la carène est en très bon état, si bien que je n’ai pas besoin de faire sortir notre Gypsy Life de l’eau.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : E / 3-4 Bft
    • Météo : Pluie / 5,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 6,7 °C

    Les dernières entrées du journal de bord montrent clairement qu’Enduro Paul veut mettre à profit le temps d’attente avant la suite du voyage en faisant des excursions à moto dans l’arrière-pays. Il n’en garde pas moins un œil sur l’état des glaces et sur l’ensemble de la situation météorologique. Pour l’instant, en ce qui concerne les glaces, une banquise épaisse et impénétrable se trouve encore au large de la côte est du Groenland et de celle du Labrador, ce qui rend tout débarquement impossible. Les températures de ces derniers temps sont loin de suffire à réduire toute cette splendeur blanche. Même ici, en Islande, les masses de neige descendent encore par endroits jusqu’à la ligne de flottaison. Seules les directions changeantes du vent ouvrent quelques brèches dans la ceinture de glace, mais elles ne restent pas ouvertes durablement. La situation météorologique générale s’est normalisée pour les conditions de l’Atlantique Nord. Sur 30 jours, des vents de force 8 Bft et plus ne soufflent que 15 % du temps (4,5 jours). Au moins un jour par semaine, on est encore bien aéré. Pour les Islandais, qui ne parlent de toute façon de vent qu’à partir de 25 m/s (9-10 Bft), comme nous l’avons vécu pendant 11 mois, c’est le quotidien normal. Reste à espérer que la fenêtre météo, déjà très étroite, généralement de la mi-juillet à la mi-août, suffira pour que nous puissions poursuivre le voyage.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : SW / 2-3 Bft
    • Météo : Pluie / 8,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,0 °C

    À l’occasion de la fête de l’Ascension, quelques enduristes islandais m’ont invité à faire le tour de la presqu’île de « Pingeyri ». Un chemin non stabilisé, autorisé uniquement aux véhicules à quatre roues motrices, nous indiquait la direction. À cette époque de l’année, ce chemin, en partie détruit par les avalanches et le ressac, est toutefois impraticable. C’était l’occasion de mettre aussitôt en pratique la technique de pilotage d’enduro apprise les week-ends précédents. Passages à gué profonds et tronçons le long de la côte sur des éboulis grossiers se succédaient. Sur une paroi rocheuse en surplomb, nous avons trouvé une inclusion de bois vieille de plusieurs millions d’années. Des milliers d’oiseaux de toutes sortes couvaient le long du rivage et nous laissaient passer sans se soucier de nous. Malgré le temps pluvieux, nous avons parcouru près de 70 kilomètres par monts et par vaux. Enduro Paul remercie les pilotes de deux-roues islandais pour cette belle sortie, non seulement exigeante sur le plan technique, mais aussi très instructive.

    Moto
    Moto
    Moto
    Moto
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : SW / 2-3 Bft
    • Météo : nuageux / 6,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,8 °C

    Ce dimanche, nous nous sommes retrouvés pour un nouvel entraînement d’enduro avec Paul. Tous les participants voulaient s’exercer au niveau de difficulté suivant en matière d’équilibre sur deux roues, afin de pouvoir circuler encore plus sûrement dans le terrain difficile de l’Islande. Des pneus de camion ont servi à simuler le terrain auquel il faut s’attendre. On pouvait s’y exercer en prenant un peu plus de risques sans se blesser en cas de chute. En fin d’après-midi est venue la sortie tout-terrain bien méritée. Des passages raides sur gravier et des sentiers à moutons délicats ont été domptés. Pendant les pauses bien méritées, on pouvait savourer l’eau fraîche de l’Islande. Tous les enduristes se sont bien amusés et peuvent se souvenir d’un beau dimanche.

    Moto
    Moto
    Moto
    Moto
    Moto
    Moto
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 2-3 Bft
    • Météo : nuageux / 7,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Evelin et Jürgen, les hôtes de la Gypsy Life, peuvent se remémorer une semaine inoubliable et riche en événements. Non seulement le temps nous a été favorable, mais la première journée de pêche à bord a été couronnée de succès, si bien que nous avions du poisson frais en abondance à notre menu. L’observation quotidienne de grandes et petites baleines a toujours été le point culminant des sorties en mer vers les fjords voisins. Les escales à terre et les explorations qui les accompagnaient resteront certainement longtemps dans la mémoire de nos deux hôtes. Merci pour ces belles journées variées passées avec vous, que nous avons savourées pleinement après la période hivernale tempétueuse ici, en Islande.

    Silvia et Harald

    Pêche
    Pêche
    Pneumatique
    Visite
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 4-5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 4,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 6,3 °C

    Comme les Islandais sont de grands passionnés de sport mécanique, quelques motards parmi eux m’ont demandé si je pouvais leur montrer quelques « trucs et astuces » tirés de mes anciennes années de compétition et de mon aventure actuelle en enduro. Simplement, et avec leur talent bien connu pour l’improvisation, ils ont aussitôt organisé une rencontre sur le terrain d’un agriculteur. Une ancienne piste d’atterrissage envahie par la végétation nous a servi pour divers exercices à vitesse élevée. Nous avons utilisé d’autres reliefs du terrain, comme des montées et des descentes raides, pour la technique de pilotage. Le parcours le long de la côte sur des éboulis extrêmes a permis de travailler l’équilibre sur la moto d’enduro. Tout le monde a participé avec plaisir et s’est bien amusé ; même le petit garçon de six ans assis sur mes épaules sur la photo mettait déjà les gaz avec son quad (ATV, all terrain vehicle) et soulevait beaucoup de poussière. Les pauses détente entre les sessions éprouvantes étaient elles aussi très appréciées et, même si les couverts nécessaires manquaient parfois, on étalait vite et sans façon le beurre sur le pain avec un démonte-pneu, comme nous l’a montré un marchand de pneus d’Isafjördur. Une improvisation qui me convient parfaitement.

    Moto
    Moto
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 12,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Nous avons souvent constaté que, sous les latitudes plus septentrionales, les saisons, l’hiver et l’été, sont bien plus rapprochées qu’en Europe. Le printemps ou l’automne ne se reconnaissent que sur quelques jours et à de petits signes de la nature. S’il avait encore beaucoup neigé et soufflé en tempête à Pâques, le soleil a ensuite réchauffé durablement la nature les jours suivants. Les renards polaires et certaines espèces d’oiseaux célèbrent leurs noces, et partout de petits ruisseaux grossis par la fonte des neiges dévalent vers la vallée. La Smelne Vlet, qui a traversé au cours des huit derniers mois l’un des hivers les plus tempétueux ici, en Islande, a été inspectée à la recherche de dégâts sur la peinture. Les zones frottées par les pare-battages et les cordages ont été recouvertes d’une couche de peinture protectrice avant qu’elles ne commencent à rouiller. Notre Gypsy Life doit faire bonne impression de l’extérieur lorsque nous accueillerons chaleureusement les premiers hôtes à la mi-mai.

    Gypsy Life
    Harald Paul
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : N /1-2 Bft
    • Météo : partiellement nuageux / -0,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,0 °C

    « Aldrei for eg sudur » : je ne suis jamais allé vers le sud. C’est le nom d’un festival de musique aussi légendaire que chaotique à Isafjördur, qui transforme la petite ville en « Rock City ». Placé sous la devise « l’improvisation est tout », l’événement se déroule dans un entrepôt du port. Il n’y a pas de programme fixe, pas de cachets et pas de prix d’entrée : on y est, tout simplement. Les Paul vont saisir cette occasion unique pour se déchaîner sur du bon rock.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : Calme plat
    • Météo : nuageux / 5,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,0 °C

    C’est avec beaucoup de prudence que je prononce le mot « printemps » ; des températures plus élevées, presque pas de vent et des passages ensoleillés m’incitent à employer ce mot. Je pense cependant qu’il s’agit plutôt d’une brève accalmie, comme nous en avons eu la semaine dernière et cette semaine encore. C’est pourquoi nous sommes restés tout ce temps dehors, dans les fjords, à observer le réveil de la nature et à le fixer en photos. Toute la faune, et nous avec, en avons profité pleinement.

    Gypsy Life
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : Calme plat
    • Météo : ensoleillé / 4,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,3 °C

    Comme certains lecteurs de mes reportages ont exprimé le souhait que je parle aussi des matériaux utilisés ou des précautions particulières qui sont utiles lors de nos expéditions sur l’eau et sur terre, je vais traiter, sous le titre général « Trucs et astuces » quelques sujets. Dans le reportage « Trucs et astuces, emballage » désormais disponible, je décris une façon d’emballer le matériel, l’outillage ou les provisions de manière à occuper le moins de place possible, que ce soit dans un véhicule terrestre ou sur un bateau, tout en les gardant utilisables longtemps. Un sujet sans doute intéressant pour tous ceux qui veulent voyager loin de la civilisation. Sur mon site, dans la rubrique « Vente », sous le titre « Les reportages de Paul », vous trouverez plus d’informations sur la manière d’obtenir un tel fichier. Bonne lecture et bonne chance pour vos futurs voyages.

    Rats
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : SE /7-9 Bft
    • Météo : Chutes de neige / -0,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 4,0 °C

    L’évolution favorable de la météo la semaine dernière nous a permis de souffler et a ravivé l’étincelle d’espoir que le pire était passé. Notre Gypsy Life était même de nouveau au mouillage dans un fjord depuis trois jours, et Paul entraînait ses vieux os sur la moto d’enduro pour être en condition physique pour les expéditions terrestres tant attendues. Mais le temps de ce début de semaine a de nouveau balayé tous ces espoirs. Des vents violents, qui soufflent sur nous en tempête depuis des jours, nous obligent à retomber dans une attente éprouvante pour les nerfs. Silvia commence à se sentir prisonnière, comme à « Alcatraz ».

    Islande
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : SE /2-3 Bft
    • Météo : nuageux / 4,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,5 °C

    Les jours rallongent de plus en plus ici, dans le Nord, et les vents faiblissent lentement eux aussi en durée, mais pas encore en force. Nous sommes donc déjà sortis plusieurs fois du port vers la pleine mer pour nous réhabituer aux conditions plus rudes de l’Atlantique Nord. Nous en avons aussitôt profité pour mettre la ligne à l’eau et renflouer notre réserve de poisson. Quelques morues ont été hissées à bord ; levées en filets et emballées en portions, elles ont été rangées dans le congélateur du bateau.

    Harald Paul
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE /7-9 Bft
    • Météo : nuageux / 2,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Que les vents se déchaînent sans cesse ici, en Islande, nous l’avons déjà bien ressenti pendant notre pause hivernale de plusieurs mois. Mais que, selon les prévisions météorologiques à grande échelle, une dépression aussi écrasante se prépare au-dessus de l’Atlantique Nord, qui, dans ses prolongements, devrait atteindre plusieurs fois la force d’un ouragan et des hauteurs de vagues de plus de 16 mètres au large des îles Britanniques, cela frise l’alerte à la catastrophe. La dépression devrait ensuite se déplacer lentement, avec toute son énergie, vers l’Islande. Reste à espérer que les vents faiblissent un peu au-dessus de l’Atlantique Nord et que nous n’en recevions plus que la gifle atténuée.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE /9-10 Bft
    • Météo : ensoleillé / -0,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,0 °C

    Avec le salut « Moin Moin de Hambourg », un colis de deux fans est arrivé aujourd’hui. Nicole et Jens craignaient que nous puissions souffrir de la faim lors de notre prochaine traversée vers le Canada. Ils nous ont donc envoyé des plats tout prêts sous vide, très faciles à préparer en haute mer. Ils ont aussi pensé aux gourmandises. Nous vous disons un très chaleureux merci et penserons à vous pendant notre troisième traversée de l’Atlantique Nord.

    Harald Silvia Paul
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE /1-2 Bft
    • Météo : Nuit noire / -1,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,9 °C

    Extension du toit au-dessus de la bâche terminée. Depuis quelques jours, je travaille à prolonger le toit de mon poste de barre, d’une part pour gagner de la place pour divers objets légers, et d’autre part pour pouvoir faire face au poids de la neige sur la bâche lors des hivernages à venir. Autre effet très positif : je peux désormais appuyer ma nouvelle échelle contre le mât d’artimon depuis le nouveau toit et consacrer ainsi davantage d’attention à l’entretien de l’éolienne. La construction en bois ne gagnera certainement pas de concours de design, mais pour nous, sur cette expédition, le pratique compte plus que le beau. Cette construction nous a fait gagner environ 4,5 m², ce qui, sur un bateau aussi petit que le nôtre, équivaut à une salle de bal.

    Gypsy Life
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE /5 Bft
    • Météo : Pluie / 3,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 4,0 °C

    Je voudrais commencer l’entrée d’aujourd’hui du journal de bord par un chaleureux merci pour l’intérêt que vous portez à mes reportages. Comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, ces reportages transmettent des informations qui empruntent un autre chemin que celui des médias. Des faits non censurés, étayés par des images : voilà ma ligne directrice. Le dernier reportage, « L’or rouge de l’Atlantique Nord », a clairement montré que les sujets sont variés et ne traitent pas seulement de notre mode de vie. Au fil de l’expédition, d’autres sujets très intéressants sur le pays, les gens, la faune et l’environnement se présenteront certainement. Certains lecteurs de mes reportages ont souhaité être inscrits comme abonnés afin de recevoir immédiatement les nouveaux reportages parus. Par ailleurs, à titre d’information et avec l’accord des personnes concernées, j’ai publié quelques courriels qui m’ont été adressés dans la nouvelle rubrique « Réactions des lecteurs ».
    Bonne lecture.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 1-2 Bft
    • Météo : nuit noire / 1,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,9 °C

    Que l’expression « réchauffement climatique mondial » n’ait jamais provoqué de panique chez nous, je l’ai déjà décrit dans mon DVD « Expédition Glace » de 2008, dans de nombreuses entrées du journal de bord de ces dernières années et, plus récemment, dans mon livre « Liberté – Aventure – Nature sauvage Canada », où notre bateau, entre autres, est resté six mois pris dans la banquise du Labrador, en pleine nature sauvage. Notre séjour hivernal de cette année en Islande, du fait de la proximité du Groenland, fait de nouveau naître des doutes chez nous. Les annonces générales des professeurs de météo ces dernières années laissaient entendre que la glace de l’Arctique, en particulier dans le passage du Nord-Ouest, devait fondre d’ici 2013 jusqu’à un tel minimum que la navigation pourrait y passer sans entrave. D’après des recherches sur Internet, rien qu’à l’été 2013, 20 navires, grands ou petits, n’ont pu poursuivre leur route que grâce à l’intervention de brise-glaces. Si l’on en croit certains médias, la glace aurait même augmenté de 60 % dans l’Arctique. J’observe depuis longtemps les cartes des glaces de l’Institut météorologique danois, qui me renseignent sur l’état actuel des glaces au moyen de zones de couleur. Pour l’instant, il semble que je pourrais tranquillement traverser à pied la glace de l’ouest du Groenland jusqu’à l’est du Canada sur le 66e parallèle nord, où nous nous trouvons actuellement. La mer entre l’est du Canada et l’ouest du Groenland est donc gelée, vue du nord, jusqu’au 66° Nord. Je constate aussi que la glace de la côte est du Groenland, depuis le point le plus au sud, le cap Farvel, jusqu’au Grand Nord, est marquée d’une bande d’un rouge profond, qui indique une glace épaisse et impénétrable. Si cette tendance se maintient, ce qui est tout à fait possible puisque février, l’un des mois les plus froids de l’hiver arctique, ne fait que commencer, le soleil devra vraiment mettre les bouchées doubles pendant les courts mois d’été de juin, juillet et août pour que cette ceinture de glace devienne praticable pour nous.

    Carte des glaces : état au 28.01.2014
    Pour info : Berliner Zeitung - Le retour glacial de l’Arctique

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : SE / 1-2 Bft
    • Météo : nuit noire / 1,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 4,0 °C

    Un nouveau reportage intitulé « L’or rouge de l’Atlantique Nord » est terminé. Paul s’engage sur un bateau étranger pour partir, avec un équipage de deux personnes et le capitaine, sur les traces de l’or rouge. Laissez-vous emporter par ce reportage passionnant et ses photos fascinantes. Sur mon site, dans la rubrique Vente, sous le titre « Les reportages de Paul », vous trouverez plus d’informations sur la manière d’obtenir un tel fichier.

    Chalutier
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : Calme plat
    • Météo : Bruine / 3,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Aujourd’hui, j’ai de nouveau descendu des superstructures de notre bateau un engin auquel, malheureusement, je n’avais pu accorder aucune attention ces dernières semaines à cause du temps. J’ai pu en même temps tester la solidité de notre nouveau mât, avec la moto suspendue au bout de la bôme. Tout semble en ordre et résistera, je l’espère, aux contraintes encore à prévoir lors des prochains hivernages en pleine nature sauvage. Par ailleurs, je n’ai pas pu résister à l’envie de remonter en selle sur ma 300 cm³ et de foncer sur les chemins couverts de congères et de verglas.

    Harald Paul
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : Calme plat
    • Météo : ensoleillé / 4,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Vent calme : un mot qui n’existe plus du tout dans mon vocabulaire depuis des semaines. Le soleil, lui aussi, s’est montré de nouveau tout en haut des sommets pour la première fois depuis des mois. Un signe que les choses s’améliorent lentement. Mais la joie ne doit pas durer longtemps. Les prévisions annoncent de nouveau les prochains vents en force d’ouragan. Il va falloir remonter le col encore une fois.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 7-8 Bft
    • Météo : Chutes de neige / 1,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Les vents violents des dernières semaines ne cessent pas. Des tempêtes de neige sifflent sur l’île et rendent de nombreuses routes impraticables avec des congères de plusieurs mètres de haut. Ces conditions font paraître encore plus sombres les quelques heures de clarté déjà rares. Dans ces conditions difficiles, Silvia doit tenir bon dans les tâches quotidiennes.

    Harald Paul
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 7-9 Bft
    • Météo : Chutes de neige / -2,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Une forte tempête chasse la vieille année. Depuis vendredi dernier, une puissante dépression tempétueuse tient l’Islande en échec. De nombreuses routes étaient impraticables à cause des congères ; même les vols intérieurs vers Isafjördur ont été suspendus pendant une semaine. Des coupures de courant et des véhicules bloqués dans les congères ont aggravé la situation. Chasse-neige et grosses chargeuses étaient sans cesse à l’œuvre pour venir à bout des masses de neige. La Gypsy Life a résisté à tous les incidents et à toutes les contraintes, grâce à son autonomie et à sa construction robuste. En cette fin d’année extraordinaire, nous tenons à remercier toutes les mains secourables ainsi que nos sponsors : le chantier naval Smelne, l’assurance maritime Kuiper, Ortlieb (équipement étanche), Katadyn (filtration de l’eau), Heidenau, les pneus Enduro Cross, Ballistol (huile de conservation biodégradable), DSB Deutsche Schlauchboot Fabrik, Leder Singer International, Baukranverleih Roth, le chocolat Rittersport et Salmeri Werbedesign. Nous souhaitons à tous une bonne et heureuse nouvelle année 2014.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 4-5 Bft
    • Météo : Chutes de neige / -1,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Les vents d’Islande nous accordent un court répit, qui nous permet de revenir sur une année 2013 riche en événements. C’est avec une belle fête d’adieu, une chorale de marins et de nombreux visiteurs que nous sommes partis du Danube en mai. Une maladie de ma part a retardé d’un mois notre entrée en mer, si bien que nous sommes arrivés un peu tard dans la saison sur la côte est du Groenland. Divers problèmes techniques et les tempêtes d’automne sur la mer du Groenland, plus précoces que d’habitude pour la saison, nous ont contraints à revenir vers les îles de l’Atlantique Nord. Ici aussi, le vent du nord nous a fait comprendre qu’il pouvait être tout à fait sérieux et a démontré sa force par un démâtage. Les reportages vécus, nouvellement lancés sous forme de fichiers pour cette expédition « Danube – Alaska », ont suscité chez les lecteurs une envie de poser des questions qui nous fait plaisir. Les sujets les plus variés, sur la vie aventureuse sur l’eau associée aux activités à terre sur l’enduro sportive, éveillent l’intérêt. Il s’est ainsi formé une petite communauté qui ne cesse de grandir. Nous nous réjouissons énormément de reprendre la route avec vous l’année prochaine, vous remercions de votre fidélité et vous souhaitons un joyeux Noël et un bon passage à la nouvelle année 2014.

    Silvia et Harald Paul

    Silvia Paul
    Silvia Paul
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : variable / 2-3 Bft
    • Météo : nuageux / -12,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 1,3 °C

    Comme je le décris dans mon reportage vécu actuel « Vent – Tempête – Ouragan – Démâtage », nous avons subi un démâtage. En unissant nos forces et avec l’aide de personnes de la ville d’Isafjördur, nous avons trouvé un arbre qui convient comme nouveau mât pour notre bateau. L’épicéa de Sitka (Picea sitchensis), très facile à travailler, est employé dans la construction de structures porteuses et convient parfaitement à la fabrication de mâts de bateaux. Cet arbre a 60 ans et mesure 18 cm de diamètre au pied et 9 cm à la cime, pour une longueur de 7,60 m. Nous l’avons mâté, là encore avec l’aide de gens du village et d’une petite grue du port de pêche.

    Harald Paul
    Harald Paul
    Harald Paul
    Silvia Paul
  1. Vent – Tempête – Ouragan – Démâtage
    C’est sous ce titre qu’est disponible un nouveau reportage qui présente en introduction l’idée de base de la construction de la Gypsy Life (Smelne Vlet 1100 OK, OR) ainsi qu’une partie des critères qui comptent pour une vie permanente de plus de 10 ans à bord de ce bateau. Ce reportage se concentre sur l’échec de notre tentative de débarquement de cette année sur la côte est du Groenland, ainsi que sur la traversée de la mer du Groenland par gros temps. Le point culminant retrace la première partie de l’hivernage en Islande qui, avec ses vents d’une force d’ouragan, que ce soit au mouillage dans les fjords inhabités ou dans le port d’Isafjördur, est assurément une expérience indescriptible et nous a même montré toute sa dureté par un démâtage. Les rares moments sans vent sont illustrés par des gros plans exceptionnels d’animaux. Sur mon site, dans la rubrique Vente, sous le titre « Les reportages de Paul », vous trouverez plus d’informations sur la manière d’obtenir ce fichier ainsi que le premier, intitulé « Au-dessus des nuages ». Je vous souhaite d’ores et déjà une lecture passionnante et beaucoup de plaisir à regarder les photos.

    Gypsy Life
    Gypsy Life
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : calme plat
    • Météo : couvert / 3,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 4,0 °C

    Aujourd’hui, « Enduro-Paul » a profité de l’absence de vent pour une petite excursion. Avec les variations de temps, les pistes de gravier sont recouvertes de plusieurs centimètres de glace. La montée vers l’installation d’antennes, qui dessert cette région depuis le sommet d’une montagne, s’est donc révélée difficile. Par endroits, le chemin est balisé de piquets en plastique jaunes et tout lisses. On peut y voir à quel point les vents de ces derniers temps ont dû être forts pour que la glace parvienne à s’accrocher ainsi sur leurs flancs malgré leur surface lisse.

    Neige
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 3-4 Bft
    • Météo : Nuit / -1,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,8 °C

    Pour les périodes d’automne et d’hiver de cette expédition « Danube – Alaska », je publierai des reportages vécus sous forme de fichiers PDF. L’idée est que vous, lecteurs du site, ayez la possibilité de recevoir rapidement des informations sur les expériences les plus diverses vécues sur place, ainsi que des photos exclusives encore inédites. Les reportages vous informent aussi bien sur les expéditions terrestres que sur les expéditions en mer. Sur mon site, dans la rubrique Vente, sous le titre « Les reportages de Paul », vous trouverez plus d’informations sur la manière d’obtenir un tel fichier. Le premier reportage s’intitule « Au-dessus des nuages ». Ce fichier traite de l’idée, de la préparation et du défi unique que représente l’exploration de l’arrière-pays sauvage à moto, à partir d’un petit bateau. Laissez-vous emporter par le récit et les photos uniques.

    Islande
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : N / 4-5 Bft
    • Météo : nuageux / 2,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,4 °C

    Avarie dans le port :
    Le chalutier Frosti PH 229, longueur 39,30 m, largeur 9,40 m, jauge brute 624,4 t, voulait reprendre la mer ce matin. Dès le largage des amarres, j’ai vu que le chalutier avait du mal avec le vent qui poussait vers le quai. Plusieurs manœuvres ont été nécessaires avant qu’il ne s’écarte du quai. Au moment même où je pensais que le chalutier allait pouvoir prendre de la vitesse, il a dérivé lentement en arrière et, en raison de la direction du vent, vers notre proue. J’ai aussitôt compris la situation et enfilé ma combinaison en un éclair. Silvia a démarré le moteur principal de notre bateau. Armé d’un couteau, je suis passé par-dessus bord pour mieux évaluer la situation. Le couteau allait servir, car, après la tempête de neige de la nuit et les températures glaciales, aucune des amarres qui retiennent notre bateau au ponton ne pouvait plus être larguée rapidement. J’ai encore vite débranché le câble électrique et attendu le bon moment. Lentement, Frosti se dirige vers nous et vers un petit bateau de pêche encore amarré au quai. La situation devient menaçante pour les deux. Notre Smelne est certes solidement construite, mais elle ne pourrait certainement pas encaisser sans dommage le poids du chalutier. Je vois que le vent pousse le navire vers le bateau de pêche amarré au quai. Cherchant désespérément de l’aide, l’équipage tente d’éviter le pire. Tous courent rapidement, armés de pare-battages, vers la hanche tribord du chalutier. Rien ne peut plus l’arrêter. Le chalutier percute de tout son poids le bateau de pêche en bois. Vient alors pour nous le moment critique : de quel côté le vent va-t-il pousser le chalutier ? Le couteau à la main, j’attends de voir ce qui va se passer. L’équipage du Frosti réagit avec métier et amarre la proue au quai avec un gros cordage, de sorte que le vent ne peut plus pousser le chalutier vers nous. Le danger pour la Gypsy Life est ainsi écarté. D’après les premières déclarations des capitaines, un corps étranger avait bloqué l’hélice. On fait aussitôt appel à un plongeur pour évaluer la situation sous l’eau. Résultat : l’un des lourds pneus de camion accrochés au quai pour protéger les bateaux amarrés s’était détaché et enroulé autour de l’hélice. Une fois le pneu retiré, Frosti a été remorqué en eaux libres par un remorqueur. Il y a quelques jours à peine, nous étions amarrés avec notre Gypsy Life exactement à l’endroit où le bateau de pêche en bois a été heurté aujourd’hui. J’ai rebranché le câble électrique et je suis allé prendre mon petit-déjeuner.

    Frosti
    Frosti
    Frosti
    Frosti
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : N / 11-12 Bft, ouragan
    • Météo : Tempête de neige / 3,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 6,0 °C

    Visite du pays :
    À l’occasion du nouveau jumelage entre Kaufering et Isafjördur, une délégation de Kaufering s’est rendue sur place ce week-end, avec de nombreuses visites guidées des sites historiques. Le maire Erich Püttner a tenu, malgré la tempête de neige qui soufflait avec la force d’un ouragan, à rendre visite aux aventuriers de la Gypsy Life, originaires de la région voisine. Pour Erich Püttner, ce fut l’occasion de vivre de près, pendant un court moment, la vie hors du commun à bord d’un bateau pendant un tel ouragan. Pour Erich Püttner, ce fut une expérience bouleversante.

    Puettner
    Tempête
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : N-NE / 5-7 Bft
    • Météo : Nuit / 2,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Les vents violents d’Islande ont montré que mon gréement avait certes merveilleusement tout supporté, même lorsque nous avons dû essuyer des vents de force ouragan à l’un de nos mouillages, mais que mes étais et haubans (les câbles qui maintiennent le mât) s’étaient trop allongés. Il aurait fallu un entretien constant des câbles. C’est pourquoi je me suis procuré à Isafjördur un cordage spécial, censé avoir des propriétés encore meilleures que le câble d’acier. Ces derniers jours, Silvia et moi avons remplacé ensemble, par tous les temps, les cordages des deux mâts.

    Le mât de Paul
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NW / 6-7 Bft
    • Météo : Neige fondue / 1,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,8 °C

    L’équipage de la Gypsy Life revient sur une semaine chargée. L’an dernier, pendant les mois d’hiver, nous avions installé le poêle à bois et réalisé un raccordement au moteur principal et à la production d’eau chaude via le circuit de refroidissement. Ces derniers jours, nous avons agrandi l’installation en posant plusieurs mètres de tuyau de liquide de refroidissement dans les trois pièces de l’avant du bateau. Dans chacune de ces pièces, le circuit de refroidissement a été interrompu par la mise en place de quelques serpentins en tube de cuivre, formés à la manière d’une spirale chauffante. L’eau chaude, produite soit par le moteur principal, soit par le poêle, chauffe désormais aussi ces pièces.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 0 Bft
    • Météo : ensoleillé / 13,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Profitant d’un temps exceptionnellement beau et d’une mer calme, nous avons longé les côtes à la recherche de bois flotté. C’est l’une des rares possibilités d’obtenir du bois de chauffage sec et utilisable pour le poêle du bateau. Il existe bien quelques minuscules bosquets dans les environs, mais ils ne conviennent pas et il serait dommage de les utiliser.

    Silvia
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : SW / 11 Bft
    • Météo : Nuit / 6,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Ces derniers jours, mes voisins de ponton et moi avons été occupés à doubler les amarres des bateaux. Un vent soutenu, qui atteignait presque la force d’un ouragan en rafales, rendait cette mesure nécessaire. Pour autant que j’aie pu le constater, aucun dégât notable n’a été causé.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : NE / 7-9 Bft
    • Météo : Chutes de neige / 1,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Pour ne pas succomber tout à fait au confort de la civilisation, nous avons quitté Isafjördur il y a quelques jours pour gagner les fjords de l’Ouest du nord. Nous voulions prendre en photo le renard polaire (Alopex lagopus) dans le Veidileysufjördur. De fortes tempêtes de neige ont tellement réduit la visibilité que nous n’avons pas réussi à photographier les compères que nous avions repérés.

    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : N / 1 Bft
    • Météo : ensoleillé / 8,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    J’ai annoncé dès le début que l’expédition « Danube – Alaska » se déroulerait non seulement sur l’eau, mais aussi sur terre. Mais si nous pouvons voyager ainsi, nous le devons à notre ami Halldor Sveinbjörnsson. Il nous a prêté sa moto de plus de 300 kg, avec laquelle nous sommes allés d’Isafjördur à l’Alftafjördur, au Seydisfjördur, au Hestfjördur et au Skötufjördur. Pour nous, voir les fjords pour une fois depuis la terre, sous un soleil radieux, a été une expérience particulière.

    Route islandaise
    • Position : 66° 04,224´ N 023° 07,490´ W
    • Vent : N / 1 Bft
    • Météo : partiellement nuageux / 9,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    La situation météorologique générale s’est largement calmée. J’ai aussi à peu près terminé tous les travaux sur le bateau, comme la réparation des dégâts de peinture causés par les nombreux contacts avec la glace du Groenland. J’ai maintenant le temps d’explorer avec ma moto d’enduro l’un des nombreux sommets autour d’Isafjördur. J’ai dû franchir des montées raides de sable et d’éboulis instables pour progresser mètre après mètre vers le haut. Plus tard sont venus s’y ajouter des champs de neige, que je pouvais encore contourner en partie, mais à un moment donné, plus rien n’était possible. La neige était si haute qu’il aurait mieux valu être à skis.

    Moto dans la neige
    • Position : 67° 04,224´ N 023° 07,487´ W
    • Vent : N / 9 - 11 Bft
    • Météo : nuageux / 4,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Toute la journée, nous avons vidangé et nettoyé le réservoir et les différentes conduites, rempli de nouveau le réservoir et purgé les conduites. Une petite erreur de ma part était à l’origine des pannes moteur à répétition en mer du Groenland. J’avais laissé les réservoirs vides pendant les quatre mois où nous étions sur le Danube, pour ne pas avoir de poids inutile lors du grutage au printemps. Contre toute attente, en si peu de temps, la condensation a provoqué dans le réservoir principal la formation d’une grande quantité de rouille, qui s’est déposée sur les bords extrêmes bâbord et tribord du fond du réservoir. Les violents mouvements de roulis dans la mer forte l’ont détachée, et elle a si bien bouché les deux conduites d’aspiration que les filtres n’ont même pas pu faire leur travail. Maintenant, tout est de nouveau en parfait état, les réservoirs sont remplis de gazole à ras bord : nous pouvons passer l’hiver ici, en Islande.

    • Position : 67° 46,835´ N 032° 16,481´ W
    • Vent : N / 6-7 Bft
    • Météo : ensoleillé / 4,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Les vents violents et les vagues hautes et raides qui les accompagnaient ne cessaient pas. Notre tentative de trouver ici, près de l’île d’Aputitêq, un mouillage à peu près abrité, au moins pour les heures de la nuit, a échoué. Les pannes continuelles du moteur principal inquiétaient Silvia au plus haut point. Les vagues venaient de toutes les directions, si bien qu’aucune voile de stabilisation ne pouvait nous soutenir et que notre bateau était exposé à des mouvements de roulis meurtriers de plus de 35°. Le brouillard qui se levait, la dégradation de l’état des glaces et la nuit qui approchait nous ont contraints à fuir vers la pleine mer. Un coup d’œil aux cartes marines nous a révélé que le trajet le long de la côte jusqu’à un mouillage vraiment abrité n’était guère plus court que le retour en Islande. Nous avons décidé de retourner en Islande. Au fil du temps, le vent a tourné au nord-ouest en forte tempête et nous a ramenés le samedi 31.08 à notre point de départ d’il y a 6 jours.

    Retour de la Gypsy
    • Position : 68° 05,942´ N 030° 30,956´ W
    • Vent : NW / 8-9 Bft
    • Météo : Brouillard / -1,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Malgré les conditions difficiles de météo et de glace, nous avons essayé de trouver un mouillage abrité pour découvrir la cause des pannes moteur à répétition. J’ai compris que ce n’étaient pas des filtres à gazole bouchés qui arrêtaient le moteur. Le problème venait plutôt des conduites menant aux filtres. Malheureusement, les démonter et les nettoyer à plusieurs reprises n’a donné aucun résultat durable. Encore et encore, le moteur s’arrêtait de manière inattendue. Avec le vent qui forcissait, la glace des glaciers se déplaçait sans cesse, si bien que nous devions assurer à tour de rôle le quart des glaces au mouillage. C’est en changeant une fois de plus de mouillage que c’est arrivé. Dans la nuit noire, je n’ai pas vu un floe complètement noir, que nous avons violemment percuté. Silvia et moi étions tous deux debout devant le poste de barre, si bien que le choc violent ne nous a pas blessés par une chute inattendue. Une première inspection de la coque n’a révélé aucun dommage, grâce à la construction robuste de notre Smelne Vlet.

    Iceberg noir
    • Position : 68° 31,580´ N 028° 18,715´ W
    • Vent : W / 6-6 Bft
    • Météo : Brouillard / -0,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 2,0 °C

    Arrivée au Groenland. D’énormes icebergs aperçus pendant toute la traversée. Un danger qui prend une tournure dramatique, surtout la nuit. Nous avons tous les deux assuré le quart sans interruption pour ne pas faire naufrage. À cela se sont ajoutées des pannes moteur inattendues. Nous avons dérivé pendant plusieurs heures en pleine mer, sans pouvoir manœuvrer. Une dégradation supplémentaire du temps a rendu les conditions de plus en plus difficiles.

    • Position : 66° 21,618´ N 022° 47,473´ W
    • Vent : SW / 1 Bft
    • Météo : Nuageux / 9,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Après une courte escale dans le port d’Isafjördur, d’où nous nous sommes ravitaillés en produits frais dans le village voisin, nous voulons maintenant partir pour le Groenland. Peu avant de rejoindre le mouillage d’où nous voulons partir, un voilier est entré au port. Son skipper avait récemment tenté d’atteindre le Groenland. D’après ses dires, ce navigateur hauturier a fait demi-tour peu avant le but, parce qu’il avait des problèmes de filtres à gazole encrassés. La femme du skipper a en outre raconté que des vents extrêmement violents avec des vagues pouvant atteindre 20 mètres avaient été annoncés. Eh bien, le problème des filtres à gazole est bien connu dans la navigation maritime ; c’est pourquoi j’ai fait des réserves en conséquence et j’ai installé depuis des années, en amont du système de filtration, un préfiltre que l’on peut nettoyer à la main en cours de route. Que les vagues puissent être deux fois plus hautes que mon bateau, mât compris, m’est inconnu, et je ne l’ai jamais vécu en plus de 15 années de navigation dans le Grand Nord. Pour finir, nous tenons encore à remercier les Islandais pour leur hospitalité et leur aide exceptionnelles.

    • Position : 66° 21,771´ N 021° 59,828´ W
    • Vent : NW / 2-3 Bft
    • Météo : Partiellement nuageux / 8,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Ici, dans la zone maritime de « Horngrunn », au nord de l’Islande, nous sommes tombés sur la banquise du Groenland. Les icebergs et leurs fragments s’accumulent principalement le long des fronts de courant qui se forment ici, au large de la côte, sous l’effet de la marée et du « courant d’Irminger ».

    Iceberg
    • Position : 66° 08,085´ N 018° 46,256´ W
    • Vent : NW / 5-6 Bft
    • Météo : Brouillard / 6,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,0 °C

    Si le sujet de la météo et de ses prévisions m’occupe depuis des décennies, c’est d’une part en raison de mon ancienne activité dans l’agriculture et la sylviculture, et d’autre part en raison de nos expéditions, y compris de notre vie permanente à bord, en harmonie avec la nature. Si autrefois l’annonce de la pluie comptait pour les semailles et les plantations, et en hiver celle des chutes de neige pour assurer la sécurité des voies de circulation, aujourd’hui ce sont la direction et la force du vent, avec la direction et la hauteur des vagues qui en découlent, qui comptent, et elles sont même parfois vitales. Je suis pourtant très étonné des contradictions entre les prévisions et la situation météorologique réelle sur place. Précisément pendant cette expédition « Danube – Alaska », je suis très souvent en contact avec différents instituts météorologiques grâce à mon ordinateur et je peux comparer en mer, au bout de quelques heures seulement, les valeurs annoncées, comme la direction et la force du vent en lien avec les caractéristiques des vagues. Les plus grands écarts concernent la direction du vent et la force annoncée. Pour la petite navigation, comme celle de la pêche côtière, cela entraîne des conséquences non négligeables. Au sujet du réchauffement climatique, les Islandais m’ont fait part des observations suivantes, justement pour cette année. Début juin, il a neigé jusque dans les vallées dans le nord du pays. La période des vents forts aurait avancé de plusieurs semaines. Si vous prêtez un peu d’attention à mes relevés météo dans le journal de bord, vous constaterez que l’on est bien loin de l’affirmation d’un réchauffement général.

    Montagnes
    • Position : 66° 02,314´ N 014° 48,419´ W
    • Vent : N / 1 Bft
    • Météo : Pluie / 15,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,0 °C

    Höfn et son vieux quai, que nous connaissons de nos précédents voyages en Islande, nous protègent une nouvelle fois pour une nuit de la houle de l’Atlantique Nord. Des dauphins, des petits rorquals et des bancs de maquereaux ont croisé notre route à plusieurs reprises.

    Gypsy Life
    • Position : 64° 54,117 N 013° 53,113 W
    • Vent : SW / 3 Bft
    • Météo : nuageux / 9,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Un vent de SW constant de force 3-4 Bft nous a poussés en 44 heures sur les 256 M (474,11 km) jusqu’en Islande. En raison des vents forts des jours précédents, nous avions une houle de fond d’environ 2-3 mètres, à laquelle s’ajoutait la hauteur des vagues correspondant à la force du vent. Les voiles ont fait leurs preuves et le pilote automatique nous a permis de naviguer détendus.

    • Position : 61° 31,261 N 006° 46,552 W
    • Vent : E / 1-2 Bft
    • Météo : Bruine / brouillard / 11,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,0 °C

    J’ai mis à profit la phase de nouvelle lune et le mauvais temps qui l’accompagnait pour améliorer un peu notre bateau en y installant un pilote automatique. Nous avons parcouru plus de 50 000 M sans cette aide à la barre, mais l’âge commence à entamer notre condition physique, à nous aussi. Lors des longues étapes en mer, il fallait toujours tenir la barre à tour de rôle, même par mer forte. Désormais, il est possible de changer de position et donc de voyager de façon plus détendue. Les voiles, elles aussi, contribuent à préserver notre condition physique. Les fortes gîtes dans la mer dure de l’Atlantique Nord sont devenues plus supportables. Dans l’ensemble, une acquisition positive pour les contraintes de la mer qui nous attendent encore dans les années à venir.

    Pilote automatique
    • Position : 61° 31,885 N 006° 46,656 W
    • Vent : SE / 4 Bft
    • Météo : Brouillard / 12,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,8 °C

    Encore une étape en mer derrière nous. Les îles Féroé, ce groupe de rochers qui jaillit à pic de l’Atlantique Nord, ont été atteintes depuis les Shetland en 33 heures de route. Ici, nous allons embarquer des provisions et du gazole pour pouvoir poursuivre notre route vers le Groenland via l’Islande. Selon certaines rumeurs, la côte est du Groenland serait actuellement bloquée par une banquise épaisse en raison du dernier hiver, qui a été long. Il faudra tirer cela au clair avant de poursuivre la route.

    • Position : 60° 27,610 N 001° 12,254 W
    • Vent : SE / 3-4 Bft
    • Météo : couvert / 11,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 12,0 °C

    Après la traversée réussie vers les Shetland, j’ai opté aujourd’hui pour une sortie sportive avec la moto d’enduro. Avec ses fossés profonds, ses innombrables terriers de lapins et ses trous de tourbière, le terrain était très exigeant. Au cours de la journée, le soleil s’est même mis de la partie, si bien que l’après-midi, avec son ambiance écossaise et l’odeur des innombrables moutons, s’est très bien terminé.

    Paul à moto
    • Position : 60° 23,337 N 000° 00,400 W
    • Vent : SE / 1-2 Bft
    • Météo : Brouillard / 11,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 14,0 °C

    En franchissant le méridien d’origine sur le trajet Norvège/Shetland, ce n’est pas seulement la désignation des méridiens qui est passée d’East à West, mais aussi les conditions météorologiques. Il fait en général plus frais et plus brumeux.

    Affichage
    • Position : 60° 09,028 N 005° 10,552 E
    • Vent : NW / 3 Bft
    • Météo : Bruine / 13,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 15,0 °C

    Depuis des jours, une fine bruine accompagnée de brume et de brouillard nous tient fermement sous son emprise. C’est maintenant que l’installation de notre poêle fait ses preuves : il réchauffe l’intérieur du bateau et sèche les combinaisons mouillées. La Gypsy Life a atteint le point de départ de sa traversée vers les Shetland. Le cap à suivre est à l’ouest, direction d’où vient malheureusement aussi le vent en ce moment. La partie de bras de fer commence, avec un changement rapide de la direction du vent et le changement de lune imminent (pleine lune) le lundi 22.07.

    Feu
    • Position : 58° 05,640 N 006° 35,560 E
    • Vent : NW / 7-8 Bft
    • Météo : ensoleillé / 14,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 16,0 °C

    Les vents tempétueux de ces derniers jours nous ont une fois de plus confortés dans l’idée que les phases de la lune influencent la météo. Dans ces conditions, nous ne naviguons vers le nord que par petites étapes le long de la côte. Pour mieux comprendre les entrées du journal de bord, je voudrais expliquer quelques points. L’abréviation (UTC), Universal Time Coordinated, qui suit l’heure que j’indique, désigne l’heure rapportée au méridien d’origine, qui passe par Greenwich, en Angleterre. L’heure locale doit être convertie selon les fuseaux horaires correspondants. La position indiquée en degrés de latitude et de longitude est en outre représentée sur ma carte de l’expédition. Les données météo proviennent des instruments de mesure dont je dispose à bord. La température de l’eau est toujours mesurée à un mètre de profondeur. Pour le moment, nous ne sommes joignables par courriel que de façon limitée ; on comprendra que nous ne puissions répondre que lorsque le réseau le permet. Je vous prie d’ores et déjà de m’excuser pour les réponses tardives.

    • Position : 58° 25,620 N 008° 49,280 E
    • Vent : SW / 6-7 Bft
    • Météo : ensoleillé / 21,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 15,0 °C

    Les bonnes conditions météo dont nous avons d’abord profité le long de la côte depuis le port de Grenaa (Danemark) nous ont incités à traverser aussitôt le Skagerrak vers la Norvège. Mais la vitesse du vent, et avec elle l’état de la mer, ont nettement augmenté dans la nuit du 04 au 5 juillet. La Gypsy Life, avec tout son équipement, y compris la moto d’enduro sur le toit, a ainsi été mise à l’épreuve pour les conditions qui l’attendent dans l’Atlantique Nord. Le chargement est intact et est resté en place.

    • Position : 56° 22,300 N 010° 57,509 E
    • Vent : SE / 5-6 Bft
    • Météo : couvert / 15,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 16,0 °C

    Le vent frais de sud-est pousse bien notre lourd cotre, jusqu’à 7 nd (12,96 km/h). Nous voulons atteindre la côte norvégienne avant le changement de lune (nouvelle lune) du 8 juillet. Nos observations de la nature au cours des dernières années nous ont montré que la plupart des changements de temps se produisent autour du changement de lune. Nous évitons alors les longues étapes en mer épuisantes.

    • Position : 53° 55,000 N 010° 51,709 E
    • Vent : SW / 2 Bft
    • Météo : couvert / 11,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 16,0 °C

    C’est enfin le départ :
    Ma vue de l’œil gauche est certes encore un peu trouble, mais la bonne cicatrisation qui se poursuit m’encourage à commencer maintenant la grande aventure. Je tiens à exprimer mes remerciements tout particuliers à l’hôpital universitaire de Lübeck pour la qualité et l’attention de ses soins. C’est grâce à lui que je suis de nouveau opérationnel aussi vite.

    Sous voiles
    • Position : 53° 54,710 N 010° 42,253 E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 19,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 18,0 °C

    Ce n’est que partie remise.
    Le soin tout particulier apporté ces derniers mois au bateau, à la moto d’enduro et à l’équipement a été documenté à plusieurs reprises. Pour l’instant, je dois toutefois accorder une attention particulière à ma santé. Une opération de l’œil gauche m’oblige malheureusement à repousser le jour tant attendu où nous prendrons la mer avec la Gypsy Life. Je vous remercie de votre compréhension pendant ma convalescence et vous prie de m’excuser pour l’absence de nouvelles dans le journal de bord pendant cette période.

    • Position : 53° 27,161 N 010° 37,419 E
    • Vent : N / 1 Bft
    • Météo : nuageux / 14,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 18,0 °C

    À l’écluse historique de Hotopp, à Witzeeze, sur le canal Elbe-Lübeck, on n’est pas seulement éclusé vers l’aval ou vers l’amont : on peut aussi y acheter différentes spécialités de la région, comme du miel pur d’apiculteur, de la confiture maison et des œufs frais de la ferme. Une attention qui n’existera sans doute bientôt plus, car la centralisation croissante des écluses sur nos voies navigables intérieures supprime tous les éclusiers sur place. À l’avenir, un seul éclusier devra commander jusqu’à huit écluses regroupées, par ordinateur et par caméras. Le contact personnel est ainsi voué à disparaître.

    Écluse
    • Position : 49° 46,707 N 009° 26,446 E
    • Vent : W 2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 23,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 14,2 °C

    Grâce au beau temps persistant, nous avons rapidement progressé. Dans environ deux jours de navigation, nous atteindrons le Rhin et, de là, nous mettrons le cap, par le réseau de canaux, sur la ville d’Uelzen, sur le canal latéral de l’Elbe. Le Yacht Club Uelzen ev, Riedweg 7, 29525 Uelzen, y organisera notre départ le 18 mai à partir de 16 h. Autre rendez-vous pour nous dire au revoir et visiter notre navire d’expédition « Gypsy Life » : les 24, 25 et 26.05 à Neustadt, sur la mer Baltique, au boot show de la Marina Ancora. Nous nous réjouissons de votre visite.

    Silvia et Harald Paul

    Pneumatique
    • Position : Port de Kapfelberg
    • Vent : calme plat
    • Météo : partiellement nuageux / 10,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 13,8 °C

    C’est avec un très chaleureux merci au Shantychor MK Kelheim et à tous les visiteurs venus hier à la fête d’adieu au port de plaisance de Donautal que nous sommes partis ce matin de bonne heure pour notre grande aventure « Danube – Alaska ». Au début de ce voyage, nous tenons à remercier toutes les mains secourables ainsi que les sponsors, Ortlieb, Katadyn, Heidenau, Smelne, Kuiper, Ballistol, DSB, Leder Singer International, Baukranverleih Roth, Rittersport, Salmeri, qui ont contribué à rendre possible cette aventure hors du commun. Nous souhaitons à tous les visiteurs du site une lecture passionnante et intéressante de notre journal de bord.

    Silvia et Harald Paul

    Départ 1
    Départ
    Départ
    Départ 4
    Départ 5
    Départ 6

Carte de l’expédition