• Vent : SW / 7-8 Bft
    • Météo : Pluie / 20,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,0 °C

    Le nouveau reportage « En route » est terminé : j’y décris la suite du voyage de notre convoi, sans destination précise en vue. Nous décidons spontanément, en fonction de la situation qui restreint le moins notre liberté et qui nous laisse ainsi la maîtrise de notre propre santé. Dans ce reportage, j’ai expressément veillé à ne pas écrire une seule syllabe sur le « C », car de très nombreuses personnes m’ont dit qu’elles ne pouvaient plus en lire ni en entendre parler. Les nombreuses belles photos accompagnées de texte vous changeront à coup sûr les idées et vous emporteront peut-être dans un nouvel élan de joie. Je me permets en outre de signaler qu’avec cette entrée, le journal de bord « Chaleur plutôt que glace » est clos. J’avais de toute façon déjà cessé les entrées il y a quelques mois. Je voudrais maintenant décrire en quelques phrases notre tour de trois ans vers le sud, puisque vous avez l’habitude que je tire un bilan après une expédition ou un tel voyage. Une phrase me vient immédiatement à l’esprit : « Le soleil, il faut le payer. » Les lecteurs du site ne le comprendront pas tout à fait, car ils sont un peu moins bien informés que les abonnés aux reportages. Ce fut un merveilleux voyage que nous ne voudrions pas avoir manqué. Il ressemblait plutôt à des vacances, et pourtant il y a eu quelques hauts et bas que nous ne connaissions pas des voyages vers le nord. Dans le nord, jusqu’au centre de la France, il s’agissait plutôt de petites banalités liées à la mentalité des gens. Je me permets d’ailleurs d’ajouter que leur sérénité et leur insouciance m’ont beaucoup plu, comparées à la mentalité allemande bien connue. Mais plus nous avancions vers le sud, plus le comportement des habitants devenait rugueux. On essayait de faire justice soi-même et de vous mettre devant le fait accompli. Les autorités, elles aussi, cherchaient à appliquer la législation de manière très pointilleuse, alors qu’il n’y aurait eu aucune raison de le faire. Nous ne sommes pas les seuls à l’avoir remarqué : d’autres aussi, qui voulaient simplement vivre tranquillement, l’ont constaté. À cela s’ajoutait une conception très particulière des soins médicaux, que l’on devait souvent classer dans la rubrique « pas envie ». Ma femme et moi-même n’avons malheureusement eu que de très mauvaises expériences avec le système de santé. Pour un pays européen aussi aisé, il fallait parfois contacter un certain nombre de médecins ou d’hôpitaux pour être tout simplement soigné. Parcourir des centaines de kilomètres sur la route pour atteindre le médecin ou l’hôpital disposé à le faire. Que les prix soient plus élevés dans le sud que dans le nord de la France, on le savait déjà ; mais qu’il y ait des écarts aussi exorbitants, cela a laissé pantois même des Français pure souche. La situation s’est considérablement aggravée après le premier confinement en 2020. À partir de là, les contrôles et les amendes pour toutes les situations imaginables sont devenus insupportables. Si la situation dans son ensemble devait vraiment changer un jour, la France serait tout simplement un rêve, surtout pour les plaisanciers qui recherchent un peu plus de calme et qui ont du temps. Enfin, je me permets d’ajouter que, même pour un voyage en apparence aussi simple, le bateau devrait être adapté. Il n’est pas nécessaire de prendre de grandes mesures, mais on pourrait faire beaucoup, non seulement pour la sécurité, mais aussi pour limiter les dégâts sur le bateau. Comme vous le savez sûrement, grâce au service de réparation que j’ai exercé là-bas, je peux aussi fournir à distance des informations utiles par e-mail harald-paul@haraldpaul.com ou par téléphone au 0049151 / 15 84 33 37. N’hésitez pas à me contacter et à demander un devis. Je suis sûr que l’avantage sera de votre côté si vous pouvez vous épargner les frais de réparations et de dommages. Petite info pour tous les nouveaux lecteurs de notre site : « Les reportages de Paul » sont des informations approfondies, recherchées personnellement par moi sur place, sur différents thèmes que je décris avec beaucoup de photos et de texte. Ce reportage porte déjà le numéro 29 et est comparable à un chapitre de livre. Tous les reportages se complètent et forment une grande variété d’informations, avec un nombre exceptionnel de photos pour que l’on puisse s’y plonger plus facilement. Si cela vous intéresse, vous pouvez découvrir sous la rubrique Vente de ce site comment obtenir un tel reportage rapidement et simplement. Bonne lecture.

    • Vent : NE / 4-5 Bft
    • Météo : nuit noire / 2,4 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,0 °C

    Le nouveau reportage « Canal du Midi » est terminé : il décrit notre entrée dans ce canal mondialement célèbre du sud de la France. Beaucoup d’entre vous le connaissent sans doute pour y avoir passé des vacances en bateau. Mais en vacancier, pendant un court séjour, on voit bien des choses avec d’autres lunettes. Je raconte un séjour de plusieurs mois sur ce canal, avec tous ses hauts et ses bas, qui ne concernent pas seulement le niveau de l’eau. Pour les propriétaires de bateaux qui aimeraient y passer un hiver, c’est une information approfondie que l’on ne trouvera dans aucun guide de navigation. Somme toute, un nouveau chapitre de notre voyage « Chaleur plutôt que glace ». Petite information pour tous les nouveaux lecteurs de notre site : « Les reportages de Paul » sont des informations approfondies que j’ai recherchées personnellement sur place sur différents sujets et que je présente avec beaucoup de photos et de texte. Ce reportage porte déjà le numéro 28 et peut se comparer à un chapitre de livre. Tous les reportages se complètent et forment un ensemble varié d’informations, avec un nombre exceptionnel de photos, pour que l’on puisse plus facilement se mettre à notre place. Si cela vous intéresse, vous trouverez dans la rubrique Vente de ce site comment obtenir un tel reportage rapidement et simplement. Bonne lecture.

    • Position : 43° 16,859´ N 002° 55,017´ E
    • Vent : W / 3-4 Bft
    • Météo : nuit noire / 28,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 26,0 °C

    Fin du journal de bord « Chaleur plutôt que glace ». Malheureusement, compte tenu des circonstances, je dois suspendre le journal de bord pour une durée indéterminée. Notre voyage a été fortement limité par la pandémie de coronavirus, qui ne cesse de progresser, et par la nouvelle situation juridique qui en découle, si bien que nous ne pouvons pratiquement plus planifier nos temps de navigation. Un journal de bord suivi, avec le flux d’informations habituel, n’est donc plus garanti. Par ailleurs, depuis l’agrandissement de notre flotte avec le bateau de travail (WRB9), nous nous sommes engagés encore plus avant dans le domaine de la navigation professionnelle. Le quotidien ne se compose plus que des différents domaines de travail que j’ai énumérés dans l’entrée du 25.07.2020. Je prends donc congé, également au nom de ma femme Silvia, avec un très chaleureux merci pour votre fidélité à notre site pendant toutes ces années ; il restera par ailleurs en ligne. N’hésitez pas à m’envoyer un courriel à harald-paul@haraldpaul.com si vous avez des questions. Merci de votre compréhension.

    • Position : 43° 19,744´ N 003° 01,827´ E
    • Vent : W / 4-5 Bft
    • Météo : nuageux / 28,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 25,0 °C

    L’envers du Canal du Midi : comme partout dans le Sud, la pause estivale touche peu à peu à sa fin chez nous aussi. Nous avons tous les deux bien supporté la chaleur persistante, parfois supérieure à 40°. Pour moi, la sécheresse persistante des 4 derniers mois a eu un effet positif sur mon entraînement d’enduro. J’ai pu améliorer mon adresse et ma condition physique à tout moment et sans contrainte avec les deux motos. Une possibilité qui m’était le plus souvent refusée dans le Nord en raison des pluies persistantes, justement en été. Mais ce monde idyllique a aussi ses côtés sombres, qui ne touchent pas seulement nous, mais tous les bateaux amarrés ici en permanence. Le célèbre Canal du Midi attire de nombreux plaisanciers avec le slogan publicitaire « des vacances tranquilles en bateau » ; avec environ 300 bateaux sur quelque 240 km, ils peuvent profiter de leurs vacances même sans la moindre connaissance nautique. Que ce nombre élevé fasse circuler sur le canal plus d’un bateau par kilomètre de trop, les gens qui vivent ici sur leurs bateaux ne le comprennent que trop bien. Mais que tout cela se fasse sur leur dos, y compris les frais qui en découlent, suscite des critiques persistantes. Ce n’est pas seulement le manque de connaissances nautiques, mais aussi le comportement extrêmement égoïste des plaisanciers qui durcit de plus en plus les positions. Le plus gros problème vient de la vitesse bien trop élevée des capitaines amateurs. Il existe certes une limitation de vitesse de 8 km/h en navigation libre et de 3 km/h dans les ports ou le long des bateaux amarrés. Mais elle est rarement respectée, au détriment des berges naturelles et des résidents permanents. La berge est tellement affouillée par l’aspiration et le batillage que des mottes de terre entières avec leurs plantes, déjà fragilisées par la sécheresse persistante, s’effondrent dans le canal. Pour les bateaux amarrés au bord du canal, les dégâts sont causés par la forte aspiration. On déplore ici des bollards arrachés de la berge et des amarres rompues. À ces nuisances s’ajoute encore le mauvais comportement des amateurs. Ils percutent des bateaux qui n’ont rien à voir avec eux, puis tentent de disparaître sans être reconnus. Aucun égard pour le bruit : musique, cris et braillements, utilisation incontrôlée des gilets de sauvetage, du sifflet et de la corne de brume. Sans compter que les bateaux de location tiennent rarement leur cap et touchent donc souvent les berges, il faut encore y ajouter la non-assistance à personne en danger. Silvia a dû vivre elle-même ce dernier point en travaillant au bord de la berge. Elle est passée à travers la berge affouillée et la maigre végétation, est tombée dans le canal et est restée coincée, un pied sous l’eau, dans les racines. L’autre jambe s’est prise dans les ronces de la berge, si bien que Silvia n’avait guère de chance de se libérer elle-même. Plusieurs bateaux de location sont passés à cet endroit malgré les appels à l’aide de ma femme, sans se soucier de la situation, et ont filé. Malheureusement, ma femme était seule et a dû se sortir elle-même de cette situation, avec les blessures que l’on imagine. La non-assistance à personne en danger est l’un des délits les plus graves, et pas seulement dans la navigation. Voilà qui mérite réflexion, même en vacances.

    • Position : 43° 19,744´ N 003° 01,827´ E
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 33,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 25,0 °C

    Information : Après deux ans d’utilisation de mon atelier flottant (WRB9), j’aimerais vous informer des travaux qui peuvent être réalisés dans et avec cette barge. La construction très robuste du bateau de travail est conçue pour pousser, de sorte qu’avec mes bollards de poussée à la proue, je peux manœuvrer sans effort des bateaux en panne de tout tonnage, justement dans l’étroitesse du canal. Grâce au grand établi avec étau installé à l’intérieur, de très nombreuses réparations peuvent être effectuées, par exemple sur des pompes à eau ou à huile, ainsi que sur de petits moteurs et tous les appareils électriques, jusqu’à la taille d’une machine à laver. Une grue sur le WRB9 peut aussi sortir de l’eau des moteurs hors-bord assez gros, que je peux réparer ou dont je peux assurer l’entretien courant. Je dispose en outre d’un poste à souder capable de souder sans peine l’acier ordinaire et l’inox de 1 mm jusqu’à une épaisseur de 8 mm. Il y a de nombreux outils électroportatifs pour faciliter le travail du bois, du polyester, de l’aluminium ou de l’acier, dans la barge ou sur d’autres bateaux. Un nettoyeur haute pression peut également être utilisé pour le nettoyage complet d’un bateau, ou spécialement pour le nettoyage de la carène. Je tiens à souligner en particulier qu’avec ce nettoyeur haute pression et les accessoires appropriés, je peux nettoyer de l’intérieur des conduites comme des tuyaux rigides et des flexibles. C’est particulièrement intéressant pour les conduites d’évacuation et des eaux noires, qui se bouchent régulièrement. On s’épargne ainsi le travail extrêmement pénible de remplacer les conduites dans l’espace exigu d’un bateau, si tant est que ce soit possible. En lien avec le nettoyage, tous les travaux de peinture intérieurs et extérieurs peuvent être réalisés avec une grande précision. Le dérouillage de petites zones sur les bateaux en acier, avec aspiration simultanée des matériaux retirés, fait partie de mes spécialités. Dans toutes mes interventions, et particulièrement lors d’une réparation, je m’attache à rechercher la cause : pourquoi la réparation est devenue nécessaire et comment l’éviter à l’avenir. Cette habitude est née de l’improvisation lors de mes multiples traversées de l’Atlantique Nord et de mes années passées dans l’Arctique. Là-bas, surtout à bord de bateaux qui n’étaient pas les miens, il s’agissait le plus souvent, faute de matériel, de pouvoir continuer pour ne pas perdre le bateau. Cette activité de plus de 20 ans, dont quelques années de travail au chantier Smelne, ainsi que la vie permanente à bord de bateaux me donnent les connaissances de base pour préparer des bateaux à un grand voyage ou à une vie à bord permanente. Dans ce cadre, j’installe de nouveaux équipements (panneaux solaires, systèmes de traitement de l’eau, chauffages, etc.) afin de rendre la vie plus agréable et plus autonome. L’approvisionnement en pièces et en équipements est aussi un aspect important et, grâce à mes relations commerciales de longue date avec des fabricants allemands et néerlandais, il ne laisse rien à désirer. Il convient aussi de mentionner que je dispose d’un équipement de plongée complet. Je suis ainsi en mesure de nettoyer les carènes dans l’eau et aussi de changer des anodes vissées, sans devoir mettre le bateau en cale sèche. Une solution très économique, que je pratique moi-même depuis des années pour m’épargner les frais de grutage exorbitants et le temps passé à chercher une grue adaptée. On peut en outre inspecter la ligne d’arbre et l’hélice et, si nécessaire, les nettoyer. Pour finir, permettez-moi de rappeler mon nouvel ATV, moyen de transport rapide et maniable. Avec cet engin, je peux apporter non seulement mes propres outils et matériaux, mais aussi du bois de chauffage, du gazole, de l’eau, etc., jusqu’aux postes d’amarrage les plus reculés des propriétaires de bateaux. Dans l’ensemble, je m’efforce d’offrir un service complet qui ne laisse guère de souhaits insatisfaits. Si une question devait néanmoins sembler insoluble, vous pouvez compter sur mon talent d’improvisation et sur mes années d’expérience de chef d’expédition dans l’Arctique. Vous pouvez me contacter au 0049151 / 15 84 33 37 ou par courriel, harald-paul@haraldpaul.com. Merci beaucoup de votre confiance.

    • Position : 43° 18,272´ N 003° 05,417´ E
    • Vent : W / 4-5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 23,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 25,0 °C

    On se retrouve toujours deux fois dans la vie. J’ai moi-même participé à la construction de cette Smelne Vlet à cabine arrière de 2008, au chantier de Drachten, aux Pays-Bas. C’est pourquoi il m’a été facile de satisfaire les souhaits de son propriétaire anglais. Il s’agissait de remplacer les batteries et de les arrimer pour la mer. En raison de la nouvelle taille des batteries, il a fallu découper des entretoises en bois. Le nouvel ATV et le plan de travail fixé sur le porte-bagages avant ont ainsi aussitôt servi.

    • Position : 43° 18,271´ N 003° 05,417´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 38,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 25,0 °C

    Fossoyeur : quand je vois un sac en plastique flotter sur l’eau, je sais le plus souvent que quelque chose a été jeté là. De loin, j’ai déjà pu voir aux jumelles des mouches tourner au-dessus du sac, ce qui m’a donné la certitude que j’allais trouver un cadavre. Ce qui pousse quelqu’un à mettre un chien dans un sac en plastique pour ensuite le jeter dans le canal, ne me le demandez pas. Extérieurement, le chien (environ 6 – 8 ans) n’avait rien, si ce n’est quelques zones sans poils, déjà noircies, avec d’assez grosses excroissances sur les pattes arrière. J’ai sorti le chien de l’eau, car certains habitants permanents des bateaux de ce canal dépendent de cette eau, déjà fortement polluée. Certains l’utilisent même comme eau potable, par économie. J’ai ainsi rendu au chien les derniers honneurs et le respect dû à toute créature, en creusant malgré la forte chaleur une tombe convenable pour l’y enterrer.

    • Position : 43° 18,273´ N 003° 05,417´ E
    • Vent : W / 4-5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 34,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 26,0 °C

    L’ATV en service pour les animaux assoiffés. Bon visionnage.

    • Position : 43° 18,319´ N 003° 06,719´ E
    • Vent : E / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 38,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,0 °C

    Lors de mes virées avec mon enduro sportive, je trouve malheureusement sans cesse ce genre de dépôts. Personnellement, je ne le comprends pas du tout. Si l’on en croit les médias, le monde, ou plutôt la nature, serait haché, anéanti et détruit par toutes sortes de problèmes graves comme la fonte des glaces, la disparition des ours polaires, la montée des eaux, des insectes par milliards de tonnes. Mais n’est-ce pas plutôt qu’on veut beaucoup parler de ces reportages des médias, mais peu agir ? C’est exactement ce que l’on veut : beaucoup parler, gaspiller beaucoup d’argent, mais n’obtenir aucun résultat, pour que le sujet reste toujours intéressant pour les médias et tous leurs fidèles. Comment se fait-il que l’on n’intervienne pas face à des atteintes aussi flagrantes à la nature ? Est-ce peut-être que ce n’est pas assez porteur médiatiquement ? Ou croit-on toujours que la nature guérit elle-même de tels dépôts ? L’humanité devrait pourtant avoir compris peu à peu que nous vivons sur Terre, dans la nature, et que nous ne voulons pas forcément séjourner au milieu d’ordinateurs, de réfrigérateurs, de vieux matelas et d’autres ferrailles abandonnés. Au passage, aujourd’hui, je suis repassé par hasard au même endroit. Un deuxième chargement avait été déversé à côté. Je n’avais simplement pas mon appareil photo sur moi pour l’immortaliser. Mais le spectacle n’était pas plus réjouissant. Une information au sujet de mon enduro sportive achetée en Europe, que je voulais en fait revendre en Europe : je me suis heurté à l’obstacle suivant. On ne pourrait pas immatriculer le véhicule en France, car il n’a pas été acheté en France. Or KTM est un fabricant autrichien chez qui les Français achètent leur marchandise, autrement dit des motos, avec les mêmes documents que ceux que je possède pour le véhicule. Toutefois, moyennant un supplément d’environ 500 €, il serait tout à fait possible d’obtenir l’immatriculation française. C’est pourquoi Paul, du haut de ses presque 60 ans, continue à rouler avec son enduro sportive. Ne serait-ce que pour pouvoir rendre compte sur place de ces dépôts sauvages d’ordures et d’autres événements. Les planches neuves appuyées contre mon enduro sur la photo, je les ai emportées pour mon stock dans le WRB9, afin de ne pas devoir les acheter au prix fort en magasin. Autrement dit, j’ai ramassé l’argent dans la rue, en l’occurrence dans la nature, et j’ai ainsi un peu réduit les déchets.

    • Position : 43° 18,319´ N 003° 06,717´ E
    • Vent : W / 4-5 Bft
    • Météo : nuageux / 19,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 20,5 °C

    Le nouveau reportage « Marins d’eau douce » est terminé : il décrit la suite de notre voyage en Méditerranée, de la France à l’Espagne, avec toutes ses péripéties, qu’il s’agisse de manier le convoi remorqué en route ou de mouiller par mer agitée. La période que nous avons passée sur l’Orb, le fleuve qui se jette dans la Méditerranée, avec toutes ses rencontres chaleureuses et ses aventures, est elle aussi relatée en photos et en texte. Somme toute, un nouveau chapitre de notre voyage « Chaleur plutôt que glace ». Petite information pour tous les nouveaux lecteurs de notre site : « Les reportages de Paul » sont des informations approfondies que j’ai recherchées personnellement sur place sur différents sujets et que je présente avec beaucoup de photos et de texte. Ce reportage porte déjà le numéro 27 et peut se comparer à un chapitre de livre. Tous les reportages se complètent et forment un ensemble varié d’informations, avec un nombre exceptionnel de photos, pour que l’on puisse plus facilement se mettre à notre place. Si cela vous intéresse, vous trouverez dans la rubrique Vente de ce site comment obtenir un tel reportage rapidement et simplement. Bonne lecture.

    • Position : 43° 19,319´ N 003° 09,305´ E
    • Vent : NW / 4-5 Bft
    • Météo : nuageux / 16,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,0 °C

    Loterie : depuis quelques jours, nous sommes de nouveau en route avec notre convoi. Non pas plus loin en Méditerranée, mais de retour dans les canaux de France. La situation actuelle liée au coronavirus, ainsi que de très nombreux autres points que nous avons du mal à digérer dans la région méditerranéenne, nous y ont décidés après mûre réflexion. Malgré sa faible profondeur, nous sommes entrés dans le célèbre Canal du Midi. Ce canal et le canal de Garonne relient la Méditerranée à l’Atlantique Nord. Avec le tirant d’eau de la Gypsy Life, savoir jusqu’où nous pourrons passer relève pour nous de la loterie. Il existe de nombreuses indications sur la profondeur du canal. Ce qui est exact, c’est qu’il offre une profondeur garantie de 1,40 m. Pour tenir une telle garantie, le niveau d’eau réel doit être d’environ 1,60 m ou plus, afin de pouvoir compenser les variations. Nous verrons sûrement dans quelle mesure c’est appliqué en France. Il se peut donc à tout moment que nous ne puissions plus avancer et que nous devions faire demi-tour. Pourtant, jusqu’ici, chaque mètre parcouru est une aventure.

    • Position : 43° 15,581´ N 003° 18,376´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 14,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 13,0 °C

    La place du chef : l’« utility atv » est maintenant prêt à servir. J’ai mis à profit son énorme charge utile de 140 kg. Sur le porte-bagages arrière, j’ai installé deux paniers pour que la cuisinière du bord puisse charger plus facilement, rapidement et en toute sécurité, une foule de petites choses. Sur le porte-bagages avant, j’ai monté un plan de travail. Il doit servir de petit établi lors de travaux sur des bateaux que j’atteins par voie terrestre. Un étau rapide à monter complète les possibilités d’utilisation. Car 85 % des bateaux conçus pour de longs voyages n’ont pas d’atelier, ce qui devrait pourtant être la priorité absolue. Mais malheureusement, on n’investit que dans les couchettes et d’autres éléments de confort. Ainsi, dans les canaux étroits, où la navigation est le plus souvent difficile, je ne dépends plus autant du WRB9 pour les petites réparations. Au passage, tous les matériaux utilisés (y compris le tapis en caoutchouc du plan de travail) proviennent des dépôts sauvages d’ordures autour de nos bateaux. Je n’ai donc rien eu à acheter et j’ai pu réduire un peu les déchets.

    • Position : 43° 15,581´ N 003° 18,376´ E
    • Vent : W / 4-5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 31,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,0 °C

    Investir dans les mauvais moments et encaisser dans les bons. Fidèle à cette devise, notre entreprise s’est dotée d’un nouveau véhicule. Il s’agit d’un ATV (all terrain vehicle), un quad destiné à améliorer le travail et l’approvisionnement de nos navires, justement dans les périodes difficiles. Depuis ma fracture de la clavicule, nous avons constaté que Silvia ne pouvait assurer qu’à grand-peine, à vélo, le ravitaillement jusqu’à nos postes d’amarrage isolés, surtout après de fortes pluies. L’approvisionnement en gazole ou en essence pour les générateurs et le transport du bois de chauffage étaient eux aussi complètement à l’arrêt. De plus, nous sommes désormais mieux équipés pour nettoyer les dépôts sauvages d’ordures autour de nos postes d’amarrage. Ce tracteur à quatre roues motrices doit aussi pouvoir aider d’autres skippers à se procurer du matériel ou du carburant. Un treuil d’une force de traction de 1,3 t trouvera certainement son utilité ici et là. S’y ajoute un dispositif d’attelage qui permet de transporter des marchandises jusqu’à 600 kg. Mon allège (WRB9) a été conçue dans ce but dès sa construction. La rampe de chargement et la porte de la cabine sont assez larges pour que ce véhicule puisse être chargé depuis la rive non aménagée et entrer dans l’atelier. À mon grand regret, je dois me séparer de mon enduro sportive, qui m’a offert de nombreuses et belles heures d’entraînement. À la place, c’est désormais ma moto d’aventure, construite pour ce genre de défis, qui entre en service. Je m’entraîne déjà en tout-terrain avec cette bête bicylindre de plus de 200 kg et 125 ch, afin de retrouver l’adresse et la condition physique perdues pendant la pause due à la clavicule. Car la moto sera désormais davantage utilisée hors des routes. Il faudra de nouveau y franchir des passages difficiles pour rapporter des images uniques pour vous, lecteurs du site, abonnés aux reportages, ou pour les magazines.

    • Position : 43° 15,584´ N 003° 18,375´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : Partiellement nuageux / 26,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Contrôle : quelque part dans les médias en ligne, j’ai lu qu’à cause du coronavirus, nous étions en état de guerre. Comment on peut en arriver à une telle comparaison, beaucoup se le demandent sans doute. Mais depuis hier, j’y crois presque moi-même. Lors de mon footing d’entraînement sur une prairie en friche, à environ 200 mètres de chez nous, j’ai été observé depuis les airs par un hélicoptère pendant un bon moment. Depuis des mois, j’y ai tracé à force de courir un circuit d’environ 600 mètres à travers les herbes sauvages. J’y fais mes tours, associés à quelques exercices de gymnastique censés travailler en ce moment l’épaule en lien avec le haut du corps. Un hélicoptère qui patrouille environ deux fois par jour le long de la plage a tourné très longtemps autour de moi. En ce moment, j’y cours 10 tours. Pendant environ quatre d’entre eux, l’hélico a tourné au-dessus de moi. Si je compte environ 60 minutes d’entraînement pour ces tours, l’hélico est resté au-dessus de moi 20 bonnes minutes. Comme il n’y a à perte de vue que des prairies où paissent des chevaux, je suis bien d’avis que l’hélico en avait après Walter et moi. Le terrier et moi avons poursuivi nos tours sans être inquiétés, mais qu’il me soit permis de m’interroger sur le sens d’une telle opération. D’autant qu’un tel appareil brûle, selon sa taille, environ 250 litres de kérosène par heure. Cette opération en a donc consommé environ 85 litres. Malheureusement, je n’avais pas d’appareil photo sur moi pour immortaliser un tel exploit.

    • Position : 43° 15,582´ N 003° 18,376´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 15,6 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Compte tenu des nombreuses visites de mon site depuis l’étranger, je commenterai désormais, par souci d’équité, mes petits films en anglais. Comme cette langue est pour moi aussi une langue étrangère et qu’on n’y entendra donc jamais l’anglais d’un natif, qu’on veuille bien me le pardonner. La raison en est qu’un texte peut être traduit par un programme dans la langue de son choix. Les films, en revanche, on ne les entend (à moins qu’ils n’aient été traduits spécialement) que dans leur langue originale. Je voulais simplement vous montrer les crabes que j’ai attrapés sur la rive. Que l’un d’eux me pince aussitôt si fort que j’ai bien saigné, ce n’était pas prévu. Ils sont tout simplement la police des eaux et nettoient tout ce qui passe à portée de leurs pinces, même si ce n’est qu’un doigt. Ici en France, nous restons soumis au confinement jusqu’au 11.05. Comment les choses évolueront ensuite, ce ne sont pour l’instant que des spéculations. Ma clavicule va plutôt bien, si bien qu’après six semaines d’arrêt, j’ai pu effectuer une première séance d’entraînement prudente à moto.

    • Position : 43° 15,582´ N 003° 18,375´ E
    • Vent : SE / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 18,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,5 °C

    Indépendants et libres : c’est justement dans la situation du coronavirus que l’indépendance se fait pleinement sentir. Mais cela ne fonctionne que si, comme déjà mentionné, on s’est restreint des années auparavant jusqu’à l’essentiel et qu’on a pris ses distances avec le superflu. Les trois composantes les plus importantes sont donc : l’eau, la nourriture, un lieu où séjourner avec de quoi se chauffer et cuisiner. Nous sommes en mesure de transformer n’importe quel type d’eau, qu’il s’agisse d’eau salée ou d’eau douce polluée, en eau potable. Face à une contamination chimique, nous sommes toutefois impuissants nous aussi. Si l’on n’attend pas chaque jour un menu à trois plats, on est vite rassasié avec une nourriture simple. Nos navires offrent assez d’espace pour y vivre sans dépendre des autres. Le système de chauffage et de cuisson, éprouvé pendant des années dans l’Arctique, est ce que nous avons de mieux. Le poêle chauffe en outre l’eau sanitaire, ce qui nous permet de profiter d’une douche chaude. Cette indépendance nous rend libres.

    • Position : 43° 15,582´ N 003° 18,374´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 12,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Trachemys scripta elegans, une tortue à tempes rouges que j’ai trouvée hier, reste quelque temps chez nous à bord pour être observée de plus près. D’après Internet, cette petite tortue de deux ans est originaire d’Amérique ; dans les années soixante-dix, ces tortues ont été exportées par millions vers l’Europe comme jouets vivants pour enfants, à un dollar pièce, et lorsqu’elles atteignaient une taille encombrante, elles étaient tout simplement relâchées dans la nature. Cela, ajouté au fait que ces tortues vivent bien 80 ans, a fait qu’elles ont le plus souvent supplanté nos tortues indigènes et se sont ainsi arrogé le monopole. D’après Internet, les défenseurs de la nature n’en sont pas vraiment enchantés, car elles apparaissent en si grand nombre qu’elles abîment en plus la flore aquatique.

    Information : compte tenu de la situation créée par le coronavirus et des restrictions qui l’accompagnent, lesquelles ne changeront certainement pas dans un avenir proche, je souhaite vous soumettre l’offre suivante. Afin de rendre plus agréables, pendant une certaine période, les longues attentes dues aux restrictions de sortie, j’enverrai sans frais de port, en Allemagne (îles exceptées), l’un des DVD ou le livre « Cap au nord » lors de l’achat de mes articles. Pour l’achat des trois articles, d’un total de 74,70 €, j’accorde en plus de l’envoi gratuit une remise de 14,70 €, de sorte que vous ne payez plus que 60 € pour les articles. En tant qu’entreprise individuelle, je ne peux malheureusement maintenir cette offre, dans une situation aussi exceptionnelle, que pour un certain nombre d’articles. Je vous remercie de votre compréhension et vous souhaite d’ores et déjà beaucoup de plaisir. Les personnes intéressées peuvent m’envoyer leur commande par e-mail à harald-paul@haraldpaul.com, adresse qui reste aussi volontiers à disposition pour toute question ultérieure. Enfin, permettez-moi de signaler mes reportages, « Les reportages de Paul », qui traitent de façon éclatante, par le texte et l’image, de nombreux thèmes liés aux bateaux, à la nature et aux voyages. Là aussi, un court e-mail suffit pour les recevoir sous forme de fichiers PDF, moyennant une participation aux frais de 3 € par reportage.

    • Position : 43° 15,581´ N 003° 18,376´ E
    • Vent : S / 1-2 Bft
    • Météo : nuageux / 13,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Retour à l’essentiel : compte tenu des circonstances, ma clavicule ne va pas mal. Les douleurs deviennent supportables, ou bien on s’y habitue, tout simplement. En tout cas, j’ai dû arrêter avec effet immédiat les antidouleurs prescrits par l’hôpital, car on ne pouvait exclure un lien avec une allergie à l’histamine apparue récemment dans ma vie. Au bout du compte, j’ai donc pris deux gifles. Car face aux effets d’une telle allergie, on se retrouve en ce moment complètement seul. Les médecins ne prennent pas de patients, les hôpitaux sont débordés et tout le reste est également à l’arrêt. Si ces mesures introduites par les différents pays font effet, on le verra certainement dans un avenir proche. Si l’économie y survit, y compris les promesses solennelles des politiques concernant les aides de sauvetage, aussi. Mais une chose est sûre : dans un avenir proche, plus rien ne sera comme avant. Les restrictions frapperont l’humanité de plein fouet. Plus tôt on s’y met, plus elles sont faciles à supporter. Nous les avons vécues au cours des 20 dernières années, jusqu’à revenir à l’essentiel, et nous avons l’habitude d’y faire face. Ainsi, nous n’avons pas à subir les problèmes ou les crises de panique dont on parle sans cesse parce que les loisirs sont à l’arrêt. Au cours des 20 dernières années, nous avons dû nous battre pour survivre, que ce soit financièrement ou matériellement. C’est ainsi que nous sommes revenus à l’essentiel, et nous surmonterons sans doute aussi les restrictions à venir. Nous souhaitons à tous les lecteurs de notre site une endurance à toute épreuve.

    • Position : 43° 15,581´ N 003° 18,376´ E
    • Vent : E / 2-3 Bft
    • Météo : nuageux / 14,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Du plomb dans l’aile : Walter est en pleine forme, c’est maintenant au tour de Paul. Il s’est malheureusement cassé la clavicule et se trouve de ce fait hors service pour un bon moment. Une chute sur l’épaule, contre une dalle de béton cachée dans les hautes herbes, lui a brisé la clavicule en deux. D’après la radio, la fracture est très nette et propre et n’a donc pas nécessité d’opération. Il faut maintenant porter un bandage en huit pendant environ trois semaines. Ensuite, la remise en état de l’épaule dépendra de la condition physique de chacun et de la reconstruction osseuse. La règle empirique indique toutefois une durée de guérison de 8 – 12 semaines. Paul tiendra-t-il le coup ?

    • Position : 43° 15,582´ N 003° 18,376´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 12,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    État d’urgence : comme partout en Europe, et comme les médias l’ont rapporté, un confinement de 14 jours a été décrété ici en France aussi en raison du coronavirus. J’ignore si, comme en Espagne selon les reportages, les autorités infligent une amende de 3 000 € en cas de non-respect. Car ici, à notre poste d’amarrage actuel, de nombreux pêcheurs passent avec leurs bateaux, comme d’habitude le week-end, et tentent leur chance. De plus, ce confinement n’empêche même pas le dépôt sauvage d’ordures, effectué ici en quelques heures le long de ce chemin de terre bordé de buissons que je parcours plusieurs fois par jour avec Walter. Peut-être ne suis-je pas bien informé et la nature a-t-elle été déclarée décharge publique sur ce tronçon. Je constate ainsi que, même dans une situation aussi menaçante, les gens ne reviennent pas à la raison et ne comprennent pas que la Terre mère doit être respectée. C’est pourquoi je suis sans cesse ramené à la dure réalité : la plupart des actions ont lieu pour l’argent, pour orienter le peuple et pour le pouvoir sur l’économie, et ne sont donc guère d’aucune aide pour la nature et les créatures qui y vivent.

    • Position : 43° 15,584´ N 003° 18,375´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : Partiellement nuageux / 16,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Nécessité est mère d’invention. Que le carburant, dans mon cas surtout le gazole, coûte plus cher aux stations-service nautiques qu’à la pompe à terre, on le savait. Que la différence de prix puisse grimper jusqu’à 50 centimes par litre, c’est pour moi un véritable coup du lapin. J’ai donc dû étendre mon indépendance face à ces prix usuraires. Le défi consistait à pouvoir choisir la pompe la moins chère à l’intérieur des terres et à acheminer moi-même le carburant jusqu’au bateau, sans frais extérieurs. Sans plus attendre, mon lourd trail a été transformé en transporteur pour pas moins de 80 litres de ce liquide qui, ici en France, est de couleur jaune. Avec une différence de prix d’environ 40 euros à chaque transport, les deux à trois litres d’essence de la moto sont facilement financés. Nous avons ainsi fait un pas de plus vers l’indépendance.

    • Position : 43° 15,582´ N 003° 18,375´ E
    • Vent : NW / 7-9 Bft
    • Météo : ensoleillé / 18,9 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,5 °C

    À ce poste d’amarrage tranquille, malgré la météo, je progresse dans mes travaux en vue de la suite du voyage en mer en convoi remorqué. Toute la semaine d’essais en mer a apporté de nombreux enseignements qu’il faut mettre en pratique sur le bateau. Comme on peut le voir sur la courte vidéo, le mât avant a déjà été démonté. Il ne reste qu’un court mât de fortune pour porter la marque de jour, désormais parfaitement visible de l’avant et du côté. Le mât arrière et sa voile de stabilisation restent inchangés, car il doit remplir son office pour limiter le roulis, au mouillage et, lors de l’accouplement de l’allège, pour maintenir le cap face au vent, ainsi qu’en cas d’urgence sur l’ancre flottante Paraschute Sea Anchor.

    • Position : 42° 25,188´ N 003° 18,255´ E
    • Vent : E / 1-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 16,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,5 °C

    Retour en France : nous avons décidé de nous replier à nouveau sur notre ancien emplacement des bambous, sur l’Orb, en France. La raison en est quelques travaux complémentaires encore nécessaires pour pouvoir rester amarrés à couple avec les bateaux par vagues ou par houle. Il s’agit notamment de démonter le mât avant. Avec ses haubans tendus, il nous gêne trop dans le travail des cordages lié à l’allège. Les bruits et le balancement sans erre, causés par les rafales de vent, doivent eux aussi être réduits au minimum. En outre, la marque de jour du remorqueur de mon convoi est difficilement visible lorsque la voile est établie et que le mât la masque. Or, avec une longueur de remorque d’à peine 60 mètres, selon l’état de la mer, je dois avertir les autres skippers de ne pas passer entre nous et je tiens à signaler que ma capacité de manœuvre est restreinte. Comme l’a montré le comportement des skippers dans la pratique, la plupart ne connaissent de toute façon pas les marques de jour. Par ailleurs, une hauteur de près de huit mètres est souvent critique à l’entrée des fleuves et aux ponts qui s’y trouvent. Avec le mât arrière seul, nous n’avons qu’une hauteur de six mètres. Je ne veux pas parler de norme, mais en venant de la mer, les ponts font souvent environ 6,50 mètres de haut. Nous pouvons ainsi en franchir certains, remonter plus loin le fleuve et échapper aux vagues et à la houle. Nous sommes capables, comme nous l’avons éprouvé en Espagne, de rester au mouillage même par une mer bien formée, mais cela demande énormément de temps pour mettre tous les bateaux dans la bonne position les uns par rapport aux autres. Ma tâche à l’avenir n’est toutefois pas de m’occuper exclusivement de notre flotte, mais de pouvoir apporter une aide rémunérée à des tiers. D’une manière générale, de très nombreux travaux sur nos propres bateaux doivent être organisés de façon plus rationnelle, sinon les journées comptent plus de 14 heures de travail sans la moindre rémunération. Lors de mes expéditions sponsorisées dans l’Arctique, les cartes étaient distribuées autrement en matière de revenus. Désormais, il faut calculer au plus juste et travailler dur. Reste à voir si nous y parviendrons en mer aussi bien que sur les rivières tranquilles.

    • Position : 42° 19,352´ N 003° 18,466´ E
    • Vent : N / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 10,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Le vent et les vagues se sont calmés, le soleil brille et il fait agréablement chaud. Cela fait vite oublier tous les efforts des derniers jours. En arrivant dans cette baie il y a quelques jours, de petits souvenirs de (Bjonoya) l’île aux Ours, en mer de Barents, juste avant le (Svalbard) Spitzberg, me sont revenus. Les falaises abruptes, les vagues qui s’y brisent et les mouettes qui crient au-dessus. C’est pourquoi j’ai été complètement choqué lorsque j’ai soudain aperçu une foule de gens, smartphone à la main, au sommet des rochers, qui photographiaient frénétiquement notre arrivée. Quand j’ai débarqué avec le FB5, un attroupement s’est aussitôt formé autour de moi, observant attentivement ce que je faisais et me harcelant de questions. Je ne pouvais même pas lâcher Walter, qui aime faire ses besoins après une traversée, car il serait sinon passé de main en main. J’ai été obligé de jouer un peu des coudes, sinon l’attroupement ne se serait pas dispersé. Au bout de quelques pas, un panneau m’a sauté aux yeux (voir photo). Sur les dix activités représentées, huit sont interdites et deux seulement autorisées. Certaines devraient d’ailleurs aller de soi pour quiconque a reçu une bonne éducation, surtout à notre époque où l’on porte dehors le moindre insecte trouvé dans une pièce. Je pense néanmoins qu’il serait temps, à l’avenir, de n’indiquer sur les panneaux que ce qui est permis, puisque cette liste est nettement plus courte que celle des interdictions. Grâce à la réduction considérable de la taille des panneaux, ce serait une grande contribution à la protection de la nature, car il faudrait moins d’étapes de production et nettement moins de matières premières.

    • Position : 42° 19,352´ N 003° 18,446´ E
    • Vent : NW / 7-8 Bft
    • Météo : ensoleillé / 13,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Walter le terrier est presque complètement rétabli. Nous avons donc pu reprendre la route et avons atteint l’Espagne. À la mi-février, la Méditerranée aussi vous réserve quelques situations météo que l’on peut tout à fait qualifier d’exigeantes, compte tenu du défi que représente le fait de devoir les affronter avec trois bateaux en convoi remorqué. Ainsi, lors d’une étape en mer d’environ 60 M, nous avons perdu notre WRB9 et le FB5 en pleine mer à la suite de la rupture des remorques. Les rattraper par une mer d’environ 1,0 – 1,5 m était sportif. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à raccrocher l’attelage, si bien que j’ai dû rejoindre la destination par mes propres moyens avec le WRB9, le FB5 en remorque. Je ne prétendrai pas que c’était voulu ; ce genre d’expériences et de pratique fait néanmoins partie de notre quotidien, qui doit compléter la série d’essais du convoi remorqué. Arrivés à destination, une baie pittoresque, nous avons une fois de plus mis à rude épreuve le matériel de mouillage et le reste de l’équipement. Depuis deux jours, un vent de NW avec une bonne houle entrant dans la baie nous maintient, au sens propre du terme, en mouvement. L’enthousiasme de Silvia pour les séries d’essais reste limité, mais le beau temps ensoleillé et chaud fait vite oublier tous les efforts.

    • Position : 43° 15,582 N 003° 18,375´ E
    • Vent : E / 3-4 Bft
    • Météo : nuageux / 12,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 6,0 °C

    Le terrier va mieux, compte tenu des circonstances. La plaie cicatrise à la fois par première et par seconde intention. Entre-temps, j’ai acheté un système de localisation spécial pour le chien. Il doit m’indiquer la position du chien, notamment par mauvaises conditions météo – vent, bruit du ressac ou fortes pluies – ainsi que de nuit. L’émetteur que porte le chien capte les coordonnées par GPS et me les transmet par ondes radio, jusqu’à une distance d’env. 25 km, sur mon récepteur. Celui-ci m’indique par une flèche la direction où se trouve le chien, la distance et si le chien est en mouvement ou à l’arrêt. Je suis ainsi totalement indépendant des autres réseaux radio et reste en liaison avec mon chien en pleine nature sauvage, ou justement en montagne. En ce moment, je m’emploie à maîtriser les réglages et la manipulation en pratique avec Walter, afin que chaque geste soit sûr en cas d’urgence.

    Walter
    • Position : 43° 15,582 N 003° 18,375´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : Pluie / 10,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Lundi dernier, le WRB9 (Werkstatt-Rampen-Boot : bateau-atelier à rampe) a été transformé en salle d’opération. Transporter le terrier n’était pas possible en raison de son mauvais état. Mon établi a été recouvert d’essuie-mains et de champs opératoires pour la stérilisation. Le projecteur de travail était braqué sur le chien, de sorte que la vétérinaire et moi pouvions examiner la plaie de près. Grâce à mes soins intensifs, celle-ci s’était en grande partie nettoyée, et le moment était donc venu de la refermer par plusieurs points de suture. Le défi : distinguer les cellules déjà mortes de celles encore vivantes. Malheureusement, en raison de la forte contamination, de nombreux tissus morts ont dû être retirés de la plaie. La blessure a ainsi pris une taille extrême, très difficile à suturer. La vétérinaire a néanmoins réussi à refermer la plaie en grande partie, afin d’éviter autant que possible une nouvelle infection. Ma tâche consiste maintenant à tenir le chien à l’écart de tout risque d’infection et à soigner la blessure, suturée sous forte tension. L’administration des médicaments, l’application de pommade sur toute la plaie et la lutte contre les nombreux parasites (puces, tiques) qu’il avait attrapés dans la blaireautière. Au cours des 14 prochains jours, ce sera ma tâche principale. La suite du voyage est donc, on le comprendra, interrompue pour une durée indéterminée.

    • Position : 43° 15,582 N 003° 18,375´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / 7,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Hôpital de campagne : depuis trois jours, l’équipage de la Gypsy Life tourne à plein régime. Jeudi dernier à 8 h 30 du soir, après sa promenade, Walter a débusqué un blaireau juste devant notre bateau et l’a attaqué énergiquement. Ces derniers temps, en raison des nombreux rats attirés par les montagnes d’ordures, il est sans cesse occupé, sur notre poste d’amarrage des bambous, à tenir ces hôtes indésirables à l’écart de nos bateaux. S’il n’a pas fait la différence à ce moment-là, c’est sans doute dû à sa passion de chasseur de terrier. Il a poursuivi le blaireau plus loin que d’habitude. Je n’ai pas pu suivre sa trace à cause de l’obscurité, des bambous denses et des broussailles qui vont avec. Il m’était également impossible de le suivre à l’oreille, en raison du fort bruit du vent de la dépression bien connue et du ressac grondant, non loin de nous. Ainsi, en une seconde, le lien entre nous était rompu. J’ai aussitôt lancé des recherches, car je savais de par mon expérience de chasseur que le rapport de force tournerait à coup sûr à l’avantage du blaireau. Il a certes des dents très courtes, mais une force de morsure sans comparaison avec celle de tout autre animal sauvage sous nos latitudes. Équipé d’une caméra thermique et de lampes ordinaires, j’ai cherché sans succès jusqu’à 3 h 00 du matin. À partir de minuit, j’avais d’ailleurs élargi le rayon de recherche en utilisant mon enduro sportive. Après une courte pause due à de fortes pluies, j’ai repris les recherches avec Silvia à 6 h 00 du matin, et ce pendant toute la journée. Nous avons surtout cherché une blaireautière, qui ne devait en principe pas être très loin de nous. Mais à cause des innombrables lapins qui s’ébattent ici tout près, le terrain est truffé de terriers. Les trouver tous et les classer selon leur taille prend énormément de temps. La nuit suivante, où j’ai de nouveau parcouru les environs à pied avec ma caméra thermique et, pour les grandes distances, avec l’enduro sportive, est elle aussi restée sans résultat. L’espoir de le retrouver diminuait d’heure en heure, car je savais qu’un blaireau maîtrise parfaitement non seulement le combat, mais aussi l’art d’ensevelir ses adversaires. Dans la pratique, cela signifie qu’un chien dans une blaireautière, surtout lorsqu’elle est creusée dans le sable, est littéralement enseveli et meurt étouffé. Le même jour, en fin d’après-midi, après 44 heures de disparition, j’ai reçu un appel en français d’un chasseur que je connais. Par précaution, j’avais toujours mis à Walter un collier portant mon numéro de téléphone. Il avait trouvé le chien couché par terre, complètement épuisé, pas loin du tout de notre poste d’amarrage. Lorsque j’ai repris le chien, qui avait probablement passé tout ce temps enfermé dans la blaireautière avant de s’en libérer au prix d’efforts épuisants, une odeur nauséabonde m’a saisi. En examinant l’animal attentivement, j’ai constaté que ses deux yeux étaient complètement collés par le sable et que du pus sortait déjà des orbites. Sur le côté droit de la mâchoire inférieure, toute la chair avait été arrachée, laissant des trous profonds. Ces blessures sont des morsures très typiques du blaireau, qu’il peut infliger grâce à son incroyable force de morsure. Cette énorme plaie, elle aussi, était entièrement purulente à cause de la contamination par le sable. Le chien ne réagit presque plus quand je lui parle. Bien que je connaisse ce type de blessures et que je sache aussi les soigner, j’ai décidé de me rendre dans une clinique adaptée. Deux Français de ma connaissance ont trouvé la clinique qui convenait, ont obtenu un rendez-vous immédiat et m’y ont conduit. Avec la vétérinaire anglophone, nous avons pu éviter le pire après environ 3 heures de traitement. Normalement, avec des blessures aussi graves, le chien reste à la clinique. Mais à ma demande expresse, et parce que la vétérinaire avait pu constater mes compétences en matière de soins, on m’a confié le chien. Le bateau a ainsi été transformé en hôpital de campagne. Le défi le plus difficile des prochains jours est d’empêcher l’infection des blessures. Avec des plaies d’une telle taille, il faudra certainement des semaines avant une guérison complète.

    Walter
    • Position : 43° 15,582 N 003° 18,375´ E
    • Vent : NW / 7-8 Bft
    • Météo : nuit noire / 9,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    La dépression Gloria trace elle aussi sa route au-dessus de nous, avec du vent et une pluie continue. Bien que nous soyons un peu à l’écart du centre de la dépression, la mer est bien agitée. Le vent mêlé de pluie ne rend pas les choses plus agréables. Dans les ports environnants règne le chaos, à cause de bateaux qui ont rompu leurs amarres et en endommagent d’autres. Ici, sur notre fleuve, avec notre matériel de mouillage déployé et amarrés à la rive, nous nous en sortons jusqu’ici plutôt bien. La houle, qui se fait fortement sentir depuis la mer, maintient notre flotte en mouvement. Les bateaux exposés à la houle sont difficiles à maîtriser. On est constamment livré à ses mouvements saccadés, ce qui perturbe fortement la vie quotidienne et le repos nocturne. Néanmoins, comparé aux ouragans du Groenland qui, en hiver, déferlaient sur nous deux fois par semaine à une vitesse bien supérieure à 200 km/h, c’est un rafraîchissement modéré.

    Plage
    • Position : 43° 15,582 N 003° 18,375´ E
    • Vent : NW /1-2 Bft
    • Météo : nuit noire / 10,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Comme on peut le voir d’après les coordonnées, nous sommes toujours au même endroit, au milieu des hauts bambous. Lesquels d’ailleurs, comme d’autres plantes, commencent déjà à faire de nouvelles pousses. Mais cette verdure fraîche est fortement assombrie par des dépôts sauvages d’ordures comme ceux que l’on voit sur les photos. Ces photos ne montrent qu’une fraction de la réalité. Tous les endroits un peu isolés dans la nature, mais facilement accessibles en véhicule, sont impitoyablement transformés en dépotoirs. Mes recherches sur place ont montré qu’il n’est absolument pas nécessaire de déposer les ordures là, puisque leur élimination dans les déchetteries connues est gratuite. Je me pose donc naturellement la question : pourquoi aller en véhicule jusque dans les derniers recoins de la nature, en risquant peut-être même d’endommager le véhicule sur un terrain accidenté, pour y déposer ses déchets en cachette ? Est-ce peut-être l’attrait d’un acte répréhensible pour lequel on ne veut pas se faire prendre ? Cette compulsion à déposer quelque chose dans la nature sauvage, je l’ai observée aussi dans d’autres pays comme le Canada, le Groenland, le Spitzberg, la Scandinavie, les îles Britanniques, etc. Je n’ai toujours pas compris à ce jour pourquoi on agit ainsi. Car, à en croire les médias, on est prêt à remuer ciel et terre pour la protection de l’environnement et de la nature. Énergies renouvelables, protection des insectes, réduction du CO2, limitation du réchauffement climatique, réintroduction du loup et de l’ours, pour ne citer que quelques mots-clés. Autant de brillantes résolutions dont on peut discuter pendant des heures sans agir et qui se commercialisent sûrement bien, pour qu’au moins une chose bouge : l’argent. Chacun peut répondre lui-même à la question de savoir si l’humanité doit continuer ainsi au cours de la prochaine décennie. Quant à moi, je me suis en tout cas fixé pour objectif, en plus de ma propre règle de vie de toujours – ne rien laisser derrière nous qui prouve notre passage –, d’utiliser tous les moyens en mon pouvoir pour nettoyer les endroits où je fais escale. Je peux ainsi effectuer des transports limités avec mon trail jusqu’à la déchetterie la plus proche ou jusqu’aux conteneurs installés, et débarrasser ainsi les abords de notre poste d’amarrage de leurs ordures. Si je fais escale à 20 endroits par an, ceux-là au moins seront débarrassés de leurs déchets. Ce n’est sûrement qu’un petit début.

    Déchets
    Déchets
    • Position : 43° 15,582 N 003° 18,377´ E
    • Vent : variable /1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 17,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Nous sommes toujours au même endroit, abrité par de hauts bambous, sur l’Orb, qui communique avec la Méditerranée. Mais d’ici peu, nous poursuivrons notre route vers le sud, en direction de l’Espagne. C’est pourquoi nous souhaitons, à l’occasion du passage à la nouvelle année, remercier très chaleureusement la population française pour son immense hospitalité. Au cours de nos presque deux années de séjour, nous avons rencontré des gens très chaleureux et surtout aimables qui, malgré nos connaissances plus que misérables de la langue, étaient toujours prêts à engager la conversation. Un très grand merci également pour les dons de bois de chauffage, d’eau et même de pain tout juste sorti du four. Pour l’année prochaine, je caresse l’idée de visiter les Baléares (Ibiza, Majorque et Minorque). Je le mentionne parce que j’ai entendu dire que faire réparer son bateau dans les ports y coûte très cher. Non seulement les tarifs horaires très élevés, qui s’ajoutent aux frais d’amarrage déjà plus que salés, mais aussi le supplément portuaire facturé aux entreprises extérieures font écumer de rage plus d’un skipper. Comme je l’ai déjà mentionné à plusieurs reprises, mon atelier flottant et mobile a été bien sollicité cette année. Même la veille de Noël, une mèche de safran tordue a été remise aux cotes en découpant les parties endommagées et en soudant de nouveaux composants, afin que le skipper puisse profiter de ses loisirs à bord pendant les fêtes. Comme nous avançons lentement, certains auront peut-être la possibilité de planifier à l’avance un entretien ou une réparation à venir. Je me permets en outre de signaler que je suis aussi tout à fait mobile sur la route grâce à mon trail et à ses valises. Je peux sans problème atteindre des destinations plus éloignées, y compris à l’intérieur des terres. Les personnes intéressées peuvent me joindre au 0049151 /15 84 33 37 ou par e-mail à harald-paul@haraldpaul.com. Pour finir, je souhaite à tous les fidèles lecteurs du site, aux abonnés aux reportages, aux clients de l’atelier, à nos connaissances et à tous ceux qui nous connaissent un bon passage à la nouvelle année 2020, avec une excellente santé et beaucoup de succès.

    Coucher de soleil
    • Position : 43° 15,594 N 003° 18,375´ E
    • Vent : SW / 9-10 Bft
    • Météo : nuageux / 13,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Salut de l’Atlantique Nord : en ce moment, les dépressions (tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre) sur l’Atlantique Nord sont très étendues, si bien que, venant d’Amérique, elles descendent bien au sud de la latitude des Açores. L’une de leurs extensions s’est faufilée par Gibraltar et a remonté la côte est de l’Espagne jusqu’à notre position. Au Groenland et en Islande, on parle pour de tels vents, 25 m/s, de rafraîchissements modérés. Ici, en Méditerranée, c’est plutôt la limite supérieure le long de la côte. Notre matériel a tenu sans problème et n’a subi aucun dommage. Il en va autrement de certains bateaux autour de moi, dont quelques-uns ont rompu leurs amarres dans le port et se sont endommagés mutuellement. Un navigateur de ma connaissance a vu son petit voilier, qu’il avait amarré à une bouée au milieu du fleuve, rejeté sur la rive. Avec le WRB9, j’ai réussi tant bien que mal à le dégager du fond. Son gouvernail (safran sur aileron) a été complètement détruit par l’échouage combiné aux vagues. Comme on peut le voir sur la photo, nous allons rester encore un peu dans notre coin de bambous. Nous souhaitons à tous les lecteurs du site, aux abonnés aux reportages et à tous ceux qui nous connaissent un joyeux Noël.

    Bambous
    • Position : 43° 18,670 N 003° 41,948´ E
    • Vent : NW / 6-7 Bft
    • Météo : partiellement nuageux / 13,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 9,0 °C

    Il arrive encore des miracles de temps en temps. En principe, la grève devait atteindre son point culminant aujourd’hui, et tout serait donc complètement paralysé. Mais un appel aux autorités valait de toute façon la peine d’être tenté. Et voilà : aujourd’hui, les ponts ont été ouverts. Malheureusement, l’accès au premier pont se trouve exactement dans l’axe du vent de NW, si bien que nous avions une mer de l’arrière. Le premier pont ne s’est bien sûr pas ouvert à l’heure prévue, mais avec un retard considérable, de sorte que nous avons dû pas mal manœuvrer avec notre attelage dans le vent et les vagues, dans un espace restreint. Comme toutes les unités flottantes sont de poids différents et ont donc chacune leur propre mouvement dans la mer, la solidité du matériel de remorquage a été mise à l’épreuve. En mer, un petit trajet de 20 M nous attendait, de quoi tester d’emblée le comportement du WRB9. Il s’est montré étonnamment neutre derrière la Gypsy Life. Dans l’ensemble, tout a bien fonctionné, sachant que nous naviguions tout près de la côte et que les vagues venaient de côté et ne dépassaient pas un mètre. Le premier test de vitesse indique 7 nd aux trois quarts de la puissance du moteur. En marche normale sous 1 800 tr/min, la perte de vitesse est d’environ 0,8 nd. Nous voici donc arrivés en Méditerranée, et nous poursuivons lentement notre route vers le sud.

    Gypsy Life
    • Position : 43° 26,074 N 003° 41,946´ E
    • Vent : N / 6-7 Bft
    • Météo : nuageux / 13,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,0 °C

    Malentendu : hier soir, par précaution, nous nous sommes déjà amarrés au quai d’attente du premier pont, afin de pouvoir tous les franchir aujourd’hui, comme convenu avec le chef d’équipe des ponts. Comme les ponts ne se sont de nouveau pas ouverts aujourd’hui, j’ai trouvé cela un peu louche et j’ai arpenté la rue jusqu’à ce que je rencontre un Français avec qui je pouvais mieux me faire comprendre. Résultat : le pont n’est pas du tout en panne, c’est la grève, comme l’hiver dernier. Les Français ont ressorti les gilets jaunes du tiroir, ont tout laissé en plan et sont descendus dans la rue. Tenter quoi que ce soit ici pour pouvoir avancer est sans espoir. La fin de la grève n’est pas en vue. Il y aurait encore une autre possibilité de rejoindre la mer. Il faudrait pour cela coucher à nouveau les mâts et faire lever un pont. Mais pendant la grève, rien ne se lève. S’y est ajouté un vent frais, avec les vagues correspondantes, lorsque nous sommes retournés du quai à notre mouillage. Parfait pour un premier test avec la remorque et le matériel de remorquage qui va avec. Le WRB9 s’est comporté assez calmement derrière la Gypsy Life et n’a donc guère gêné notre progression. Lors du changement d’attelage, j’ai toutefois remarqué la prise au vent de la barge, au point que je pouvais à peine la retenir à la main. Nous voici de nouveau sur le lac intérieur, à notre mouillage précédent, et nous devons attendre. Quand cela repartira, personne ne le sait vraiment.

    Gypsy Life
    • Position : 43° 26,086 N 003° 41,946´ E
    • Vent : SW / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 9,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,5 °C

    Ceux qui ont lu mes reportages sur la France (n° 24, 25, 26) en savent un peu plus sur les usages des voies navigables françaises. Au cours des dernières semaines, nous avons tout préparé pour la sortie en mer, travaillant de longues heures jusque tard dans la nuit pour que tout soit paré sur les trois bateaux. Nous nous sommes inscrits en bonne et due forme pour les cinq ponts levants de Sète, afin de pouvoir passer avec nos mâts. Mais nous n’avions malheureusement pas compté avec les petites pannes. L’un des cinq ponts ne fonctionne plus depuis des jours. La réparation peut prendre du temps, selon les autorités. Il faut donc de nouveau attendre. Car il ne s’agit pas seulement de franchir les ponts : il faudra aussi désormais garder un œil sur la météo. Avec le remorqueur, on peut affronter n’importe quelle mer, mais la remorque a encore besoin de quelques séries d’essais, pour que nous n’ayons pas à nous lancer d’emblée à fond et à endommager ainsi le matériel. Car une chose est claire pour tout le monde : un tel voyage en mer en convoi remorqué est un défi particulier. Par vent et vagues, il faut avoir une bonne dose de routine dans la conduite d’un convoi remorqué. Nous verrons bientôt si c’est le cas. Affaire à suivre, je vous en rendrai compte.

    • Position : 43° 19,821 N 003° 32,098´ E
    • Vent : E / 4-5 Bft
    • Météo : nuit noire / 12,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    Le canal du Midi, un nom bien connu de beaucoup lorsqu’il est question des canaux français. Nous ne sommes entrés que d’environ une encablure (185 m) dans ce célèbre canal, parce que c’est pour nous actuellement la meilleure solution pour la suite des travaux. C’est ici que nous voulons enfin mâter et enverguer les voiles, pour ensuite gagner la mer par les ponts levants de Sète. Nous sommes déjà en contact avec l’eau salée depuis quelques jours (comme on peut le voir sur la photo à l’eau qui mousse), parce que de nombreux petits canaux communiquent directement avec la mer. Notre installation d’eau, qui produit de l’eau douce à partir d’eau salée par osmose, est donc en service. Cette installation avait été mise à l’arrêt et conservée depuis plus de deux ans, après le voyage jusqu’au point le plus septentrional de la mer Baltique. Elle nous aide désormais à préserver l’indépendance de notre mode de vie. Car l’eau potable est une denrée rare, surtout ici dans le Sud, et elle se vend très cher.

    Gypsy Life
    • Position : 43° 38,448 N 004° 24,959´ E
    • Vent : NE / 3-4 Bft
    • Météo : nuit noire / 10,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,0 °C

    Un nouveau reportage, le n° 26 « Sentiers étroits, montagnes escarpées, écluses profondes », est terminé. Avec ses 35 photos et 5 055 mots, soit 31 111 caractères, ce reportage clôt notre séjour en France, qui a duré près de 1,5 an. La France, pays aux innombrables voies navigables, souvent étendues à plat dans le paysage ou serpentant au fond de vallées profondes : c’est ce que j’ai tenté de vous faire découvrir à travers mes photos, tout particulièrement dans ce reportage. Les petites particularités et informations auxquelles un voyageur est sans cesse confronté y sont également consignées par le texte et l’image. De nombreux lecteurs de mon site savent que je publie ce genre de reportages depuis quelques années, afin de mieux restituer les recherches menées sur place par le texte et surtout par les images. Si les reportages de l’Arctique étaient marqués par les ouragans, la glace, le blizzard, les rencontres rapprochées avec les ours et d’autres rigueurs, je peux affirmer avec certitude qu’il n’y a rien de tel dans le voyage « Chaleur plutôt que glace ». Ici, le programme, ce sont des informations illustrées, notamment pour les voyageurs qui s’intéressent à la même région. Mais il est aussi tout trouvé pour ceux qui n’ont le temps que pour un court rêve. Comme c’est l’usage depuis des années, ce reportage peut vous être envoyé sous forme de fichier PDF sur simple demande par e-mail ( harald-paul@haraldpaul.com ), moyennant une participation aux frais de 3 €. Je vous souhaite à tous une bonne lecture.

    Harald Paul
    • Position : 43° 38,446 N 004° 24,961´ E
    • Vent : NW / 4-5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 16,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 10,0 °C

    Quand on regarde sur la photo la nature, avec les feuilles sur les buissons et les hautes herbes, on pourrait penser que dans le Sud il fait relativement doux même en hiver, si bien que pour la première fois en 20 ans de vie à bord, nous n’aurions pas à chauffer. Mais pas du tout. Ces derniers temps, le thermomètre descend la nuit sous le seuil de condensation de 7 °C. Même si le métal du bateau peut se réchauffer au soleil pendant la journée, cela ne suffit pas pour la nuit, et l’humidité se répand. Nous sommes donc obligés, en plus du travail habituel, de chercher des arbres secs pour faire du bois de chauffage. Lors de notre départ il y a deux ans, nous nous demandions encore si, en allant vers le sud, on avait seulement encore besoin d’un chauffage. Aujourd’hui, nous sommes contents de n’avoir rien changé. Cela confirme une fois de plus l’expérience selon laquelle il ne faut pas changer ce qui a fait ses preuves juste pour changer quelque chose. Surtout quand il pleut abondamment, il est très judicieux d’avoir un chauffage qui évacue l’humidité de l’intérieur par une cheminée. Les travaux de peinture annoncés sont déjà terminés. Je suis maintenant en train de préparer les deux motos et le vélo à l’air salin, pour que la rouille ne les attaque pas trop. Mes trois moteurs hors-bord ont eux aussi besoin d’un entretien à cet égard. En plus du bois de chauffage, il reste beaucoup à faire.

    • Position : 43° 38,449 N 004° 24,962´ E
    • Vent : SW / 5-6 Bft
    • Météo : Nuageux / 16,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 15,0 °C

    Nous sommes amarrés dans un canal parallèle à la côte méditerranéenne française. Le vent, qui souffle actuellement en mer à environ 9 Bft, soit environ 22 m/s, ne nous parvient qu’atténué. Quant aux vagues qui l’accompagnent, nous n’en sentons évidemment rien ici dans le canal. Nous avons choisi cet endroit exprès pour pouvoir tout préparer à nouveau en vue de la prochaine navigation en mer. Dans les prochains jours, la peinture sera de nouveau contrôlée et quelques endroits retouchés. L’eau salée chaude m’en révélera sûrement d’autres au bout d’un certain temps. Ensuite, tout le chargement sur les superstructures et à l’intérieur de la Gypsy Life, du WRB9 et du FB5 devra être saisi, afin que rien ne puisse se détacher avec les mouvements de la mer. Reste à voir comment le WRB9 se comportera en mer. Il a déjà passé de petits tests avec brio, mais en mer, les cartes sont toujours distribuées autrement qu’on ne l’attend. Le mâtage et l’envergure des voiles viendront un peu plus tard, car il reste encore quelques ponts bas à franchir. Nous espérons maintenant peu de pluie, pour que les travaux avancent rapidement.

    • Position : 43° 58,424 N 004° 48,764´ E
    • Vent : N / 0-1 Bft
    • Météo : Nuageux / 15,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 18,5 °C

    À partir d’aujourd’hui, nous ne sommes plus joignables sur Facebook. Ce média, avec sa masse ingérable d’informations qui m’influençaient de plus en plus, m’a détourné de ma véritable voie : la vie dans la nature. Il y a environ 20 ans, Silvia et moi nous sommes délibérément éloignés en grande partie de la civilisation, afin de renforcer notre sensibilité à la nature. Cette sensibilité, qui découle aussi de mes plus de 30 ans de travail dans la sylviculture et l’agriculture, je l’ai souvent exprimée dans mes commentaires sur Facebook à propos de divers thèmes (gibier, insectes, élevage, réchauffement climatique et autres questions liées à la nature). La plupart du temps, cela s’est retourné contre moi personnellement et j’ai souvent été attaqué pour cela. J’ai dû remettre certaines choses au point et, selon Facebook, je n’ai pas respecté les règles, notamment lors d’un différend avec la biologiste Micky Pleitner. Ils voulaient encadrer ma liberté d’opinion. J’ai aussitôt saisi cette coupure pour quitter Facebook, ce que j’avais de toute façon déjà prévu.

    • Position : 44° 30,781 N 004° 41,529´ E
    • Vent : S / 1-2 Bft
    • Météo : Pluie / 15,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 17,5 °C

    Crue : ces derniers jours, des pluies torrentielles exceptionnelles sont tombées et ont fait monter aujourd’hui le niveau d’environ 1,5 m à notre mouillage, dans un petit plan d’eau annexe d’un bras secondaire du Rhône. De nombreux arbres et toutes sortes de broussailles épineuses se sont pris dans la chaîne de l’ancre arrière. L’ancre arrière avait été mouillée vers l’amont, contre le courant, car hier nous avions un bon vent de S de 5-6 Bft et, dans ce plan d’eau annexe, nous n’avons guère de place pour laisser tous les bateaux éviter ensemble. Une demi-journée de travail, et les bateaux étaient de nouveau opérationnels. Nous laissons passer devant nous, vers l’aval, la première vague de crue avec tous ses bois flottants avant de reprendre notre route. D’après les prévisions météo, la pluie va encore durer quelques jours. Malgré cela, le niveau a baissé d’environ 20 cm d’après mon repère.

    Gypsy Life
    • Position : 45° 00,999 N 004° 50,734´ E
    • Vent : S / 4-5 Bft
    • Météo : nuageux / 18,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 17,0 °C

    De l’aide aussi pour ce genre de transporteurs : en passant à côté de cet attelage avec mon enduro sportive, j’ai remarqué qu’il n’y avait aucune harmonie entre les deux. L’un tire, l’autre freine, et pourtant ils doivent parcourir plus de 500 km jusqu’au nord de la France. J’ai proposé à l’homme, qui n’était pas loin de mes bateaux, de me laisser faire à l’âne une révision de fond, gratuitement. Démarche boiteuse due à des chaussures de protection inadaptées aux sabots arrière, plaies causées par un harnais qui frotte, abcès provoqués par des épines dans la peau, état de santé général médiocre. Le jeune homme est déjà en route depuis quatre semaines avec son âne, dont une semaine d’arrêt forcé parce que l’animal était malade. J’ai passé tout un après-midi, jusque tard dans la soirée, avec cet homme à tout remettre en ordre pour aider l’âne. Chaussures mieux ajustées aux sabots et rembourrées, harnais élargi aux endroits critiques, plaies et abcès soignés. Résultat : l’âne ne boite plus et marche désormais en harmonie avec son berger.

    Harald Paul
    Harald Paul
    • Position : 45° 09,783 N 004° 48,637´ E
    • Vent : N / 3-4 Bft
    • Météo : ensoleillé / 16,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 19,0 °C

    Guérison du pied terminée : grâce à mon entraînement constant et à la gymnastique, je suis de nouveau opérationnel à cent pour cent. Le pied supporte de nouveau bien les charges. Je reste néanmoins un peu prudent en marchant sur terrain difficile. Nous avons poursuivi notre route. Ici, le long du Rhône, se dressent les premières chaînes de montagnes, que je veux gravir comme d’habitude pour prendre de belles vues d’ensemble pour les lecteurs de mon site, de mes reportages et des magazines. En ce moment souffle un vent frais qui lève déjà d’assez grosses vagues et ne me permet pas d’accoster sans dommage avec le WRB9 sur la rive très caillouteuse. Je dois pouvoir décharger l’enduro sportive pour ensuite gravir les sommets avec mon équipement photo. La situation météo reste stable, je n’ai donc plus qu’à attendre un vent un peu plus faible. Notre poste d’amarrage actuel se trouve derrière un bloc de béton très solide, qui nous protège des vagues, du vent et du bois flotté.

    Gypsi Life
    • Position : 45° 25,431 N 004° 45,069´ E
    • Vent : S / 4-5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 28,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,0 °C

    Légère amélioration : cela fait exactement trois semaines que je me débats avec ce pied. Au début, ce n’était qu’une broutille à laquelle je ne prêtais guère attention, mais cela devient de plus en plus un défi de longue haleine. Depuis une semaine, la situation s’est nettement aggravée, parce que Paul ne voulait pas rester tranquille. En raison de l’épanchement de sang, il est aussi apparu clairement qu’il ne s’agit pas d’une élongation, mais plutôt d’une déchirure musculaire. D’après mon fidèle manuel « Médecine en mer », celle-ci met six à huit semaines à guérir. J’ai déjà une semaine derrière moi et, comme on peut le voir sur la photo, l’hématome est déjà descendu et a pris une teinte sombre. Signe que cela ne saigne plus et que le vieux sang se résorbe lentement. Les douleurs sont toujours là, mais diminuent avec des mouvements légers. J’entraîne donc déjà très doucement le pied, sans charge, pour que les tendons, les ligaments et les muscles ne commencent pas à s’atrophier après une si longue période et que je ne doive pas ensuite tout reconstruire. En d’autres termes : guérir en bougeant. Nous sommes donc contraints de rester quelque temps à notre mouillage ici, sur le Rhône, près de Saint-Clair-du-Rhône.

    Pied de Paul
    • Position : 45° 25,362 N 004° 44,925´ E
    • Vent : NE / 3-4 Bft
    • Météo : ensoleillé / 32,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,0 °C

    Pour le moment, la suite du voyage est interrompue pour quelque temps. Lors de mon dernier entraînement de course à pied, un dimanche il y a deux semaines, je me suis fait une petite élongation au mollet gauche. Au début, cela semblait être une broutille, c’est pourquoi je n’y ai guère prêté attention. La semaine dernière, j’ai de nouveau trop sollicité le pied à quelques reprises, mais tout restait dans les limites, si bien qu’hier, comme annoncé, je suis monté avec mon enduro sportive dans les montagnes environnantes. Sur terrain difficile (layons de débardage ravinés), le pied a fait son travail sans problème et j’ai oublié ce petit handicap. Mais en prenant des photos, je me suis tordu le pied si violemment que revenir aux bateaux a été une épreuve, sous de fortes douleurs. Désormais, Paul est bien forcé de rester tranquille. Il aurait aussi bien pu le faire tout de suite. Combien de temps cela va durer, je ne saurais le dire. En ce moment, j’ai énormément de difficultés, car je dois crapahuter avec le FB 5 pour aller à terre depuis le mouillage.

    • Position : 45° 43,483 N 004° 49,242´ E
    • Vent : S / 3-4 Bft
    • Météo : ensoleillé / 31,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,5 °C

    Entrés aujourd’hui dans le Rhône. Après avoir terminé les dernières réparations sur des bateaux de tiers, nous sommes partis lundi en direction de la Méditerranée. Une petite escale à Mâcon, à notre poste d’amarrage habituel, a vite été mise à profit pour un court entraînement avec l’enduro sportive. Nous cherchons maintenant de hautes montagnes bordant le fleuve, afin que je puisse prendre quelques photos d’en haut pour mes magazines et pour les lecteurs de mes reportages. En raison de la navigation commerciale croissante, des bateaux rapides et des remous qu’ils provoquent, nous ne pouvons plus nous amarrer à la rive comme d’habitude. Désormais, il faut, dans la mesure du possible, mouiller dans des endroits larges et profonds, en dehors du chenal. La photo montre le poste d’amarrage à Lyon, à l’endroit où la Saône et le Rhône se rejoignent.

    • Position : 47° 12,896 N 005° 23,665´ E
    • Vent : SW / 4 Bft
    • Météo : ensoleillé / 28,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 24,0 °C

    Congé au pays. Avec notre gros bicylindre chargé à bloc, nous sommes retournés au pays après une longue absence. Visites à la famille et aux connaissances, ainsi que quelques démarches administratives, ont rempli ce séjour. Nous avons eu beaucoup de mal à nous réadapter au quotidien des Allemands. Déjà sur les autoroutes du pays, on se battait sans merci pour chaque centimètre de progression. Les bouchons de plusieurs kilomètres sont devenus un défi même à moto, un défi auquel j’ai dû me réhabituer. Car dans d’autres pays, on aide un peu le motard à remonter les files, en raison de la chaleur qui s’accumule dans sa tenue et du moteur qui tourne au ralenti. Ici, en revanche, nous avons plutôt été bloqués par des véhicules qui se mettaient en travers. Ce n’était pas une partie de plaisir non plus pour notre passager, le border terrier, dans sa caisse de transport entre les voitures fumantes. J’ai en outre remarqué qu’il faut traverser une incroyable forêt de panneaux pour espérer arriver à destination. J’ai pu en compter par moments entre 15 et 20 par kilomètre. Cela voudrait dire qu’il y a un panneau environ tous les 50 mètres. Le même exercice en France a donné environ 5 à 10 panneaux par kilomètre. Pourquoi il y en a autant en Allemagne et si peu en France, je n’ai pas pu le découvrir pendant ce court séjour. Deux semaines ont largement suffi, pour nous qui vivons librement dans la nature, à constater une fois de plus que le mode de vie que nous avons choisi il y a près de 20 ans était toujours le bon. En ce moment, je répare de nouveau des bateaux, afin que d’autres puissent eux aussi s’adonner sereinement à leur loisir et profiter de leurs rares jours de vacances. Un grand merci à tous ceux qui nous ont facilité ce séjour au pays.

    La moto de Paul
    • Position : 47° 12,896 N 005° 23,665´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 28,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 24,0 °C

    Ce couple fait route du Royaume-Uni vers la Méditerranée avec son voilier. Dans l’une des nombreuses écluses, ils ont arraché de la coque un pied de chandelier avec leur amarre. Lors d’une courte halte à couple sur mon tribord, j’ai pu réparer le dommage rapidement et de manière fiable depuis mon FB5, plus bas sur l’eau. Nous leur souhaitons bonne route et bon vent.

    Bateau
    • Position : 47° 12,898 N 005° 23,665´ E
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 38,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 24,0 °C

    Il y a quelques jours, un poisson un peu plus gros a mordu à l’hameçon. Un silure d’une longueur de 1,70 mètre et d’un poids estimé à plus de 40 kg. Normalement, nous valorisons tous les poissons que je pêche, mais celui-ci est définitivement trop gros pour notre congélateur. Après une photo souvenir, je l’ai rendu à son élément.

    • Position : 47° 06,325 N 005° 15,362´ E
    • Vent : S / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 35,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 22,0 °C

    Passage imprévu en cale sèche. Le réducteur de mon propulseur d’étrave s’est manifesté par de forts bruits métalliques en fonctionnement. Après un examen approfondi, y compris sous l’eau, le verdict est tombé : irréparable, à remplacer. Après tous ces voyages dans l’Arctique, il a sans doute fait son temps au bout de 16 ans de service. De plus, l’hiver dernier, dans l’une des nombreuses écluses, il a encaissé un choc causé par un objet aspiré, qui a arraché d’un coup toutes les pales de l’hélice. En raison de l’activité de la grue et du manque de place en haute saison, le bateau n’a toutefois pu rester à terre qu’à peine deux heures. Remplacement du réducteur, nettoyage des anodes et retouche de l’antifouling endommagé lors des navigations dans les glaces l’hiver dernier : tout cela a dû être fait dans ce laps de temps. Il restait même du temps pour un casse-croûte.

    Gypsy Life
    • Position : 46° 53,552 N 005° 03,742´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 37,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 24,0 °C

    D’après les coordonnées, vous pouvez voir que nous faisons de nouveau route vers le nord. En ce moment, nous sommes amarrés à un endroit que nous connaissons, hors de portée des bateaux de commerce. Une eau profonde et de nombreux arbres et buissons bordent cet affluent de la Saône. La chaleur nous a poussés à nous garer ainsi à l’ombre. Le port précédent était comme un chaudron, où les températures ne descendaient pas sous 30 °C, même la nuit. En ce moment, j’expérimente encore un ombrage vraiment efficace pour le bateau, au cas où il n’y aurait ni arbres ni buissons au bord de l’eau.

    • Position : 46° 16,731 N 004° 43,312´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 34,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 28,5 °C

    Navigation interrompue jusqu’à nouvel ordre : en raison de la chaleur croissante de la semaine dernière, qui devrait encore persister, nous avons interrompu notre route. Il n’est pas facile de trouver ici, sur la Saône très fréquentée par la navigation commerciale, un endroit où rester à l’arrêt. Le fleuve en lui-même serait assez large, et il y aurait donc de la place pour se tenir en dehors du chenal. Mais malheureusement, les égards sont inférieurs à zéro, bien que la loi impose de ralentir à proximité des bateaux à l’arrêt en raison de l’aspiration et des remous provoqués ! La navigation à passagers en particulier, qui circule aussi la nuit, ne respecte pas la loi. La vague produite n’est pas le problème, mais l’aspiration terrible de ces bateaux de 110 m de long. Ils retirent tellement d’eau que mes deux ancres, pourtant mouillées loin, sont arrachées, que le bateau touche le fond et se couche sur le côté. Le danger est trop grand pour l’équipage et le matériel. En ce moment, nous sommes amarrés dans les buissons, sur la rive d’un port de commerce ; ici, l’eau est très profonde et les bateaux ralentissent, car ils doivent effectuer des manœuvres d’accostage et d’appareillage. Il reste environ 300 M jusqu’à la mer. Mais les températures y sont actuellement de 40 °C à 45 °C.

    • Position : 46° 43,334 N 004° 54,614´ E
    • Vent : S / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 37,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,0 °C

    En ce moment, je me réjouis des températures extérieures élevées, même si, comme annoncé, elles devraient monter à près de 40 °C la semaine prochaine. Ces températures élevées restent supportables pour nous tant qu’il y a du vent. Par temps calme, les températures à l’intérieur du bateau grimpent aussitôt bien au-delà de 40 °C. Une chaleur trop forte pour tout l’équipage : le canari Admirali, Walter et nous. Nous travaillons sur le système : l’installation photovoltaïque et l’utilisation de ventilateurs à bord. Ces ventilateurs, répartis à différents endroits du bateau, apportent le vent souhaité, mais ont besoin d’énergie. J’essaie de la produire avec l’installation que nous avons acquise il y a un certain temps, afin que la boucle se referme sans énergie fossile. Cela s’annonce plutôt bien pour l’instant, à condition que l’installation photovoltaïque ne perde pas encore plus de rendement à cause de la chaleur. Car en Méditerranée, il faudra en plus produire l’eau potable. Nous devons donc pouvoir vivre en autonomie, pour que les droits de port salés ne nous ruinent pas.

    Solaire
    • Position : 46° 53,516 N 005° 03,745´ E
    • Vent : SW / 4-5 Bft
    • Météo : pluvieux / 16,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 16,0 °C

    Service élargi : que je répare des bateaux et d’autres appareils depuis mon bateau-atelier à rampe (WRB9), construit en 2018, c’est bien connu, et cela a déjà fait ses preuves dans la pratique. À cela s’ajoute que je peux rejoindre avec mon trail des chantiers de réparation plus éloignés de notre flotte. Comme je séjourne actuellement en Europe, le service téléphonique s’est bien rodé. Cette possibilité est volontiers utilisée pour de petits problèmes qui ne justifient pas un déplacement. Vous m’appelez au 0151/ 15 84 33 37, vous décrivez le problème ou envoyez une photo via WhatsApp, pour que je puisse mieux en juger. Par téléphone, nous tentons alors de relever le défi en collaboration avec le propriétaire. Le chef de bord est ainsi aidé rapidement et à moindre coût. J’accompagne en outre de mes conseils et de mon aide des bateaux engagés dans de longs voyages. Ils puisent dans plus de 20 ans d’expérience de la mer et de la mécanique, au cours desquels j’ai accumulé avec ma femme près de 20 000 heures de fonctionnement. Actuellement, j’accompagne un bateau parti d’Allemagne, à travers la Méditerranée, jusqu’en Croatie. Les questions météo ainsi que les nombreux nouveaux défis qui se présentent chaque jour peuvent ainsi être discutés et réglés rapidement. Pour les voyageurs qui manquent d’expérience, une possibilité bienvenue qui apporte davantage de sécurité.

    • Position : 47° 06,052 N 005° 15,936´ E
    • Vent : SW / 4-5 Bft
    • Météo : ensoleillé / 31,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 17,0 °C

    Vieux schnock, mais pas rouillé : j’essaie de mieux m’accommoder des conditions climatiques du Sud en effectuant progressivement mon entraînement en plein soleil aussi, avec la chaleur qui va avec. Les pompes doivent simuler pour le corps une chute à moto, afin de mieux entraîner le pouls à l’alternance d’effort et de récupération, de toute façon sollicitée sur ce type de terrain.

    Harald Paul
    • Position : 47° 12,933 N 005° 23,525´ E
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 24,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 16,0 °C

    Les Paul devraient en fait être en Méditerranée depuis longtemps, car une distance d’environ 300 M n’en est plus vraiment une pour eux deux. Je devrais leur donner raison, s’il n’y avait pas toujours un « mais ». Nos réservoirs se sont vidés au cours de l’hiver. Sans gazole, pas de suite du voyage. Je suis donc content de chaque réparation qu’on me confie à effectuer depuis le WRB9. Cette fois, c’était un couple de Suisses qui a fait appel à mes services pendant deux jours. Perte d’huile excessive du moteur, débit d’eau réduit vers le moteur principal en raison de trop nombreux filtres intercalés et de l’utilisation de tuyaux inadaptés, fixation du parc de batteries et encore bien d’autres petits travaux : les journées passées à ramper dans le compartiment moteur ont filé à toute vitesse. Un autre bateau s’est déjà annoncé, qui a besoin d’un entretien du moteur principal et du générateur. « Mais » ensuite, l’envie de reprendre la route me saisit.

    Gypsy Life
    Batterie
    • Position : 47° 17,036 N 005° 24,613´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 7,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,5 °C

    Aventure sur le Rhin : avec une motorisation d’environ 800 ch, 12 mètres de long et environ 4 mètres de large, nous avons remonté le Rhin. Une connaissance qui avait acheté le bateau là-bas voulait faire une petite virée avec nous. Nous avons répondu à son invitation en rejoignant le lieu indiqué avec notre gros bicylindre, que nous avons chargé sans plus de façons sur la plateforme de bain. L’objectif était que j’examine le nouveau bateau de fond en comble, afin d’avoir une idée précise de sa technique. Le propriétaire a donc remonté le fleuve à vive allure pendant que je rampais dans la salle des machines pour inspecter l’ensemble de la technique. Je venais à peine de retrouver l’air frais du dehors quand un grand choc a retenti au niveau des hélices. Le bateau avait été dirigé à bonne vitesse par-dessus l’extrémité d’un épi. L’un des moteurs est tombé complètement en panne, le disque d’accouplement en caoutchouc ayant été détruit. L’autre ne pouvait plus tourner qu’au ralenti, car son hélice aussi était gravement endommagée. J’ai immédiatement sorti le bateau de la zone dangereuse et l’ai piloté, dans le fort courant du Rhin, jusqu’au port le plus proche. Une première analyse des dégâts n’a révélé aucune entrée d’eau, ce qui a sensiblement désamorcé la situation. Le lendemain, j’ai conduit le bateau environ 20 km en aval, dans un autre port équipé d’une installation de levage. Les gens du coin nous ont raconté que nous étions les quatrièmes à nous échouer à cet endroit. Pour le propriétaire, ce n’était qu’une maigre consolation.

    Les Paul
    • Position : 47° 13,910 N 005° 23,871´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 7,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,5 °C

    Comme on peut le voir d’après les coordonnées, la position de la Gypsy Life n’a pas changé. Nous nous sentons chez nous dans cette mer d’orties et assistons en ce moment à la construction des nids et des cavités des oiseaux autour de nous. Beaucoup d’animaux nous acceptent comme colocataires et perdent peu à peu leur timidité, passant la nuit à quelques mètres seulement de notre flotte. Ce séjour prolongé nous vaut aussi une notoriété croissante, dont profite entre autres mon service de réparation. Un Australien avait les charnières de sa fenêtre arrière grippées par la rouille, si bien qu’elle ne s’ouvrait plus. Je les ai découpées sans plus attendre à la meuleuse d’angle et remplacées par des neuves, que j’ai vissées. Ravi de pouvoir l’ouvrir dans la chaleur à venir, il m’a offert un authentique chapeau de paille australien.

    • Position : 47° 13,909´ N 005° 23,868´ E
    • Vent : SE / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 23,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 11,0 °C

    Nous nous trouvons à hauteur d’Auxonne. Nous sommes amarrés ici dans un bras secondaire de la Saône. La rive est bordée de buissons et de vieux arbres. Le sol est une mer d’orties, qui fleurissent avec d’autres petites fleurs et sont visitées par d’innombrables insectes : bourdons, abeilles, syrphes, guêpes, frelons, etc. Tout bourdonne autour de nous, si bien que nous sommes coupés acoustiquement du monde extérieur. Nous sommes ici comme dans un parc naturel. Chaque soir, je peux apercevoir 5 chevreuils tout près de nous. Deux blaireaux et plusieurs renards fouillent la prairie à la recherche de souris. De plus, la nuit, j’ai pu distinguer 2 loups grâce à ma caméra thermique. En ce moment, j’effectue les travaux nécessaires sur nos bateaux. Je veux si possible avoir tout terminé avant la vague de chaleur. Les travaux de peinture surtout sont importants maintenant, car sinon, par forte chaleur, la peinture sèche trop vite et dégage d’autant plus de vapeurs. Le nouveau reportage n° 25 « Lidl, eau, électricité » est terminé et décrit comment on peut passer un hiver en France. J’y consacre en outre de nombreuses photos, avec le texte qui les accompagne, à la très puissante sylviculture française, et je demande à une forestière diplômée rencontrée sur place comment se portent nos forêts après le dépérissement annoncé il y a des années. Je vous souhaite à tous un bon début de saison, et que vos projets se réalisent.

    Gypsy Life
    • Position : 47° 12,933´ N 005° 23,525´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : partiellement nuageux / 7,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 7,0 °C

    La Saône nous tient toujours fermement sous son emprise. En raison des pluies persistantes, le niveau de l’eau a fortement monté. Toutes sortes de débris flottants, comme des troncs, des arbres entiers et bien d’autres choses, sont emportés vers la Méditerranée. Cela aurait été pour nous aussi une façon économique d’avancer. Au printemps, en achetant la nouvelle vignette à Nancy, je m’étais aussitôt fait remettre par écrit toutes les fermetures des canaux. Je ne voulais pas, comme l’an dernier, devoir subir des attentes trop longues. Et pourtant nous voilà de nouveau bloqués. Quelques écluses sur notre itinéraire ont été fermées en dehors du calendrier prévu. Pourquoi et pour combien de temps ? L’employé de VNF m’a répondu par un haussement d’épaules. C’est ainsi qu’est la France : très décontractée.

    Gypsy Life
    • Position : 47° 12,933´ N 005° 23,525´ E
    • Vent : SW / 4-5 Bft
    • Météo : nuageux / 12,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,0 °C

    Attaque de sanglier repoussée avec succès : nos bateaux sont amarrés non loin de la ville d’Auxonne. J’ai fait la promenade du soir avec Walter, notre border terrier. Le chien, un peu en avant de moi, tourne à droite derrière une petite bande boisée et passe sous une clôture de barbelés pour entrer dans une prairie. Quand j’atteins le même coin, je vois le chien longer les buissons à environ 50 m de moi. Soudain, il s’arrête et je le vois disparaître à moitié dans les buissons. Tout à coup, le chien hurle pitoyablement et ne s’arrête plus. Je n’avais jamais entendu un chien hurler ainsi. Avec présence d’esprit, j’escalade la clôture de barbelés à cinq rangs et cours vers l’endroit présumé. À chaque sortie à terre, j’emporte systématiquement un bâton de 84 cm de long. Il a exactement la longueur de la largeur des guidons et l’épaisseur des poignées de mes deux motos d’enduro, et me sert à entraîner mes avant-bras. Avec ce bâton, je me suis frayé un chemin à travers les broussailles hérissées d’épines jusqu’à mon chien et j’ai asséné de vigoureux coups de bâton sur un pelage de soies brun-noir couvert de boue devant moi. Pendant ce temps, je n’ai pas pu distinguer la taille de l’animal. L’odeur et les grognements, une fois que le chien eut cessé de hurler, m’ont révélé qu’il s’agissait d’un sanglier. Je n’ai pas vu mon chien tout de suite et n’entendais rien non plus, sinon le craquement des branches à travers lesquelles le sanglier s’enfuyait. Peu après, j’ai vu Walter, sans son collier de chasse rouge et blanc, tapi dans les buissons à quelque distance. Je l’ai appelé, car les broussailles épineuses impitoyables m’empêchaient de le rejoindre. Un premier examen sur place n’a révélé aucune blessure sur le chien. On ne voyait qu’une bande blanche le long du cou, là où le poil manquait. J’ai retrouvé son collier déchiré à quelques mètres de nous. Comme par miracle, le chien a survécu à l’attaque du sanglier sans blessure grave. Je suppose que le collier a joué un rôle protecteur. Il n’y a que moi qui vais devoir, dans les prochains jours, retirer à la loupe de mes jambes, de mes rotules, de mes avant-bras et de mes mains les nombreuses épines de rosiers, de ronces, d’aubépines, etc.

    Sanglier
    • Position : 47° 17,036´ N 005° 24,613´ E
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 15,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 4,0 °C
    • Position : 47° 17,036´ N 005° 24,613´ E
    • Vent : NE / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 15,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 4,0 °C

    Aujourd’hui, Paul est reparti, pour la première fois depuis longtemps, à la chasse aux images avec l’enduro sportive. Le temps, avec son soleil radieux, y invitait vraiment. Les lecteurs des reportages connaissent mes photos, qui montrent beaucoup de nature et illustrent ce dont je parle dans mes textes. Les recherches sur place reflètent le mieux la réalité. Aujourd’hui, j’ai donc parcouru une longue distance pour vous, afin de rassembler le plus de matériel possible. J’ai aussi rencontré aujourd’hui un chasseur qui m’a observé pendant un moment. Quand je l’ai vu, je me suis arrêté. Il avait remarqué que je roulais toujours en bordure des champs ou des haies et jamais en plein milieu des surfaces cultivées. Ce n’était pas la règle, dit-il, que des motos foncent comme ça à travers champs, encore moins pendant la saison de chasse. Mais ce n’était pas mon cas, constata-t-il. Avec mes quelques bribes de français, je lui ai fait comprendre qu’en tant qu’agriculteur et forestier, j’avais moi-même la main verte et que je voulais causer le moins de dégâts possible. Et que je fais par ailleurs des reportages sur la nature en France, pour lesquels la bécane est indispensable vu les grandes distances. Il n’avait encore jamais entendu ni vu une chose pareille. Le chasseur a été séduit par mes photos de nature, que j’ai pu lui montrer sur l’écran de mon appareil. La moto aux couleurs nationales françaises a également éveillé son intérêt. Un 2 temps à injection électronique et préparation du mélange pilotée par ordinateur en fonction de la charge : il en est presque tombé à la renverse.

    Harald Paul
    • Position : 47° 54,428´ N 005° 59,945´ E
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : pluvieux / 4,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,0 °C

    Depuis quelques jours, notre flotte navigue sur la Saône. Ni la pluie, ni la neige, ni la glace ne nous ont empêchés de poursuivre notre route vers le sud. Mais nous avançons beaucoup plus lentement que d’autres. « We live of the land » : un mode de vie que nous pratiquons depuis près de 20 ans. Même ici, en pleine civilisation, cela comprend l’approvisionnement en eau potable. Dans la plupart des ports, il n’y a pas d’eau disponible en hiver. On peut certes y rester, on a aussi l’électricité, on paie le plein tarif, mais la plupart du temps pas d’eau. Comme nous voyageons de toute façon sans les services des ports, cela ne nous touche pas autant que d’autres. Avec mon enduro sportive, je longe les canaux ou les rivières à la recherche de ruisseaux. Trouver ici un affluent dont l’eau est de bonne qualité est très difficile. Si les indicateurs ne me renseignent pas suffisamment, je dois remonter le cours d’eau si possible jusqu’à sa source, ce qui n’est pas toujours facile dans ce paysage vallonné avec toutes ses clôtures et autres barrières. Nous avons en outre constamment besoin de bois, et aussi sec que possible. L’une des tâches les plus difficiles avec l’humidité permanente que nous connaissons. Nous cherchons des arbres secs tombés et sans écorce. Les meilleurs sont les arbres que notre ami le castor a abattus il y a des années. Ils sont généralement déjà ébranchés et écorcés (nourriture du bûcheron) et trouvent ainsi plus facilement le chemin de notre poêle.

    Gypsy Life
    • Position : 48° 01,395´ N 006° 14,881´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : partiellement nuageux / 5,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 3,0 °C

    Au cours de l’hiver 2009/2010, lors de notre premier hivernage au Canada, j’ai dû effectuer pendant plusieurs heures quelques travaux sous l’eau sur le bateau, par une température de l’eau de 2 °C. Tout mon organisme était si refroidi qu’il m’avait fallu à l’époque une journée entière pour revenir à ma température de fonctionnement. Aujourd’hui, j’ai dû replonger, car un objet quelconque s’était coincé dans le propulseur d’étrave et avait arraché toutes les pales de l’hélice. Normalement, le remplacement se fait en quelques minutes, même sous l’eau. Mais ici, dans le canal, l’eau était si trouble que je ne voyais rien. Même avec mon masque tout près de l’hélice d’étrave, je ne distinguais pas les vis à desserrer. Il a fallu tout faire à tâtons avec les gros gants, ce qui s’est révélé extrêmement difficile. Finalement, après une bonne heure de travail, j’ai pu m’assurer que la nouvelle hélice était solidement montée. Le test qui a suivi me l’a en outre confirmé. Comme la température extérieure n’était pas, comme au Canada, à deux chiffres en dessous de zéro, je n’ai pas eu besoin de phase de réchauffement après la plongée.

    • Position : 48° 09,963´ N 006° 18,208´ E
    • Vent : N / 2-3 Bft
    • Météo : nuageux / 4,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 4,5 °C

    Visite d’Autriche. Par e-mail, un couple d’amis autrichiens nous a annoncé sa visite. Ils faisaient, comme nous, route vers le sud et passeraient nous voir brièvement avec leur camping-car. Peu de temps après, le camping-car roulait déjà sur la prairie près du quai de Girancourt. Il en a résulté un agréable après-midi, suivi de la soirée qui va avec. Ils nous ont donné de nombreux conseils sur la Méditerranée, car tous deux y ont voyagé pendant de nombreuses années. Les droits de port salés là-bas ont notamment été un sujet. Comment comptons-nous gérer cela avec notre flotte ? Tout dépend de la navigabilité de l’attelage et de la manière dont nous nous en sortirons en haute mer. Affaire à suivre.

    Gypsy Life
    • Position : 48° 11,605´ N 006° 25,104´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / 3,3 °C
    • Température de l’eau : Eau : 4,0 °C

    Assez d’eau : contre toute attente, la pluie de ces dernières semaines a fait monter le niveau de l’eau dans tout le canal des Vosges, si bien qu’il est maintenant entièrement navigable. Les coordonnées indiquent que nous sommes amarrés à la sortie d’Épinal, devant les dernières écluses de la ville. Malgré le brouillard, des températures fraîches et une fine couche de glace à la surface de l’eau, nous avons réussi à franchir 21 écluses dans la journée. Espérons que les chutes de neige et la baisse des températures dans les prochains jours ne freineront pas notre progression vers le sud. Par ailleurs, on parle déjà de nouveau de fermetures de canaux pour travaux de réparation. On verra bien comment les choses évoluent.

    Gypsy Life
    • Position : 48° 40,653´ N 005° 53,077´ E
    • Vent : SW / 3-4 Bft
    • Météo : Pluie / 12,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 5,0 °C

    Comme chaque année, je souhaite cette fois encore adresser en fin d’année quelques lignes à mes fidèles lecteurs ainsi qu’aux nouveaux lecteurs de ce journal de bord « Chaleur plutôt que glace ». Avec les 650 milles nautiques parcourus cette année, nous ne gagnerons aucune médaille. Il y a deux ou trois ans, lors de l’expédition « Danube – Alaska », de si courtes distances étaient avalées en quatre journées de mer (journée de mer = 24 h de navigation non-stop), et en fin d’année le loch affichait plus de 10 000 milles nautiques parcourus. Je l’avoue, cette année au moins, nous sommes devenus des aventuriers « soft ». Mais je dois dire honnêtement que cela nous a fait du bien de pouvoir rester plus longtemps au même endroit, sans avoir à surveiller la marée, les ouragans, la glace et maître Brun. En particulier pour la nouvelle allège WRB9, que j’ai continué à aménager en atelier complet, ce temps et surtout la météo ont été très bénéfiques. Grâce aux escales plus longues et à la distance plus courte jusqu’à l’Allemagne, les liens familiaux se sont resserrés, si bien que nous avons parcouru cette année plus de 20 000 km sur notre moto d’aventure, le gros bicylindre. Et, cerise sur le gâteau, sans être mouillés un seul kilomètre. Le lecteur attentif de cette entrée n’aura sûrement pas manqué de remarquer que les coordonnées ont changé. Tout à fait exact : nous pouvons poursuivre vers le sud. La pluie de ces dernières semaines fait son effet. En ce moment, je répare encore, depuis mon bateau-atelier, le WRB9, un bateau qui fait lui aussi route vers le sud. Nous tenons donc à remercier tous les lecteurs de notre site et des reportages, les abonnés aux reportages et les nombreux propriétaires de bateaux qui ont fait appel à notre service de réparation depuis l’eau, unique en son genre et nouvellement créé. Nous vous souhaitons à tous de joyeuses fêtes et un bon passage à la nouvelle année.

    • Position : 48° 42,212´ N 005° 43,231´ E
    • Vent : SW / 3-4 Bft
    • Météo : Pluie / 8,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,0 °C

    Noël approche et certains d’entre vous cherchent encore un cadeau original ? Peut-être trouverez-vous votre bonheur dans ma gamme de DVD, de livres ou de reportages. Réunis dans l’ordre chronologique, ces articles montrent notre vie aventureuse en totale liberté. Libres de toute pression, uniquement en harmonie avec la nature, à nous battre pour notre pain quotidien. Telle était l’idée il y a plus de 20 ans, lorsque nous avons changé de mode de vie. Le Spitzberg, la Scandinavie, l’Islande, le Groenland, le Canada et maintenant la route vers la Méditerranée : voilà les lieux où nous avons séjourné, rejoints avec notre propre bateau. Laissez-vous simplement emporter et plongez dans une vie complètement nouvelle. Je vous garantis que nous avons tout vécu, filmé, écrit et photographié nous-mêmes, sans équipe pour nous aider ou nous protéger. Il faut avoir vu et vécu cela au moins une fois. Les modalités pour obtenir les articles et les reportages figurent sur ce site, dans la rubrique Vente. Les DVD et les livres peuvent être commandés rapidement et simplement sur Internet auprès du revendeur spécialisé indiqué en lien. « Les reportages de Paul » sont disponibles directement auprès de moi par
    e-mail harald-paul@haraldpaul.com au format PDF ; pris individuellement ou tous ensemble, ils forment une œuvre en textes et en photos qui illustre la réalité de la nature et de la vie au cœur de celle-ci. Bon choix !

    • Position : 48° 42,212´ N 005° 43,231´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuageux / 13,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,0 °C

    Ressource vitale détruite : ce matin, en regardant l’eau autour de mes bateaux, je n’en ai pas cru mes yeux. L’eau, d’une limpidité cristalline qui m’avait toujours permis de voir le fond, avait pris une couleur brun foncé, presque noire. Je suis aussitôt parti avec mon FB5 pour en localiser l’origine. Malheureusement sans succès, bien que ce bouillon brun ne soit visible que près de chez nous. Environ 300 m plus au nord ou au sud, l’eau était encore claire, mais se teintait de plus en plus. Le test du goût était amer. J’ai chauffé l’eau dans un seau avec un thermoplongeur et j’ai pu constater là aussi une odeur forte. Je soupçonne une eau qui a longtemps stagné quelque part, chargée de nombreuses feuilles de chêne. Elle s’est retrouvée dans le canal d’une manière que je ne parviens pas à reconstituer. Je ne pense pas qu’elle soit toxique, car je n’ai encore trouvé aucun poisson mort, mais elle n’est certainement plus adaptée à l’usage courant (lessive et toilette), ni à la consommation. Une source d’approvisionnement très importante disparaît ainsi d’un coup. Grâce à ma réaction rapide, j’ai encore réussi à remplir, à une distance suffisante, mes quatre fûts d’eau avec l’eau normale du canal et à les transporter jusqu’aux bateaux. Nous ne dépendons donc pas de l’eau du canal pendant environ deux semaines. Assez de temps pour réagir à la nouvelle situation.

    eau brune
    • Position : 48° 42,212´ N 005° 43,233´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / 5,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,0 °C

    Voisinage vorace : dans les médias allemands, on entend se plaindre de la population croissante de loups et du désarroi qui en découle. Nous, de notre côté, devons faire face à d’innombrables souris dans notre voisinage immédiat. Le plus gros problème est ma moto, garée de l’autre côté du canal. Les petits rongeurs se sont introduits jusque sous la selle et ont rongé mes trousses à outils et les chiffons qui vont avec. De plus, ils se sont construit un nid entre les cylindres du moteur en V et s’y sont installés comme chez eux. Tout cela reste supportable tant qu’ils ne « se font pas les dents » sur les câbles électriques, voire sur l’électronique. Par sécurité, j’ai dû charger la moto dans mon bateau-atelier WRB9 et l’y démonter entièrement pour la vérifier. Plusieurs jours de travail ont été nécessaires pour tout contrôler consciencieusement. Pas de dégât jusqu’ici. Il va falloir que je trouve à l’avenir un arrangement entre les rongeurs et moi.

    • Position : 48° 42,210´ N 005° 43,230´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / 7,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 8,5 °C

    Aujourd’hui, nous avons de nouveau discuté avec l’administration du canal de la suite de notre progression. Sur le canal des Vosges, quatre écluses sont de nouveau praticables à partir de cette semaine. Et uniquement parce qu’un entrepreneur privé extrait du sable de la Moselle et doit le transporter par les quatre premières écluses du réseau. Mais quatre sas ne nous avanceraient pas beaucoup avec 93 écluses à franchir. Nous sommes donc contraints de mieux nous installer pour l’hiver qui approche. Première priorité : faire du bois de chauffage et le transporter jusqu’à la base. Je débite de petits arbres tombés, car ce sont eux qui ont le mieux séché avec le temps. Le transport est assuré par le motoculteur. Nous pouvons aussi, sur demande, acheter du bois de chauffage sec et le faire livrer. Cet approvisionnement est donc assuré jusqu’à nouvel ordre. L’eau potable a été coupée au ponton situé à environ 2 km, en raison du risque de gel. Nous dépendrons plus tard de l’eau du canal, qu’il faudra bien filtrer. Grâce à la moto, l’approvisionnement en tous autres matériels est également assuré. Nous pouvons donc aborder l’hiver l’esprit tranquille. Malgré la proximité de la civilisation, le gibier abonde autour de nous : renard, blaireau, chevreuils et sangliers, et nous avons même déjà aperçu un loup. Un petit Canada !!

    Harald Paul
    • Position : 48° 42,210´ N 005° 43,230´ E
    • Vent : NW / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 4,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 08,0 °C

    Le reportage 24 « Au centimètre près » est terminé. Il raconte comment nous avons réussi à entrer avec nos bateaux dans la Meuse française, malgré une limitation de tirant d’eau à 1,60 m. Les chefs d’équipe de la première écluse française n’avaient pas laissé entrer la Gypsy Life et ses 1,80 m de tirant d’eau. Nous avions dû faire demi-tour. Il décrit également comment nous nous sommes rapprochés du pays et de ses habitants, bien que nous ne parlions pas un mot de français. Comment nous nous sommes débrouillés sur les canaux avec notre attelage, et d’autres petites aventures. Comme d’habitude, beaucoup d’images, pour que vous puissiez mieux vous en faire une idée. Comme vous le savez, la commande se fait directement auprès de moi par e-mail. Même si ce mode de commande est un peu démodé, il permet de répondre à de nombreuses questions des lecteurs. On garde ainsi un contact plus étroit. De nombreuses et belles rencontres personnelles en sont d’ailleurs nées.
    Bonne lecture.

    Gypsy Life
    • Position : 48° 42,212´ N 005° 43,231´ E
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : Pluie / 12,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : 08,0 °C

    Souvenir d’autrefois : en restaurant et en réparant ce motoculteur Agria (année 1977) sur le WRB9, je me suis souvenu de l’époque où je faisais de l’entretien de paysages et de la reconstitution forestière. Ce genre d’engin était chez moi en service tous les jours, le plus souvent plus de 10 heures par jour. Comme il s’agissait d’un motoculteur et non d’un véhicule à quatre roues, il fallait marcher à côté, quel que soit le travail. Cela faisait pas mal de kilomètres par jour. On restait en mouvement. Que la pluie actuelle se fasse à peine sentir sur le niveau d’eau d’un réseau de canaux sans autre alimentation, c’est compréhensible. Mais l’administration du canal est maintenant passée à l’action et, après plusieurs appels téléphoniques de ma part, pompe actuellement très lentement de l’eau dans le réseau. Centimètre après centimètre, le niveau monte, si bien que les moteurs refroidis par eau (moteur principal et générateur) peuvent être remis en service. Une vie normale à bord reprend. Mais il n’est pas encore question de poursuivre vers le sud.

    • Position : 48° 42,212´ N 005° 43,231´ E
    • Vent : NW / 2 Bft
    • Météo : Pluie / 5,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 15,0 °C

    Le niveau de l’eau baisse continuellement, comme si quelqu’un vidait le canal. C’est en voyant des feuilles dériver à la surface de l’eau que l’idée m’est venue. D’autant qu’il y a vraiment de moins en moins d’eau dans le canal. Notre Gypsy Life repose déjà sur le fond depuis quelques jours. Mais avec l’eau qui disparaît, le bateau n’a plus d’appui latéral et commence à gîter d’un côté. Après que j’ai contacté la surveillance du canal, quelqu’un est venu en personne discuter de la situation sur place. La pompe qui refoule l’eau de la Moselle dans le canal, sur environ 1 km de conduite et 50 m de dénivelé, est arrêtée depuis environ une semaine. Une conduite aurait été endommagée lors de travaux de terrassement. Réparation en vue. Bonne information, mais pas satisfaisante. Car l’eau ne diminuerait pas pour autant. Quelqu’un est en train de vider le canal. On a parlé de fuites dans le canal qui feraient baisser le niveau. Comme il pleut en ce moment, cela devrait à peu près se compenser. Mais ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, le chef est venu en personne et m’a expliqué qu’on avait besoin d’eau pour la Meuse et qu’on la prélevait dans ce canal. On veut assez d’eau dans la rivière pour les poissons. J’ai fait comprendre qu’on nous avait justement ordonné de quitter la Meuse pour le réseau de canaux en raison du risque de crue. J’ai aimablement remis la responsabilité de nos bateaux à l’administration du canal. Entre-temps, le bateau a été assuré latéralement contre le chavirage, à des arbres et au rideau de palplanches, avec des cordages à faible allongement. C’est palpitant. La suite du voyage vers le sud reste donc un rêve.

    Gypsy Life
    Gypsy Life
    • Position : 48° 42,210´ N 005° 43,230´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / 15,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 17,0 °C

    L’automne dernier, j’écrivais dans les Actualités que les grues qui me survolaient éveillaient en moi une certaine agitation, et que j’avais alors quitté la Finlande sur un coup de tête pour poursuivre vers le sud. Ces derniers temps, je vois ici aussi, surtout la nuit, de nombreuses grues passer au-dessus de nous, en route vers le sud. C’est un pur hasard si nous nous trouvons exactement dans leur couloir de vol, ce qui nous permet de les observer. Je ne ressens aucune agitation, bien que nous soyons actuellement échoués ici avec la Gypsy Life faute d’eau. L’approvisionnement est assuré par notre moto d’aventure et par le bateau de pêche FB5, qui peut encore naviguer même avec un niveau d’eau très bas. Le bois de chauffage est en train d’être coupé et fendu, pour que le bateau puisse être séché de l’intérieur pendant les mois pluvieux. Je ne peux pas encore dire si c’est déjà notre lieu d’hivernage.

    Harald Paul
    • Position : 48° 42,212´ N 005° 43,233´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : nuit noire / 16,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 15,0 °C

    Ne dit-on pas qu’on se revoit toujours deux fois dans la vie ? En 2014, nous avions fait la connaissance à Isafjördur d’un couple de la Forêt-Noire et passé un bon moment ensemble. Aujourd’hui, 4 ans plus tard, ce couple nous a de nouveau rendu visite ici, près de Pagny-sur-Meuse. Barbecue sur le WRB9, café et gâteau à bord de la Gypsy Life, et tout cela par un temps magnifique. C’est ainsi, espérons-le, que nos invités se souviendront de nous. Ce fut de nouveau un bon moment. Merci beaucoup.

    Gypsy Life
    • Position : 48° 49,971´ N 005° 30,654´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : Nuageux / 9,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 16,5 °C

    Départ : de façon tout à fait inattendue, VNF (l’organisme qui gère les canaux français) nous informe que nous pouvons repartir. Il y a toutefois un petit hic. Seul un créneau de quelques jours est disponible. L’organisme veut que tous les bateaux qui se trouvent sur la Meuse en partent. Il craint que la crue annuelle des mois d’hiver ne pose des problèmes. C’est pourquoi il veut que tous les bateaux soient dans le réseau de canaux avant Toul, car c’est là que la crue est régulée. Ce créneau n’est pas réalisable pour nous sur ce tronçon aux innombrables écluses. VNF décide donc que les horaires d’éclusage doivent être prolongés pour nous, en tant que navigants professionnels. Au lieu de 9 h – 18 h, désormais 7 h – 19 h. Mais à cette époque de l’année, comme il fait encore assez sombre le matin, cela suppose de pouvoir manœuvrer en toute sécurité dans l’obscurité. Le bateau doit disposer non seulement d’un radar, mais aussi d’un équipement de projecteurs adapté dans toutes les directions. Car les écluses et les entrées de tunnel, avec leurs accès étroits, sont nettement plus sombres que leur environnement. Notre Vlet, qui sert actuellement de remorqueur, dispose de sources lumineuses suffisantes grâce à des années de navigation pendant les mois d’hiver dans l’Arctique. Il m’est ainsi possible d’avancer en toute sécurité, même avec l’allège WRB9 et le bateau de pêche FB5 en remorque, soit une longueur d’environ 28 m. Mais la suite du voyage est elle aussi limitée. À Toul, au bout du canal de la Meuse, un chantier de pont n’est toujours pas terminé. On vise la fin des travaux pour le 28.10.2018. Quiconque a longtemps eu affaire à l’élément liquide sait qu’il y a toujours des défis imprévisibles. Quelle que soit l’issue, nous nous serons en tout cas un peu rapprochés du Sud.

    Gypsy Life
    • Position : 49° 24,091´ N 005° 11,207´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : Nuageux / 22,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 20,0 °C

    Une semaine de congé au pays, avec un trajet de 1 800 km sur notre moto d’aventure, est derrière nous. Un temps superbe, pas de pluie. Parfait pour rouler à moto, mais plutôt mauvais pour la suite du voyage vers le sud. Selon les dernières informations, au manque d’eau s’ajoute maintenant une réparation sur deux écluses. Je suppose qu’on veut profiter des basses eaux pour travailler. Mon espoir de pouvoir repartir éventuellement à la mi-octobre est donc anéanti. Selon les indications officielles, les travaux doivent être terminés d’ici le 18.11.2018. Quand on connaît la mentalité calme et sans stress des Français, on peut tranquillement ajouter quelques jours avant que cela ne reparte vraiment. À en croire les élucubrations de certains, les réparations devraient durer plus d’un an. Nous prenons cela avec sérénité, car sur le canal le plus proche, qui permettrait un contournement, une maisonnette est tombée dans une écluse à cause d’un vent violent. Là, le dégagement et la réparation des dégâts devraient effectivement prendre plus d’un an. Nous allons continuer à aménager notre poste d’amarrage sur la rive du canal, bordé de buissons et d’arbres, comme nous en avons l’habitude depuis nos hivernages dans l’Arctique.

    • Position : 49° 24,091´ N 005° 11,207´ E
    • Vent : SW / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 24,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,0 °C

    Le temps file : nous sommes amarrés loin de tout ravitaillement portuaire, comme je l’ai déjà mentionné, en « garés à l’ombre » sous les arbres, et nous ne remarquons même pas à quelle vitesse le temps passe. Chaque journée est remplie de travail pour maintenir les trois bateaux et les neuf moteurs en bon état. Révisions, entretien, réparations et travaux de peinture nous tiennent bien occupés, en plus des tâches quotidiennes récurrentes. La pluie, et avec elle le remplissage attendu des canaux et des rivières, se fait toujours attendre. Nous continuons pour l’instant d’aménager notre emplacement, car je suppose que nous ne repartirons pas avant fin octobre.

    Harald Paul
    • Position : 49° 29,099´ N 005° 12,049´ E
    • Vent : 0 Bft
    • Météo : ensoleillé / 33,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 26,0 °C

    Fini le rêve, plus rien ne bouge : nous sommes amarrés juste avant Verdun, une ville que beaucoup d’historiens connaissent sans doute. Selon les éclusiers, le niveau d’eau à partir de St-Mihiel est si bas que la navigation a été interrompue. Jusque-là, quelques kilomètres de rivière seraient encore navigables pour nous, mais apparemment, à cause de la fermeture, les ports et les places libres sont saturés de bateaux en attente. Avec des températures qui restent bien au-dessus de 30°, nous préférons toutefois pouvoir choisir notre emplacement en fonction de l’ombre. Beaucoup de bateaux qui nous avaient dépassés repassent en sens inverse : ils ont fait demi-tour et remontent vers le nord. Nous devons maintenant attendre que s’installe une pluie durable, pour que les rivières qui alimentent la Meuse charrient de nouveau de l’eau et puissent la remplir. Selon les prévisions météo, il doit tomber 0,9 L/m² en deux jours au cours des 14 prochains jours. Avec un apport d’eau aussi minime, il peut s’écouler des semaines, voire des mois, avant que la fermeture soit levée. Quand je repense à l’expédition « Danube – Alaska » en 2013, nous avions attendu 11 mois en Islande que la fréquence des ouragans diminue et que la banquise présente des trouées suffisantes pour qu’un petit chenal devienne visible pour nous. Si aucun obstacle imprévisible ne se dresse devant nous, du fait des autorités ou d’autre chose, nous attendrons.

    Walter
    • Position : 49° 29,485´ N 005° 10,823´ E
    • Vent : S / 1-2 Bft
    • Météo : ensoleillé / 41,1 °C
    • Température de l’eau : Eau : 25,0 °C

    Que les températures varient d’un endroit à l’autre, je l’ai déjà documenté lors de mes voyages dans l’Arctique, et je dois le constater ici aussi, sous ces latitudes. En ce moment, nous sommes amarrés assez à découvert, si bien qu’un léger vent peut nous atteindre ; pourtant, les températures dépassent 40°. À proximité des bois ou des buissons, elles tournent autour de 35°. Dans ces conditions, transposer une hausse de température de 1° - 1,5° sur l’année à une grande surface (le globe terrestre) relève pour moi de bien plus qu’une affirmation naïve. Les valeurs diffèrent beaucoup trop entre les masses terrestres et les masses d’eau. D’autant qu’il n’existe même pas l’ébauche d’un réseau de stations de mesure couvrant les mers. Or les masses d’eau représentent tout de même les 2/3 de la surface de la Terre. Si l’on prend pour référence les hivernages dans l’Arctique, le matériel et l’équipage encaissent en ce moment un écart de température de plus de 80 °. Ce processus ne peut se faire que progressivement ; c’est pourquoi j’avais indiqué avant notre départ que nous avancerions lentement.

    Neige
    Froid
    • Position : 49° 47,606´ N 004° 45,523´ E
    • Vent : calme plat
    • Météo : ensoleillé / 38,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 24,0 °C

    Reportage 23 « Vers le soleil » terminé. Beaucoup de lecteurs connaissent mes reportages des expéditions précédentes. J’y présentais notamment sous un autre jour, autant que possible photos à l’appui, de nombreux faits que les médias avaient documentés de manière incomplète au sujet de l’Arctique. Après près de 20 ans de navigation dans ces eaux, plusieurs hivernages sur place à bord de notre propre bateau et, pour finir, un séjour ininterrompu de 4 ans, nous avons mis le sujet de l’Arctique de côté pour les années à venir et, comme vous le savez, nous faisons route vers le sud. Les reportages actuels réunissent quelques faits intéressants et le déroulement du voyage en tant que tel : les personnes que nous avons rencontrées et les situations qu’il a fallu surmonter. Les photos montrent les paysages vus depuis la voie d’eau, en bateau, et depuis les chemins reculés, à moto. Exactement ce qu’il faut, donc, pour se changer les idées avec des images et du texte après une journée stressante. Lire pour une fois quelque chose de positif, regarder quelque chose de beau et laisser le quotidien derrière soi pendant un moment. Chez moi, obtenir un tel reportage est très simple. Vous trouverez les informations dans la rubrique « Vente ». Il suffit d’écrire un e-mail harald-paul@haraldpaul.com ou de me contacter via Facebook.

    Soleil
    • Position : 49° 54,213´ N 004° 41,136´ E
    • Vent : SW / 2 Bft
    • Météo : nuageux / 17,5 °C
    • Température de l’eau : Eau : 24,0 °C

    Entrés en France, nous avons aussitôt fait la connaissance d’un premier passionné comme nous. Grâce à quelques mesures concernant le tirant d’eau de notre Gypsy Life, nous avons finalement pu entrer dans le « Canal de la Meuse ». Le projet de rejoindre la Méditerranée par des détours à travers les nombreux canaux de France a vite été abandonné. Là aussi, divers obstacles sont au programme : écluses en panne et niveau d’eau très bas en raison de la sécheresse persistante. Nous avançons lentement et attendons qu’il pleuve sur les hauteurs, pour que le niveau du canal remonte un peu. Pour l’instant, le tirant d’eau de notre bateau ne nous pose encore aucune difficulté. Mais nous avons déjà croisé un voilier qui a fait demi-tour avec un tirant d’eau de 1,80 m. Pour nous, en revanche, c’est de nouveau cap au sud pour le moment.

    Harald Paul
    • Position : 50° 09,785´ N 004° 49,095´ E
    • Vent : NW / 2-3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 27,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,0 °C

    Il y a quelques jours, après la visite du chantier Linssen en Hollande, nous avions franchi la frontière belge sans encombre et faisions route, pleins d’entrain, vers la France et « Le Canal de la Meuse », plus précisément vers la ville de Givet. Arrivés à la première écluse, où l’on paie aussi les droits pour les écluses de France, on nous a aimablement informés qu’en raison d’une avarie de longue durée, tout le canal, avec ses 272 km et ses 59 écluses, n’offre plus que 1,60 m de profondeur au lieu de 1,80 m. Certes, nous ne calons plus tout à fait 1,80 m, mais nous ne descendons pas non plus à 1,60 m, et encore moins en dessous. À cela s’ajoute que plusieurs écluses tout au début du canal sont actuellement en panne. En France, il n’existe aucune estimation du délai de réparation. Avec présence d’esprit, nous avons cherché des solutions de rechange par d’autres canaux proches, reliés à notre itinéraire. Avec un sourire aimable, on nous a fait savoir que ceux-ci n’étaient pas navigables non plus, car il y a là aussi des écluses en panne. Il existe encore d’autres moyens de traverser la France, mais ils sont nettement plus longs et jalonnés de bien plus d’écluses, de tunnels et d’ascenseurs à bateaux. Nous ne pouvons pas encore dire si nous relèverons ce défi, car nous ne disposons pas encore de toutes les informations sur la navigabilité. En tout cas, c’est cap au nord pour le moment. Nous avons dû faire demi-tour.

    • Position : 51° 13,361´ N 005° 59,483´ E
    • Vent : SW / 1 Bft
    • Météo : nuageux / 25,8 °C
    • Température de l’eau : Eau : 21,5 °C

    Notre WRB9 est momentanément transformé en étable. Les vaches sont certes au pré, mais leur curiosité les pousse vers nous. Avec le temps, elles deviennent effrontées et veulent même entrer dans la barge. Non qu’elle ne puisse pas le supporter, mais si la vache prend peur, il s’ensuit des mouvements incontrôlés qui pourraient tout de même causer des dégâts. J’ai trouvé la poule naine dans l’herbe en roulant en tout-terrain avec l’enduro sportive, loin de toute ferme. Elle était si apprivoisée que j’ai pu la ramasser facilement à la main et la transporter jusqu’aux bateaux dans mon sac à dos. La poule s’est immédiatement acclimatée dans la barge et s’y sent comme chez elle. Entre-temps, j’ai fait le tour de plusieurs fermes pour demander à qui il manquait une telle poule. Peine perdue : la plupart des agriculteurs n’ont plus de poules, seulement de l’élevage intensif. Toutes les portes des bateaux sont ouvertes, mais la poule naine reste avec nous et crapahute sur tous les bateaux. Walter la trouve à croquer, je dois donc faire attention en ce moment.

    • Position : 51° 48,816´ N 005° 24,613´ E
    • Vent : E / 1 Bft
    • Météo : ensoleillé / 30,7 °C
    • Température de l’eau : Eau : 23,0 °C

    La journée d’aujourd’hui nous a justement montré ce que signifie avoir bien chaud. Malgré l’ombrage des vitres du bateau par l’extérieur, nous avons atteint près de 40° à l’intérieur. Bien chaud, même pour Kanaria Admirali. Les ventilateurs tournent à plein régime. Grâce à la climatisation, nous parvenons à maintenir notre cabine à coucher à 22° constants. Les surfaces extérieures du pont du WRB9 chauffent tellement qu’elles ondulent légèrement. Je dois veiller à ce que Walter ne se brûle pas les pattes sur l’alu. Je refroidis le sol avec de l’eau avant qu’il n’y marche. Quand je repense à ma jeunesse au Brésil et à la chaleur qu’il y faisait, le thermomètre peut encore grimper sérieusement. « Chaleur plutôt que glace » commence.

    • Position : 51° 44,511´ N 004° 44,492´ E
    • Vent : NE / 3-4 Bft
    • Météo : ensoleillé / 30,0 °C
    • Température de l’eau : Eau : 19,0 °C

    Arrivés dans la réserve naturelle du Biesbosch. Une immense zone d’îles et de roselières située entre les rivières Meuse et Nieuwe Merwede. Nous nous faufilons en ce moment avec les trois bateaux à travers cette zone en partie très peu profonde. Un léger marnage et l’absence de balisage du chenal corsent le petit défi consistant à atteindre, avec notre tirant d’eau, des recoins difficiles d’accès.

    • Position : 52° 11,657´ N 006° 09,652´ E
    • Vent : SW / 5-6 Bft
    • Météo : ensoleillé / 13,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 16,0 °C

    Ces derniers jours, je ne peux pas parler de chaleur. Les températures n’ont dépassé 24° que quelques jours au milieu du mois. Puis elles sont redescendues à 15° maximum environ. Les nuits étaient nettement en dessous de 10°. Si nous ne voyions pas la verdure autour de nous, je pourrais presque croire que nous sommes de retour dans le Nord. En tout cas, j’ai dû fendre du bois pour notre poêle. J’ai profité d’une absence de vent pour faire, malgré l’eau un peu plus fraîche, une petite plongée rapide autour des bateaux afin de vérifier que tout est en ordre. J’ai nettoyé les anodes et contrôlé les hélices des propulsions à la recherche de corps étrangers comme du fil de pêche. En ce moment, nous remontons l’Ijssel en luttant contre le courant. Le hors-bord du WRB9 tourne aussi et aide ainsi la Gypsy Life à faire remonter le courant à toutes les unités flottantes. Nous gardons le cap vers le sud.

    Harald Paul
    • Position : 53° 05,955´ N 005° 54,202´ E
    • Vent : SW / 3 Bft
    • Météo : ensoleillé / 28,2 °C
    • Température de l’eau : Eau : 16,0 °C

    Au revoir, Drachten en Frise (Hollande). Nous y avons passé quelques mois pendant l’hiver et avons tout préparé à nouveau pour pouvoir relever le nouveau défi « Chaleur plutôt que glace ». Notre cap est fixé sur la Hollande-Méridionale, pour rejoindre ensuite la Belgique par la Meuse (en remontant le courant). Comme vous pouvez le voir sur la photo, les températures sont déjà assez élevées pour nous. La peinture claire des superstructures et l’usage de la climatisation ont fait leurs preuves. Notre rythme de vie, rodé depuis vingt ans dans le Nord (Arctique), doit maintenant encore s’adapter à ces températures. Pour les nouveaux lecteurs du journal de bord, quelques informations préalables. L’heure est indiquée en utc (coordinated universal time, temps universel coordonné). C’est l’heure de référence pour le monde entier. À partir d’elle, on peut faire la conversion pour n’importe quel lieu où l’on se trouve, afin d’avoir une idée précise de l’heure. Pour l’Allemagne, la Hollande, la Belgique, etc., il faut ajouter deux heures. Les lignes en dessous indiquent, au moyen des coordonnées, le lieu exact où se trouvait le bateau à l’heure indiquée. Les lettres et les chiffres de la ligne Vent commencent par la direction : N pour les vents du nord, S du sud, E d’est et W d’ouest. Un SW est donc un vent de sud-ouest. Le chiffre qui suit indique la force du vent sur l’échelle de Beaufort (Bft). 0 correspond au calme plat, 12 à l’ouragan. Les ouragans sont ensuite répartis en cinq niveaux supplémentaires, dont nous avons reçu notre lot d’échantillons dans l’Arctique, en particulier pendant les hivernages. Mais sous les latitudes où nous voulons naviguer désormais, de tels ouragans ne se produisent normalement pas. Pour donner un ordre d’idée, 5 Bft correspondent à environ 30 km/h. 10 Bft représentent donc environ 100 km/h et sont qualifiés sous nos latitudes de violente tempête. Dans l’Arctique, cela relève du rafraîchissement modéré, et ce n’est qu’à partir de cette force que l’on commence tout juste à parler de vent. Dans ce journal de bord nouvellement ouvert, je publierai des informations à intervalles irréguliers, afin que vous, lecteurs, puissiez participer au voyage à votre guise. Nous, ma femme Silvia, le terrier Walter, le canari groenlandais Kanari Admirali et moi-même, vous souhaitons beaucoup de plaisir et une bonne lecture.

    Départ